Happy birthday!

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Mes quatre enfants sont nés au mois d’octobre.

 J’ai souvent réfléchi à l’organisation qu’il fallait que l’on adopte pour fêter leurs anniversaires afin que chacun ait vraiment l’impression d’être le roi (ou la reine) de la fête.
La question la plus importante était de savoir si oui ou non, il fallait inclure Zéphir et faire une fête commune à tous les enfants.

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Quand ils étaient plus petits, nous fêtions indépendamment l’anniversaire d’Opale Balthazar et Adémar de celui de Zéphir. Mais c’était souvent compliqué d’expliquer à Zéphir que oui, ses frères et sœur fêtaient leur anniversaire un peu avant dans le mois mais que malgré tout, il serait toujours le plus âgé et que lui aussi allait avoir des cadeaux, mais qu’il fallait patienter encore un peu. Et puis finalement, il recevait plus de cadeaux que les autres au final.

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Il y a deux ans, nous avons décidé de faire une fête avec la famille pour tous les quatre. On s’est dit qu’en terme d’organisation c’était quand même bien plus simple et qu’on pouvait donc se permettre de faire une plus belle fête pour marquer le coup ! Zéphir recevait des cadeaux en même temps que les autres mais par contre nous gardions ceux que nous lui avions achetés jusqu’au jour de son anniversaire !

Je n’ai pas encore osé faire une fête d’anniversaire avec leurs copains pour plusieurs raisons.  Je me suis dit que si j’organisais cela, il fallait que je leur dise :

« Ok on prépare une fête avec vos copains, vous avez le droit d’inviter un copain chacun, vous serez déjà 8, ce sera pas mal dans l’appartement ! »

J’ai quand même l’impression qu’il y a un côté très frustrant à ne pouvoir inviter qu’un seul copain. Ou alors il aurait fallu que je prépare deux fêtes et que Zéphir invite ses copains plus tard. Mais ça voulait aussi dire qu’il était là pendant la fête de ses frères et sœur et vice-versa…

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Et puis ça signifiait aussi qu’il fallait prévoir une fête avec la famille et une fête avec les copains (voire deux). Mais au vu de l’énergie que cela demande de préparer ne serait-ce qu’une fête, j’avoue ne pas avoir le courage d’en prévoir deux ou trois…

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Jusqu’à présent, ils ont toujours apporté des bonbons à l’école pour les distribuer à leurs copains et ça semble leur suffire. (Pourvu que ça dure!)

Cette année, la question des cadeaux est venue s’ajouter à ma réflexion. Je me suis dit que les invités allaient faire en sorte d’amener un cadeau par enfant. Mais que chacun trouve une idée par enfant, ce n’est quand même pas évident. J’ai donc créé une liste via internet afin de proposer (et non d’imposer) des idées  de cadeaux communs à tous les enfants !

Cet hiver va être un peu particulier avec la naissance des bébés, je pense qu’on évitera au maximum de sortir, nous avons donc réfléchi à  des astuces pour occuper les plus grands durant les jours de repos.

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Nous n’avons mis sur la liste que des jeux de société  en espérant qu’ils ne soient pas déçus de ne pas avoir de cadeaux personnels.  Opale et Adémar se sont appropriés les jeux de société offerts par leurs parrains et marraines, mais les prêtent sans aucune difficulté. Zéphir et Balthazar n’ont donc pas l’impression d’être lésés. A côté de ça, ils ont aussi reçus un livre et un cahier de coloriage chacun.

Le placard à jeux de société est donc rempli et chacun se sert quand il a envie. Ce qui est super, c’est qu’une grande variété de jeux a été offert ce qui leur permet de jouer à 2 à 3 ou à 4 !

Ils ont l’air d’avoir tous bien profité de leur journée. Nous avons l’impression que la décision de regrouper les 4 anniversaires est vraiment idéale ! Finalement ce sont des enfants qui ne sont pas vraiment exigeants,  ils ont l’habitude de partager et ils semblent toujours heureux de ce que l’on organise ! Après, je pense que je me demanderais toujours si le fait d’organiser une seule fête et de proposer aux invités de prévoir un seul cadeau pour les quatre enfants est la meilleure idée. Elle l’est pour nous, ça c’est indéniable mais ne nous le reprocheront-ils pas un jour ?

