9-Julie, maman de triplés de 19 mois !

Julie est maman de 5 enfants !

41488550_1129576353868393_6949545878528983040_n

Suzanne, 9 ans
Léon, 6 ans
Ernest, Gustave et Ferdinand, 19 mois nés à un peu plus de 34 SA d’une grossesse bichoriale triamniotique.

Elle a découvert mon blog et a souhaité partager son expérience de maman de multiples.
Je trouve son témoignage juste et particulièrement réaliste tant elle exprime bien la façon dont l’arrivée de ses trois petits garçons a bouleversé sa vie.

D’un aspect plus général, je me questionne régulièrement sur ce que j’ai envie de transmettre au travers de mon blog.
J’ai décidé il y a quelques semaines de créer la rubrique dans laquelle je donne la parole aux mamans de multiples dans le but d’apporter à celles et ceux qui en ont besoin un regard éclairé sur la maternité avec des multiples mais aussi sur tous les aspects plus questionnant ( grossesse, naissance, retour à la maison, allaitement,…).

Personnellement j’aime beaucoup lire les témoignages. Je les trouve tous très riches à leur manière et chaque problématique est bien décortiquée.

Mais ce qui me plait et me passionne, ne plait pas forcément à tout le monde et aujourd’hui, j’aimerais sonder un peu mes lecteurs.

Est-ce que cette rubrique vous plait ? Est-ce qu’elle vaut le coup d’être continuée ?

J’avoue avoir moins de temps en ce moment pour écrire, mes journées sont bien chargées et mes soirées me servent essentiellement à souffler auprès de mon mari.

Les récits des mamans permettent également à mon blog d’avoir une vie…

Je vous laisse avec la belle histoire de Julie.

♦♦

1- Comment as-tu découvert ta grossesse multiple?

J’ai découvert que j’attendais des triplés à l’occasion de ma 1ère échographie vers 10 semaines de grossesse. Quand l’écran s’est allumé, j’ai tout de suite vu deux poches donc je me suis dit que j’attendais des jumeaux. Puis, le médecin nous a dit (mon mari était présent heureusement…) « Donc vous êtes déjà au courant du nombre de fœtus ? » Je lui ai répondu que non car c’était ma première écho et je lui ai demandé « Pourquoi, il y en combien ? » Et là, il a répondu qu’il y en avait trois. Je lui ai dit que ce devait être une blague, mais là il nous a montré l’écran en expliquant que dans la poche du haut, ils étaient deux et qu’un autre était seul dans la poche du bas. Là, le rire et les larmes se sont mélangés entre incrédulité, angoisse et nervosité… Nous attendions des triplés…

2- Comment s’est déroulé ton suivi de grossesse?

Au départ, j’étais inscrite aux Diaconesses, mais dès la première écho, les médecins m’ont dit qu’il fallait que je passe dans une maternité de niveau 3. J’ai donc contacté immédiatement l’hôpital Trousseau qui m’a mise sur liste d’attente !! Après une semaine d’angoisse, ils m’ont donné un 1er rendez-vous quasiment 2 mois plus tard en me disant de consulter mon gynéco de ville en attendant. Sauf que ma gynéco n’a jamais eu de cas de triplés en 30 ans d’exercice et du coup, je n’avais personne pour répondre à mes très nombreuses questions…

Finalement, je me suis  rendue à une réunion de l’association Jumeaux et Plus qui avait lieu à l’hôpital et là j’ai pu rencontrer l’obstétricienne qui m’a donné un rendez-vous beaucoup plus tôt… Le suivi a donc vraiment commencé. Au départ, on m’avait dit que j’aurais une écho chaque mois. Mais comme il y avait des jumeaux monozygotes partageant le même placenta, j’avais un risque de STT (Syndrome Transfuseur Transfusé) donc j’ai eu droit à une écho tous les 15 jours. Un suivi intense donc à la hauteur de cette grossesse à risque. J’ai eu la chance d’être suivie par une obstétricienne spécialisée dans les grossesses multiples et qui m’a vraiment super bien accompagnée.

J’ai eu une bonne grossesse sans trop de souci. Jusqu’au début du 6e mois, je prenais encore le métro. Puis, j’ai eu une alerte avec des contractions donc j’ai réduit drastiquement mes déplacements, mais sans être alitée. J’ai été hospitalisée 2 jours en décembre à cause de cela. Puis, à nouveau 2 jours en janvier pour une cholestase (dérèglement du foie). A partir de là, je devais me rendre à l’hôpital toutes les semaines pour un contrôle sanguin de la cholestase avec monitoring en prime. Le dernier mois a été pénible physiquement, j’avais une sciatique, je suis tombée malade, je toussais beaucoup, j’ai fait de l’asthme, puis la cholestase… Je savais qu’il fallait les tenir au chaud le plus longtemps possible, mais clairement je n’en pouvais plus…

photo.jpg

3- Raconte-nous la naissance de tes enfants.

J’étais à 34 semaines + 1 (7 mois) et j’avais rendez-vous à l’hôpital pour mon écho de contrôle, une prise de sang et un monitoring.

J’ai commencé par l’échographie qui était positive : très bonne croissance des bébés, rien à signaler. Puis, prise de sang. Et enfin, le monito. Une vraie épreuve car cela durait facilement 2 heures, ils n’avaient jamais le bon matériel, ça sautait tout le temps, on perdait souvent un des bébés, il fallait recommencer… La sage-femme a fait durer le monitoring car elle trouvait que T3 décélérait. Du coup, elle m’a envoyée aux urgences pour refaire un monito…

Arrivée à 9h, là il devait être 16h, je commençais à fatiguer…

Bref, je refais un monito qui dure à nouveau plus de 2 heures.  Malheureusement, mon obstétricienne était en vacances cette semaine-là… Après une réunion staff, ils décident de me déclencher. Donc là panique à bord, je préviens mon mari pour qu’il me rejoigne le plus vite possible en salle de naissance.

Les médecins m’ont immédiatement posé une péridurale donc je n’ai senti aucune contraction ce qui est assez bizarre quand tu es sur le point d’accoucher… Ce devait être une voie basse car j’avais déjà eu 2 enfants et les bébés n’étaient pas très gros. Mon mari est arrivé et on a un peu attendu en salle de naissance avec beaucoup d’allers et venues des équipes : l’anesthésiste, le pédiatre, l’obstétricienne… Ils surveillaient le monitoring de près.

Et d’un seul coup, l’obstétricienne a dit, on vous passe en césarienne car il y a trop de risque (j’ai compris plus tard que T3 ne supportait pas bien les contractions…)

Alors là tout s’est accéléré et je me suis retrouvée au bloc avec une quinzaine de personnes autour de moi. Ils m’ont passé le produit pour l’anesthésie locale. Sauf que j’ai mal réagi et que l’anesthésie n’était pas assez forte, du coup j’ai eu droit à des doses de morphine, de lidocaïne en plus, et au masque à protoxyde d’azote. Et là avec tout ça,  j’ai fait un « bad trip », je n’arrivais plus à parler, j’ai cru m’évanouir… Ils ont sorti Gustave en premier, l’ont mis quelques secondes contre mon épaule, puis quelques instants plus tard, pareil pour Ernest mais je n’ai pas vu Ferdinand. Ces deux derniers ont fait une détresse respiratoire donc ils ont été emmenés très vite pour des soins et de l’assistance respiratoire. Mon mari est parti avec eux. L’hôpital n’avait qu’une place en néo nat donc ils m’ont tout de suite dit que Ferdinand allait être transféré dans un autre hôpital… En salle de réveil, j’ai pu le toucher dans sa couveuse du SAMU, mais ce fut difficile de le voir partir comme ça…

La naissance a donc été très mouvementée et plutôt brutale mais l’essentiel était que les bébés soient bien pris en charge.

IMG_0748

4- Peux-tu nous décrire ton séjour à la maternité ?

Pendant 2 jours, nous avons été éparpillés : Ferdinand à Port Royal, Ernest en néonat, Gustave à l’unité mère enfant et moi à un autre étage… Mais bon, moi-même je ne pouvais pas bouger à cause de la césarienne… Mon mari lui courait partout pour s’occuper des bébés à tour de rôle. Puis, au bout de 2 jours, Ferdinand et Ernest ont rejoint Gustave à l’unité mère enfant. Ils étaient ensemble dans le même lit. Un soulagement. Nous sommes restés 18 jours à l’hôpital, le temps que les bébés soient sevrés de la sonde gastrique et qu’ils prennent du poids.

Version 2

 

Nous avons découvert l’univers de la néonatalogie avec son stress permanent quand les bébés sont « branchés » de toutes parts, l’apprentissage des soins avec des prématurés, son personnel qui fait un travail formidable malgré les difficultés rencontrées par l’hôpital public… On est sortis en se disant qu’on avait eu de la chance de pouvoir disposer de soins parmi les meilleurs du monde pour nos trois petits…

5- As-tu allaité ou as-tu donné le biberon?

Alors j’avais déjà allaité les deux grands donc je souhaitais tenter avec les triplés tout en sachant que ce ne serait probablement pas exclusif. Comme ils étaient prémas et un peu faibles, ils avaient du mal à prendre le sein. J’ai donc tiré mon lait. Je les mettais aussi au sein mais ce n’était pas évident car on les pesait avant et après pour connaitre la quantité qu’ils avaient prise et ce n’était jamais suffisant, il fallait compléter au bib ou à la sonde.

IMG_0909

A l’hôpital c’était plutôt facile de tirer mon lait car j’avais l’aide des équipes pour gérer les bébés. J’ai tenu un mois. De retour à la maison avec la gestion des grands et la fatigue, trouver du temps pour tirer mon lait est devenu trop sportif donc j’ai arrêté.

6- Peux-tu nous dire quelques mots sur les premiers mois avec les bébés ?

Les premiers mois ont été intenses. La maison est devenue une « usine à bébés »… On avait un tableau de suivi avec les heures de biberons, les changes, les vitamines… Ils étaient calés idéalement à une ½ heure d’intervalle. Si l’un dormait trop, on le réveillait et si un autre avait faim trop tôt, on le faisait patienter.

41522481_402749733592657_6116263613981261824_n

 

Évidemment les nuits étaient plus que hachées… On a fait appel à une garde de nuit une à deux nuits par semaine pour récupérer un peu. Trois fois plus de travail mais aussi trois fois plus d’amour et de câlins.

7- As-tu repris le travail à la fin de ton congé maternité ?

Oui mais à temps partiel. Je ne travaille que 3 jours par semaine. Le mercredi, je m’occupe des grands qui n’ont pas école et le vendredi je prépare au mieux les week-ends et je case mes rendez-vous médicaux ou ceux des enfants. Je suis encore fatiguée et fatigable (ils ont 16 mois) donc je ne me vois pas encore travailler à temps plein… Les jours où je travaille, j’ai 2 nounous : une pour les bébés et l’autre pour les grands.

8- Tes multiples sont-ils ensemble ou séparés à l’école ? Ce choix est-il le vôtre, celui des enfants ou a t-il été fait par le personnel enseignant ?

Si tes enfants ne sont pas encore scolarisés, as-tu déjà des souhaits ?

Ils sont encore petits, mais ça c’est vraiment une étape qui sera importante. Surtout que j’ai des monozygotes et un singleton donc je ne sais pas du tout comment ils vont construire leur relation. Pour la maternelle, d’un point de vue logistique et organisationnel, ce serait quand même plus simple s’ils étaient dans la même classe. Après, un peu plus grands, je pense qu’ils pourront aussi s’exprimer sur le sujet et nous déciderons ensemble…

9- Comment se passe la gestion de ton quotidien depuis que tu as des multiples ?

