Bilan de ma vie, 1 an après la naissance de Marthe et Édith !

Et voilà, Édith et Marthe ont déjà eu 1 an ! Nous avons été très occupés par notre déménagement, la fin des travaux et la nouvelle organisation à mettre en place au sein de ce nouveau lieu de vie !

IMG_3576

Un mois après, notre vie se calme enfin et chacun a trouvé ses marques.

Cette première année de vie des filles est passée hyper vite. Il faut dire que notre projet de rénovation de maison nous a rempli la tête et nous a demandé beaucoup d’énergie ! Mais c’était vraiment pour la bonne cause. On ressent une réelle sérénité chez tous les enfants. Ils ont grandi et ont vraiment gagné en autonomie depuis qu’on est ici.

Les chambres des grands ne sont pas sur les mêmes niveaux, Balthazar et Zéphir sont au rez-de chaussée, Adémar et Opale, dans les combles, près d’Édith et Marthe. Ce qui leur permet aussi de souffler, de ne pas être toujours ensemble et d’avoir chacun un lieu personnel qui ne fait pas office de salle de jeux.

A côté de ça où en suis-je moi personnellement?

En ce moment, je réfléchis beaucoup à ma vie, à l’importance de ma place au sein de ma famille, et au temps que j’accorde à mon couple.

Pendant la grossesse, je ne pensais à rien d’autre qu’au bien-être des bébés qui allaient naître. J’étais pleine d’angoisses quant à une éventuelle prématurité, et pleine de doutes quant au fait d’accueillir de nouveaux des multiples. Je n’ai pas vraiment pensé à ma vie d’après.

La première année avec des jumeaux (ou plus ! ) est la plus difficile en terme de fatigue physique. Les bébés nous laissent peu de répit et les nuits entrecoupées ne nous permettent pas de réellement récupérer.

Le jour où je suis rentrée de la maternité, mes 4 grands étaient malades, donc tous à la maison. Gweltaz travaillait. Il a pris sa matinée pour venir nous chercher toutes les trois nous a déposées, et est reparti. Je me revois avec ces deux minuscules petites filles, les 4 grands, malades, et tout excités de voir arriver leurs sœurs et moi, affaiblie par la césarienne, épuisée par les deux dernières nuits seule que j’avais passées à la maternité regardant mes six enfants et comprenant que ma vie; c’était désormais ça !

20170209_114022

Et puis les jours se sont enchainés. Tête baissée, j’ai géré le quotidien en attendant toujours avec impatience l’arrivée de Gweltaz le soir.

J’ai le sentiment aujourd’hui que mes enfants ne m’ont pas rendue plus forte. Ils ont renforcé petit à petit un manque de confiance en moi. Le rôle de parent est tellement rempli de missions difficiles qu’il est très facile d’atteindre le burn-out ou de se sentir super nulle.

Pourquoi me dit-on souvent que je fais le plus beau métier du monde? Un des plus difficiles, oui, mais le plus beau? Non je ne crois pas. D’ailleurs je ne suis même pas persuadée que les gens qui me disent ça y croient vraiment. En tout cas, pas ceux qui sont passés par là !

Je ne dis pas que je ne suis pas heureuse à m’occuper d’eux. C’est juste que je m’oublie. Je vis pour eux, en fonction d’eux .

Je suis consciente que beaucoup de femmes rêvent d’avoir des enfants mais n’y parviennent pas forcément. Que je ne devrais certainement pas me plaindre. Après tout j’ai de la chance ! D’ailleurs j’ai toujours trouvé que le sujet de la difficulté de s’occuper en permanence des enfants était un peu tabou.

IMGP0028

Au cours d’une conversation avec les grands sur le phénomène triple hier soir, Opale a conclu en me disant:

 » Olala maman, mais quelle chance tu as eu d’avoir des triplés, c’est tellement rare ! »

Je l’ai regardée mais n’ai pas vraiment su quoi lui répondre. Je lui ai souri. Simplement.

J’ai de la chance, oui, certainement sur certains points. Mes enfants sont tous en bonne santé. Je les sens heureux, bien dans leur vie. Je me dis souvent que c’est grâce au fait que je m’occupe d’eux. Que je suis là pour eux. Je crois que ça me rassure. Ça me permet de me dire que je suis utile ! Que je suis compétente quelque part.

Mais finalement, ai-je vraiment le choix dans ma vie?

Le fonctionnement du congé parental a changé depuis quelques temps. Il peut désormais être partagé entre les deux parents. La durée de rémunération a été réduite en cas de congé parental d’un seul parent.

Pourquoi chez nous, le partage du congé parental ne peut pas fonctionner et pourquoi la réduction de la rémunération est un gros problème dans les familles de multiples?

Nous recevons, par la caf, 392 euros par mois pour la cessation complète de mon activité professionnelle. Je ne peux pas dire que j’avais un salaire formidable quand j’ai repris en 2015. Et si je fais le calcul des frais de garde pour les filles + celui des grands pour les temps périscolaires et que je déduis de mon salaire les fois où je suis absente pour cause de maladies, il ne reste plus grand chose. Sans parler du fait qu’on court dans tous les sens et qu’il faut réussir à tout combiner : vie de famille, gestion des enfants, de la maison, du quotidien, et le plus important dans tout ça, réussir à se trouver du temps à deux… Donc finalement dans notre situation, la meilleure solution: que je m’arrête et que je m’occupe des enfants.

Pourquoi Gweltaz ne bénéficiera jamais de son droit au congé parental? Et bien simplement parce qu’il a un salaire convenable et que si on le remplaçait par la rémunération de la caf et que moi j’allais travailler, on ne survivrait pas financièrement !
Et puis en fait, je ne sais même pas s’il aurait envie de prendre un congé parental !

Donc le fait est, que je vais recevoir cette rémunération pendant 24 mois seulement du fait que Gweltaz ne profitera pas de son droit. A 24 mois, soit je recherche un mode de garde pour les filles, je reprends le travail et nous revoilà dans les questions de frais inhérents à ma reprise et dans un rythme infernal soit, je ne reprends pas et notre vie est certes un petit peu moins confortable financièrement mais finalement plus sereine pour tout le monde.

IMGP0007 (2)

Bon et puis il y a un autre problème il faut bien l’avouer: je suis incapable de laisser mes bébés. C’est assez ancrée chez moi. Je ne veux pas les confier. Ça m’a fait ça pour les six. J’ai le sentiment que si je les laisse je vais rater des moments importants de leur vie.

IMGP0137

Les filles ont un an et je peux dire que je les ai très peu laissées. Et encore, quand je les laisse, elles sont avec Gweltaz !

