La question des leçons.

Avant l’entrée en CP d’Opale, Balthazar et Adémar, j’ai longtemps réfléchi à l’organisation qu’il fallait que l’on adopte pour les aider à faire leurs leçons dans les meilleures conditions possibles.

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Selon moi, ce qui était le plus judicieux, c’était qu’il soit dans la même classe. Je m’imaginais les asseoir autour de la table de la cuisine afin de favoriser l’échange, l’entraide et la mémorisation. Je me disais qu’on gagnerait du temps et j’avais envie au fond de moi que ma vie soit légèrement simplifiée.

Mon souhait n’a pas été entendu  mais finalement les enfants étaient contents d’être dans des classes séparées. Alors nous nous sommes armés de patience afin que chaque enfant puisse évoluer à son rythme et s’adapte le mieux possible aux différentes méthodes  adoptées par leurs enseignantes.

Le CP a été compliqué, comme je l’imaginais. Nous avons dû faire attention à ne pas rater les jours de sport de chacun (avec au programme pour certains, piscine et patinoire), les sorties et les pique-nique à prévoir, les réunions parfois aux même heures,…  Concernant les leçons j’ai tenté d’établir des règles. Dans l’appartement que nous habitions, la salle à manger, dans laquelle nous nous installions, était centrale et dès que nous essayions de nous concentrer avec un enfant, nous étions  interrompus  par les autres.
Il y avait souvent des bagarres dans une autre pièce, celui qui était dans la douche oubliait d’en sortir, un autre voulait poser une question, avait besoin d’aide pour quelque chose de très urgent,…

Depuis que nous avons déménagé, c’est un peu plus  simple. On fait les devoirs dans les chambres. Je commence par celui qui semble le plus disposé à être efficace et puis je navigue dans les autres chambres. J’ai tenté différentes organisations, mais je me suis vite rendue compte que ce qui fonctionnait le mieux c’était le fait de faire les leçons dès la fin du goûter. ( Au risque sinon, d’avoir des enfants bien énervés et impossible à reconcentrer…). Alors même si, malgré les règles , nous sommes toujours très régulièrement interrompus, la concentration est présente et les enfants réussissent à faire leurs leçons dans de bonnes conditions.

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Maintenant, je ne cache pas que cette tâche est difficile et très contraignante. Je trouve que les devoirs en CE1 et CE2 sont conséquents. Je compte minimum 1 heure pour faire les leçons de tous les enfants.  Souvent, on y passe plus de temps. J’aime débloquer les interrogations et incompréhensions qu’ils peuvent rencontrer. Mais ça demande beaucoup d’investissement et de mon côté et du leur. Parce qu’évidemment, ça arrive qu’ils n’aient pas envie, plus envie de se concentrer et d’effectuer du travail scolaire et moi ça m’arrive de ne pas trouver la patience nécessaire afin que ça se passe bien. Globalement je les trouve volontaires. Je suis fière d’eux. Et quand je sens un découragement, je les aide à reprendre confiance.

En tout cas, je me suis rendue compte que sans règles établies à l’avance pour passer un moment avec chacun au calme, le travail n’était pas efficace. Alors d’un côté, le phénomène multiple force l’autonomie mais d’un autre, on ne peut pas se permettre de leur demander de faire leurs leçons seuls. Et je pense que la difficulté va être présente un bon moment encore.

Je crois qu’il n’y a pas de façon unique de gérer cette question. Les enfants sont tous différents, les rythmes aussi. Faut-il savoir s’adapter et réfléchir à de nouvelles règles si celles mises en place ne fonctionnent plus. La conclusion est que le quotidien avec des multiples amène régulièrement des questions de réajustement et d’organisation inhérentes à la vie des familles nombreuses qui semblent à la base, si naturels et si simples.

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