Clairement, il faut être organisé et être aidé si on peut se le permettre…

Le matin c’est toujours la course, il faut respecter le timing pour être à l’heure à l’école et à la crèche… Pour le reste, ça roule plutôt bien grâce à la nounou des bébés qui nous aide beaucoup pour les sorties de crèche jusqu’au coucher des bébés. Mais un grain de sable et la machine s’enraye tout de suite : nounou malade, bébés malades et là il faut  jongler pour tout réorganiser à la dernière minute. Donc c’est pas mal de stress et de fatigue et ça peut vite devenir chaotique, mais comme dans les films américains : on s’en sort toujours à la fin !

Et il faut trouver du temps à accorder à chacun ce qui n’est pas toujours évident quand on est pris dans le rythme du quotidien.

Mais je pense que dans l’ensemble, ça fonctionne plutôt bien et on arrive à passer de bons moments tous ensemble et avec chaque enfant.

10- Qu’est-ce que t’a apporté le fait de devenir maman de multiples ?

C’est une remise en question de la vie que nous avions prévue, c’est une vraie aventure. Cette situation inédite fait que j’apprends tous les jours. Mes enfants, mon mari et moi avons des ressources que nous ne soupçonnions pas… Il faut aussi souvent se remettre en question, pas facile tous les jours, mais du coup, on ne s’ennuie jamais !

11- Avec le recul que tu as, quelle est la chose la plus difficile selon toi ?

Je dirais qu’il  y a une difficulté physique : la gestion de la fatigue. On a cumulé une grosse dette de sommeil et pour l’instant nous n’avons pas réussi à la rattraper. .. Il faut réussir à dépasser ça car cela peut jouer sur le moral et la patience… pas évident tous les jours…

Et puis il faut aussi se faire à l’idée du bouleversement de notre projet de vie : le logement est devenue une épineuse question, finis les voyages, ma carrière professionnelle est mise en pause…

Cela impacte toute notre façon de vivre : fini l’improvisation, les vacances prévues à la dernière minute, il faut anticiper un maximum… Voilà, il faut inventer une nouvelle vie, un vrai challenge au quotidien et pour le long terme !

♦♦

Je remercie beaucoup Julie pour son témoignage !

 

Publicités

8- Peggy, maman de triplées de 5 ans.

Aujourd’hui, je vous présente Peggy ! Elle a 42 ans et est maman de 4 enfants :
Lysandre, 10 ans
Cyrielle, Sélène et Lucile, 5 ans nées à 34 sa + 3 jours.
39964232_10217614740060765_1170177613755318272_n

J’ai rencontré Peggy pendant son séjour au CHU. Nous ne nous sommes jamais revues mais je garde un souvenir d’une maman très positive pendant sa grossesse.

J’ai beaucoup aimé son témoignage car il est riche en zen et positive attitude, cocktail indispensable quand on attend et qu’on devient parents de 3 enfants en même temps !

♦♦

1) Comment as-tu découvert ta grossesse multiple?

Eh bien… Je suis un boulet de compétition ! J’ai bidouillé ma pilule en mai 2012 pour être tranquille (j’avais organisé une grosse fiesta pour les 60 ans de mon père, sa retraite et la crémaillère des mes parents). Résultat, test positif 3 semaines plus tard… C’était un œuf clair, qui s’est terminé par un curetage en juillet.
J’attendais mon retour de couches pour reprendre la pilule (ce n’est pas le premier jour des règles qu’on commence la pilule ???). Fin août, je me pose des questions, mais on vient d’emménager après avoir traversé la France, j’ai donc d’autres préoccupations. Mi-septembre, ne voyant rien venir, je fouille sur internet et je tombe évidemment sur des articles qui parle de curetage raté, de synéchies… Bref, je me dis qu’avec mon chance habituelle, tout n’a pas dû se passer correctement. J’en fais part à mes copines (sur internet). Ça les fait bien rire, surtout quand l’une d’elle me dit « tu sais moi mon retour de couche, il s’appelle Marius »…  Ahhhh ! Je garde ça en tête 2 jours et j’en parle à cher et tendre, qui se marre bien lui aussi. Hormis ces règles qui n’arrivent pas, je n’ai pas vraiment de symptômes, si ce n’est un essoufflement important et inhabituel (à l’époque je courrais 10km en 1h sans problème). Rendez-vous est pris le vendredi à la polyclinique pour une écho le mercredi suivant… Bizarrement, alors que je ne me savais pas encore enceinte, j’ai vomi pour la seule et unique fois de ma grossesse le lundi précédent cette écho…
Boris et Lysandre (mercredi oblige) m’ont accompagnée. Je suis allée seule dans la petite salle pour l’écho. Et là le gynéco me sort « ah mais c’est pas possible, statistiquement, c’est pas possible, vous êtes la 4ème grossesse gémellaire de la semaine ». Du coup, j’appelle le futur papa qui regarde le moniteur et se pince la lèvre genre oups j’ai fait une grosse bêtise. Il faut dire qu’il disait depuis longtemps (avant de me connaître) qu’il aimerait avoir des jumelles. Ce à quoi je répondais que un par un c’était sympa aussi…
J’étais enceinte d’un bon mois. Comme Lysandre était avec nous, nous lui avons expliqué, même si c’était tôt, que j’avais 2 bébés dans le ventre. Ce à quoi il nous a dit que non, il y en avait 3 ! Et il le répétait à qui voulait l’entendre.
Un mois plus tard, seconde écho. Là, l’échographiste passe la sonde sur mon ventre et la retire aussitôt. J’avais eu le temps de voir  sur l’écran un cercle apparaître, disparaître, puis un autre apparaître, disparaître et enfin un troisième… L’échographiste nous a révélé de suite qu’il y avait non pas 2 mais 3 bébés. Elle a été bien soulagée de notre réaction puisque nous avons ri. L’annonce de multiples est souvent mal vécue a priori.
Le soir même, ma grand-mère m’a téléphoné pour savoir si Lysandre avait raison. Ce à quoi j’ai répondu « oui mamie ».

2) Comment s’est déroulé ton suivi de grossesse?

Forcément, j’ai été très suivie. Enfin presque… Ils m’ont un peu oublié à la polyclinique. Oublié de fixer des dates de rendez-vous avec le médecin. Finalement, je n’aurais eu qu’un rendez-vous et c’était pour parler de réduction embryonnaire. Sans qu’on ne nous donne aucun détail sur la procédure, on ne nous a parlé que des risques, en nous faisant peur, en nous disant que d’élever 3 bébés c’était une chose mais 3 bébés handicapés en était une autre. En nous renseignant sur la réduction en rentrant chez nous, il était clair que nous ne pourrions pas le faire. La nature les avait mis là, la nature allait décider de la suite.
De toute façon, exit la polyclinique qui se trouvait à moins de 10 min de chez nous. Il nous fallait une catégorie 3, donc le CHU. Le premier rendez-vous avec l’échographiste a été rock’n roll. A peine sur le pas de la porte, elle m’a regardée et dit « ah c’est vous la grossesse triple. Il paraît que vous avez refusé la réduction. Il y a vraiment des parents inconscients ». Euh… bonjour à vous aussi.
Lors de l’écho, elle m’annonce que, contrairement au diagnostic de la polyclinique, je n’ai pas 3 poches, 3 placentas mais 3 poches, 2 placentas. Sachant ce que cela signifiait (une de mes amies a perdu une de ses jumelles à 1 mois de vie à cause du syndrome transfuseur-transfusé), j’ai fait mon premier malaise vagal ! Ce qui m’a valu une remarque sèche « vous en faites souvent ? Parce que c’est que le début là »… Euh non c’est le premier. Avec la chaleur de l’appareil, j’en ai fait un quasi à chaque échographie (j’apportais un petit jus de fruits, malgré un petit diabète).
A l’écho de janvier, on m’a dit d’emmener ma valise à celle de février. Mon col rétrécissait à chaque écho. Et bingo, j’ai été hospitalisée le 7 février 2013. On m’a installée dans une grande chambre, vue sur Loire.
Le plus compliqué était de devoir subir les monitoring. Cyrielle était très facile à trouver et jusqu’à la fin, elle nous faisait des courbes parfaites. Lucile pareil, mais plus difficile à capter les derniers jours. Mais alors Sélène… Une galère sans nom. La plus petite, haut perchée. Les sages-femmes devaient parfois sortir l’échographe portatif pour la trouver. Et même quand on entendait son cœur, ça ne tenait jamais très longtemps. Toutes ses courbes étaient en pointillées. Les monito devenaient interminables (plus d’une heure, deux heures même pour l’un d’eux). La position me faisait contracter par les reins. Je résistais tant bien que mal, jusqu’à ce que la douleur et les larmes me fassent changer de position (je savais que ce changement allait faire durer le monito plus longtemps)…  Les contractions ont par 3 fois causé une ralentissement cardiaque important pour Sélène (de 160 battements à 46, ce chiffre est gravé dans ma mémoire ainsi que le son qui s’estompe…), créant un branle-bas de combat dans le service pour me monter en urgences au bloc pour une césa. Heureusement, une fois en haut, le monito de contrôle a montré chaque fois que son cœur battait à nouveau au bon rythme.
Je n’ai pas mal vécu ce suivi très médicalisé. Ma grand-mère maternelle avait accouché de 3 garçons après avoir eu ma mère dans les années 50. Sans suivi, ni écho, sans savoir qu’elle en avait 3 à faire naître… Ils sont nés trop tôt. Ils n’ont pas ou quasi pas vécu.

3) Raconte-nous la naissance de tes enfants.

C’était le week-end de Pâques, le lundi. Mes parents sont venus avec mon fils. Lui, qui n’avait rien dit jusque là, m’a dit d’une petite voix « j’aimerais qu’elles sortent ». Il faut dire que ce n’était pas drôle pour lui. J’étais hospitalisée, Boris commençait un nouveaux boulot. Du coup mes parents s’en occupait beaucoup mais ils habitaient à 45 min de chez nous, de l’école. Il en a fait de la route à l’époque. Il était prévu qu’il dorme chez mes parents ce lundi et Boris avec moi dans la chambre. Mais vu sa petite mine Boris m’a dit qu’il avait besoin de dormir dans son lit, chez nous. Ce qu’ils ont fait.
On s’est téléphoné le soir. Après avoir raccroché vers 22h, je me suis levée pour aller aux toilettes. Et là, dans la salle de bain, j’ai perdu les eaux (et pas qu’un peu). J’ai rappelé mon homme pour lui dire de venir. Ensuite j’ai sonné la sage femme.
On m’a monté dans la joie et la bonne humeur à l’étage pour la césarienne. Il n’a jamais été question de voies basses. Ça ne m’a jamais posé problème. L’essentiel était la santé des filles. Sélène n’aurait de tout façon jamais supporté les contractions d’un travail de plusieurs heures, elle qui sortait la dernière.
L’accouchement s’est très bien passé. Tout le monde était détendu, moi y compris. Les filles ont pleuré tout de suite. La gynéco m’a  dit que j’avais 2  blondes  et  une  brune (en fait 2 rouquines). On me les a présentées pour un p’tit bisou à chacune et hop direction l’équipe de soins accompagnées du papa.
Cyrielle est née à 1h13 elle pesait 1,920 kg
Lucile est née à 1h14 elle pesait 1,950 kg
Sélène est née à 1h15 elle pesait 1,440 kg
15120_10201052217768059_1609882383_n

4) Peux-tu nous décrire ton séjour à la maternité?