Le problème, c’est qu’on commence à avoir besoin de se retrouver, tous les deux. Édith se réveille encore de nombreuses fois le soir et la nuit ce qui nous laisse peu de temps ensemble. Les repas sont riches en terme de conversations mais ce n’est pas spécialement pour parler de choses qui nous intéressent. Et quand on essaie, on sait de toute façon qu’on n’ira pas au bout de la conversation, coupée par les enfants !

Alors la semaine dernière nous avons décidé d’aller au restaurant ! J’étais à la fois hyper contente et hyper inquiète à l’idée de laisser Édith. Je savais qu’elle allait se réveiller et j’avais peur qu’elle soit inquiète à l’idée de ne pas nous voir. Mais ma belle-mère est douce, et j’ai confiance. Donc relax !

30 minutes avant de partir, Zéphir vomit. Tiens, quelle bonne idée! Merci Zéphir. On n’y avait pas pensé. Nettoyer du vomi avant d’aller manger au resto, ça met vraiment dans l’ambiance !

J’ai dû me préparer en 15 minutes, et nous sommes partis énervés et contrariés. En plus je savais que Zéphir allait forcément revomir. Je m’en voulais de laisser ma belle-mère comme ça…

Bref nous sommes partis. Nous avons mangé assez rapidement et nous sommes rentrés. Édith était bien dans la place à notre retour, Zéphir avait bien revomi mais encore mieux, il avait imbibé ses draps, sa couette et son matelas ( je pensais avoir mis une alèse, en fait non, mince ! ). Dégoutée, j’ai imaginé le boulot que j’allais devoir effectuer le lendemain pour nettoyer tout ça… en espérant surtout que les autres n’enchaineront pas!

Notre première sortie en amoureux depuis 15 mois a été une sorte d’échec pour moi. J’étais déçue. On avait hâte, on était trop contents ! Ça nous faisait plaisir de nous faire servir, de manger dans le calme et surtout de discuter tranquillement. Alors, on a quand même profité mais on peut dire que ça aurait pu être bien mieux !

Et c’est là que je me rends compte que ma vie, mes pensées, nos sorties, nos envies seront toujours plus ou moins parasitées par des questions autour des enfants. Je sais d’avance que oui j’aimerais bien retravailler (mais où? quand? quoi? combien d’heures par semaine ? ) mais que ma réflexion sera toujours faite autour de l’organisation de ma vie de maman ! Oui j’aimerais me sentir compétente dans un domaine et retrouver un peu de vie pour moi mais je devrais toujours m’adapter et m’organiser en cas d’urgence ou de besoin.

L’année où j’ai repris à travailler, mes horaires étaient décalées. Gweltaz avait dû s’organiser pour s’adapter mais franchement ça a été compliqué. C’est difficile dans son métier d’avoir des horaires à la carte et tout est vraiment plus facile depuis que je suis à la maison pour gérer le quotidien et les imprévus !

Je me rends compte que mon post n’est pas hyper positif. Alors qu’en fait,  les filles m’ont apporté beaucoup de sérénité et qu’un nouvel équilibre est né au sein de la famille depuis leur naissance. Je me régale de les voir grandir et évoluer de jour en jour. J’adore raconter à Gweltaz les anecdotes de nos petites mignonnettes. On les aime tellement.

IMGP0094

IMGP0090

Alors si je conclue en réalisant un vrai bilan de ce qu’est ma vie maintenant, je peux dire que je suis heureuse de vivre ça. Que ma vie est très riche et je sais que j’aurais toujours le soutien de Gweltaz quand je voudrais rebondir. C’est d’ailleurs grâce à lui que je réussis aujourd’hui à positiver au maximum après des journées épuisantes. Il a naturellement une sérénité très apaisante et il m’apporte toujours beaucoup de réconfort. Et clairement, c’est un papa et un beau-père très investi. Alors, je suis hyper consciente que de mon côté, ma carrière a explosé du fait de mes grossesses multiples et que je ne suis pas certaine de pouvoir un jour aspirer à une évolution professionnelle qui me satisfera mais j’aurais finalement accompli des choses difficiles dont je serais toujours fière !

 

 

 

 

 

 

Publicités

Mes filles, leur sommeil et moi !

Aujourd’hui, j’aborde le sujet du sommeil des bébés !

La question qui revient très souvent quand on est parents de bébés c’est : Alors il/elle fait ses nuits?

J’ai, à plusieurs reprises, entendu des parents me vanter le fait que leur enfant avait fait ses nuits dès la sortie de la maternité.

Tant mieux pour eux.

Le fait est, que j’ai du mal à comprendre comment c’est possible.

Un bébé, quand il naît ne différencie pas le jour et la nuit et a besoin de manger régulièrement. Ça me semble un peu inconcevable qu’ils fasse ses nuits si tôt.

Marthe a commencé à faire ses nuits à deux mois. Je nous estimais hyper chanceux. Il paraitrait que c’est « grâce » au biberon.

Bon finalement notre répit nocturne concernant Marthe a été de courte durée. Elle a fait plusieurs épisodes de réveils nocturnes et de refus complet de se coucher le soir ! On la berçait, rassurait au maximum mais je ne cache pas que c’est épuisant moralement et physiquement de bercer un bébé pendant plusieurs heures en plein milieu de la nuit. Mais nous restions sur l’idée de ne pas la laisser pleurer. Dans notre tête, je crois que ça n’a pas de sens.

On estime que si un bébé pleure c’est qu’il a un besoin, une angoisse ou même une douleur et que notre rôle est d’être présent pour l’accompagner dans ces moments qui sont certainement aussi difficiles pour lui. Personnellement, j’ai tenté de réfléchir calmement sur cette idée de laisser pleurer et je me suis mise à la place du bébé seul dans son lit, appelant désespérément ses parents qui ne viennent pas le voir. Bon forcément qu’au bout d’un moment il cessera de pleurer mais je ne trouve pas que cet endormissement soit serein et rassurant pour un bébé…

Parlons d’Édith ! Petite mignonnette allaitée depuis la naissance. En ce moment, on me demande souvent quand est-ce que je vais arrêter l’allaitement car c’est sans doute LA cause des nuits agitées que je passe avec elle. Oui, si elle était au biberon, c’est sûr, elle dormirait !

Alors: Effectivement je suis fatiguée, effectivement mes nuits sont vraiment pourries ( je ne dors pas plus d’une heure d’affilée depuis presque deux mois) mais non, je ne la sèvrerais pas !

La mise en place de l’allaitement est difficile, mais une fois qu’on y est arrivée, ça roule ! Et une chose me frappe depuis que les filles sont nées : ( Marthe a tété un petit peu tous les jours jusqu’au mois dernier ) elles sont hyper résistantes aux maladies !!! Elles ont eu quelques mini rhumes, une petite toux de deux jours mais à chaque fois c’est passé comme c’est venu. Je suis persuadée que l’allaitement leur permet d’avoir de très bonnes défenses.

