5- Cindy, maman de jumeaux de 27 mois !

Bonjour tout le monde !

Je vous présente Cindy ! Elle a 29 ans et est maman d’Hugo et Luis nés le 21 avril 2016.

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Elle a accepté de se livrer sur son expérience de maman de jumeaux.

Je vous laisse découvrir son témoignage.

◊◊

Comment as-tu découvert ta grossesse multiple ?

Lors d’une échographie de datation à 1 mois de grossesse, seule, avec une échographe vraiment pas diplomate…

Comment s’est déroulé ton suivi de grossesse ?

Échographies et rendez-vous chez le gynécologue tous les 15 jours pour grossesse monochoriale biamniotique ( un placenta, deux poches ).

Très stressée durant ma grossesse et à chaque échographie.

Une hospitalisation à 31 SA pour col court et menace d’accouchement prématuré. Cure de célestène pour maturation des poumons mais avec du recul, la grossesse s’est bien passée !

Très bien entourée médicalement !!!

Raconte-nous la naissance de tes enfants.

Déclenchement prévu à 37 sa (terme maximum pour une grossesse monochoriale biamniotique).

Je tenais vraiment à accoucher par voie basse, non sans mal j’y suis arrivée !!! ( après 14h de travail et des ventouses pour les deux garçons !)

Ma super gynécologue est restée jusqu’au bout et je ne la remercierai jamais assez !

Peux-tu nous décrire ton séjour à la maternité ?

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Super séjour à la polyclinique de St Herblain !

J’étais à l’étage Kangourou, accouchement « à risque » où j’ai été très chouchoutée et écoutée…

Les repas étaient bons et les équipes super !!

Nous avons eu beaucoup de visites ce qui nous a vraiment fatigués, mais ça nous laisse des souvenirs mémorables !

As-tu allaité ou as-tu donné le biberon ?

J’ai donné le biberon, j’admire les mamans de jumeaux qui allaitent, même si ce n’était pas du tout un objectif pour moi, qu’ils soient deux ou non !

Peux-tu nous dire quelques mots sur les premiers mois avec les bébés ?

Beaucoup de fatigue ( dépression post-partum avec hospitalisation ) et beaucoup de logistique !

Avec du recul mon plus grand regret est de ne pas avoir pu prendre le temps de materner, dorloter, comme quand on n’a qu’un seul bébé.

Cependant, nous avons la chance d’avoir des bébés/enfants qui ont toujours bien dormi : première nuit à 2 mois pour tous les deux. Ils mangent également très bien depuis le début !

Des bébés vraiment cool ! ( et c’est pas nous qui le disons !!)

As-tu repris le travail à la fin de ton congé maternité ?

Oui , après 6 mois de congé maternité ( pour les grossesses multiples) j’ai repris mon métier d’enseignante !

Mais avec le papa en déplacement et le premier hiver accompagné de toutes les virus ( fois deux !!), j’ai pris un congé parental au bout de 2 mois pendant 6 mois !

Et si c’était à refaire, je prendrais un an directement pour bien profiter de leur première année !

Tes multiples sont-ils ensemble ou séparés à l’école ? Ce choix est-il le vôtre, celui des enfants ou a t-il été fait par le personnel enseignant ? Si tes enfants ne sont pas encore scolarisés, as-tu déjà des souhaits?

Ils seront scolarisés dans 1 an ! ( je pleure quand ???)

Nous souhaitons qu’ils soient dans la même classe au moins la première année !! Ensuite, je ferai confiance à mes collègues enseignantes pour dire ce qui est le mieux pour nos garçons !

 

Comment se passe la gestion de ton quotidien depuis que tu as des multiples ?

Très ritualisé !!

Cela ne change pas forcément notre vie, on voit toujours beaucoup nos amis et on aime sortir avec eux le plus souvent ! Ils nous suivent partout !!

Ce qui est le plus difficile, c’est la fatigue accumulée pour notre part! Le manque de sommeil et la fatigue au quotidien !

Nous sommes depuis 1 an dans l’éducation « pure et dure » avec la politesse, le respect, et comme on ne veut rien lâcher, ( et qu’ils ont un bon caractère à tester !!) c’est fatigant !! Mais c’est du temps de gagné pour la suite !

Qu’est ce que t’a apporté le fait de devenir maman de multiples ?

Du courage, de la fierté d’être arrivée jusque là déjà !

J’appréhendais vraiment de gérer deux bébés !! Mais ils ont un papa en or qui est très présent, et aujourd’hui, nous sommes fiers d’eux ( et de nous ! ) et très heureux !

On se dit qu’avec un seul enfant en 3 ème position ce sera les doigts dans le nez ( même si cela ne veut rien dire !!)

On a appris à squizzer le regard des autres aussi, à s’endurcir face aux remarques désobligeantes que tous les parents de jumeaux connaissent !

Mais je reste compréhensible malgré tout ! Ça intrigue deux bébés pareils !

Avec le recul que tu as, quelle est la chose la plus difficile selon toi ?

La patience , qui est mise à rude épreuve !!! Mais l’amour prend le dessus sur tout, vraiment !!

La gastro X2 aussi. C’est l’horreur !

Avec du recul, pour la première fois depuis leur naissance, j’ai compris ce week-end les parents qui souhaitent renouveler l’expérience avec des jumeaux ! C’est magique leur relation, c’est beau, c’est unique.