Je suis restée 8,5 semaines à l’hôpital ! Je l’ai bien vécu parce que finalement ma présence était logique et j’allais bien, les filles aussi. Mais elles risquaient de sortir beaucoup trop tôt (ils ne donnaient pas cher de ma peau quand je suis arrivée). J’ai tenu bien plus longtemps que prévu.
Tout le monde a pris soin de moi. Les sages femmes (à part une) étaient vraiment super. Les aides soignantes adorables. Et j’ai bien mangé ! Même avec un régime pour diabétique. Ce n’était pas du 3 étoiles, mais c’était tout à fait convenable.
Le plus dur a été après la naissance. Les filles n’étaient pas dans le même service. Sélène était séparée de ses sœurs, qui étaient en soins intensifs. C’était un déchirement d’être avec Cyrielle et Lucile et de la laisser seule en réa. Et jongler entre les 2 services c’était juste horrible.
Le service des soins intensifs a bataillé pour qu’elle rejoigne ses sœurs (il n’y avait plus assez de bébés en réa, du coup, ils ne voulaient pas qu’elle parte, bref sans commentaires…).
Ensuite, Cyrielle et Lucile ont eu l’autorisation de sortir le dimanche. Sélène devait attendre un peu. Le jeudi avant la sortie de ses sœurs, elle n’a pas fermé l’œil de la journée. Elle ne semblait pas en forme, avec un petit rhume. Les médecins lui ont fait une prise de sang et une radio pulmonaire (ils avaient peur qu’elle ne fasse une bronchiolite). En fait, elle était très anémiée. Elle a dû être transfusée le lendemain… Elle est finalement sortie le vendredi suivant, faisant un peu moins de 2 kg.
La laisser seule à l’hôpital a été moralement très compliqué. Les avoir enfin toutes les trois à la maison a été un tel soulagement.

5) As-tu allaité ou as-tu donné le biberon?

J’ai allaité un peu, tire-allaité beaucoup. Pendant 2,5 mois. Le problème était le manque de temps pour tirer mon lait. Il m’arrivait souvent de ne le faire que le matin et le soir. Suffisant pour les quantités mais physiquement désagréable.

6) Peux-tu nous dire quelques mots sur les premiers mois avec les bébés?

Nous nous attendions à ce que ce soit très difficile mais ça ne l’a pas été autant que ce que nous pensions. Il est vrai que nous étions très occupés. Trois bébés, c’est beaucoup de biberons à laver, de couches à changer, de câlins à donner. Et le grand frère avait aussi besoin de nous, même s’il est absolument exceptionnel. Très patient et aux petits soins pour ses petites sœurs. Un soir, il m’a même proposé de ne pas lui lire d’histoire si les filles avaient trop besoin de moi. Évidemment, il a eu son histoire tous les soirs. C’était notre moment.
les fillesinvasion375106_10201170454603906_1863845510_n
On n’a pas voulu les caler ensemble pour les biberons. On a préféré respecter leurs rythmes. Les nuits étaient courtes mais nous avions tous les 2 un bouton on/off. On donnait un biberon et on se rendormait avant le prochain. Quand Boris a repris le travail, je lui ai interdit de faire les biberons la nuit. Il avait été embauché 3 jours avant mon hospitalisation, je voulais qu’il soit bien en forme. Il faisaient les biberons jusqu’à 23h et ceux qui commençaient à 6h. C’était déjà énorme pour mon sommeil (surtout ceux du matin). Les filles étaient plutôt calmes, pas de grosses hurleuses. La nuit, je me réveillais dès que l’une bougeait, elles n’ont jamais eu le temps de pleurer pour réclamer leur dû.
Finalement en avoir 3 était très naturel pour nous, c’est le regard des autres quand on partait en balade qui nous faisait comprendre que ça ne l’était peut être pas tant que ça. Nous pourrions sûrement tous/toutes écrire un livre sur les réflexions qu’on a reçues d’inconnus… La pire pour ma part est venue d’une dame d’un certain âge qui m’a dit en regardant les filles : « elles lui ont tout pris à l’autre », en parlant de Cyrielle qui n’a pas la chevelure rousse ni les yeux bleus de ses sœurs…

7) As-tu repris le travail à la fin de ton congé maternité?

Oui… En octobre, à temps partiel (j’ai toujours mes mercredis d’ailleurs), elles avaient donc 6 mois. Le congé parental est indemnisé de la même manière pour un ou trois enfants. Alors certes, on touchait 3 « paje » mais vu les investissements nécessaires (poussettes, cosys, lits, voiture, nouvelle maison…) et le budget couche/lait, nous aurions un peu souffert financièrement ou alors nous nous serions privé de beaucoup de choses, choisi une maison plus petite, limité les sorties (et pénalisé le grand frère par la même occasion)… Et puis, fréquenter des adultes, c’était pas mal aussi.

8) Tes multiples sont-ils ensemble ou séparés à l’école? Ce choix est-il le vôtre, celui des enfants ou a t-il été fait par le personnel enseignant?

Si tes enfants ne sont pas encore scolarisés, as-tu déjà des souhaits?

Elles étaient ensemble en PS. Je trouvais ça plus cool pour les débuts. Une entrée à l’école les unes sans les autres me paraissait inconcevable et un peu cruel. Elles faisaient sans problème les activités séparément, chacune dans un groupe différent mais avaient tendance à retourner ensemble à la fin. Cyrielle est plus sociable. Lucile et Sélène s’auto-suffisaient (seule, même pas en duo). Encore maintenant, Cyrielle a toujours plus de copines. En MS, nous les avons séparées. Nous le voulions sans savoir si on le ferait en MS ou GS (en tout cas, avant le CP). Leur maîtresse les pensait prêtes. La rentrée s’est passé sans aucun problème (finalement, j’étais la plus stressée, la seule à stresser pour dire vrai). Elles ont apprécié d’avoir chacune leur maîtresse, leurs copains. Nous avons la chance d’avoir 3 niveaux par classe en maternelle et en primaire. Elles sont proches, jouent beaucoup ensemble (des heures de calmes grâce aux légo, playmo, petshop et autres polly pocket…) mais elles ne souffrent pas d’être séparées. Elles ne sont pas invitées aux mêmes anniversaires. Heureuses de vivre leurs expériences et de se retrouver pour se les raconter.
Elles ont fait leur rentrée en GS, à nouveau séparées. Et tout se passe très bien.

9) Comment se passe la gestion de ton quotidien depuis que tu as des multiples?

L’impression de toujours courir. D’un manque de temps horrible. Jongler entre le boulot, les enfants, l’école, les activités sportives… Et la gestion du linge qui est vraiment chronophage !!! Mais, les filles ont 5 ans et ça chance beaucoup de choses. Elles deviennent de plus en plus autonomes. Les quatre sont faciles à vivre. Pas de caprices, de rebellions, ils coopèrent très facilement. Ils aiment aider, faire plaisir, faire des bisous et des câlins (nous ne sommes pas en manque de ce côté là). Il y a bien quelques chamailleries mais dans l’ensemble, ils s’entendent tous très bien. Ils jouent parfois tous ensemble, parfois en duo, le plus souvent dans le calme. J’avoue passer des heures à les regarder jouer et se raconter des histoires. C’est souvent très drôle.

10) Qu’est ce que t’a apporté le fait de devenir maman de multiples?

Je me sens plus maman de 4 enfants (donc famille nombreuse) que maman de multiples. C’est difficile à expliquer.
17155487_10212713963104404_2204923060280548070_n
Nous n’avons pas trop fait cas de l’arrivée massive de bébés dans notre foyer, de cette gémellité. Nous avons bien pris l’annonce, leur arrivée, le changement de rythme. Finalement, tout s’est fait de façon très naturelle. J’ai l’impression parfois de passer pour une extra terrestre aux yeux de mes collègues, copines… Mais je pense que, dans le fond, c’est plus facile à vivre qu’à imaginer.

11) Avec le recul que tu as, quelle est la chose la plus difficile selon toi?

Contrairement à ce que les gens pensent et me disent, le plus dur n’était pas les débuts. Nous étions préparés au pire alors finalement nous avons trouvé ça tout çà fait gérable. C’était plus difficile entre les 2 et 3 ans.
Nous étions épuisés !!! La fatigue nous bouffait. Le manque de sommeil, une accumulation de petites nuits à la limite du supportable. Et ce n’était pas même pas dû au nombre d’enfants. Sur les 4, seule Cyrielle a eu des problèmes de sommeil. Petite, elle dormait peu (même bébé, c’était impressionnant, 10 min de sommeil dans la voiture et Mademoiselle avait fait sa sieste de l’après-midi) et se réveillait toutes les nuits, plusieurs fois par nuit. Elle faisait beaucoup de cauchemars, nous nous levions plus de 10 fois certaines nuits. Elle dort bien depuis ses 4 ans environ… Les autres ne sont pas de grosses dormeuses non plus et sont matinales (depuis cet été, elles nous gratifient d’un levé à 7h30-8h, l’année dernière c’était plutôt 6h30-7h) mais elles ne se réveillent jamais en pleine nuit en pleurant. Elles nous ont fait/font quelques réveils en plein milieu de la nuit mais elles ne pleurent pas et ça, pour nos nerfs, ça change tout.
Et puis, les maladies x 3 voire x 4… En mai et juin 2017, ils ont fait fort ! Une vendredi soir, l’atsem nous a dit que les 3 poupettes avaient la varicelle. 15 jours après, le grand frère l’a déclarée. Ils avaient encore des boutons quand Cyrielle et Sélène ont eu une violente gastro qui leur a valu une nuit sous perf à l’hôpital le lundi de pentecôte. Lucile l’a eue le mercredi… Tout ce qui entrait, sortait, l’horreur. A peine remise, Lucile a eu une angine avec scarlatine… Fatigue, vous avez dit fatigue…
Pour le reste, nos enfants sont plutôt faciles à vivre, ils nous suivent partout. Les filles n’ont jamais pleuré dans leur poussette, même nourrissons. Les courses se faisaient dans le calme, l’attente chez les médecins aussi (d’ailleurs, elles adorent y aller et se faire ausculter). J’avais même inscrit le grand à la piscine quand il avait 5 ans et elles 6 mois. J’assistais au cours avec une en portage et 2 en cosy (après avoir gravi 2 gros escaliers et traversé la piscine pour m’asseoir dans les gradins). Elles ont passé des après-midis aux compétitions de judo (j’avoue que j’étais fière d’elles, elles étaient très patientes). Bref, tout à rouler, à part le sommeil… Les autres difficultés n’étaient pas importantes au fond mais juste amplifiées par le nombre d’enfants et la fatigue.
cloître de cadouin 08.2018

♦♦

Peggy, je te remercie beaucoup pour ton joli témoignage dans lequel je me retrouve beaucoup et qui, je l’espère, inspirera d’autres mamans !

1- Athéna, maman de triplés de 8 ans !

Je vous présente aujourd’hui ma nouvelle rubrique dans laquelle des mamans acceptent de raconter leur expérience de la maternité multiple.

Tout au long de ma grossesse triple, je me suis nourrie de témoignages de différentes mamans et de leurs parcours tous plus riches les uns que les autres. J’avais besoin de comprendre ce qui allait m’arriver, besoin de me rassurer aussi.

Je me rends compte aujourd’hui que j’aime toujours autant lire des témoignages de mamans de multiples et partager mon expérience, c’est pour cette raison qu’une fois par semaine, je publierai des écrits de mamans de jumeaux, triplés ou même plus, qui sait?

J’ai donc joué le jeu et répondu à mes propres questions. J’ai prévu d’écrire deux articles différents. Le premier qui concerne l’arrivée d’Opale, Balthazar et Adémar et le second, pour l’arrivée de Marthe et Édith.

Je démarre donc cette rubrique en partageant avec vous l’histoire de ma triple team !

La découverte de ma grossesse multiple:

Pour être totalement transparente, ma grossesse n’était pas planifiée. Elle a démarré quand Zéphir avait 5 mois, je me mariais deux mois plus tard et passais mon diplôme dans la foulée.

Les deux premiers mois ont été très difficiles. J’ai été arrêtée à trois semaines de grossesse tellement j’étais malade et à bout de force.
Le 20 mai 2009, je passais ma première échographie. Je n’y allais pas très sereine. J’étais tellement malade que j’avais le sentiment d’attendre des jumeaux. J’étais excitée (d’imaginer accueillir deux bébés ) mais à la fois un peu inquiète.