IMG_2885

L’allaitement n’importe où, n’importe quand, dans n’importe quelle position !

Édith et Marthe découvrent beaucoup de choses en ce moment. Édith a toujours plus ou moins besoin que je sois dans les parages car effectivement on est très en lien toutes les deux mais je la trouve quand même assez indépendante la journée. Elle tète environ cinq fois. Le soir, elle ne s’endort qu’après être bien repue. Elle s’endort en tétant et je la pose dans son lit tout doucement. C’est à ce moment là qu’elle commence à m’appeler toutes les heures et la seule solution que j’ai trouvée pour l’apaiser: La faire téter encore et encore.

Certains pensent qu’elle a faim. Non en fait, elle a besoin d’être rassurée.  Je la prends, la colle contre moi, elle tête, puis je la repose dans son lit. D’ailleurs, depuis plusieurs semaines je me maudis de ne pas avoir acheté un lit en co-sleeping. Tout aurait été tellement plus simple et moins fatigant pour moi.

Le sommeil des bébés n’est pas maitrisable. Ils passent par différents stades: Poussées de croissance, besoin de contact, angoisse de la séparation, peur de l’abandon, … Nous avons pris le parti d’accepter tout ça. Un bébé n’est pas un petit objet que l’on pose dans un coin. Certes c’est dur. Certes c’est épuisant. Certes ça demande du temps, de l’attention et de la surveillance ( et franchement parfois on aimerait juste s’affaler dans le canapé tranquillement) mais nous sommes hyper heureux de voir à quel point elles sont mignonnes. ( En tout objectivité bien sûr ! )

Alors attention, je ne dis pas que je le vis toujours bien. Évidemment que parfois je n’en peux plus. Que parfois j’en veux à la terre entière. Que parfois j’envoie des sms de désespoir à mes copines. Que parfois j’ai juste envie de tout laisser en plan et d’aller boire un petit truc en terrasse au calme. Que je me sens un peu menottée à mes bébés. Que j’ai le sentiment de ne pas en voir le bout et de ne pas trouver de solution miracle. Que parfois je me sens impuissante et que je ne comprends pas pourquoi on n’y arrive pas.

Mais on tient parce qu’on sait qu’à un moment donné ça se réglera. Beaucoup de choses ont déjà été mises en place depuis la naissance. Ça prend du temps mais ça se fait petit à petit. Il faut essayer de rester zen et positif.

J’ai le sentiment d’avoir fait des erreurs avec les grands. J’ai eu beaucoup de soucis avec le sommeil d’Opale, je me suis souvent senti désarmée pour la simple et bonne raison que je me fixais des normes et des obligations. Sauf que je l’ai mal vécu. « Parce que ce n’était pas normal. » Parce qu’elle devait dormir. Parce qu’on me disait qu’elle faisait des comédies. ( A 8 mois des comédies? Sérieusement? )

Les filles ont huit mois depuis le 2 septembre. Je n’ai pas fait une nuit complète depuis dix mois et pourtant je suis toujours debout. Je m’occupe du quotidien, de mes six enfants, et de tout le reste sans difficultés, et sans aides particulières, si ce n’est celle de Gweltaz bien sûr. Je crois que moins on se fixe d’objectifs et de normes, mieux ça se passe.
Chaque enfant évolue différemment. Il faut l’accepter et l’accompagner.

J’envie carrément les parents qui dorment la nuit mais ce que je sais, c’est que je ne regrette aucun de nos choix, aucune de nos façons de faire !

Est-ce si difficile d’avoir des jumeaux?

20170623_124810

Depuis quelques temps je me demande réellement quelles sont les difficultés principales que l’on rencontre quand on accueille des jumeaux.
Je ne vais pas parler de triplés car c’est vraiment très différent.

Quand je me promène et que les gens s’arrêtent pour me parler, ils me disent toujours « Bon courage ! » . Qu’on me le dise quand je me balade avec mes six enfants, je l’accepte, mais là j’ai plus de mal à comprendre.

Alors, effectivement, il y a des moments plus ou moins difficiles mais en vrai s’occuper de deux bébés ne nécessite pas du courage en permanence.

Aujourd’hui, j’ai eu envie de lister les difficultés majeures que nous rencontrons au quotidien. Certaines ne s’appliquent que lorsqu’un seul d’entre nous s’occupe de Marthe et Edith.

1. Le sommeil.

Oui alors là, c’est inévitable. On est très fatigués. Certains parents choisissent de mettre les bébés sur le même rythme très rapidement pour avoir de plus longues périodes de repos la nuit et donc de réveiller le bébé qui dort si l’autre pleure pour manger. Ce n’est pas le choix que l’on a fait, ce qui, du coup, engendre beaucoup de sollicitation et peu de temps morts. Édith ne fait pas encore ses nuits. Elle tête entre deux ou trois fois. Marthe, elle, fait ses nuits mais est assez matinale. A 6h, elle est très en forme… En journée, elles ne dorment pas forcément ensemble donc je suis majoritairement en train de m’occuper de l’une ou de l’autre.

2. Les pleurs.

Ce que je déteste par dessus tout, c’est entendre une de mes filles pleurer mais ne pas pouvoir accourir pour m’occuper d’elle car déjà sollicitée par la première. Alors soit, j’essaie tout de même d’aller voir celle qui pleure soit c’est impossible et je me dépêche de finir pour filer m’en occuper. Avec Gweltaz, nous sommes d’accord sur l’idée de ne pas laisser nos bébés pleurer alors c’est assez frustrant de ne pas avoir la possibilité de répondre à un besoin dans l’instant. Depuis la naissance des filles, je trouve que c’est le point le plus pénible à gérer. Mais c’est un sentiment très personnel et je pense que chaque parent de jumeaux a son propre ordre de difficultés.

3. L’alimentation.

Je crois que ça peut aussi faire l’objet de difficultés particulières. Encore une fois nous avons décidé de les laisser faire. Édith tète de nombreuses fois par jour. Marthe prend ses biberons à heures fixes. Et afin que tout se passe au mieux pour la purée, je fais en fonction d’elles. Parfois, elles mangeront l’une après l’autre, parfois ensemble, parfois le biberon sera donné avant, parfois la tétée se fera après et puis parfois aussi Marthe ne boira pas son biberon et Édith refusera la purée… Tant pis !

4. Les sorties.

Souvent on me demande pourquoi je n’ai pas de poussette double et quand est-ce que je compte en acheter une. Les gens pensent que la vie est plus simple avec une poussette double. Mais je n’en suis pas vraiment convaincue. Finalement, avec ma poussette simple et mon écharpe, je passe un peu plus inaperçue. Et puis, tout est plus pratique en ville avec une toute petite poussette. Je passe partout, les trottoirs ne me rendent pas la vie difficile, le tram ne part pas sans moi sous prétexte qu’il y a déjà trop de monde et qu’une poussette double prend trop de place. Mais peut être que plus tard, je changerai d’avis et on investira. Non, pour moi la difficulté est ailleurs. C’est comme si j’avais toujours un peu la flemme de les sortir toutes les deux. Je fais un aller retour à l’école par jour donc quand j’ai des courses à faire, je les fais juste avant. Elles sont installées, donc je fais tout en une seule fois.