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Je remercie Cindy pour son témoignage !

Et si vous avez envie de venir partager votre expérience sur mon blog, envoyez-moi un mail sur trottinettesetturbulettes@gmail.com !

 

 

 

 

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Deux petites mignonnettes de 18 mois !

4 juillet 2018, les filles ont 18 mois depuis 2 jours, je pense donc qu’un article les concernant s’impose !

Le mois de juin a été très chargé pour nous mais rien ne nous a empêché de les regarder évoluer de jour en jour.

C’est incroyable comme les enfants changent en peu de temps à cet âge là.

Marthe et Édith ne sont plus des bébés. Elles ressemblent désormais à des petites filles. En ce moment, on se dit qu’elles sont grandes ! Elles nous épatent et nous attendrissent en même temps.

Marthe est joueuse, joviale, drôle et hyper attachante. Elle est plutôt indépendante. Très dynamique, extrêmement souriante et vraiment pleine de vie. Elle s’intéresse à tout, et adore découvrir de nouvelles choses. La délicatesse ne fait pas vraiment partie de son quotidien, et elle parle assez fort mais elle sait aussi être attentive quand il le faut.

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En ce moment ses apprentissages principaux se portent sur le langage. Elle dit quelques mots et on sent que chacune de nos phrases sont très bien comprises et assimilées. Elle sait d’ailleurs hyper bien se faire comprendre.

Niveau motricité, elle court, grimpe et fait des galipettes !

Depuis quelques temps nous passons beaucoup de temps dans le jardin. Elles ont une coquille dans laquelle on met de l’eau et grâce à cela, Marthe s’oriente vers la propreté.

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Elle demandait à changer sa couche en installant le tapis à langer, une couche et les cotons depuis plusieurs semaines déjà mais là, elle se rend compte qu’elle a envie de faire pipi et court souvent vers le pot. Je ne sais pas si ça va se jouer cet été mais c’est en tout cas vraiment bien partie !

On sent en elle une sensibilité bien cachée mais tout de même présente.

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Elle passe beaucoup de temps dans les bras de Gweltaz et hurle dès que je la pose dans son lit ( pour cesser de pleurer 15 secondes plus tard ).

Édith elle, est plus discrète. Elle est câline, douce, sensible et très délicate. Elle ne fait pas beaucoup de bruit, la surveillance est donc assez intense car elle n’a peur de rien et grimpe partout !

 

C’est un tout petit gabarit, elle est hyper souple ce qui lui permet de faire plein de choses très mignonnes !

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Elle sait clairement ce qu’elle veut. Et surtout ce qu’elle ne veut pas. Impossible de lui changer sa couche ou de l’habiller si elle ne l’a pas décidé. Et parfois elle veut choisir ses habits ( en l’occurrence ses chaussures : des crocs datant de l’époque de Zéphir qu’elle adore et qu’elle veut porter en permanence alors qu’elles sont trop grandes pour elle ! )

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(Bon là c’est Marthe qui les porte car de temps en temps elle arrive à les prendre pendant que sa soeur est occupée…)

Elle est, tout comme Marthe, très sensible et a vraiment besoin de son cocon familial qui la rassure. Elle passe tout son temps avec nous ( ou pas très loin ).

Niveau sommeil : après avoir tant galéré pour les nuits, elle dort désormais 12h par nuit sans se réveiller.

Elle tête toujours et je pense que l’on s’oriente clairement vers un sevrage naturel. On sent que le besoin de téter est présent chez elle donc on la laisse gérer, comme elle l’a fait avec le sommeil.

Elle dit elle aussi quelques mots et comprend absolument tout.

Il y a deux semaines, j’ai glissé dans l’escalier avec elle. Cette chute nous a valu une journée de stress et un diagnostic désagréable à entendre : Fracture au niveau du tibia pour elle. Cette fracture est très bénigne et n’aura aucune incidence sur sa croissance. Elle n’a pas eu besoin de plâtre et a hyper bien géré sa douleur. J’en parle d’ailleurs déjà au passé alors que l’orthopédiste nous a parlé d’un rétablissement en trois semaines minimum. Mais alors qu’au début on la sentait vraiment en peine physiquement, elle a très vite récupéré et grimpe de nouveau comme avant. Elle se ménage encore et ne recourt toujours pas mais finalement c’est impossible de se dire qu’elle a subi un traumatisme quand on ne le sait pas.

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( Deux jours après sa blessure )

Le fait est que je m’en suis beaucoup voulu…

Leur relation :

Marthe et Edith sont très en phase toutes les deux. Elles passent tout leur temps ensemble et quand elles ne se voient pas, elles se cherchent:

« Maaaaa ???? »

 » Didith ???? »

 

 

 

Elles se font des bisous, des caresses et des câlins spontanément. Elles râlent de temps en temps l’une contre l’autre pour un jeu mais ça reste assez rare.

Elles sont assez coquines et ont beaucoup d’humour toutes les deux; la surveillance est donc maximale tant les idées fusent à deux cerveaux ! Édith est très malicieuse et Marthe plutôt exploratrice.