J’avais pris rendez-vous directement à la maternité dans laquelle je m’étais inscrite pour accoucher. Vous savez, le genre de maternité de niveau 2 où on peut accoucher le plus naturellement possible.

La gynécologue qui nous a reçus démarrait juste sa carrière. Elle était jeune et pleine d’entrain.

Je me souviendrai toute ma vie du moment où elle a posé la sonde sur mon ventre et où dans la seconde qui a suivi, j’ai aperçu deux poches ! C’était très clair. Je lui ai dit :

« Oh !!! Il y a deux poches ! »

Elle m’a répondu :

« Non !!! Il y en a trois ! » et elle a retiré la sonde pour respirer.

021. 1ère écho.jpg

20 mai 2009

Je me souviens avoir pleuré. Je ne comprenais pas trop ce qui m’arrivait. Et dans les deux minutes après qu’elle nous ait annoncé la nouvelle j’ai commencé à être inquiète. Je ne m’inquiétais pas de l’avenir ni de l’organisation mais d’une potentielle anomalie sur l’un des foetus.

L’échographie a duré une heure trente. Elle a mesuré et remesuré les clartés nucales et les longueurs crânio-caudales. Elle voulait être certaine de ne pas se tromper de foetus.

Après l’écho, elle nous a expliqué qu’il ne fallait pas que l’on s’inquiète car la réduction embryonnaire était tout à fait possible dans le cas de triplés et que l’obstétricienne vers laquelle elle nous envoyait était très compétente et nous expliquerait bien le déroulé du geste.

Je suis ressortie du rendez-vous choquée, inquiète mais aussi et contre toute attente hyper fière de ce que mon corps avait réussi à créer.

Sur le chemin du retour, j’ai reçu un appel du CHU. Ils me donnaient rendez-vous une semaine plus tard pour une échographie dite de chorionicité avec LA spécialiste des grossesses à haut risque du grand ouest.

Après l’annonce à nos familles et amis, j’ai pris le temps de réfléchir à cette nouvelle vie qui nous attendait. Seule. Dans ma bulle sans écouter les conseils divers et variés de nos proches. Conseils souvent dépourvus de sens tant l’inconnu était palpable pour toutes les personnes qui nous entouraient. Je me demandais ce que la spécialiste allait nous dire. Et je ne comprenais pas pourquoi elle nous avait parlé de réduction embryonnaire.

La semaine suivante, nous nous sommes rendus dans ce service de grossesses à haut risque. Je me souviens m’être sentie parachutée dans un monde que je ne connaissais pas. Mon sentiment était hyper ambivalent.

Dans la salle d’attente, j’ai discuté avec des femmes enceintes. Certaines avaient des fœtus qui présentaient de grosses malformations. Leur suivi était intense et des opérations étaient prévues à la naissance. J’avais presque l’impression d’être chanceuse et en même temps je ne comprenais pas trop ce que je faisais là:

« Mes bébés vont bien, moi aussi, aucune raison d’être ici ! »

La spécialiste nous a reçus dans une salle d’écho, entourée de tout un bataillon d’internes et d’étudiants, …

Elle ne nous a pas adressé la parole. Elle a commencé son écho, je me sentais comme un objet utilisé pour l’apprentissage de tous ces soignants en formation. Je me souviens avoir presque fait un malaise sur la table mais elle était tellement concentrée et froide que je n’osais même pas lui dire que ça n’allait pas.

A la fin de l’examen elle nous a dit:

 » Bon c’est parfait. C’est une grossesse triple, trichoriale, triamniotique , la meilleure configuration possible pour la réduction embryonnaire. »

A ce moment là je me suis sentie agressée.

Agressée de mots que je ne connaissais pas, que je ne comprenais pas. J’ai donc essayé d’en savoir plus. Et c’est à ce moment là qu’elle nous a enfin expliqué qu’il y avait trois placentas ( trichoriale ) et trois poches ( triamniotique ).

C’est la configuration la moins risquée des grossesses multiples. Chaque fœtus est indépendant.

Elle nous a expliqué pourquoi nous n’avions pas d’autres choix que d’avoir recourt à la réduction embryonnaire : risques de prématurité, risques de mortalité in utéro, risques de mortalité maternelle, ….

Tant de jolies choses à penser !

Après lui avoir expliqué notre refus elle nous a dit:

« Bon c’est vous qui décidez. Votre terme est le 10 décembre mais ce sera déjà bien si vous atteignez début octobre. »

Le suivi de ma grossesse triple:

Le suivi de grossesse pour des multiples est déterminé après ce fameux diagnostic de chorionicité. Une grossesse gémellaire bichoriale biamniotique sera moins suivie qu’une grossesse monochoriale biamniotique par exemple.

Mes rendez-vous ont été posés jusqu’à la date prévue d’accouchement. Je devais venir toutes les trois semaines pour une échographie et le suivi gynéco. Elle a fait en sorte de rassembler mes rendez-vous afin que j’aie le moins de route possible à faire.

J’ai dû m’aliter très tôt afin d’éviter de solliciter le col et à partir de 26 semaines, une sage-femme venait faire des échos à domicile.

IMGP0253.JPG

Juin 2009. 3 mois de grossesse

En septembre, les choses se sont corsées. Mon col était très raccourci, elle a donc décidé de m’hospitaliser. On était le 14 septembre ! Comme je suis née le 15, elle m’a laissé rentrer pour préparer mes affaires et passer la soirée en famille.

Je me souviens avoir peu dormi. J’étais tellement triste de devoir quitter Zéphir et en même temps tellement inquiète de potentiellement accoucher trop tôt. J’étais à 29 SA et même si je savais qu’au CHU ils prenaient en charge les bébés nés à partir de 25 SA, je n’arrivais pas à me rassurer sur le bon déroulé de la suite des événements.

Les trois semaines qui ont suivi ont été rythmées par de nombreuses échos, de nombreux examens, un repos forcé, et les allers retours du personnel soignant et de sa brigade d’étudiants !

J’avais fait une cure de corticoïdes pour le développement des poumons des bébés et j’étais continuellement sous traitement contre les contractions.

J’ai souvenir que j’étais douloureuse en permanence.

IMGP0615.JPG

29 septembre 2009. 6 mois et demi de grossesse.

Durant mon séjour j’ai fait la rencontre d’une sage-femme super qui m’a beaucoup aidée à relativiser. Je savais que je pouvais lui poser des questions moins médicales afin de me rassurer sur tous les aspects de maternage qui m’intéressaient à l’époque: allaitement de multiples, organisation des multiples dans les différents services accueillant les prématurés, accouchement triple, relation parents/bébés prématurés…

Je crois que ça m’a permis de gagner en sérénité et de rester optimiste.

J’ai beaucoup insisté auprès de ma spécialiste pour accoucher par voie basse. Au CHU de Nantes, ça ne se fait pas. Le chef de service pense qu’il vaut mieux faire une césarienne afin d’éviter les complications. ( diverses et variées…)

Mais comme j’avais décidé que je ne voulais pas de césarienne et que j’étais probablement très insistante, elle m’a fait une écho pour déterminer la position des bébés. Balthazar était en présentation transverse, ce qui signifie qu’il avait le dos contre mon col. Donc aucune autre issue que la césarienne. Mais elle m’a quand même dit qu’ils avaient encore de la place pour bouger et que tout se jouerait à la dernière minute…

Tous les espoirs étaient donc permis !

La naissance d’Opale, Balthazar et Adémar

Mes trois loulous sont nés le 9 octobre 2009 à 32 SA (7 mois de grossesse). Ce jour là, ma mère était venue déjeuner avec moi. Et, détail qui a toute son importance dans la suite de l’histoire : elle avait apporté un plat de boudin aux pommes.

Je n’étais pas affamée, plutôt écœurée. Elle m’a dit:

« Quand même Athéna! Il faut que tu manges! Quand on attend trois bébés il faut prendre des forces!  » ( Mais bon les trois bébés pèsent aussi sérieusement sur l’estomac! )

Vers 14h, je lui dis:

« Je crois que je ne me sens pas bien. Y’a un truc. Je me sens bizarre et je crois que j’ai des contractions »

J’ai donc sonné !

La sage- femme est venue m’examiner. je me souviendrais toujours de son visage inquiet lors de l’examen. Elle m’a dit :

« Bon. Vous patientez, je vais chercher un médecin. »

Très rassurant.

L’interne qui me suivait en duo avec ma spécialiste est arrivé en deux minutes. Il m’a examinée et m’a dit :

« Bon, vous êtes en travail, votre col est dilaté à 5, on vous emmène au bloc, vos bébés vont naitre ! »

IMGP0666.JPG

2h avant leur naissance

Je me suis mise à pleurer ! Mais non, c’est pas possible, leur papa n’est pas là, il a plus de 35 minutes de route pour me rejoindre, et c’est trop tôt pour qu’ils naissent! »

Finalement il a eu le temps d’arriver avec Zéphir pendant qu’ils me préparaient pour l’intervention.

J’ai câliné mon fils, lui ai dit que je l’aimais et que tout allait bien se passer. Je l’ai regardé partir par la fenêtre avec ma maman qui avait attendu son arrivée.

L’accouchement par voie basse n’a pas été discuté, ma spécialiste n’était pas là pour s’en charger et il n’a même pas été question de faire une écho pour voir si Balthazar avait bougé.

Ils m’ont expliqué qu’ils allaient me faire une anesthésie générale. J’ai refusé ! J’avais peur de me réveiller et d’apprendre qu’un bébé n’allait pas bien ! Mais comme je faisais des malaises en restant plus de cinq secondes allongée sur le dos, ils ont dû incliner la table sur le côté donc forcément c’était moins confortable pour eux.

Il y avait dans le bloc, un nombre incalculable de soignants. Ils me parlaient tous à tour de rôle et m’expliquaient leurs missions afin de ne pas trop m’inquiéter.

J’étais un peu shootée, fatiguée, et carrément inquiète.

La personne dont je me souviens bien, c’est cet infirmier qui est resté collé à moi, la main sur mon épaule en me détaillant chaque geste de la césarienne. Je me suis sentie vraiment bien accompagnée malgré l’absence au bloc du papa. ( Il n’était pas toléré au bloc et a dû attendre l’arrivée des bébés avec les pédiatres.)

Balthazar est né à 17h29. Ils me l’ont posé contre la joue pour que je lui fasse un bisou et l’ont emmené très rapidement. Il pleurait. Ouf ! Mais il semblait si petit…

Adémar est né à 17h30. Même scénario.

Opale est née à 17h31. Elle avait du mal à pleurer. Ils l’ont emmenée en courant.

A ce moment là, je me suis sentie extrêmement seule. Je venais de donner naissance à trois bébés qu’on avait emmenés loin de moi.

J’ai vomi et revomi (le boudin aux pommes de ma mère !!!)

Leur papa m’a rejoint en salle de réveil. Il m’a montré des photos sauf que non seulement j’étais shootée mais en plus il ne savait plus qui était qui  !

Il m’a expliqué qu’ils avaient été emmenés en soins intensifs et qu’ils étaient tous les trois très vaillants à la naissance.

Mon séjour à la maternité:

Je n’ai pu les voir que 24h plus tard. Adémar était dans un « box » à part car dans ce service il n’y a que deux places par box. Mais trois jours plus tard ils ont réussi à l’installer avec Opale et Balthazar.

Les soignants m’ont emmenée en fauteuil roulant. Ils m’ont placée devant Adémar et m’ont dit.

« Voilà ! C’est Adémar ! « 

Je leur ai répondu qu’ils devaient se tromper. Car ce bébé était beaucoup trop petit pour être le mien.