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Chacun chez soi et les moutons seront bien gardés !

Aujourd’hui, j’ai décidé d’aborder le thème de la chambre partagée pour les enfants.
Selon moi, ce n’est pas gênant que les enfants partagent leur chambre, mais pour que tout se passe bien, il faut veiller à ce que l’organisation permette à chacun une certaine intimité.

Nous avons la chance de vivre dans un appartement avec 5 chambres plutôt grandes. Quand nous avons emménagé nous avons choisi de garder une chambre libre pour « le bébé » à venir et de rassembler Adémar et Balthazar. Zéphir et Opale eux, ont des chambres individuelles. Les bébés partageront aussi leur chambre.

L’organisation de la chambre d’Adémar et Balthazar était telle, que nous nous sommes vite rendus compte que ça n’allait pas fonctionner. Leur lit superposé était contre un mur, leurs bureaux plutôt proches et un grand espace pour jouer au milieu avait été crée.

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Sauf qu’avec un enfant très organisé et un autre plutôt désordonné, on sentait qu’Adémar n’arrivait pas à se sentir bien. Finalement, cette chambre était comme un grand open space où tout le monde pouvait rentrer à sa guise, mettre le bazar et repartir comme si de rien n’était. Il y avait une sorte d’injustice par rapport à Zéphir et Opale qui, non seulement avaient chacun leur chambre mais qui, en plus, avait réussi à instaurer des consignes pour ne pas que les autres entrent dans leurs chambres sans autorisation.

Il y a dix jours nous nous sommes donc mis à réfléchir à des idées pour que chacun trouve sa place (enfin disons que c’est surtout Gweltaz qui a dessiné l’idée du siècle). Nous avons profité d’un week-end à deux pour qu’il s’occupe du réaménagement et de la création des meubles sur mesure. Le lit est désormais au milieu de la pièce (même si ça réduit un peu l’espace de jeu), ce qui permet à chacun d’avoir son coin. Gweltaz a crée une bibliothèque sur mesure pour cloisonner les espaces. Ils ne peuvent donc pas se voir quand ils sont chacun de leur côté.
Après un week-end entier de boulot, nous étions très contents du résultat final. Après dix jours de réorganisation, les gars sont toujours aussi heureux de leur nouvelle chambre. Adémar s’y retrouve mieux, son coin est très rangé et peut le rester puisque personne n’a le droit d’y entrer. La chambre n’est plus la salle de jeux commune à tous, et dorénavant, pour faire un jeu de société, ils se mettent d’accord sur le lieu puis rangent quand ils ont terminé. L’énervement général est aussi moins présent puisqu’ils peuvent prendre le temps de faire des activités personnelles. La lecture y est favorisée, les activités manuelles aussi et ils ont la possibilité de s’isoler si besoin!

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Le casse-tête des activités extra-scolaires!

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La question des activités extra-scolaires a été pour nous un vrai casse-tête et nous a valu plusieurs désaccords.

Zéphir a commencé l’éveil musical en moyenne section. Ca ne me semblait pas vraiment compliqué, je l’y emmenais le mercredi matin. (c’était l’occasion de sortir les fauves de la maison). Pendant ce temps, j’emmenais les trois petits faire une promenade. Je l’ai inscrit en éveil en école de musique deux années de suite. Je ne voulais pas encore réfléchir à quelque chose pour Opale, Balthazar et Adémar car j’imaginais que ça allait m’imposer beaucoup trop de contraintes.

Quand il est entré en CP, une réorganisation a dû être faite puisqu’il y avait classe le mercredi matin. Par chance, il a été tiré au sort pour entrer en éveil musical au conservatoire. Les cours étant en début d’après-midi le samedi, ça me semblait bien! L’année est passée mais on s’est quand même sentis très contraints par les horaires de cette activité qui coupait complètement nos samedis après-midi.