Finalement, peut être que ce qui est plus compliqué c’est quand on doit faire des sorties plus longues. Que ce soit en salle d’attente chez le médecin, au parc, au marché ( où je reviens avec forcément beaucoup plus de choses que prévues à porter), ou même à la plage, chez la famille, oui, tout est plus compliqué avec deux bébés. J’ai donc appris à m’alléger. Le sac à langer n’est utile que quand on bouge le week-end. En semaine, je n’emmène qu’un petit sac avec deux couches et deux bodys de rechange. Et à la rigueur un biberon. Et comme la voiture ne sort que le week-end, on y laisse les lits parapluie, des draps, la tente anti UV et quand elles se tiendront assises : des chaises hautes pliantes.
Nous avons assisté au gala des enfants il y a un mois et honnêtement, heureusement que nous étions tous les deux! Les filles ont beaucoup pleuré, et si l’un de nous deux avait été seul avec Marthe et Édith, ça aurait clairement été ingérable. Et ça, et bien ça m’ennuie. Et parfois je me dis, si on avait eu un seul bébé, on se serait relayés, et on aurait profité du spectacle. Ce qui m’amène au 5ème point :

5. Le relai.

Alors oui, ne pas pouvoir se relayer car chacun s’occupe d’une fille ça peut être très vite épuisant. Les premières semaines ont été ponctuées par leurs pleurs du soir. On avait chacun un bébé dans les bras que nous ne pouvions poser sous aucun prétexte sous peine de pleurs encore et encore. Tous les parents vivent cette période mais quand on est deux pour s’occuper d’un bébé, c’est plus facile de souffler. Nous, parents de multiples devons toujours trouver des ressources pour gérer au mieux les périodes comme celles-ci. Aujourd’hui, c’est un peu moins présent car elles pleurent moins et elles acceptent d’être posées. Il y a trois semaines, Édith a été malade et j’ai remarqué que Marthe s’était un peu « mise en retrait » en journée ce qui nous a permis de nous relayer pour mieux prendre soin d’elle !

6. La culpabilité.

Et oui ! Je l’avais vraiment ressentie avec les grands, et je la ressens de nouveau avec les filles. Pour Gweltaz, c’est une première et c’est assez présent pour lui aussi. D’ailleurs on sait tous les deux qui éprouve de la culpabilité envers quelle fille.
Depuis la naissance, Gweltaz s’occupe plus de Marthe. L’alimentation a déterminé une certaine organisation qui aujourd’hui nous amène à cette culpabilité. Je connais très bien Édith, il connait très bien Marthe. Je vais spontanément plus vers Édith, il va spontanément plus vers Marthe. Quand je suis seule, la question se pose moins. Je m’occupe beaucoup de Marthe car Édith est plus discrète, plus calme et moins en demande. Mais c’est vrai que souvent quand on est tous les deux, il faut presque aller à contre courant pour que Gweltaz s’occupe d’Édith et moi de Marthe. Alors le soir, on se dit « Mince, je n’ai pas passé assez de temps avec Marthe. Tu t’en es plus occupé que moi. J’espère qu’elle ne va pas en souffrir. Que notre relation ne va pas être moins forte qu’avec sa soeur. Bon demain je passerai plus de temps avec elle… »

Et vice-versa…

En réalité je crois qu’il faut savoir s’adapter et ne pas se se focaliser sur une façon de faire précise et tant pis si le lendemain ne ressemble pas à ce que l’on a fait la veille. J’ai cessé de me stresser avec des détails pour mieux vivre mon quotidien. La gémellité est une force et une chance pour les enfants, mais quand même, il faut bien l’avouer une difficulté supplémentaire pour les parents. Il faut juste accepter que notre vie est différente des parents qui accueillent leurs enfants les uns après les autres.

Bien sûr, les points que j’ai abordés ici ne concernent que les premiers mois de vie des bébés. Ces premiers mois qui, selon la majorité de la population sont les plus difficiles à vivre. Mais selon moi, et parce que j’ai déjà connu le phénomène multiple, les périodes les plus compliquées à vivre et à gérer sont plus tard, vers 2, 3 ou même 4 ans !

Je ferai un point des difficultés rencontrées au fur et à mesure que les filles grandiront car à tout âge son lot de surprises !

20170623_124835

 

 

Allaitement de jumeaux: du rêve…à la réalité !

Mes différentes expériences de maman allaitante sont particulièrement riches et variées. En même temps, elles doivent l’être pour chaque maman qui allaite ses enfants.

L’allaitement m’a toujours tenu à coeur. Je ne me considère pas comme une pro car je n’ai finalement jamais allaité sur du long terme et que j’ai connu des réussites mais aussi des échecs !

Zéphir n’a jamais réussi à têter.

imgp0161

Je n’ai pas été bien accompagnée après sa naissance, il ne reprenait pas de poids sans compléments artificiels ce qui fait qu’à la sortie de la maternité, le médecin a décidé de le passer au biberon. Je l’ai tout de même emmené chez un ostéopathe mais c’était trop tard, il s’était habitué au biberon et je ne me sentais ni rassurée ni motivée.

Pour Opale, Balthazar et Adémar, j’ai beaucoup réfléchi à la question. Cette fois, j’étais très motivée mais comment allais-je pouvoir allaiter trois bébés?
J’ai préféré me concentrer sur les premiers temps. Je savais qu’ils allaient naître prématurément et que, de ce fait, le démarrage allait être différent.
Effectivement, j’ai commencé par tirer mon lait. Au départ, ils buvaient 5 ml toutes les 3h. Puis petit à petit les quantités ont augmenté. J’ai donné mon lait au lactarium pendant 6 semaines. J’arrivais à tirer suffisamment pour que chacun ait sa ration ! Ils ont commencé à apprendre à têter deux semaines après leur naissance.
Quand nous les avons ramenés à la maison, je ne savais pas vraiment comment j’allais gérer tout ça.

imgp0071

J’ai débuté un allaitement exclusif qui a duré 1 bon mois après leur sortie mais qui m’a complètement épuisée… Nous avons donc introduit des biberons et j’ai pu conserver plusieurs tétées par jour jusqu’ à 6 mois !