Finalement, c’était bien mon tout petit bébé. Opale et Balthazar n’étaient pas plus gros. J’ai souvenir d’avoir pleuré devant les couveuses en me disant:

 » Mince, qu’ai-je donc fait? Pourquoi est-ce que ça nous arrive à nous? J’ai tout donné pendant cette grossesse mais ils sont quand même tout petits et hyper médicalisés. »

Il y avait des machines partout. Ils étaient branchés, et Opale et Adémar avaient des aides pour respirer. L’ambiance était à la fois sereine et hyper stressante.

IMGP0787.JPG

IMGP0758.JPG

Premier peau à peau. 3 jours après leur naissance.

Je suis restée 5 jours à la maternité. Ces 5 jours ont été les plus inquiétants de toute ma vie. Adémar faisait beaucoup de pauses respiratoires. A chaque visite, j’avais l’impression que les médecins allaient m’annoncer le pire. J’avais peur des séquelles, des handicaps, de la mort même. Je les voyais avec des perfusions partout, des pansements, des petits bobos. Je les sentais remplis de coliques malgré leurs 8 ml de lait toutes les 3h. J’étais impuissante et clairement, je me suis oubliée pour tenter de les aider au mieux.

IMGP0830

10 jours de vie

Quand je suis rentrée chez moi, j’ai pleuré pendant plusieurs heures. J’ai eu l’impression de les abandonner. Je me sentais dépossédée de ma maternité. J’avais accouché. J’étais douloureuse mais je n’avais pas de bébés avec moi. La seule chose qui me liait à eux était le tire-lait que je devais utiliser toutes les deux à trois heures pour réussir à les nourrir exclusivement !

Nous leur avons rendus visite de 13h à 18h tous les jours sans exception jusqu’à leur sortie cinq semaines plus tard pour Balthazar, 6 semaines plus tard pour Opale et Adémar après avoir passé trois semaines en soins intensifs puis 3 semaines en néonatalogie.

IMGP0895.JPG

IMGP1109.JPG

IMGP1067.JPG

IMGP0983.JPG

IMGP0891.JPG

Oui, Balthazar est sorti plus tôt car il était prêt. Mais nous avons beaucoup regretté ce choix. A la maison, il pleurait, il pleurait, il pleurait ! Mais quand on rejoignait Opale et Adémar, il était calme et serein…

Je pourrais écrire des pages entières sur ce que nous avons vécu durant leurs six premières semaines de vie, sur la relation que nous avions avec le personnel soignant, sur les désaccords que j’avais sur leur façon de faire avec les enfants et les parents et sur la difficulté que j’ai eue à me faire une place en tant que mère de mes enfants avec des envies et des inquiétudes.

Dans tous les cas, quand on attend des multiples on se prépare à la prématurité mais finalement tant qu’on ne l’a pas vécue on est incapable de mesurer l’impact considérable sur notre vie actuelle et future.

Allaitement ou biberon?

J’ai choisi d’allaiter mes bébés. Ça me tenait à cœur depuis que l’allaitement de Zéphir avait complètement raté. Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre mais j’ai tout donné pour réussir à atteindre mon but.
24h après la naissance j’ai commencé à tirer mon lait toutes les deux heures ! Les soignants me disaient que je devais me reposer mais j’avais peur de ne pas faire de montée de lait étant donné que je n’avais pas de bébés avec moi.
Les deux premières semaines, ils étaient alimentés par sonde gastrique. Trop faibles pour téter, ils ne pouvaient pas être mis au sein.

L’apprentissage de la tétée a pris du temps. Surtout pour Opale qui avait encore du mal à prendre ses rations 5 semaines après sa naissance. Mais après avoir fait des séances de kiné, elle a commencé à bien téter.

IMGP1112.JPG

IMGP0004.JPG
C’est assez stressant l’allaitement de prématurés. Ils nous demandaient de les peser avant et après la tétée pour être certains de leurs prises.
J’ai continué à les allaiter exclusivement jusqu’à leurs trois mois.

IMGP0071.JPG

Ensuite, trop fatiguées, nous avons introduit des biberons. Le sevrage s’est fait naturellement à 6 mois.

Quelques mots sur les premiers mois avec mes multiples:

J’ai souvenir d’être dans un état de fatigue permanent. Les nuits étaient difficiles. Les journées aussi d’ailleurs. On ne vivait que pour faire grandir ces bébés et ça a duré pendant un an.

IMGP0032.JPG

Finalement je ne me souviens pas de grand chose. Comme si mon cerveau avait voulu occulter tous ces moments.

IMGP0102.JPG

IMGP0260.JPG

IMGP0186.JPG

DSC02164.JPG

A côté de ça, je vivais dans un sentiment de culpabilité permanent vis à vis de Zéphir qui était si petit. J’avais peu de temps à lui accorder.

Mais j’étais tellement fière. Je me disais que mon corps avait fait quelque chose d’incroyable et qu’ils étaient chanceux d’être tous les quatre. Qu’ils auraient toujours ce lien, cette force qu’on ne pourrait pas comprendre. Je me rassurais en me disant que  la première année était difficile mais que plus tard, ça irait mieux! ( et effectivement c’est le cas !)

Reprise du travail ou congé parental?

J’ai repris le travail en août 2015 quand Zéphir avait 7 ans et Opale, Balthazar et Adémar, 6 ans! Je ne les ai pas mis en garde en collectivité avant l’entrée à l’école. D’ailleurs, les pédiatres du CHU m’avait expliqué qu’il valait mieux les garder à la maison les trois premières années afin qu’ils n’attrapent pas trop de virus. Ils étaient quand même assez fragiles.

Avec du recul, je ne regrette pas du tout de leur avoir consacré 100% de mon temps jusqu’à leur entrée en CP. Par contre j’ai souvenir de moments de doutes, de découragement, de lassitude, de fatigue mentale et physique, d’ennui. J’avais souvent l’impression d’être coupée du monde. Je n’avais pas vraiment de vie sociale.

La première année avec des multiples est épuisante à plusieurs niveaux mais finalement ce n’est pas celle que j’ai trouvée la plus difficile. Mais celle entre 3 et 4 ans en 2012/2013. (pour plusieurs raisons, mon divorce d’une part et la confrontation vers ces petites personnes qui ont une personnalité qui leur est propre avec laquelle il faut composer. )

Le travail que j’ai trouvé après ces nombreuses années à la maison m’a apporté beaucoup personnellement. J’ai repris confiance en moi et me suis sentie compétente dans un autre domaine que la maternité.

J’avais des horaires décalées. Gweltaz a adapté son emploi du temps pour assurer avec moi le quotidien.

Malgré tout, je trouvais que le rythmé imposé était difficile. On courait tous les deux pour bosser, s’occuper des enfants et retaper notre appartement.

Ensemble ou séparés à l’école ?

Je suis très sensible au sujet de l’école. Je crois qu’aucun des parents de multiples ne devrait se faire imposer à un choix d’enseignant et qu’aucun multiple ne devrait avoir à subir de décisions extérieures sur leur scolarité.
Je reste persuadée que les parents ( même s’ils ne peuvent pas se rendre compte de tout ) sont à même d’avoir le droit de choisir pour leurs enfants.
Opale, Balthazar et Adémar ont été dans la même classe en petite et moyenne sections. La directrice de l’école, elle-même jumelle, était très à l’écoute des parents.

Suite à notre emménagement avec Gweltaz, les enfants ont changé d’école. La directrice n’avait jamais eu de triplés durant sa carrière. Elle m’a expliqué qu’elle nous laissait le choix. Au vu des changements dans notre vie et de la certitude que j’avais qu’une séparation ne serait pas bénéfique pour eux, j’ai demandé à ce qu’ils soient ensemble.

Elle a acquiescé.

Le jour de la rentrée, j’ai vu leurs noms sur trois listes différentes. Elle avait créé trois doubles niveaux dans le but de les séparer. Comme je ne voulais pas montrer aux enfants mon inquiétude et ma colère, je leur ai expliqué devant les portes que cette année, ils n’allaient finalement pas être ensemble mais qu’ils se retrouveraient dans la cour et après la classe.

Je n’ai pas osé faire de scandale. On venait d’arriver, je n’avais pas hyper envie de me faire mal voir. J’ai tenté de prendre le positif. Gweltaz m’a aidée à accepter cette décision prise à mon insu.

Les enfants sont ressortis de leur première journée enchanté. L’année s’est très bien déroulée, ils étaient heureux de se retrouver le soir.

Ils ont donc enchainé le CP et le CE1 séparés.

De notre côté ça a été très difficile à gérer :

  • 4 leçons différentes chaque soir
  • 4 cahiers de liaison à signer
  • des jours de sport différents, donc  un casse-tête quotidien pour qu’ils partent bien en tenue de sport le bon jour (sans parler des cycles de piscine avec les sacs à préparer et à laver au retour)
  • différentes sorties scolaires avec parfois les pique-nique qui s’enchaînent sur plusieurs jours… Mais jamais en même temps
  • Des réunions parents/enseignant qui tombent  le même jour à la même heure
  • Et le pire (selon moi), les spectacles de fin d’année chacun dans sa classe à la même heure ! J’ai donc dû faire des choix : « bon donc Opale je viens voir ton spectacle mais Balthazar je ne viens pas voir le tien. Adémar je verrai si après celui d’Opale je peux courir dans ta classe pour voir la fin… »

Bref, une gestion de leur scolarité très compliquée pour nous.

Mais on les sentait bien dans leurs classes et dans leur vie, ce qui était plutôt rassurant !

En  CE2, nouveau  changement d’école. J’ai rencontré la directrice en juin 2017. Elle m’a dit que les parents avaient le choix. Je lui ai répondu que j’avais déjà entendu ce discours mais qu’au final mes choix n’avaient pas été respectés et que je préférais qu’elle me dise clairement les choses dès le départ plutôt que d’avoir des surprises le jour de la rentrée!

Elle m’a rassurée.  » Ici, on écoute les parents et les enfants ! »

On avait beaucoup discuté avec Opale, Balthazar et Adémar. On estimait qu’on ne devait plus décider à leur place. Il y avait deux classes de CE2 de prévues. Il fallait donc savoir si on les mettait tous les trois ou si on faisait 2+1 et dans ce cas déterminer l’enfant seul…

Finalement ils ont discuté entre eux. Adémar voulait être seul. Balthazar et Opale étaient ok pour être ensemble.

Et le jour de la rentrée, pas de mauvaise surprise !

Ils ont passé une belle année. Opale et Balthazar ne montrent pas vraiment qu’ils sont frère et sœur et sont très indépendants. La maitresse m’a dit que la seule chose qui les liait en classe était le temps de récitation de poésie. Ils se regardent dans les yeux et se soutiennent mutuellement.

Concernant l’année de CM1 à venir, ils ont choisi d’être ensemble. Adémar n’est plus aussi motivé que l’année dernière pour être seul. Opale dit qu’elle veut forcément être avec un de ses frères et pour Balthazar toutes les possibilités sont permises.

Je suis allée discuter avec leur institutrice qui m’a expliquée que de toute façon il n’y aurait probablement qu’une seule classe de CM1 l’année prochaine. Donc dans tous les cas, ça résout le problème !

Vous n’imaginez pas à quel point ça me fait plaisir !

Comment se passe la gestion de mon quotidien depuis que j’ai des multiples?

Alors si vous vous souvenez, j’avais écrit un article là-dessus en juillet 2017. Le voici !

Il mêle mon quotidien de maman de multiples et de maman de famille nombreuse ! Cette vie à 100 à l’heure était déjà présente lorsque mes quatre « grands » étaient « petits ».

Mais mes journées se sont bien calmées depuis. Les filles ont grandi. Les grands vont à l’école seuls. Je ressens moins de pression dans les tâches à effectuer.
Je reste très organisée, mon esprit est toujours parasité par de petits détails organisationnels et je continue à anticiper beaucoup de choses mais globalement on a gagné en sérénité !

Ce que m’a apporté le fait de devenir maman de multiples :

Beaucoup d’amour ! Alors ce point concerne certainement toutes les mamans et pas seulement celles de multiples mais c’est ce qui me vient à l’esprit en premier!