 

 

(Quand l’une fait un nouveau truc, l’autre le teste aussi ! )

La relation qu’elles entretiennent entre elles est complètement différente de celle d’Opale, Balthazar et Adémar. Je ne sais pas si ça vient du fait que les triplés ne fonctionnent pas comme les jumeaux ou si c’est dû au fait que ce soit deux filles mais on perçoit clairement les différences dans le lien.

Suite à ma demande de places en crèche, nous avons réussi à obtenir deux places pour deux matinées par semaine à partir de septembre.

Je suis contente de me dire qu’elles vont vivre de jolies aventures en dehors de chez nous.

Je me rends compte qu’à la maison elles sont très protégées. Leurs grands frères et sœurs sont très doux avec elles et les couvent comme de petits moineaux tout juste sortis du nid.

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Elles vont donc découvrir une collectivité certainement un peu plus brutale.

J’espère que ça ira. Je me rassure en me disant qu’elles seront toutes les deux !

Concernant les ressemblances physiques, je me dis souvent que si on avait vraiment voulu qu’elles soient différentes on n’aurait pas pu faire mieux. Mais finalement, les gens nous disent régulièrement qu’elles se ressemblent, parfois même qu’ils n’arrivent pas à les distinguer.

Chose que je mets sur le compte de la fascination qu’ont beaucoup de personnes pour les jumeaux monozygotes.

En réalité, Marthe a des yeux en amande, Édith de grands yeux. Édith a la peau mate, Marthe est très blanche. Marthe a un visage rond, Édith plus en long.

Elles n’ont pas la même bouche, ni le même nez, ni les mêmes cheveux, ni la même implantation, ni la même couleur d’yeux, ni le même gabarit, ni le même sourire,…
Je pourrai faire une liste hyper longue de leurs différences sans trouver de similitudes.

Par contre, je vois un peu de mes enfants dans chacune d’elles !

L’été est là, nous profitons bien du jardin. 18 mois ça commence à être bien plus simple pour beaucoup de choses ! On profite pleinement des moments qu’on passe avec elles car ce sont deux petites filles qui pleurent peu et qui sont vraiment très agréables au quotidien.

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Vous l’aurez compris, elles sont exactement ce dont on avait besoin pour être comblés !

♥♥

 

 

 

 

 

3- Hélène, maman de jumeaux de 4 ans!

Hélène a 39 ans et est maman de 2 garçons monozygotes, Camille et Valentin qui ont 4 ans et demi.

image2Crédit photo: Xavier Lecointe

Elle est investie dans l’association Jumeaux et Plus et a accepté de partager son expérience de maman de jumeaux sur mon blog.

Voici son histoire:

Comment as-tu découvert ta grossesse multiple?

Lors d’une écho pour valider la grossesse mais vu les sensations, j’avais dit à mon mari qu’il n’y en avait plus qu’un. même si j’en étais intimement persuadée, l’émotion était là pour nous 2 quand nous avons vu l’écran.

Comment s’est déroulé ton suivi de grossesse?

C’était une grossesse monochoriale-biamniotique (1 placenta, 2 poches) donc le suivi était tous les 15 jours.

A environ 3 mois de grossesse le STT (syndrôme transfuseur-transfusé) a été décelé, une opération au laser a été pratiquée ce qui a engendré une échographique hebdomadaire jusqu’à la fin de la grossesse.

Nous avons vécu aux rythmes des alertes et des bonnes nouvelles jusqu’à la fin. Une grossesse éprouvante physiquement et psychologiquement mais j’ai été bien entourée ce qui m’a aidée à tenir.

Raconte-nous la naissance de tes enfants.

J’ai été hospitalisée la veille de leur naissance pour tenter d’arrêter les contractions mais la poche des eaux s’est rompue à 3h du matin.

A cause de produits qui m’avaient été administrés pour tenter de stopper les contractions, le travail fut un peu long.

.Ils sont arrivés à 16h puis 16h05. J’ai pu accoucher par voie basse ce qui n’était pas gagné : ce n’est pas préconisé dans le cas d’une opération au laser.

La salle de césarienne était prête mais je voulais à tout prix l’éviter. Au moment d’accoucher, le premier donnait des signes de fatigue, il fallait y aller.

Ils ont installé les étriers puis les ont retirés. Ma voisine a fait une hémorragie de la délivrance au même moment.

C’était la panique pour nous mais aussi pour l’équipe.  Il a fallu appeler du personnel en urgence et j’ai finalement accouché avec une équipe réduite.

Camille est directement parti avec le pédiatre car il avait un peu de mal à respirer mais c’est rapidement rentré dans l’ordre.

Valentin est arrivé « coiffé » : dans sa poche de liquide amniotique. J’ai pu l’avoir quelques minutes sur moi avant qu’il rejoigne son frère dans la couveuse.

Ils sont arrivés à 32Sa + 4. Certes trop tôt mais une jolie victoire pour moi. J’ai failli accoucher de nombreuses fois dès 25 SA.

À 4 jours près, ils ne sont pas « grands prémas »

 Peux-tu nous décrire ton séjour à la maternité?

Le CHU était déjà une seconde maison depuis l’annonce de ma grossesse.

Entre les Échos, les monitorings, le laser, les hospitalisations, j’y venais entre 1 et 3 fois par semaine. J’ai plutôt bien vécu cette période même si je n’étais pas au même étage que mes bébés. Ce fut plus dur de rentrer sans eux au bout d’une semaine. Ils sont restés 1 mois en néonatalogie.