Et puis, il a fallu réfléchir à ce que nous voulions mettre en place pour que l’année suivante, tout le monde puisse faire une activité. Les inscriptions sont généralement en fin d’année scolaire. Sauf que pour nous, c’était une période pleine d’incertitude. J’étais à la recherche d’un emploi. Je ne savais pas où j’allais travailler, ne connaissais pas mes horaires et ne savais pas si j’allais pouvoir négocier mes mercredis après-midi dès le départ pour gérer la question des activités. (Par rapport au rythme du quotidien, je suis contre les activités qui se déroulent après l’école. Je trouve ça trop compliqué de rentrer à la maison, pour finalement ressortir alors que bien souvent ils ont juste envie de jouer et entre temps trouver l’énergie de faire les leçons dans la précipitation…)

Ayant déjà fait une année au conservatoire, il a pu intégrer une classe de contrebasse avec bien sûr, des cours théoriques et pratiques. ( Soit dans son cas, 2h30 de cours non stop le mercredi après-midi).

Mais j’ai trouvé un travail! Et je travaillais systématiquement le mercredi! Gweltaz n’était pas d’accord pour maintenir l’inscription car il jugeait que l’énergie nécessaire au bon déroulement de cette activité était trop importante par rapport au gain. Le conservatoire n’est pas trop loin en terme de distance mais ça nécessitait tout de même de sortir la voiture et d’emmener tout le monde à chaque fois. J’ai insisté parce que je ne voulais pas que Zéphir rate cette chance mais finalement j’ai vite compris que mes envies n’étaient pas les siennes et que Gweltaz n’avait pas à subir mes choix. (Il avait déjà arrangé ses horaires pour s’occuper d’eux le mercredi alors lui imposer ça, c’était complètement excessif et injuste!)

Cette année là, nous avons aussi constitué des dossiers pour qu’Opale Balthazar et Adémar fasse une année d’éveil. Toujours soumis au tirage au sort car peu de places sont disponibles pour les enfants, seul Balthazar a été retenu. Le cours était le samedi matin, nous avons maintenu l’inscription et choisi de ne pas inscrire Opale et Adémar a une autre activité parce qu’il semblait trop compliqué de trouver encore des créneaux… (En réalité, si Balthazar n’avait pas été pris, je pensais les inscrire à l’éveil danse dans une école de danse, cours qui avait lieu en même temps que celui de Zéphir et qui avec du recul, aurait été top!)

Finalement, au bout de trois mois, Zéphir a commencé à se décourager et à nous dire qu’il ne voulait plus faire de contrebasse. Le travail d’un instrument demande autant d’investissement que les leçons et tous les soirs, il fallait se bagarrer pour qu’il joue et qu’il apprenne la théorie… Je suis consciente que, bien souvent, les enfants se découragent sur ce type d’activité, mais j’ose le dire, suite à un incident, nous avons décidé de démissionner parce que selon nous, les activités extra-scolaires ne doivent pas être une contrainte. Après tout,ils en ont déjà beaucoup à l’école!

Et la question s’est posé de nouveau pour cette année! Sauf que cette fois on s’est dit: Une activité pour les quatre, même cours, même heure!

Comme une wonder maman qui anticipe, j’ai réfléchi à différentes possibilités et dans un éclair de génie, j’ai cru trouver l’activité qui ferait plaisir à tout le monde!!!

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LE PATINAGE ARTISTIQUE !

Mais d’où vient cette idée?

Plusieurs choses m’ont amenée à leur proposer cette activité.