IMGP0172.JPG

IMGP0122.JPG

DSC_0127.jpg

A côté de ça, accueillir des multiples m’a permis de prendre confiance en moi. Je me sens assez fière de ce que j’ai réussi à accomplir jusqu’à présent et de ce que j’ai l’impression de leur apporter. Mes enfants sont de belles personnes et je me dis que si on continue comme ça, ils deviendront des adultes confiants, heureux et respectueux.

Dans tous les cas, je reste persuadée que le simple fait de devenir maman d’enfants d’âges différents n’aurait pas fait de moi la personne que je suis maintenant.

Avec le recul quelles ont été les principales difficultés que j’ai rencontrées?

Je crois que chaque étape a été difficile et éprouvante pour moi. De la grossesse, à la prématurité, aux nuits pourries pendants plusieurs mois, aux maladies infantiles X3 ou même X4, aux sorties d’école mêlant fatigue et hurlements …

Mais si je devais en choisir une ce serait sans aucun doute la prématurité avec cette inquiétude qui ne m’a pas quittée, mais aussi la culpabilité dont je n’ai pas réussi à me défaire avant plusieurs années et la séparation anormale entre des petits êtres si fragiles et leur maman !

Voilà ! J’espère que cet article vous a plu!

Si vous avez envie de participer, envoyez-moi un mail à :

trottinettesetturbulettes@gmail.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une nouvelle rubrique en préparation !

Bonjour à toutes et à tous,

Dans le cadre d’un nouveau projet sur mon blog, je suis à la recherche de mamans de multiples qui accepteraient de partager leur expérience!

Z, O, B, A.JPG

Alors si vous êtes intéressée par ce projet, envoyez-moi un mail à :

trottinettesetturbulettes@gmail.com

Et pour celles et ceux qui me suivent mais qui ne sont pas parents de multiples, si cette nouvelle rubrique attise votre curiosité, vous pouvez tout à fait en parler autour de vous.

Passez une belle journée !

Athéna

 

 

 

 

 

Histoire de prénoms !

La semaine dernière, j’ai été contactée par Mélissa, maman de 3 enfants : Rosalie, Bertille et Ambroise.

Passionnée par les prénoms, elle a décidé de créer un blog autour de ce thème.

Chacun, qu’il soit intéressé, curieux ou en quête du prénom parfait pour son enfant peut donc aller y faire un tour. Il est très joliment tenu et on y découvre des fratries aux prénoms souvent très singuliers.

Voici le lien:

https://www.jolisprenoms.fr/

Je me suis donc prêté au jeu du témoignage sur l’histoire des prénoms de mes enfants.

Voici mon récit, que vous retrouverez prochainement sur le blog de Mélissa :

L’histoire des prénoms de mes enfants commence par l’histoire de mon prénom.

Je m’appelle Athéna. Prénom choisi par une mère biologique qui ne m’a pas élevée. Prénom choisi au détour d’un jardin ou d’un parc qui n’a absolument aucun lien avec une envie de choisir un prénom pour son enfant avec tout le cœur que beaucoup de parents peuvent y mettre.

 J’ai grandi avec un prénom original, rare mais en même temps pas inconnu. Athéna, fille de Zeus, déesse de la sagesse.

J’ai toujours reçu beaucoup de compliments sur la douceur et l’originalité de ce prénom. Je le porte fièrement et je sais qu’il fait ma force et ma singularité.

Grâce à lui, je me suis toujours senti unique et j’aime l’énoncer quand on me le demande.

De ce fait, je me suis rapidement dit que mes enfants auraient des prénoms peu portés, rares mais ni inventés, ni inconnus.

Je savais que je voulais leur donner des prénoms facilement prononçables et  facilement déchiffrables ! ( Tout le monde a certainement déjà dû connaitre un prof buter sur le prénom d’un élève non? )

Et dernière chose importante, je ne voulais pas que les prénoms puissent être, d’une quelconque façon sujet aux moqueries !

Oui parce que j’ai peut être le prénom d’une déesse mais qui est aussi celui d’un temple grec: Athéna Nikè. Chose qui m’a bien marquée en cours d’histoire au collège…

Et on va éviter de parler de la célèbre marque Athéna qui m’a valu le doux surnom d’ Athéna slip !

IMG00513-20130619-1728.jpg

J’ai six enfants de deux pères différents.

Zéphir est l’aîné de ma grande fratrie. Son prénom était une évidence avant même sa naissance. Je l’avais entendu dans la rue.

Pendant la grossesse j’ai acheté un livre de prénoms pour deux raisons :

 La première: trouver un prénom de fille.

La deuxième : être certaine que la signification de ce prénom allait coller avec ce côté un peu superstitieux que j’ai.

Nous avons demandé le sexe de ce bébé. Nous n’avons pas vraiment eu à chercher de prénoms de fille et j’avoue que ça m’arrangeait bien car je trouve les prénoms de fille beaucoup plus difficiles à trouver contrairement à ceux des garçons pour lesquels je suis très vite inspirée.

Il faut savoir que je ne suis pas très sensible à l’histoire d’un prénom. Je pense avoir lu la définition de celui-ci plusieurs fois sans vraiment me souvenir de tous les détails. Par contre, je suis toujours très sensible aux sonorités et à l’écriture du prénom en lui-même.
J’aime quand ils sont simplement écrits pour ne pas déformer leur base.

Et puis je suis aussi du genre à aller regarder les courbes de popularité et le nombre exact de personnes s’appelant ainsi en France et ailleurs.

Zéphir était décrit comme un être doux, sage et plein de vie. Nous n’avons pas vraiment tergiversé, ni tenté d’en trouver un autre.

Quelques mois après sa naissance, nous avons appris que j’étais enceinte de triplés. Spontanément.

Une histoire forte qui méritait des prénoms qui se démarquent.

Adémar, Opale, Balthazar (2)

Nous avons demandé les sexes des bébés afin de nous faciliter la vie pour le choix des prénoms et parce que nous avions besoin de nous projeter.

 Deux garçons, une fille !

IMG00906-20141105-0837.jpg

 

Nous n’avions aucune idée des prénoms que nous allions choisir. Nous avons donc dressé des listes chacun de notre côté.

Je n’ai pas gardé la mienne mais je me souviens tout de même y avoir écrit :

Barnabé, Isidore, César, Oscar pour garçon, et Opale, Mélusine et Olympe pour fille.

J’ai vite éliminé Isidore car ma sœur avait donné à sa fille un prénom dont les sonorités étaient vraiment proches. Je n’ai pas non plus gardé Olympe car Zéphir et moi avions déjà un prénom grec et j’avais le sentiment qu’un troisième était un peu excessif…

Je n’ai pas trouvé de coup de cœur dans la liste de leur père, nous avons donc continué à chercher.
A l’époque, je lisais à Zéphir un livre qui s’appelait  » L’extraordinaire abécédaire de Balthazar ».

A force de le prononcer, il a retenu mon attention.

« Et si on appelait un des bébés Balthazar? »

J’ai le souvenir qu’il m’est resté longtemps dans la tête. Je parcourais différents sites et livres, je n’arrivais pas à l’oublier ! J’y pensais toute la journée. Je me voyais vraiment avec un enfant prénommé ainsi !

Nous étions d’accord, nous n’en avions  » plus que » deux à choisir !

Pour la fille, nous n’étions pas vraiment en phase. Je n’aimais pas ce qu’il me proposait et Mélusine n’était pas du tout envisageable pour lui alors à part Opale, je n’avais rien sur ma liste. J’aimais ce prénom de par sa simplicité et sa prononciation toute douce.

A force de le prononcer et d’y penser il a été vite dit que notre fille s’appellerait Opale !

Le dernier prénom de garçon ne vient pas de moi. Il avait été noté sur la liste de leur père. Je n’avais pas de coup de cœur, j’ai eu du mal à m’y habituer mais j’ai souvenir qu’il adorait ce prénom et ayant trouvé Zéphir, Opale et Balthazar, je n’avais pas d’autres choix que d’accepter que la décision était prise. Je l’ai donc beaucoup répété dans ma tête et je m’y suis habituée !

Je répétais souvent : Zéphir, Opale, Balthazar et Adémar pour être certaine qu’ils fonctionnaient ensemble. Et je les imaginais, tous les quatre.

SAM_1621.JPG

Le choix de l’écriture de ces trois prénoms a été un peu conflictuel concernant Adémar. Je voulais mettre un h car je trouvais ça plus joli ( et que je ne sais pas pourquoi j’adore les h dans les prénoms ! )

Je voulais donc écrire : Adhémar. Mais il n’aimait pas ! J’ai donc cédé jusqu’au bout sur ce prénom.

 La dernière chose qu’il a fallu définir était quel prénom pour quel garçon !

00 (11)

Chaque parent de multiples à sa propre méthode, nous avons aussi choisi la nôtre.

Malgré le fait que certains mouvements pouvaient mériter le bénéfice du doute je savais presque systématiquement quel bébé bougeait à quel moment. Je trouvais le bébé du bas plus tonique, plus remuant et plus vif. Le bébé de droite faisait des mouvements plus doux. Il semblait plus calme.
C’est une drôle de façon de faire un choix mais je voyais vraiment le bébé plus tonique avec un prénom « chantant ».

C’est comme ça que j’ai décidé que le bébé du bas s’appellerait Balthazar et le bébé de droite Adémar.

Nous avons annoncé les prénoms à la naissance. Je ne sais pas trop s’ils ont plu, en tout cas nous avons eu quelques réflexions sur les terminaisons en AR des deux garçons, comme si c’était voulu puisqu’ils étaient jumeaux . En réalité, non, rien de voulu là-dedans !

Avec du recul, je ne suis pas déçue de leurs prénoms. Je trouve qu’ils leur collent bien à la peau et qu’ils s’accordent très bien ensemble !

Adémar, Opale, Balthazar

Quand je leur demande s’ils aiment leur prénom, les réponses sont plutôt positives. Et je crois que ce qu’ils soulignent à chaque fois c’est le fait qu’ils ne connaissent pas d’autres enfants avec ces prénoms là ! Ils se sentent uniques !

IMGP0158.JPG

Avant d’être enceinte des filles, je m’étais dit que je ne voudrais pas demander le sexe de ce bébé. Mon avis n’a pas changé malgré la double surprise et l’insistance de Gweltaz tout au long de la grossesse.

Concernant le choix des prénoms, j’étais peut être moins catégorique sur certains critères car je savais que j’allais devoir faire des concessions par rapport aux goûts de Gweltaz mais je ne voulais pas des prénoms trop éloignés du style de mes quatre grands. (En réalité, je ne sais pas si c’est le cas, …)

Gweltaz avait choisi il y a plusieurs années un prénom de garçon ! Énorme coup de cœur pour lui, rien n »aurait pu le faire changer d’avis : Arsène.

Il m’a expliqué qu’enfant, il adorait lire Arsène Lupin. Et à côté de ça, ce prénom est un combiné de  » art » et « scène ». Il imaginait donc un artiste à la fois espiègle et théâtral !

Certaine d’attendre au moins un garçon et convaincu par ce joli choix, je savais donc que nous aurions un petit Arsène !

Finalement il ne nous restait que trois prénoms à choisir et je peux dire que ça a été assez compliqué. Gweltaz et moi n’avions pas les mêmes envies. J’aime les prénoms longs, originaux et rares, il aime les courts, simples et anciens.

Il ne lui a pas fallu longtemps pour qu’il raye tous ceux que j’avais retenus ( et pourtant j’avais fait des efforts ! )

De souvenir j’avais retenu : Émile, Auguste, Eugène, Gaston, Basile, César (oui oui j’ai retenté ! ), Ernest, Edgar, Eugène, Robinson, Fernand, Ferdinand pour les garçons !