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 As-tu allaité ou as-tu donné le biberon?

Les 2 ! J’ai tiré mon lait pour le donner à la sonde puis au biberon car ils n’avaient pas la force de téter au départ. J’ai tenu 2 mois avec mon lait exclusivement puis on a fait un mixte, ce qui a engendré la fin de ma lactation.

 Peux-tu nous dire quelques mots sur les premiers mois avec les bébés?

L’impression d’une bulle temporelle, j’en ai un très bon souvenir.

J’ai passé 8 mois et demi non stop avec eux, et j’ai adoré voir les progrès jours après jours. Malgré la prématurité, ils n’ont eu aucun soucis de santé. Seul passage compliqué, vers 3 mois, ils ne faisaient toujours pas leurs nuits. A cause de la fatigue, je suis tombée d’épuisement dans l’escalier et je me suis cassé le bras. Mais ils ont dû ressentir ma fatigue car 15 jours après ils faisaient leurs nuits !

 As-tu repris le travail à la fin de ton congé maternité?

Oui j’ai repris en 4/5ieme quand ils avaient 8 mois et demi.

 Tes multiples sont-ils ensemble ou séparés à l’école?

Ce choix est-il le vôtre, celui des enfants ou a t-il été fait par le personnel enseignant?

Si tes enfants ne sont pas encore scolarisés, as-tu déjà des souhaits?

J’ai choisi une toute petite école qui n’a que 2 classes (PS -> CP et CE1->CM2).

Je ne voulais pas que l’on m’impose une séparation! Il y a d’ailleurs beaucoup de jumeaux dans cette école! L’inconvénient c’est que si ça devient nécessaire, nous devrons les changer d’école.

 Comment se passe la gestion de ton quotidien depuis que tu as des multiples?

Ce n’est pas les multiples qui changent mon quotidien mais le fait d’avoir des enfants! Je suis passée de 0 à 2 enfants d’un coup donc à moi la joie des lessives, des repas et des courses. Les multiples m’ont surtout apportée la joie de découvrir l’association Jumeaux et plus qui m’a beaucoup aidée pendant la grossesse.

J’ai donc choisi de m’y investir quand j’ai sorti la tête de l’eau.

Ça fait maintenant presque 4 ans que je suis au CA.

 Qu’est ce que t’a apporté le fait de devenir maman de multiples?

Le fait de ne plus avoir de prénom : je suis la maman des Jumeaux  !

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 Avec le recul que tu as, quelle est la chose la plus difficile selon toi?

Accepter le fait que je compte moins que leur frère à leurs yeux.

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Crédit photo: Xavier Lecointe

Merci beaucoup Hélène pour ton témoignage !

Si vous voulez participer, envoyer-moi un mail à :

trottinettesetturbulettes@gmail.com

 

 

2 – Erika, maman de jumeaux de 17 mois !

Erika a 34 ans et est maman de trois enfants : Arthur, 6 ans et Iris et Gabriel, 17 mois.

J’ai rencontré Erika il  a quelques mois. Elle m’a laissé un message sur mon blog quelques semaines après sa création.

Elle était enceinte de jumeaux prévus pour le 4 février 2017. Le terme de ma grossesse était le 5 février 2017. Nous accouchions dans la même clinique et les sexes des bébés restaient inconnus jusqu’à la naissance pour nous deux.

Beaucoup de points communs au départ pour qu’une belle amitié naisse entre nous.

Elle a été d’un soutien rare.

Depuis notre rencontre, nous nous parlons tous les jours (ou presque !).

Alors c’est tout naturellement qu’elle a accepté de répondre à mes questions avec un joli récit décrivant son parcours.

Voici son histoire:

Comment as-tu découvert ta grossesse multiple ?

La découverte de ma grossesse multiple n’a pas été réellement une surprise. En effet, après 3 ans de tentatives infructueuses nous avons eu recours à une FIV. Lors du transfert, mon gynécologue a positionné 2 embryons pour multiplier les chances de réussite.

Nous imaginions qu’un embryon allait peut être se développer mais deux, ça nous semblait complètement improbable!

12 jours après le transfert des embryons, je fais une prise de sang afin de vérifier si une grossesse est en cours. Je n’avais absolument aucun symptôme (exceptés quelques tiraillements en bas du dos), donc peu d’espoir. Alléluia!! Prise de sang positive! Je suis au travail au moment où je l’apprends, les résultats arrivant sur ma boite email. Je dois donc contenir ma joie et rester concentrée à mon travail (autant dire impossible !).

Lors de l’écho de contrôle ( J’étais assez pessimiste en y allant, en me disant qu’il y aurait sans doute un problème car nous cumulions les mauvaises nouvelles depuis quelques temps), j’ai bien vu 2 gros œufs sur l’écran qui était devant moi ! J’ai demandé à l’échographe de suite car j’étais impatiente de savoir si j’interprétais bien l’image. Il m’a bien confirmé qu’il y avait 2 embryons en développement. J’ai tout de suite prévenu Maxime qui n’avait pas pu m’accompagner!

Très grande joie pour nous!

Nous avions imaginé notre famille avec 3 enfants et au vu des difficultés rencontrées, nos espoirs diminuaient et nous pensions que jamais cela ne serait possible.

