Mère coupable !

Depuis que je suis maman j’ai le sentiment de vivre en permanence avec une sorte de culpabilité au dessus de ma tête !

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Chez moi, elle est complètement axée sur le temps que je passe avec chacun de mes six enfants !

J’ai commencé à réellement m’en rendre compte quand Opale, Balthazar et Adémar sont nés !

Je me disais que ce n’était pas juste que Zéphir, si petit, vive un phénomène aussi violent que l’accueil de trois bébés.

Alors j’essayais de compenser au maximum ce problème que j’imaginais, à l’époque, être un problème en mettant en place de nombreuses petites choses pour qu’il ait ses moments à lui avec nous. Pour qu’on ne s ‘occupe que de lui. Pour qu’il soit le centre de notre attention. Comme si j’imaginais qu’en étant triplés, Opale, Balthazar et Adémar s’auto-suffisaient …

Mais rapidement, j’ai compris que j’en faisais un roi ! Il était l’aîné, celui qui avait tous les droits. Celui a qui je cédais beaucoup trop de choses.

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Je me suis réveillée à propos de la place que je lui accordais quand il avait 4 / 5 ans.
Depuis, j’essaie de le remettre au même niveau que ses frères et soeurs mais vraiment, c’est difficile.

J’ai l’impression de me battre au quotidien sans vraiment récolter de positif sur son comportement. Et je crois que je continue à m’occuper de lui d’une autre façon, malgré moi.

Le fait est, que quand on est mère de six enfants, il faut réussir à passer du temps avec chacun.

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Donc j’essaie mais bien souvent j’échoue, pour plusieurs raisons:

Déjà, ils arrivent en même temps de l’école. Généralement, ils ont tous beaucoup d’anecdotes à raconter, ce qui me met dans une position d’écoute multiple ! Je pensais que ça passerait en grandissant mais en réalité non ! Ils continuent à parler tous en même temps ! Et quand j’ai le malheur de ne réussir à suivre que trois conversations sur quatre, alors là, le quatrième se met en colère parce que je ne l’ai pas écouté ! Bon c’est moins marqué que ça l’a été mais c’est encore souvent le cas.

A côté de ça, le rythme est assez soutenu quand on a plusieurs enfants, le retour de l’école est donc plutôt chronométré. Je dis « plutôt » car j’ai lâché du mou depuis que nous sommes dans la nouvelle maison.

Donc une fois que chacun a terminé son goûter, on se met aux devoirs puis ils aiment avoir un moment pour jouer avant la douche et le dîner ! Pendant ce temps, les filles ont besoin de ma présence ce qui ne me permet pas de passer de temps en solo avec un enfant !

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Le dîner est un moment plus calme où chacun peut échanger sur divers sujets. Mais encore une fois, ils sont tous ensemble !

Et généralement quand arrive l’heure du coucher, je n’ai qu’une hâte: que tout le monde soit au lit. Donc j’abrège pour chacun d’entre eux le petit temps de câlins du soir dans leur lit. Je sais qu’après, il nous reste encore beaucoup à faire. Le rangement de la cuisine, le linge, la paperasse,… Finalement, on ne se pose réellement qu’entre 21h30 et 22h.

Et tous les soirs je me dis que je n’ai pas passé assez de temps avec chacun ! Que je ne les ai pas assez écoutés. Que je ne leur ai pas demandé si tout s’était bien passé….

Là j’ai pris l’exemple du temps passé avec eux mais finalement je me rends compte que ça se décline sur de nombreux autres aspects et franchement j’en ai marre de vivre avec cette culpabilité !

Par exemple, il y a des jours où j’ai le sentiment de ne faire que râler ! Pour des choses qui sont un peu bénignes. Mais importantes à mes yeux. Et le soir, je m’en veux. Je me demande si finalement je ne suis pas trop exigeante. Si je n’attends pas trop d’eux. Mais en même temps ils grandissent, et sont en âge de comprendre que l’organisation du quotidien doit être respectée pour que la vie familiale fonctionne correctement. C’est ça aussi une famille nombreuse non?

Comme tout parent, j’ai envie qu’ils deviennent des adultes respectueux. Tolérants. Ouverts aux autres et au monde. Qu’ils s’entraident et se soutiennent.

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J’ai aussi envie qu’ils sachent se débrouiller, qu’ils soient autonomes, qu’ils sachent que non, on ne part pas à l’école avec une tâche de dentifrice sur le gilet et que non, on ne met pas un chemise à carreaux avec un jogging.

Mais finalement bien souvent, je me demande si ces aspects qui me demandent énormément d’énergie tous les jours ne me font pas passer à côté de choses plus importantes.

Je me dis que mes enfants vont bien. Je les observe. Mais je ne creuse pas. J’ai envie de croire qu’ils sont capables de venir me voir s’ils ont un besoin particulier et qu’à ce moment là, je saurais être réactive et disponible mais je n’en suis pas certaine.

Je pense qu’en fait, le plus difficile dans tout ça, c’est d’assumer ! D’assumer d’être humaine ! D’assumer de ne pas me rendre disponible dans la seconde où ils ont besoin de moi. D’assumer de ne pas être leur esclave aussi ! D’assumer d’avoir envie de prendre une revue à la médiathèque et de demander à Opale de me laisser tranquille pour que je lise, seule, sans qu’elle me parle encore et encore ! D’assumer aussi, de laisser Édith et Marthe jouer toutes les deux pendant que je fais du rangement afin d’avoir du temps pour moi pendant leur sieste !

Souvent j’espère que plus ça va aller, moins je vais me sentir coupable de mal faire ou de ne pas être assez disponible. Mais en même temps l’adolescence va arriver très vite et son lot de surprises et de remises en question avec ! Je ne suis pas certaine que mon degré de culpabilité diminue dans les années à venir…

Est-ce que je suis la seule à ressentir ça? Ou toute maman vit ça aussi, en silence?

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