Pour ce nouveau bébé, après mes différentes expériences, j’avais bon espoir de réussir l’allaitement sans difficulté. J’anticipe beaucoup de choses mais évidemment je n’avais pas envisagé l’arrivée de deux enfants.
Après une période de doutes où je me suis dit que ça allait encore être très compliqué, je me suis mise à lire des témoignages de mamans de jumeaux ayant réussi le pari ! Certaines ont même réussi des allaitements longs ! Finalement le plus difficile, c’est le départ, la mise en place !

L’allaitement des petites demoiselles

Quand Gweltaz m’a rejoint en salle de réveil avec Marthe et Edith dans les bras, il mes les a présentées et mises dans les bras. Les auxiliaires les ont correctement installées afin qu’elles prennent le sein. Edith, telle une petite bête est montée directement et s’est ventousée sans aucune aide !

Ah ! Ben voilà ! Je savais bien que ça pouvait être simple ! ( Oui ça l’est quand on crée des petits gloutons mais ils ne le sont pas tous…)

Sauf que pour Marthe, ça a été un peu plus compliqué. Elle a cherché, longtemps sans réussir à prendre le sein. En salle de réveil, elles ont essayé de l’aider sans succès. Finalement, j’ai préféré la laisser tranquille. Après tout, on sera plus au calme dans la chambre pour qu’elle puisse apprendre tranquillement à se nourrir !

Sauf qu’après plusieurs tentatives, je me suis aperçue qu’elle n’y arrivait vraiment pas !

Zéphir: le retour !

C’est étrange ! Pourquoi est-ce que sur six enfants, deux ne savent pas têter ? Pour ne pas culpabiliser, je me suis rassurée en me disant que de nombreux bébés devaient passer par là !

J’ai donc demandé de l’aide à des personnes de confiance mais je n’arrivais pas à trouver de solution. Je sais que l’important pour réussir un allaitement c’est de rester sereine. Oui, mais quand on met au monde des bébés de petits poids, le personnel hospitalier lui, n’est pas serein ! Et ne nous permet pas d’attendre que le bébés apprenne à téter.
Rapidement, ils ont décidé de la compléter avec du lait artificiel ! D’ailleurs, ils complétaient Édith aussi !
Devant mon refus de donner les compléments au biberon, ils ont accepté dans un premier temps d’utiliser des petites seringues afin qu’il n’y ait pas de confusion sein/tétine.

Évidemment ça n’a pas duré longtemps, un soir, une auxiliaire a décidé de leur donner au biberon car elle n’avait pas le temps la nuit de les compléter à la seringue .

« Qui lui a demandé de compléter mes filles la nuit ?? On les gère, il est hors de question que je les mette à la nurserie alors on continue à la seringue ! »

Sauf qu’elle ne nous en a pas apportées. Et malgré mon refus, Gweltaz a commencé à donner des biberons …

A ce moment là, je n’avais qu’une hâte: faire ma montée de lait pour que le lait lui coule directement dans la bouche. Je me disais aussi qu’il était peut-être judicieux que je fasse téter Marthe directement après Édith, sur le même sein pour que ce soit plus facile pour elle !

Après des soucis de santé post césarienne (mais ça j’y reviendrai dans une prochaine chronique), j’ai appris que les anti-inflammatoires que je prenais avaient pour effet de retarder la montée de lait !
J’ai donc de suite cessé de les prendre. J’étais très en colère que personne ne me l’ait dit plus tôt alors que je cherchais par tous les moyens à aider Marthe à téter pour qu’elle prenne le moins de complément possible !

J’ai enfin fait ma montée de lait trois jours après leur naissance. J’avais oublié les sensations et les douleurs de ces moments. Je me sentais comme grippée, avec des coups de chaud, de froid et des bouffées de chaleur très désagréables ! Sans parler des douleurs au niveau des seins très légèrement soulagées par des poches de glace…

Le fait est, que Marthe n’y arrivait toujours pas. On m’a donné des techniques pour l’aider a correctement positionné sa langue mais ce n’était pas suffisant. Ma fille prenait de plus en plus de biberons.
Je me suis sentie de plus en plus spectatrice de son alimentation. J’avais l’impression que personne ne l’aidait comme il fallait. L’important pour les soignants était qu’elle prenne du poids, peu importe de quelle façon !
Au départ j’étais confiante et déterminée. Mais plus ça allait, plus je me sentais démunie. Un soir une infirmière a décidé de nous « aider ». Pendant plus de trente minutes, elle s’est acharné à tenir la tête de Marthe et a appuyé comme une dingue sur mon sein pour faire sortir le lait. Non seulement je trouvais l’acte hyper violent pour Marthe mais en plus je souffrais beaucoup. Sauf qu’à ce moment là, je me sentais incapable de dire ce que je pensais. Je me suis complètement laissé faire par une personne se sentant l’âme de superman de l’allaitement maternel !

Le lendemain, une autre auxiliaire m’a proposé un bout de sein en silicone. Ok on essaie et on verra. Marthe réussissait à faire sortir le lait, j’avais l’impression qu’elle y arrivait enfin ! Le soulagement !!! Sauf qu’au final, après une pesée avant et après la tétée, on a constaté qu’elle avait pris 10 ml en 35 minutes alors qu’Édith avait bu 45 ml juste avant…

Cinq jours après leur naissance, aucune solution n’avait été trouvée. Je savais que plus elle allait s’habituer au biberon, plus les chances de l’allaiter exclusivement s’amenuisaient.
Une nouvelle auxiliaire m’a proposé de tirer mon lait pour lui donner au biberon.
Oui, pourquoi pas ! L’objectif était donc de tirer juste après la tétée d’Édith sur l’autre sein.
Un tirage toutes les… deux heures de jour, comme de nuit !
12h après avoir commencé, j’ai fait comme une seconde montée de lait ! ( Et bien oui, la quantité de lait au départ s’était régulé pour Édith seulement…)
J’avais tellement mal que je ne pouvais même plus lever les bras. J’ai demandé les poches de glace qui m’avaient soulagée quelques jours auparavant mais on a refusé de me donner sous prétexte que ce n’était pas bien ! « Ah ??? Ben il faut savoir !!! » Elle a préféré me proposer des anti-inflammatoires !

Je n’ai pris aucun médicament pendant la grossesse, je n’allais certainement pas en prendre pendant l’allaitement !

Je me suis mise à pleurer, pleurer, et pleurer ! Impossible pour Gweltaz de me consoler. Je me sentais épuisée, douloureuse en permanence, démunie, j’avais juste envie de tout arrêter. Allez hop, je passe les deux filles au biberon, ce sera plus simple !

C’est à ce moment là que mon esprit a repris le dessus. J’ai compris que le tire-lait était un enfer dans ma tête ! L’organisation à la maison me semblait impossible :

Faire téter Édith, tirer ensuite le lait pour Marthe, le conserver au frigo, lui donner au biberon, et recommencer … (Sans parler du transport du tire-lait dès que l’on fait une sortie et le stockage du lait fraîchement tiré dans une glacière, youpi !!! Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ??)
J’ai pensé à mes autres enfants, à mon mari, à la gestion de mon quotidien ! Je ne me sentais finalement pas apte à tout gérer !