  • Zéphir a fait un cycle avec l’école et il a adoré. J’ai accompagné sa classe pour le dernier cours et j’ai été impressionnée de voir à quel point les enfants se débrouillaient déjà très bien!
  • Opale réclame de faire de la danse classique depuis un moment mais je ne vous cache pas que les tarifs ne sont pas particulièrement attractifs, je me suis dit que le patinage artistique peut lui permettre de développer (un peu) sa personnalité de danseuse!
  • Nous avons la chance d’habiter à 4 arrêts de tram seulement de la patinoire
  • Le club propose un cours pour les 7-9 ans (Youhou un seul cours pour mes 4 enfants!)
  • Les tarifs sont dégressifs en fonction du nombre d’enfants inscrits. ( Et ça, c’est vraiment top!)
  • Ca me semble être une activité qui peut faire l’unanimité.
  • Le cours est le samedi matin ( ça correspond bien à notre emploi du temps)
  • Si ça leur plaît, ils pourront par la suite dériver sur le hockey, la danse sur glace, le patinage synchronisé ou bien rester en patinage artistique.
  • Le cours dure une heure et on peut y assister, pas besoin de faire des allers-retours.

Avant de leur en parler, je valide auprès de leur papa qui les a un week-end sur deux le fait de les y emmener quand il les a.

L’idée a été largement approuvée par trois enfants sur quatre. Adémar a montré une grande réticence à la pratique de ce sport. J’ai décidé que je ne céderai pas en espérant qu’il était juste craintif. Il a râlé jusqu’au moment de monter sur la glace et il est ressorti du premier cours…enchanté!

C’était donc une idée lumineuse! Pourvu qu’ils soient toujours aussi contents au fil des cours!

La question des leçons.

Avant l’entrée en CP d’Opale, Balthazar et Adémar, j’ai longtemps réfléchi à l’organisation qu’il fallait que l’on adopte pour les aider à faire leurs leçons dans les meilleures conditions possibles.

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Selon moi, ce qui était le plus judicieux, c’était qu’il soit dans la même classe. Je m’imaginais les asseoir autour de la table de la cuisine afin de favoriser l’échange, l’entraide et la mémorisation. Je me disais qu’on gagnerait du temps et j’avais envie au fond de moi que ma vie soit légèrement simplifiée.

Mon souhait n’a pas été entendu  mais finalement les enfants étaient contents d’être dans des classes séparées. Alors nous nous sommes armés de patience afin que chaque enfant puisse évoluer à son rythme et s’adapte le mieux possible aux différentes méthodes  adoptées par leurs enseignantes.

Le CP a été compliqué, comme je l’imaginais. Nous avons dû faire attention à ne pas rater les jours de sport de chacun (avec au programme pour certains, piscine et patinoire), les sorties et les pique-nique à prévoir, les réunions parfois aux même heures,…  Concernant les leçons j’ai tenté d’établir des règles. Dans l’appartement que nous habitions, la salle à manger, dans laquelle nous nous installions, était centrale et dès que nous essayions de nous concentrer avec un enfant, nous étions  interrompus  par les autres.
Il y avait souvent des bagarres dans une autre pièce, celui qui était dans la douche oubliait d’en sortir, un autre voulait poser une question, avait besoin d’aide pour quelque chose de très urgent,…

Depuis que nous avons déménagé, c’est un peu plus  simple. On fait les devoirs dans les chambres. Je commence par celui qui semble le plus disposé à être efficace et puis je navigue dans les autres chambres. J’ai tenté différentes organisations, mais je me suis vite rendue compte que ce qui fonctionnait le mieux c’était le fait de faire les leçons dès la fin du goûter. ( Au risque sinon, d’avoir des enfants bien énervés et impossible à reconcentrer…). Alors même si, malgré les règles , nous sommes toujours très régulièrement interrompus, la concentration est présente et les enfants réussissent à faire leurs leçons dans de bonnes conditions.

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Maintenant, je ne cache pas que cette tâche est difficile et très contraignante. Je trouve que les devoirs en CE1 et CE2 sont conséquents. Je compte minimum 1 heure pour faire les leçons de tous les enfants.  Souvent, on y passe plus de temps. J’aime débloquer les interrogations et incompréhensions qu’ils peuvent rencontrer. Mais ça demande beaucoup d’investissement et de mon côté et du leur. Parce qu’évidemment, ça arrive qu’ils n’aient pas envie, plus envie de se concentrer et d’effectuer du travail scolaire et moi ça m’arrive de ne pas trouver la patience nécessaire afin que ça se passe bien. Globalement je les trouve volontaires. Je suis fière d’eux. Et quand je sens un découragement, je les aide à reprendre confiance.