Dans cette liste, Émile, Ernest et Fernand lui plaisaient.

Pour les filles, c’était beaucoup plus compliqué ! Je n’avais même pas fait de liste. Je sais juste qu’on est resté un moment bloqués sur Ernestine mais qu’on a changé d’avis quelques semaines plus tard. On le trouvait difficile à porter, un peu lourd et puis bon, il ne rentrait pas dans le critère  » prénom court ! ».

Je lui ai proposé Aliénor. Prénom qui me plaisait beaucoup mais il n’était pas enchanté par le côté  » Alien » …

Un jour, il m’a proposé Marthe ! Sur le moment j’ai dit non ! Un non vraiment franc ! Sauf que ce prénom est resté dans ma tête. Je lui en ai reparlé quelques jours plus tard. On a dû y réfléchir encore pendant quelques temps mais je me souviens m’être dit que finalement, ça devenait un prénom vraiment coup de cœur  et je nous imaginais très bien avec une petite Marthe !

Marthe.JPG

Nous avions donc deux prénoms choisis qu’on aimait vraiment beaucoup. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé que le premier bébé à naître s’appellerait Arsène ou Marthe! Et si nous avions un couple de jumeaux garçon/fille, ce serait Arsène et Marthe !

Le choix du second prénom est venu plusieurs semaines plus tard. Nous avions retenu Robinson dans ma liste. Je ne le sentais pas hyper convaincu (en même temps il était persuadé qu’il n’y aurait pas deux garçons, donc ne s’est pas vraiment projeté avec ce prénom), je gardais un sérieux doute car je crois que je ne l’étais pas non plus.

On s’est ensuite concentré sur une éventuelle deuxième fille ( très peu probable pour moi ! ). Mais malgré des heures de recherche et une attention particulière à tous les prénoms que je pouvais entendre ou lire, rien ne nous plaisait.

A cette période, nous regardions une série anglaise. Et dans cette série, il y avait une Édith. Prononcé à l’anglaise c’est assez sympa ! Gweltaz me l’a soumis.

 » Que penses-tu d’Édith? »

Edith.JPG

Je suis resté sans réponse… pendant plusieurs semaines ! Je n’arrivais ni à dire oui ni à dire non. J’aimais la sonorité et j’aimais le voir écrit mais j’avais du mal à imaginer ma fille porter ce prénom. Autant j’arrive très bien à me projeter avec des enfants aux prénoms des années 1900, autant ceux des années 1950 me parlent moins. (En fait, plusieurs princesses anglaises au moyen-âge portaient ce prénom mais les Édith dans ma tête ont souvent la cinquantaine.)

Mais comme pour Marthe, il est resté ancré. Et je m’y suis habitué jusqu’à l’adorer !

Nous avions donc nos quatre prénoms !

Lors de la naissance, les auxiliaires de puériculture ont noté les quatre prénoms sur les bracelets. Je restais persuadée que notre petit Arsène allait enfin naître.

Au dernier moment, j’ai dû subir une césarienne. J’étais tellement déçue d’imaginer que nous ne découvririons pas les sexes des bébés comme nous l’avions imaginé ! On a donc émis le souhait que personne ne nous les révèle.

L’obstétricien a été génial et a vraiment joué le jeu pour ne pas nous ôter ce moment. Il a baissé le champs afin que l’on voie naitre une fille: « Marthe ! » puis… une deuxième: « Édith! »

C’était incroyable.

 Marthe et Édith ! ♥♥

 

 

30 ans, 3 grossesses, 6 enfants !

Il y a dix ans j’étais enceinte de mon premier enfant ! A l’époque, je me voyais très bien avec trois enfants, arrivés les uns après les autres sans trop d’écart d’âge.

8 mois

bébé

Zéphir est arrivé dans une période de ma vie où j’étais encore insouciante. Je l’ai accueilli calmement, sereinement. Je venais d’avoir 21 ans et j’étais loin d’imaginer qu’à 30 ans j’aurais six enfants dont deux fois des multiples !

La grossesse triple a été une véritable surprise. Nous l’avons su lors de la première échographie. Celle où on vient voir si le bébé va bien à 2 mois et demi !

021. 1+¿re +®cho

Ça a été un grand choc. LE bouleversement de ma vie.

IMGP0253

IMGP0615

La grossesse a été très angoissante. Les obstétriciens étaient pessimistes, inquiets et pas vraiment d’une grande aide psychologique. Je me suis enfermée dans ma bulle afin d’imaginer que oui, peut-être j’aurais la chance d’accueillir trois bébés en bonne santé. Je me suis alitée d’office et j’ai attendu que le temps passe.

La prématurité est une sorte d’évidence quand on porte trois bébés et on doit s’y préparer sans savoir réellement ce qui nous attend.

Et puis ils sont nés à 7 mois de grossesse. Malgré leurs petits poids de naissance ( 1,480 kg, 1,560 kg et 1,580 kg ), Balthazar, Opale et Adémar sont arrivés en bonne santé et après six semaines d’hospitalisation, ils sont rentrés à la maison !

IMGP0836

IMGP0983

IMGP0004

IMGP0842

Avant leur naissance, j’avais des envies et des convictions mais j’ai vite compris que finalement, j’allais surtout faire comme je pouvais. Qu’il fallait juste survivre à cet ouragan.

J’ai eu le sentiment d’être parachutée dans un monde inconnu. Une grossesse hyper surveillée et hyper médicalisée d’abord, la prématurité et enfin la gémellité ! Il n’y a pas de jumeaux dans ma famille. J’ai tout de suite eu le sentiment que c’était un monde à part. Un monde que je ne connaissais absolument pas.

Par la force des choses, je crois que j’ai grandi d’un coup, avec eux. Je me suis sentie chargée de tellement de responsabilités que je n’avais pas choisies !

IMGP0428.JPG

On peut choisir de faire des enfants. Mais pas d’en accueillir plusieurs en même temps. Et si beaucoup de parents nous disent qu’ils auraient adoré avoir des jumeaux, la réalité enchante bien moins dans le cas de triplés !

Enfin, j’ai eu le choix bien sûr durant ma grossesse d’avoir recours à la réduction embryonnaire mais ça c’est un autre sujet !

La vie change quand on est parents de multiples. On est confrontés à des questions que les autres parents ne se posent pas. On doit toujours réfléchir à la façon dont on va mettre en place les choses, pour que ça se passe au mieux.

Mais on n’est jamais certains de nos choix. On tâtonne. On se dit qu’on s’adapte, qu’on fait au mieux et on voit comment ça se passe. On fait les choses dans l’ordre mais toujours avec une organisation sans faille. Sans vraiment penser à soi.

Et à côté de ça, on ne vit plus dans l’ombre. Je suis devenue  » celle qui a eu des triplés alors qu’elle avait un bébé de 11 mois ! » du jour au lendemain. On me regardait dans la rue. On m’arrêtait. On touchait à mes bébés, ( ben oui les multiples sont des bêtes curieuses ! ). On me posait des questions très intrusives. On me félicitait. Je fascinais. Ou au contraire je dégoûtais !

IMGP0165

Et puis il y a les discours des gens qui savent que faire des multiples impliquent forcément une aide médicale. Ils se disent que c’est impossible de faire des triplés spontanément. Et encore moins de faire deux fois des multiples spontanément !

Et pourtant, c’est possible ! Je connais des mamans qui ont eu des triplés spontanément. J’en connais aussi qui ont eu besoin d’aide. Oui et alors? Finalement peu importe, la réalité, c’est que nous sommes toutes confrontées aux mêmes difficultés, aux mêmes remises en questions, aux même envies de tout plaquer pour un peu de tranquillité, de calme et de sérénité.

Malgré tout ça, je me suis toujours plus ou moins considérée comme une warrior. Oui parce que finalement c’est tellement rare que je me se sens un peu comme une personne à part, incroyable, capable de m’occuper et de surveiller de plusieurs enfants du même âge !

IMGP0155 (2)

Et malgré toutes les difficultés liées à l’arrivée de mes trois mignons, je savais qu’un jour, j’aurais un petit dernier.

Je l’avais déjà évoqué: j’avais besoin de materner, pouponner, profiter d’un seul bébé. Et je crois que j’avais aussi besoin de « finir » cette fratrie. Je ne la sentais pas complète, aussi dingue que ça puisse paraitre !

Alors on a joué ! Et on a gagné !

IMG_1891

Nous avons été les premiers surpris. Inconsciemment je fermais les yeux sur le fait que ça pouvait m’arriver une deuxième fois. Dans ma tête, c’était impossible. Comme si j’avais déjà donné toute l’énergie nécessaire à la gestion de multiples !

Pendant ma grossesse, j’ai cherché des témoignages sur le fait d’avoir deux fois des multiples. Pas sur le plan médical mais uniquement sur ce qu’on vit, nous, en tant que parents. Sur la façon dont on va gérer les choses.

Je n’ai finalement trouvé que des articles sur Elodie Gossuin et Roger Federer qui parlent de miracle et de chance avec des commentaires remplis d’arcs-en-ciel ! Donc bon, pas hyper réaliste finalement !

Enfin, pas réaliste pour moi.

Car peut-être que certains rêveraient de vivre ça ! ( Bon ok, mon discours est un peu parasité par le phénomène triple qui a été tellement difficile à gérer que mes pensées n’étaient pas hyper positives lorsque j’ai appris que j’attendais deux bébés ! )

Alors après, oui j’ai eu deux fois des multiples mais tout est si différent ! Les triplés et les jumeaux n’ont vraiment rien en commun. Ce sont des groupes qui ne fonctionnent pas du tout de la même manière ! Je sais que chaque fratrie de multiples à ses propres spécificités qui dépend aussi (il parait) de la zygosité! Mes enfants sont tous des dizygotes; ce qui signifie que chacun résulte de sa propre fécondation d’un ovocyte par un spermatozoïde.

Médicalement parlant, je ne me suis jamais vraiment posé de questions sur le fait d’avoir deux fois des multiples. Ni sur les statistiques d’ailleurs. Mais depuis quelques temps je me demande finalement si je ne fais pas partie des femmes touchées par ce qu’on pourrait appeler une hyper fertilité ou une hyper ovulation.

Je me rends compte qu’aujourd’hui en France, ce qui intéresse la médecine ce sont les personnes souffrant d’infertilité.

D’ailleurs l’hyper fertilité et l’hyper ovulation sont deux notions sans aucun fondement scientifique.

Et pourtant j’ai l’impression d’être un cas clinique. Je n’ai jamais oublié ma contraception. Et j’ai la chance de ne pas faire partie des femmes qui tombent enceinte sous contraception. Celles dont finalement on parle peu aussi.

Moi, je tombe enceinte sous cinq jours après l’arrêt de la contraception après une multiple ovulation et plusieurs fécondations simultanées. Voilà.

20170621_154353.jpg

Aujourd’hui je ne veux plus d’enfants. Et je vis avec la peur qu’une grossesse survienne malgré tout. Alors il y a l’avortement bien sûr, mais j’ose juste imaginer l’impact psychologique sur la femme qui doit le subir !

J’ai essayé de parler avec des médecins de ligature des trompes.

 » J’ai six enfants à 30 ans, dont deux fois des multiples et je veux une contraception définitive ! »

 » Non madame, vous êtes trop jeune ! Revenez à 40 ans ! »

Ah ben génial ! J’ai peut être un syndrome particulier qui fait que j’ai des ovulations multiples mais peu importe. Personne ne s’en préoccupe et je ne rentre pas dans la case: stérilisation définitive pour cause de grossesses multiples pour la simple raison que je suis trop jeune; selon eux !

Je suis en colère contre le système qui nous empêche d’être libre de notre corps. Les médecins trouvent que c’est fantastique à l’ère où tant de couples essaient en vain d’avoir des enfants d’être capable d’en faire autant d’un coup.

Le miracle de la vie; c’est merveilleux !