Comment s’est déroulé ton suivi de grossesse ?

Mon suivi de grossesse s’est bien passé. J’ai passé mes échos et fait mes prises de sang mensuelles à la polyclinique.

J’avais aussi pris contact avec les sages-femmes (cabinet de Vallet) qui m’avaient accompagnée pour Arthur. Bénédicte, très douce et à l’écoute venait à la maison toutes les semaines à partir du 6ème mois de grossesse pour faire un monitoring.

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(5 mois et demi de grossesse)

Ce moment privilégié avec elle me permettait également de lui poser toutes mes questions, et nous échangions sur différents sujets que je n’osais pas toujours poser/aborder avec mon gynécologue. En effet, c’est un « personnage » qui parle peu, et reste très succinct dans ses réponses. J’avais toujours peur de lui poser des questions ridicules… C’était plus facile et naturel avec Bénédicte.

J’ai également participé à quelques cours de préparation à l’accouchement avec 2 autres mamans pour qui c’était la 2ème grossesse comme moi.

J’avoue m’être désistée à plusieurs reprises, n’ayant pas le courage d’y aller car des douleurs et des contractions étaient présentes.

A ma visite du 6ème mois, mon col était légèrement ouvert, du coup il fallait que je limite au maximum mes déplacements en voiture. Puis, nous avons diagnostiqué chez moi une cholestase gravidique (maladie du foie liée à la grossesse qui entraine de fortes démangeaisons), qui a engendré un déclenchement précipité de mon accouchement.

Raconte-nous la naissance de tes enfants.

J’ai toujours dit que je ne voulais pas que mes enfants naissent à noël ! Étant moi-même du 25 décembre.

Bingo, le 23 décembre mon gynécologue m’appelle pour me dire que ma prise de sang est mauvaise et qu’on va provoquer mon accouchement! Il nous demande de venir rapidement à la clinique pour nous en dire plus.

J’étais exactement à 35 semaines et 3 jours de grossesse. Je m’étais fixée pour objectif d’atteindre 36 semaines. J’y étais presque….

Nous arrivons assez détendus à la clinique vers 18h30/19h et là le gynéco nous explique la situation : « Bon, votre cholestase gravidique devient trop importante il y a un risque de perdre les bébés. Je recommande donc de vous accoucher dès demain matin  avec contrôle monitoring toutes les 2h cette nuit! »

Il nous explique qu’il y a un risque que les bébés ne respirent pas tout seuls à la naissance puisqu’à 35 semaines les poumons ne sont pas encore tout à fait formés. Qu’en cas de faiblesse respiratoire, ils pourraient être transférés au CHU de Nantes car la polyclinique est équipée pour recevoir les bébés à partir de 34 semaines seulement si aucune pathologie particulière n’est détectée à la naissance.

Nous sommes un peu retournés par cette nouvelle mais tellement euphoriques à l’idée de voir nos bébés (bien mérités). J’ai hâte que les souffrances de grossesse cessent!

Je pense que nous ne nous rendions pas trop compte des risques à ce moment-là.

Le samedi 24 décembre à 7h30 je me rends en salle d’accouchement, et on me perfuse de l’ocytocine afin de mettre en route le travail. C’est noël, les équipes sont réduites et tout le monde parle de son réveillon.

Mon gynécologue censé être en vacances revient exprès pour moi ce jour-là. Tout se passe plutôt bien et je suis surprise de la rapidité du travail. A 13h30 je suis prête à pousser mais on me dit d’attendre car le gynéco est à la cafet’ (pause dej’ oblige).

A 13h57 Gabriel pointe le bout de son nez, il pèse 2.090 et mesure 45 cm.

A 14h, c’est au tour de Mlle Iris, 2.100kg et 45cm.

Gabriel nait la tête la première et pleure immédiatement, on le met sur moi.

Iris arrive en siège et est un peu secouée car je n’ai pas poussé. Pour le 2ème bébé c’est le médecin qui va le chercher directement avec ses mains, car il faut d’abord percer la poche des eaux…etc (je vous passe les détails). Elle ne pleure pas et la pédiatre l’emmène pour s’occuper d’elle.

Ouff quelques minutes plus tard notre Iris revient et tout va bien.

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Nous sommes les plus heureux du monde !

Peux-tu nous décrire ton séjour à la maternité ?

LONG !

Je suis restée 12 jours à la maternité.

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Vraiment contente de rentrer malgré mon séjour au sein de l’unité Kangourou de la polyclinique (accompagnement et services privilégiés, chambres plus grandes…).

J’en avais marre des va-et-vient incessants dans ma chambre de toutes ces personnes différentes…

Au fur et à mesure du séjour leur bienveillance à mon égard s’est amenui…

Les puéricultrices ont même refusé de prendre Iris et Gabriel en nurserie les 2 dernières nuits car il fallait que je laisse la place aux autres bébés. Bon…. Je voulais pourtant récupérer au maximum car je savais que le retour à la maison serait difficile et fatiguant. Je pensais au peu de sommeil qui m’attendait.