En tout cas, je me suis rendue compte que sans règles établies à l’avance pour passer un moment avec chacun au calme, le travail n’était pas efficace. Alors d’un côté, le phénomène multiple force l’autonomie mais d’un autre, on ne peut pas se permettre de leur demander de faire leurs leçons seuls. Et je pense que la difficulté va être présente un bon moment encore.

Je crois qu’il n’y a pas de façon unique de gérer cette question. Les enfants sont tous différents, les rythmes aussi. Faut-il savoir s’adapter et réfléchir à de nouvelles règles si celles mises en place ne fonctionnent plus. La conclusion est que le quotidien avec des multiples amène régulièrement des questions de réajustement et d’organisation inhérentes à la vie des familles nombreuses qui semblent à la base, si naturels et si simples.

4 enfants et enceinte : une justification permanente !

Quand on a quatre enfants, et encore plus des triplés, les gens que l’on rencontre arrivent de suite à la conclusion qu’il n’y aura plus d’enfants à venir. On subit régulièrement des réflexions et des questions intrusives . «  Vous êtes tranquille, vous les avez tous fait d’un coup, plus besoin de s’y remettre » «  Et alors, vous ne voulez pas d’autres enfants quand même ». La négation de cette dernière phrase est très symbolique et montre à quel point le jugement extérieur est omniprésent.

Quand j’ai appris ma grossesse triple, j’ai compris que je ne vivrais pas une grossesse ordinaire, encore moins un accouchement serein et un peau à peau dès la naissance. J’avais du mal à imaginer la vie avec trois bébés, et l‘énergie que j’allais devoir leur consacrer. Je n’imaginais pas à quel point avoir des triplés était source de justification permanente où que je sois. Mais une chose était sûre, j’aurai un autre enfant. Pour vivre une grossesse la moins médicalisée possible, pour réfléchir à un projet de naissance, pour porter, materner, cocooner et enfin pour prendre le temps de s’occuper d’un seul tout petit.

Mais j’ai vécu un divorce, j’ai eu des doutes quant au fait de rencontrer un homme capable d’accepter quatre enfants, d’être en accord avec mes principes éducatifs, de les respecter, mais aussi de m’aider, de me soutenir et de m’épauler au quotidien dans les doutes et les moments de fatigue.

Je n’ai pas eu besoin de chercher très loin, finalement, il était présent dans ma vie et depuis déjà très longtemps. Le fait est que : accepter les enfants de l’autre c’est une chose, vivre sa vie par contre, c’en est une autre. J’ai pensé plusieurs fois qu’il allait partir, que sa place était ailleurs, je n’avais pas envie de le contraindre à une vie qu’il n’avait pas choisi, ni envie qu’il subisse mon quotidien. Ce quotidien que finalement, je n’ai pas choisi non plus, j’ai juste appris  à vivre avec.

N’ayant lui-même pas d’enfants, je savais que ça allait être un projet au sein de notre couple.

Nous avons attendu de passer quelques étapes importantes avant de mettre ce bébé en route.

Sauf que ce que nous  n’avions  pas prévu c’est que deux bébés viendraient s’installer dans mon ventre!

Souvent on me dit « Mais oui normal, nous on savait que tu allais refaire des  multiples ! »

Ah bon ?? Qui sont les gens pour affirmer ça ? Quelles sont les chances pour qu’une femme porte deux fois des  multiples ?  En quoi était-il certain que je reporte plusieurs bébés en même temps ? Parce que j’ai fait des triplés spontanément ? Parce que mes 3 enfants sont issus de trois ovulations différentes alors  je suis condamnée à ovuler plusieurs fois tout au long de ma vie ? Pourtant Zéphir est bien arrivé tout seul lui !