J’ai alors compris qu’il ne fallait pas que je m’impose des choses qui ne me semblaient pas compatibles avec notre quotidien. Me compliquer la vie n’allait certainement pas rendre Marthe plus heureuse et en meilleure santé. J’ai donc décidé de faire mes adieux au tire-lait et surtout à l’allaitement de Marthe.

Édith au sein, Marthe au biberon? Ca semble étrange mais pourquoi pas. J’espère réussir à créer un lien aussi fort avec chacune d’elle malgré le non allaitement de Marthe.

p1010219

Je me déculpabilise. Je me dis que c’est comme ça. Que j’ai essayé de l’aider au maximum mais que ça n’a pas fonctionné. Je ne suis pas seule dans l’aventure, je ne peux donc pas tout maitriser…

Un article sur l’alimentation de Marthe aujourd’hui sera publié dimanche !

Deux bébés bien au chaud !

Après plusieurs semaines sans rien écrire, je reprends, là où je m’étais arrêtée…

Jeudi 22 décembre:

Ce jour là, j’ai rendez-vous avec l’obstétricien à la maternité. J’ai hâte de savoir ce qu’il va me dire. J’ai un peu peur qu’il m’annonce que le bébé du bas ne se présente plus comme il faut et qu’une césarienne soit de rigueur.

A l’examen, tout va bien. Les deux bébés sont bien vigoureux et le liquide amniotique est en quantité suffisante. La tête du premier bébé est toujours bien en bas. Il me dit que la naissance n’est pas du tout imminente. Il lève les consignes de repos et me demande de stopper la prise de spasfon systématique. Il faut maintenant que mon corps travaille. Je suis à 35 semaines!

Il me dit qu’il part en vacances le lendemain et ce, jusqu’au 2 janvier ! Il m’explique qu’il a discuté avec ses confrères, et qu’aucun n’est pour une naissance par voie basse. Il note quand même dans le dossier qu’il autorise la voie basse jusqu’au 2 janvier. Passé ce terme, les risques seront trop accrus.

Mes sentiments sont alors mitigés. Soit, je recommence sérieusement à bouger pour favoriser les chances de voie basse (au risque tout de même d’avoir une césarienne puisque mon obstétricien ne serait pas là pour m’accoucher, soit j’attends patiemment sans faire d’efforts et puis on verra bien…)

Je me sens triste et déçue. Le premier bébé est bien positionné mais ce n’est encore pas suffisant pour que je garde espoir… Avant de me laisser repartir, il me demande de descendre aux consultations de sage-femme pour surveiller ma tension car il a un doute. Je n’ai pas l’habitude d’en avoir et là, elle est assez élevée.

Je reste presque deux heures en observation avec une sage-femme. Mon énervement est tel que ma tension ne baisse pas. Finalement, après un temps de repos, je me calme et elle me laisse enfin repartir ! Après la consultation, je rentre chez moi en me disant qu’après noël, je recommence à bouger. Je choisis de me laisser une chance de les faire naître naturellement.

La journée de noël se passe au calme. Nous profitons de ces temps de jeux avec les enfants. J’aime beaucoup l’ambiance de cette journée et la joie des enfants en ouvrant leurs cadeaux.

p1010043

Le soir du 25 décembre, nous déposons les enfants chez leur papa pour une semaine. Ils seront de retour le 1 er janvier. Je me dis que je vais certainement accoucher avant qu’ils ne rentrent.

Gweltaz est en vacances pour une semaine. La naissance à ce moment là tomberait vraiment bien !

Nous profitons de nos derniers temps à deux. Balades, shopping, et repos sont au programme !

27 décembre:

Ce jour-là, j’ai rendez-vous pour la dernière échographie. Les bébés sont estimés à 2.300 kg. On ne distingue pas grand chose sur l’écran. L’examen est rapide. Elle nous explique qu’il faut au moins atteindre les 36 semaines (deux jours plus tard ) pour que les bébés aillent vraiment bien. Mais moi, je ne suis plus tellement décidé à attendre.

Je me rends compte qu’après avoir tant été parasitée à l’idée d’avoir des bébés prématurés, maintenant que j’ai passé tous les stades critiques je n’ai envie que d’une chose: accoucher! Plus personne ne peut me raisonner. J’ai mal partout, je peine à trouver des positions confortables pour dormir, j’ai du mal à respirer, mon ventre est gros et lourd, je me sens très fatiguée, j’ose le dire, je n’en peux plus !

Je me sens prête à accueillir nos petits.

Les jours passent, et je ne ressens absolument aucun signe d’un potentiel accouchement. Nos bébés sont bien au chaud et ne semblent pas avoir envie de sortir… Autant au repos, j’avais beaucoup de contractions, autant après reprise de ma vie (presque) normale, je n’en ressens plus aucune !

Je commence à faire le deuil de mon accouchement rêvé.

Mes sentiments sont très contradictoires. D’un côté je me dis que plus ils restent dans mon ventre, mieux c’est pour eux, mais d’un autre, je me dis qu’au terme où je suis, ils iront bien donc autant qu’ils naissent afin que mes souffrances physiques cessent et que j’évite la césarienne…

p1010092

A 36 semaines

31 décembre :

Ce jour-là, Gweltaz bricole dans la salle de bain. Je décide de nous préparer un bon repas pour le réveillon. Je n’avais pas cuisiné depuis longtemps ! Ca me fait hyper plaisir ! La soirée est calme. Dans la nuit, je ressens des contractions. Douloureuses et régulières.

Des bébés du 1er janvier???

Je décide de ne pas réveiller Gweltaz tout de suite, au cas où ce serait une fausse alerte. Au bout de trois heures, les contractions s’espacent et disparaissent, ce ne sera donc pas pour cette nuit !

1er janvier :

Mes enfants rentrent de chez leur père à 18h. Nous profitons de notre dernière journée tous les deux. Gweltaz reprend le travail le lendemain. La motivation n’est pas vraiment là. Nous étions dans l’accueil de nos bébés et finalement, ils ne sont pas nés. Le rythme va donc reprendre. Le lendemain, il n’y a pas d’école, je prévois une journée repos et jeux avec les enfants ! Je n’ai pas passé de temps seule avec eux depuis longtemps. La journée s’annonce calme et agréable !

 

Une naissance qui approche…

Voilà plus deux semaines que je n’ai rien écrit ! Je me décide donc aujourd’hui à rédiger un nouvel article  sur ma fin de grossesse.