Une chose marquante aussi durant ce séjour c’est ma montée de lait!! En fait, jamais je n’aurais imaginé que cela fasse aussi mal, et m’empêche même de dormir. A l’époque d’Arthur, les médecins nous donnaient un comprimé qui empêchait cette montée de lait, je ne connaissais donc pas cette sensation et ces douleurs.

Maxime était en vacances donc c’était idéal. Il me rejoignait le matin et passait la journée avec moi.

Arthur est venu me voir à 3 reprises, la 1ère fois en néonatalogie, le lendemain de l’accouchement alors que je réalisais mon 1er peau à peau avec les loulous.

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Je me rappelle de son regard émerveillé et tout attendrissant envers Iris et Gabriel. C’était trop mignon!

Seuls les parents et la fratrie sont autorisés à pénétrer dans le service néonat. Pour les autres visiteurs, ils peuvent apercevoir les bébés derrière une vitre qui donne sur les boxs.

Mes bébés sont restés 5 jours en néonatalogie puis en couveuse dans ma chambre pendant 2 jours. Gabriel n’arrivait pas à téter tout seul au départ, il a donc été nourri par sonde pendant 24h.

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Mais globalement ils se sont vraiment bien adaptés dès leur naissance.  J’en garde un très bon souvenir!

Nous avons donc fêté Noël, mon anniversaire et la nouvelle année 2017 à la maternité! L’année commençait bien.

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As-tu allaité ou as-tu donné le biberon ?

Ma sage-femme m’avait encouragée à participer à un atelier sur l’allaitement au cours de la grossesse. Chose que j’ai faite avec la PMI de Clisson. Mais l’atelier ne m’a pas vraiment donné l’envie d’allaiter.

En effet, les mamans présentent ce jour-là venaient pour avoir des conseils car leur allaitement se passait mal, ou pas comme elles auraient voulu. Du coup l’échange a été très négatif pendant 2h. Nous n’avons parlé que des désagréments.

J’aurai voulu entendre aussi le côté positif et le lien que l’on peut tisser avec ses enfants.

Bon je n’étais pas très convaincue d’avance, donc je suis restée sur mon idée 1ère de donner le biberon. D’autant plus que l’allaitement était une découverte complète, je n’avais pas allaité Arthur. Avec 2 enfants j’avais peur que cela m’épuise. Et puis le fait d’être en permanence collé à mon bébé, je crois que ce n’est pas pour moi!

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Le biberon permettait aussi que Maxime prenne le relais et c’était plutôt rassurant de savoir que je n’étais pas toute seule à gérer.

Peux-tu nous dire quelques mots sur les premiers mois avec les bébés ?

Pour dire vrai, je ne me souviens plus très bien en détail des 3 premiers mois.

En revanche, ce qui m’a marqué reste le rythme effréné jour/nuit.

Au départ, pendant 1 mois nous avons fait dormir Iris et Gabriel dans notre chambre et dans le même lit. On sentait leur besoin d’être en contact. Dès qu’un bébé se réveillait, nous réveillions l’autre pour enchainer les 2 biberons et pouvoir se recoucher rapidement.

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Heureusement Maxime n’a pas besoin de beaucoup de sommeil pour être en forme. Donc il m’aidait bien la nuit! Il préférait le biberon de 4h et moi celui de minuit donc parfait nous avions trouvé notre rythme.

Il a d’ailleurs pu prendre son congé paternité quasiment dès mon retour de la maternité, ce qui a simplifié notre organisation. En effet, Arthur avait repris l’école, il fallait aussi gérer les allers/retours le concernant.

Après quelques semaines, nous avons décidé de ne plus réveiller systématiquement le 2ème bébé (cela nous faisait trop mal au cœur) et de le laisser se réveiller à son rythme. C’est à ce moment-là également que nous les avons installés dans leur chambre au RDC. Mais c’est aussi à ce moment-là que la fatigue s’est accumulée.

Je me souviens de la 1ère visite chez la pédiatre, c’était 15 jours après notre retour, courant janvier et ce fut la journée la plus froide de l’hiver 2016/17, il faisait -7C à l’extérieur. J’avais tellement peur qu’ils attrapent froid que je les avais couverts un maximum!

La puéricultrice de la PMI de Vallet venait nous rendre visite toutes les semaines (dès le lendemain de notre retour à la maison et jusqu’à leur 6 semaines) pour les peser, nous donner des conseils sur leur alimentation, leurs petits bobos….etc.

C’est la procédure je crois en cas de naissance multiple.

Il faut savoir qu’Iris a eu très vite des troubles digestifs et nous avons dû changer au moins 5 ou 6 fois de lait avant de trouver le bon, avec à chaque fois des complications au niveau du transit.

Gérer 2 laits différents c’était un peu complexe, alors à chaque fois Gabriel s’adaptait au lait de sa sœur.

J’ai trouvé ça rassurant car mes bébés étaient suivis toutes les semaines, mais en même temps je me sentais comme « surveillée ».

La puéricultrice regardait nos moindres faits et gestes avec eux.  On se sentait un peu jugés. Comme si elle était envoyée pour vérifier qu’on ne les maltraitait pas.

Avec le recul, je suis contente d’avoir pu passer tout ce temps avec eux, à leur côté à regarder leurs « mimiques » pendant qu’ils dormaient. Je ne sais pas combien de photos j’ai pu prendre lors des 1ers mois mais sans doute beaucoup trop!