Le fait est, que, peut-être les gens  savaient et y étaient préparés mais moi non ! D’ailleurs je crois que je ne voulais surtout pas y penser. Parce que plusieurs bébés d’un coup c’est trop dur. Parce que la grossesse n’est pas sereine. Parce que j’ai peur de revivre la prématurité. Parce que l’allaitement est quand même compliqué.  Parce qu’on profite moins de chaque enfant. Parce qu’il faut trouver des solutions pour répondre aux besoins de chacun en même temps. Parce qu’un changement de voiture s’impose (encore !) ! Et parce que j’imaginais juste un petit dernier.

Alors la bonne nouvelle, dixit ma gynéco «  c’est que cette fois il n’y en a que deux ! » Whaouuu, victoire ! Pas de triplés cette fois-ci, je peux être fière, je n’en ai fait que deux ! Sauf que c’est un choc pour moi. J’avoue ne pas avoir envie de revivre une grossesse multiple. J’avais imaginé une relation exclusive avec un nourrisson. Quelque chose d’assez simple «  Allez bébé, je te mets dans l’écharpe et on va chercher les grands à l’école ». Et bien là non, ce sera : « Allez les bébés, on se prépare, un dans la poussette (celui qui a déjà tété de préférence) et un dans l’écharpe. Surtout, penser à compter au moins trente minutes le temps de les préparer. Et hop, on descend la poussette du premier étage et on y va…»

Heureusement, monsieur l’amoureux est là pour me rassurer. Calme, serein, confiant et surtout très content ! Je digère donc assez vite cette nouvelle et me projette dans une vie que je n’avais pas imaginée. D’ailleurs, si, il y a dix ans, on m’avait dit que je serais maman de six enfants ( qui plus est, avant trente ans), je pense que j’aurais ri !

Très vite mon ventre a commencé à se voir. Que ce soit, dans la rue avec mes enfants, à la sortie de l’école ou même au laboratoire, il faut que je me justifie. D’abord une justification par rapport au fait d’être « encore » enceinte. Bon finalement ce n’est que ma troisième grossesse, on se calme ! Mais aussi sur le nombre de bébés que je porte…

Ce n’est pas toujours facile de savoir quand il faut, ou pas donner plus d’explications. « Oui en fait, c’est un remariage, mon époux n’a pas d’enfants, donc on a fait un petit dernier/premier et puis finalement il y en a deux ».  Ou alors ne rien dire et tenter de répondre aux « Whooo bravo pour le petit cinquième !!! » « Euh en fait cinq et six…. » « Oh !!! Ben dis donc ! Incroyable ! Et ça va, ton mari le prend bien ? Ça ne le fait pas flipper d’être père de six enfants ?? »

Je crois que la situation la plus sympa, c’est celle de ceux qui tentent des blagues . « Et alors, pour la petite blague, il y en a bien qu’un cette fois-ci ?? » « Et bien non, ce sont des jumeaux ». Joues rouges , gros blanc et excuses arrivent en général à ce moment là.

Étant donné que j’ai mis un peu de temps à accepter la situation, j’avais tendance au départ à me justifier sur le fait que non je n’ai pas voulu faire des jumeaux, que c’est spontané, que s’ils sont là c’est qu’il y a une raison : Ils seront bien tous les deux au bout de la fratrie. Un singleton se serait ennuyé avec la différence d’âge. Et puis je l’aurais complètement étouffé cet enfant.

J’avais déjà appris à passer sur les discours moralisateurs et jugeants après avoir eu mes  trois petits. Alors oui, je me promène fièrement avec mon gros ventre et mes quatre petits. Oui j’ose répondre à la dame du laboratoire que cette grossesse a été désirée et que oui, effectivement je fais jeune parce que je le suis. Je me justifie moins, j’explique juste la situation parce que finalement, je crois qu’il n’y a pas de modèle familial idéal. Ces bébés sont là, ok, on va s’organiser pour que chacun trouve sa place et s’épanouisse correctement avec tout l’amour que nous serons à même de leur donner. J’ose espérer que des enfants arrivant après quatre plus grands vont s’intégrer tranquillement dans la vie familiale sans que ça ne nous demande un réel effort puisque les rythmes des plus grands sont déjà très bien établis. Alors oui, maintenant je peux le dire, on les aime déjà très fort et on a hâte qu’ils naissent pour les rencontrer !