P1010025 N&B.jpg

32 semaines

Lundi 5 décembre:

Ce jour là, j’ai rendez-vous à la maternité pour un contrôle avec l’obstétricien qui me suit. Nous l’avons rencontré 3 semaines auparavant, le contact est très bien passé. Nous devions réfléchir tous les deux à la naissance dont nous avions envie pour nos bébés. Il nous a précisé qu’il était important que nous ayons des envies, qu’il fera au mieux pour les respecter mais qu’évidemment, l’obstétrique garde toujours une part de mystères et d’imprévus et que le jour J, il saura nous aider à prendre les bonnes décisions en fonction du déroulement de l’accouchement.

Je me rends donc un peu anxieuse à ce rendez-vous. J’ai toujours peur d’une hospitalisation. Il me demande donc la décision que nous avons prise au sujet de la naissance. Je lui explique que pour nous, la voie basse est la meilleure option. Il m’avoue ne pas être contre mais que pour éviter la césarienne il va falloir entrer dans de nombreux critères car les accouchements par voie basse de jumeaux suite à une césarienne sont assez novateurs.  Le premier critère est simple: la position du premier jumeau. Pour l’instant il est tête en bas, pourvu qu’il y reste ! La deuxième chose importante est une mise en travail spontanée. Les déclenchements n’étant pas envisageables sur utérus cicatriciels… Toutes les autres conditions ne seront étudiés que le jour J. Il m’explique qu’il ne peut pas s’engager pour l’instant, qu’il va faire au mieux pour suivre notre envie mais qu’évidemment rien ne peut être défini à l’avance. Il me félicite tout de même pour ce choix. J’apprends ensuite qu’il sera en vacances du 23 décembre au 2 janvier inclus et que si j’arrive pour accoucher pendant cette période, je serai prise en charge par un de ses confrères qui peut tout à fait être contre la voie basse…

Lors de l’examen, il me dit que la tête du premier bébé appuie fortement sur le col et qu’un repos en position allongée une grande partie de la journée est désormais de rigueur ! Il me prévoit un prochain rendez-vous le 22 décembre !

Je vois dans la même journée l’anesthésiste. Il n’est pas spécialement à l’écoute, je sens qu’il a juste envie de faire son laïus sur la péridurale. Oui mais moi je ne veux pas de péridurale ! Alors là, il m’explique qu’elle est fortement préconisée pour les naissances gémellaires car si le second bébé reste coincé, ils sont obligés de me faire une anesthésie générale. Tandis que si la péridurale est posée, ils peuvent injecter un produit plus fort et ne pas m’endormir si mon cas nécessite une césarienne pour la naissance du deuxième jumeau.

Et voilà, je me sens de nouveau spectatrice de cette future naissance. J’ai l’impression de ne rien pouvoir maitriser. Je rentre plutôt dépitée en me disant que c’est injuste, que j’accouche très bien naturellement mais qu’étant donné que je fais des multiples, je suis contrainte d’accepter des actes médicaux qui ne me correspondent pas.

On est lundi, je rentre chez moi en me disant que la semaine va être très longue. Je suis à 32 semaines + 4 jours et l’objectif à atteindre est 34 semaines pour pouvoir être accueillie dans cette clinique (avant ce terme, un transfert vers le CHU est de rigueur) …

Je ne bouge donc pas de la semaine. Je navigue entre mon lit et le canapé. Je passe le cap des 33 semaines avec fierté le jeudi, et me dis qu’il ne reste plus qu’une toute petite semaine à atteindre !

Le vendredi soir, je ressens des contractions. Beaucoup trop ! Elle s’enchaînent. Ne sont pas douloureuses mais vraiment intenses. Je suis les conseils de ma sage-femme : douche+ spasfon et repos complet. Je pleure. Je me dis que c’est fichu. Qu’ils vont naitre. Que mon corps n’a encore pas réussi à garder des bébés au chaud suffisamment longtemps. Les enfants dorment, nous sommes partagés entre une consultation à la maternité et l’envie d’attendre de voir si ça passe. En vrai, je préférerais consulter, mais l’idée de faire déplacer ma belle-mère si ce n’est rien m’ennuie. Elle s’implique déjà tellement en ce moment… J’aimerais que Gweltaz prenne la décision à ma place. Mais ce n’est pas possible. Je suis seule à ressentir tout ça. Je dois me décider. Finalement après 3h, les contractions se calment, je suis à peu près sereine et j’arrive enfin à m’endormir.

Le samedi, je ne me sens pas hyper en forme après l’épisode de la veille. Je prends sur moi. Je me dis que si les contractions sont passées, c’est qu’il s’agissait d’un faux travail. Oui mais et si ça avait fait bouger mon col ?

Gweltaz a beaucoup de choses à gérer toute la journée. Je le sens fatigué et sur les nerfs. Les enfants sont là, à fond ! J’organise un atelier lego dans le salon en mode cachalot pour profiter d’eux.

Le soir arrive, je ne me sens toujours pas bien. Les contractions reviennent. Certaines me font mal. J’en ressens moins que la veille, mais tout de même,… Une nouvelle décision s’impose. Je regarde Gweltaz, épuisé, je me dis que si on va faire un contrôle ce soir, il ne pourra encore pas se reposer. Oui mais ça reste une grossesse à risques ! Je décide donc qu’on y aille ! Sa maman arrive pour les enfants, je leur fais un câlin, les rassure et leur dis que je viendrais leur faire un bisou dans leur lit en rentrant.

Arrivés sur place, nous sommes pris en charge de suite. Le monitoring montre beaucoup de contractions. Je pense que je ne les ressentais même pas toutes ! J’ai l’habitude de faire des monitorings avec la sage-femme à domicile et effectivement ce tracé ne ressemble pas du tout à ceux que j’ai l’habitude de voir.

Rapidement, la sage-femme me donne un traitement pour tout stopper. 4 comprimés à prendre toutes les 20 minutes. Entre temps, elle me pose un cathéter en nous expliquant que si les comprimés ne suffisent pas, elle injectera quelque chose de plus fort. A l’examen mon col n’a pas bougé du tout. Nous sommes rassurés. On se dit que quand la crise sera passée, on pourra rentrer !

Sauf que l’obstétricien de garde décide de m’hospitaliser… Oh non ! Cela me rend hyper triste. Je me concentre pour ne pas pleurer. La sage-femme nous explique qu’il prévoit une cure de corticoïdes pour aider les poumons des bébés à maturer. Deux injections à 24h d’intervalle. Cette cure nécessite une surveillance accrue car elle a tendance à endormir les bébés et à provoquer des contractions…

Gweltaz attend qu’ils m’installent dans ma chambre avant de rentrer à l’appart. J’essaie de me dire que ça ne va pas être long, qu’ils vont faire la cure et que je vais pouvoir rentrer en début de semaine.