As-tu repris le travail à la fin de ton congé maternité ?

Mon congé maternité se terminait le 10 juillet exactement. Je m’étais dit que je laisserais passer l’été avant de commencer mes recherches en septembre. Cependant, une opportunité s’est présentée à moi en mars (merci à mes copines Juju et poupouz 😉)!

J’ai décidé de la saisir car c’était pour travailler dans le milieu de la puériculture, dans une entreprise pour laquelle j’avais déjà travaillé, sur un poste en CDI qui me plaisait.

A l’issue de mon congé maternité j’ai donc repris à temps plein. J’avais un peu peur de l’organisation et de ne pas réussir à gérer toute l’intendance à la maison mais finalement ça s’est bien fait.

Ce qui m’a fait dire oui aussi, c’est que j’avais confiance à 200% en ma nounou, donc aucune inquiétude pour mes bébés ! Et ça c’est très important. J’étais prête à reprendre, à confier Iris et Gabriel, à refaire fonctionner mon cerveau, cela a été une vraie bouffée d’oxygène pour moi ! Je ne regrette vraiment pas d’avoir fait ce choix.

Les 1ères semaines je trouvais du repos au travail : du calme, du temps pour moi (repas du midi, pauses, discussion avec les collègues), j’étais assise toute la journée ! Des petits moments à moi vraiment ressourçant.

J’avoue que le rythme est quand même assez soutenu puisque je gère les enfants le matin (petit dej, habillage..etc) et le soir en rentrant (les bains et repas) puisque le travail de Maxime ne lui permet pas de rentrer avant 18h45-19h, l’heure à laquelle je suis en train de leur donner à manger.

Je ne dois pas oublier de prévoir le goûter d’Arthur quand il a sport, ni de l’inscrire au centre de loisirs, je dois regarder chaque jour les mots de la maitresse dans la pochette de liaison et y répondre si besoin,…etc.

L’année prochaine c’est le CP et donc le début des leçons, j’espère que nous y arriverons!

Tes multiples sont-ils ensemble ou séparés à l’école?  Ce choix est-il le vôtre, celui des enfants ou a t-il été fait par le personnel enseignant ?

Si tes enfants ne sont pas encore scolarisés, as-tu déjà des souhaits ?

Concernant leur scolarité, je pense que je les laisserai choisir. En même temps,  nous habitons une petite commune et il y a 1 classe par niveau en général donc ils se retrouveront probablement ensemble.

Je pense (peut être que je me trompe) que Gabriel aura plus besoin de la présence de sa sœur que l’inverse. Nous l’avons déjà constaté depuis leur naissance. Il sera plus vite déstabilisé en son absence. Iris est plus indépendante, plus « zen » mais garde toujours un œil sur son frère qu’elle protège!

Comment se passe la gestion de ton quotidien depuis que tu as des multiples ?

Je dirai que nous avons une organisation presque militaire. Plus de place aux imprévus, ni aux décisions de dernières minutes. Tout doit être calé à l’avance sinon ce n’est pas possible, on ne s’en sort pas et on s’épuise. On doit tout anticiper, bien regarder s’il reste suffisamment de purée pour lendemain sinon en refaire, idem pour le linge.

Le matin j’ai 20 min pour habiller les 3 enfants donc si je commence à chercher où sont les vêtements (propres, pas propres?, dans la lingerie, dans la chambre?), c’est ingérable, tout doit déjà être prêt !

Il y a suffisamment d’évènements qu’on ne maitrise pas à l’avance (un bébé qui a de la fièvre en se levant le matin, un vomi sur ma tenue que je dois changer à la dernière minute…)

Avec UN SEUL bébé on peut gérer l’imprévu et y faire face, avec 3 enfants dont des jumeaux NON! Ça peut vite devenir un cauchemar.

Qu’est-ce que t’a apporté le fait de devenir maman de multiples ?

Leur naissance m’a apporté beaucoup de bonheur et surtout beaucoup d’amour (X2)!!

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Je crois que les difficultés rencontrées lors de la 1ère année m’ont rendue plus forte, plus résistante mentalement et physiquement. L’organisation et la planification n’ont plus de secret pour moi maintenant ! 😉

Je suis désormais une maman comblée et très fière de mes 3 enfants. Je pense avoir trouvé une certaine sérénité.

Avec le recul que tu as, quelle est la chose la plus difficile selon toi?

Je dirai que le plus difficile à gérer a été la fatigue et le non-stop du quotidien. En effet, je ne pensais pas pouvoir être aussi fatiguée un jour. Mais mon corps a tenu le coup !

Je pense que c’est l’instinct maternel ; on ne se pose pas de question.

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Même si on n’en peut plus, on fait tout pour que nos enfants soient bien.

On a essayé de les laisser pleurer car on se sentait à bout de force, mais impossible ! C’est plus fort que tout, au bout de 5 minutes on va voir ce qui ne va pas et on essaie de les calmer. Je me souviens voir l’heure des biberons approcher, et me dire que je n’allais pas y arriver, pas la force ni l’énergie de préparer 2 biberons et de les donner.

Avec le recul je me dis que ce n’est pas grand-chose pourtant. Mais à cet instant ça me paraissait être une montagne ! Il faut dire qu’au départ c’est 8 biberons / jour par 2 bébés, soit 16 biberons en 24h, et la même chose pour les couches !