Mais le miracle de la vie, il faut le vivre, l’accepter et l’assumer.

Bien sûr que je suis heureuse d’avoir mes enfants. Bien sûr que ma vie est incroyable. Bien sûr que je ne me verrais plus vivre sans mes 6 enfants ! Ils sont ce que j’ai de plus précieux et m’apportent tous, individuellement tellement de bonheur et de fierté .

20170228_193411

Mais avant d’avoir eu des triplés et des jumeaux, je n’étais pas consciente que le phénomène multiple pouvait frapper deux fois dans la même famille. Enfin si, une part de moi le savait mais dans ma tête c’était un fait tellement rare qu’il était impossible que ça m’arrive de nouveau.

Et, je me rends compte depuis quelques temps, que dans ma vie j’ai l’impression d’être normale mais que finalement le regard et les commentaires des autres me font tous les jours comprendre que je ne suis pas comme tout le monde. Que ma famille est différente de celle des autres. Que mes enfants seront toujours des êtres à part, avec une histoire à part, et que Zéphir restera toujours un peu dans l’ombre du phénomène multiple.

Je l’avais déjà mentionné d’ailleurs, dans notre famille, l’exception, c’est lui !

IMGP0245

Lui, qui est né seul !

 

 

 

 

 

 

Bilan de ma vie, 1 an après la naissance de Marthe et Édith !

Et voilà, Édith et Marthe ont déjà eu 1 an ! Nous avons été très occupés par notre déménagement, la fin des travaux et la nouvelle organisation à mettre en place au sein de ce nouveau lieu de vie !

IMG_3576

Un mois après, notre vie se calme enfin et chacun a trouvé ses marques.

Cette première année de vie des filles est passée hyper vite. Il faut dire que notre projet de rénovation de maison nous a rempli la tête et nous a demandé beaucoup d’énergie ! Mais c’était vraiment pour la bonne cause. On ressent une réelle sérénité chez tous les enfants. Ils ont grandi et ont vraiment gagné en autonomie depuis qu’on est ici.

Les chambres des grands ne sont pas sur les mêmes niveaux, Balthazar et Zéphir sont au rez-de chaussée, Adémar et Opale, dans les combles, près d’Édith et Marthe. Ce qui leur permet aussi de souffler, de ne pas être toujours ensemble et d’avoir chacun un lieu personnel qui ne fait pas office de salle de jeux.

A côté de ça où en suis-je moi personnellement?

En ce moment, je réfléchis beaucoup à ma vie, à l’importance de ma place au sein de ma famille, et au temps que j’accorde à mon couple.

Pendant la grossesse, je ne pensais à rien d’autre qu’au bien-être des bébés qui allaient naître. J’étais pleine d’angoisses quant à une éventuelle prématurité, et pleine de doutes quant au fait d’accueillir de nouveaux des multiples. Je n’ai pas vraiment pensé à ma vie d’après.

La première année avec des jumeaux (ou plus ! ) est la plus difficile en terme de fatigue physique. Les bébés nous laissent peu de répit et les nuits entrecoupées ne nous permettent pas de réellement récupérer.

Le jour où je suis rentrée de la maternité, mes 4 grands étaient malades, donc tous à la maison. Gweltaz travaillait. Il a pris sa matinée pour venir nous chercher toutes les trois nous a déposées, et est reparti. Je me revois avec ces deux minuscules petites filles, les 4 grands, malades, et tout excités de voir arriver leurs sœurs et moi, affaiblie par la césarienne, épuisée par les deux dernières nuits seule que j’avais passées à la maternité regardant mes six enfants et comprenant que ma vie; c’était désormais ça !

20170209_114022

Et puis les jours se sont enchainés. Tête baissée, j’ai géré le quotidien en attendant toujours avec impatience l’arrivée de Gweltaz le soir.

J’ai le sentiment aujourd’hui que mes enfants ne m’ont pas rendue plus forte. Ils ont renforcé petit à petit un manque de confiance en moi. Le rôle de parent est tellement rempli de missions difficiles qu’il est très facile d’atteindre le burn-out ou de se sentir super nulle.

Pourquoi me dit-on souvent que je fais le plus beau métier du monde? Un des plus difficiles, oui, mais le plus beau? Non je ne crois pas. D’ailleurs je ne suis même pas persuadée que les gens qui me disent ça y croient vraiment. En tout cas, pas ceux qui sont passés par là !

Je ne dis pas que je ne suis pas heureuse à m’occuper d’eux. C’est juste que je m’oublie. Je vis pour eux, en fonction d’eux .

Je suis consciente que beaucoup de femmes rêvent d’avoir des enfants mais n’y parviennent pas forcément. Que je ne devrais certainement pas me plaindre. Après tout j’ai de la chance ! D’ailleurs j’ai toujours trouvé que le sujet de la difficulté de s’occuper en permanence des enfants était un peu tabou.

IMGP0028

Au cours d’une conversation avec les grands sur le phénomène triple hier soir, Opale a conclu en me disant:

 » Olala maman, mais quelle chance tu as eu d’avoir des triplés, c’est tellement rare ! »

Je l’ai regardée mais n’ai pas vraiment su quoi lui répondre. Je lui ai souri. Simplement.

J’ai de la chance, oui, certainement sur certains points. Mes enfants sont tous en bonne santé. Je les sens heureux, bien dans leur vie. Je me dis souvent que c’est grâce au fait que je m’occupe d’eux. Que je suis là pour eux. Je crois que ça me rassure. Ça me permet de me dire que je suis utile ! Que je suis compétente quelque part.

Mais finalement, ai-je vraiment le choix dans ma vie?

Le fonctionnement du congé parental a changé depuis quelques temps. Il peut désormais être partagé entre les deux parents. La durée de rémunération a été réduite en cas de congé parental d’un seul parent.

Pourquoi chez nous, le partage du congé parental ne peut pas fonctionner et pourquoi la réduction de la rémunération est un gros problème dans les familles de multiples?

Nous recevons, par la caf, 392 euros par mois pour la cessation complète de mon activité professionnelle. Je ne peux pas dire que j’avais un salaire formidable quand j’ai repris en 2015. Et si je fais le calcul des frais de garde pour les filles + celui des grands pour les temps périscolaires et que je déduis de mon salaire les fois où je suis absente pour cause de maladies, il ne reste plus grand chose. Sans parler du fait qu’on court dans tous les sens et qu’il faut réussir à tout combiner : vie de famille, gestion des enfants, de la maison, du quotidien, et le plus important dans tout ça, réussir à se trouver du temps à deux… Donc finalement dans notre situation, la meilleure solution: que je m’arrête et que je m’occupe des enfants.

Pourquoi Gweltaz ne bénéficiera jamais de son droit au congé parental? Et bien simplement parce qu’il a un salaire convenable et que si on le remplaçait par la rémunération de la caf et que moi j’allais travailler, on ne survivrait pas financièrement !
Et puis en fait, je ne sais même pas s’il aurait envie de prendre un congé parental !

Donc le fait est, que je vais recevoir cette rémunération pendant 24 mois seulement du fait que Gweltaz ne profitera pas de son droit. A 24 mois, soit je recherche un mode de garde pour les filles, je reprends le travail et nous revoilà dans les questions de frais inhérents à ma reprise et dans un rythme infernal soit, je ne reprends pas et notre vie est certes un petit peu moins confortable financièrement mais finalement plus sereine pour tout le monde.

IMGP0007 (2)

Bon et puis il y a un autre problème il faut bien l’avouer: je suis incapable de laisser mes bébés. C’est assez ancrée chez moi. Je ne veux pas les confier. Ça m’a fait ça pour les six. J’ai le sentiment que si je les laisse je vais rater des moments importants de leur vie.

IMGP0137

Les filles ont un an et je peux dire que je les ai très peu laissées. Et encore, quand je les laisse, elles sont avec Gweltaz !

Le problème, c’est qu’on commence à avoir besoin de se retrouver, tous les deux. Édith se réveille encore de nombreuses fois le soir et la nuit ce qui nous laisse peu de temps ensemble. Les repas sont riches en terme de conversations mais ce n’est pas spécialement pour parler de choses qui nous intéressent. Et quand on essaie, on sait de toute façon qu’on n’ira pas au bout de la conversation, coupée par les enfants !

Alors la semaine dernière nous avons décidé d’aller au restaurant ! J’étais à la fois hyper contente et hyper inquiète à l’idée de laisser Édith. Je savais qu’elle allait se réveiller et j’avais peur qu’elle soit inquiète à l’idée de ne pas nous voir. Mais ma belle-mère est douce, et j’ai confiance. Donc relax !

30 minutes avant de partir, Zéphir vomit. Tiens, quelle bonne idée! Merci Zéphir. On n’y avait pas pensé. Nettoyer du vomi avant d’aller manger au resto, ça met vraiment dans l’ambiance !

J’ai dû me préparer en 15 minutes, et nous sommes partis énervés et contrariés. En plus je savais que Zéphir allait forcément revomir. Je m’en voulais de laisser ma belle-mère comme ça…

Bref nous sommes partis. Nous avons mangé assez rapidement et nous sommes rentrés. Édith était bien dans la place à notre retour, Zéphir avait bien revomi mais encore mieux, il avait imbibé ses draps, sa couette et son matelas ( je pensais avoir mis une alèse, en fait non, mince ! ). Dégoutée, j’ai imaginé le boulot que j’allais devoir effectuer le lendemain pour nettoyer tout ça… en espérant surtout que les autres n’enchaineront pas!

Notre première sortie en amoureux depuis 15 mois a été une sorte d’échec pour moi. J’étais déçue. On avait hâte, on était trop contents ! Ça nous faisait plaisir de nous faire servir, de manger dans le calme et surtout de discuter tranquillement. Alors, on a quand même profité mais on peut dire que ça aurait pu être bien mieux !

Et c’est là que je me rends compte que ma vie, mes pensées, nos sorties, nos envies seront toujours plus ou moins parasitées par des questions autour des enfants. Je sais d’avance que oui j’aimerais bien retravailler (mais où? quand? quoi? combien d’heures par semaine ? ) mais que ma réflexion sera toujours faite autour de l’organisation de ma vie de maman ! Oui j’aimerais me sentir compétente dans un domaine et retrouver un peu de vie pour moi mais je devrais toujours m’adapter et m’organiser en cas d’urgence ou de besoin.

L’année où j’ai repris à travailler, mes horaires étaient décalées. Gweltaz avait dû s’organiser pour s’adapter mais franchement ça a été compliqué. C’est difficile dans son métier d’avoir des horaires à la carte et tout est vraiment plus facile depuis que je suis à la maison pour gérer le quotidien et les imprévus !

Je me rends compte que mon post n’est pas hyper positif. Alors qu’en fait,  les filles m’ont apporté beaucoup de sérénité et qu’un nouvel équilibre est né au sein de la famille depuis leur naissance. Je me régale de les voir grandir et évoluer de jour en jour. J’adore raconter à Gweltaz les anecdotes de nos petites mignonnettes. On les aime tellement.

IMGP0094

IMGP0090

Alors si je conclue en réalisant un vrai bilan de ce qu’est ma vie maintenant, je peux dire que je suis heureuse de vivre ça. Que ma vie est très riche et je sais que j’aurais toujours le soutien de Gweltaz quand je voudrais rebondir. C’est d’ailleurs grâce à lui que je réussis aujourd’hui à positiver au maximum après des journées épuisantes. Il a naturellement une sérénité très apaisante et il m’apporte toujours beaucoup de réconfort. Et clairement, c’est un papa et un beau-père très investi. Alors, je suis hyper consciente que de mon côté, ma carrière a explosé du fait de mes grossesses multiples et que je ne suis pas certaine de pouvoir un jour aspirer à une évolution professionnelle qui me satisfera mais j’aurais finalement accompli des choses difficiles dont je serais toujours fière !