Je passe une nuit horrible. Je dors 4 heures. La cure médicamenteuse a stoppé les contractions mais m’a donné des maux de tête horribles, des bouffées de chaleur, la nausée,… Je ne supporte clairement pas ce traitement.

Le dimanche matin, je reçois la première injection de corticoïdes. Je continue à prendre des médicaments contre les contractions. J’ai envie de les arrêter mais c’est trop tôt.

Gweltaz vient me voir avec les enfants. Opale n’est pas très sereine. Elle a besoin d’être rassurée, les garçons, eux, jouent avec les commandes du lit, ils n’ont pas l’air spécialement inquiets… Ils iront ensuite passer l’après-midi chez la maman de Gweltaz afin qu’on ait un peu de temps tous les deux !

Le reste du séjour ne sera pas plus glorieux. Les injections énervent et empêchent de dormir. Je suis épuisée, j’en ai marre qu’on me touche, je n’ai plus envie. Je veux rentrer, me mettre dans ma bulle et continuer à couver sans que l’on m’ennuie. Mon obstétricien autorise la sortie mardi après-midi sous condition de repos total et du passage de la sage-femme à domicile 2 fois par semaine ! Nous sommes à 33 semaines +5 jours.

Maud vient me chercher, je suis si contente de rentrer ! 3 jours après mon retour à la maison, je me sens encore très fatiguée. J’ai beaucoup de mal à récupérer de cette hospitalisation. Je ne peux pas dire que j’aie le moral. J’ai le sentiment de ne plus avoir d’objectifs. Je trouve le temps long et même si nous avons passé ce fameux cap des 34 semaines, il faudrait au moins atteindre les 36 semaines pour avoir des bébés bien en forme et directement en chambre avec nous. Mais ça me semble si loin… Mon état fait que je n’arrive pas à me sentir bien. Ni moralement ni physiquement. C’est très étrange !

p1010038

34 semaines

Aujourd’hui, j’en suis à 34 semaines + 6 jours.

Je me sens un peu mieux. J’ai pas mal de douleurs, je ne dors pas hyper bien car les bébés bougent beaucoup mais petit à petit j’atteins les objectifs fixés et ça me fait beaucoup de bien ! Ce week-end c’est noël, j’ai hâte d’y être et de profiter de ces jolis moments en famille avec les bébés encore bien au chaud !

Mon état d’esprit à quelques semaines de la naissance.

Le troisième trimestre de ma grossesse a débuté il y a 15 jours.

28 SA.jpg

Début du 3 ème trimestre !

Sachant que ce dernier trimestre est écourté quand on attend des multiples j’ai le sentiment de me rendre compte de beaucoup de choses en ce moment.

Si je faisais un constat de ce que j’ai vécu depuis le départ je dirais que cette grossesse est très difficile à vivre. Entre inquiétudes et douleurs physiques, je me sens vraiment décalée par rapport aux femmes qui arrivent au terme de leur grossesse de leur seul et unique bébé.

Peut-être que finalement, le trimestre que je vis le mieux est celui-çi (oui oui c’est possible !). Le premier a été marqué par un mal-être général permanent et le second par de très grandes inquiétudes liées à l’angoisse de la prématurité.

Ce troisième trimestre me semble être le plus serein de par le suivi qui s’est intensifié ! Le suivi à domicile a débuté il y a 4 semaines et mes rendez-vous extérieurs sont beaucoup plus nombreux. Alors oui, c’est très pénible mais oui, ça me rassure !

J’accueille donc tous les lundis une sage-femme très à l’écoute qui fait des monitorings pour surveiller les cœurs des bébés et les contractions. On discute beaucoup, ça me permet de relativiser.

Nous avons aussi rencontré l’obstétricien de la clinique qui nous a vraiment plu. Pour l’instant, il dit que je me porte très bien mais que, pour éviter tout risque de prématurité le repos strict pendant 5 semaines est une étape obligatoire. Après cela, on avisera au jour le jour… Je suis moins inquiète par rapport à ça que je ne l’étais il y a quelques semaines. Il faut dire que la maman de Gweltaz est venue très souvent m’aider à gérer les enfants et maintenant j’ai mes aides à domicile 4 fois par semaine ! Je ne fais donc plus d’efforts inutiles. Ma seule tâche en journée est la gestion du linge.

A coté de ça, j’essaie de récupérer des insomnies, je passe beaucoup de temps allongée et une fois que les enfants sont douchés et ont fait leurs leçons, je fais des jeux de société avec eux. Je suis cool !

imgp0301

L’obstétricien m’a beaucoup rassurée concernant la naissance. J’ai compris que tant que le bébé n°1 restait tête en bas, toutes les possibilités m’étaient ouvertes. Il a insisté sur le fait que la décision de la naissance de nos bébés n’allaient pas être la sienne mais la nôtre. Il ne nous imposera rien. Il programmera certainement une césarienne le plus tard possible afin de me laisser une chance d’arriver en travail à la maternité.

Je vais donc me mettre en mode gazelle avant cette fameuse date (enfin, si je suis encore à peu près valide !)

A côté de ça, mes émotions se mélangent un peu. Je pense que les insomnies nocturnes ne m’aident pas à être complètement sereine. Cogiter en étant fatiguée, m’embrouille un peu l’esprit.

Je crois que finalement j’ai un peu peur de l’arrivée de nos deux bébés. Je ne suis pas inquiète quant à la gestion de jumeaux, après avoir eu des triplés c’est zen attitude de ce côté-là. Non, ce qui m’inquiète c’est notre vie future. Je me demande beaucoup à quoi elle va ressembler. C’est comme si j’avais l’impression que nous avions trouvé un équilibre et que, l’arrivée de nos deux bébés allaient bouleverser tout ce qui est déjà bien établi. Cette grossesse, je la vis comme si c’était la première. J’ai un sentiment d’inconnu qui est très fort. J’aime anticiper mais là, c’est impossible. On navigue mais on ne sait pas vraiment où l’on va. Je ne sais pas ce qu’il va m’arriver. J’ai du mal à me projeter. Et puis, j’ai une idée très spécifique de la maternité mais avec des jumeaux tout est bien moins simple alors je ne sais pas vraiment ce que je vais réussir à mettre en place.

Dans huit semaines au plus tard, nos bébés seront nés. Cela semble long et court à la fois. Gweltaz est très impatient de les rencontrer. Je suis certaine que ça va être un super papa.

20161117_173035.jpg

Je l’imagine un peu comme ça…

Très impliqué, très serein et très à l’aise avec eux.

Il est très rassurant. Il me fait comprendre au quotidien, que non, je ne suis pas seule dans l’aventure. Que ces petits êtres sont un mélange de nous  deux et que nous seront forts, soudés et très amoureux pour les accueillir, s’en occuper et tâcher de garder des moments à deux au calme.