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Ce qui est dur aussi c’est notre vie que l’on met entre parenthèses pendant plusieurs mois. On retrouve davantage de loisirs et de sorties depuis leurs 1 an. Ils grandissent et on est plus à l’aise pour les emmener un peu partout.

Mais dès que l’on veut faire une activité ou voir des amis il faut réfléchir à l’organisation : c’est à quelle heure? Faut-il leur prévoir un repas X2 ? Des vêtements de rechange X2 ? Les lits parapluies X2 ? Est-ce qu’on les laisse plutôt à la maison avec une baby sitter pour profiter?  Oui mais à quel prix ?!

Avec UN enfant on peut se relayer pour s’en occuper. Avec des jumeaux ce n’est pas possible on sait que toute la soirée nous aurons « au moins » un enfant à surveiller en permanence. Donc des fois nous préférons ne pas sortir plutôt que de galérer, se fatiguer et ne pas pouvoir suivre les conversations.

De plus, ils seront fatigués également et il faudra donc supporter le lendemain des enfants grognons et des moments de tensions désagréables.

Tout est réfléchi, planifié. En fait notre cerveau n’est jamais au repos.

Arthur a également souffert de l’arrivée soudaine de 2 bébés! Cela a bouleversé son quotidien, et son statut de « roi ».

Il était très heureux d’avoir un frère et une sœur mais j’avais vraiment très peu de temps pour lui (ce qui est toujours le cas aujourd’hui), et il a donc dû apprendre à faire des choses par lui-même, sans maman. Cela me manque parfois les petits moments que nous avions tous les 2!

C’est vrai que la relation fusionnelle que nous avions jusque-là a un peu volé en éclat…

Un grand merci à Athéna pour son blog que j’ai adoré lire pendant ma grossesse et que je continue à suivre avec toujours autant de plaisir !

◊◊◊

Je remercie beaucoup Erika pour le partage de son joli récit.

N’oubliez pas que si vous voulez aussi participer, vous pouvez m’envoyer un mail à:

trottinettesetturbulettes@gmail.com

 

 

 

 

 

Une nouvelle rubrique en préparation !

Bonjour à toutes et à tous,

Dans le cadre d’un nouveau projet sur mon blog, je suis à la recherche de mamans de multiples qui accepteraient de partager leur expérience!

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Alors si vous êtes intéressée par ce projet, envoyez-moi un mail à :

trottinettesetturbulettes@gmail.com

Et pour celles et ceux qui me suivent mais qui ne sont pas parents de multiples, si cette nouvelle rubrique attise votre curiosité, vous pouvez tout à fait en parler autour de vous.

Passez une belle journée !

Athéna

 

 

 

 

 

Histoire de prénoms !

La semaine dernière, j’ai été contactée par Mélissa, maman de 3 enfants : Rosalie, Bertille et Ambroise.

Passionnée par les prénoms, elle a décidé de créer un blog autour de ce thème.

Chacun, qu’il soit intéressé, curieux ou en quête du prénom parfait pour son enfant peut donc aller y faire un tour. Il est très joliment tenu et on y découvre des fratries aux prénoms souvent très singuliers.

Voici le lien:

https://www.jolisprenoms.fr/

Je me suis donc prêté au jeu du témoignage sur l’histoire des prénoms de mes enfants.

Voici mon récit, que vous retrouverez prochainement sur le blog de Mélissa :

L’histoire des prénoms de mes enfants commence par l’histoire de mon prénom.

Je m’appelle Athéna. Prénom choisi par une mère biologique qui ne m’a pas élevée. Prénom choisi au détour d’un jardin ou d’un parc qui n’a absolument aucun lien avec une envie de choisir un prénom pour son enfant avec tout le cœur que beaucoup de parents peuvent y mettre.

 J’ai grandi avec un prénom original, rare mais en même temps pas inconnu. Athéna, fille de Zeus, déesse de la sagesse.

J’ai toujours reçu beaucoup de compliments sur la douceur et l’originalité de ce prénom. Je le porte fièrement et je sais qu’il fait ma force et ma singularité.

Grâce à lui, je me suis toujours senti unique et j’aime l’énoncer quand on me le demande.

De ce fait, je me suis rapidement dit que mes enfants auraient des prénoms peu portés, rares mais ni inventés, ni inconnus.

Je savais que je voulais leur donner des prénoms facilement prononçables et  facilement déchiffrables ! ( Tout le monde a certainement déjà dû connaitre un prof buter sur le prénom d’un élève non? )

Et dernière chose importante, je ne voulais pas que les prénoms puissent être, d’une quelconque façon sujet aux moqueries !

Oui parce que j’ai peut être le prénom d’une déesse mais qui est aussi celui d’un temple grec: Athéna Nikè. Chose qui m’a bien marquée en cours d’histoire au collège…

Et on va éviter de parler de la célèbre marque Athéna qui m’a valu le doux surnom d’ Athéna slip !

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J’ai six enfants de deux pères différents.

Zéphir est l’aîné de ma grande fratrie. Son prénom était une évidence avant même sa naissance. Je l’avais entendu dans la rue.

Pendant la grossesse j’ai acheté un livre de prénoms pour deux raisons :

 La première: trouver un prénom de fille.

La deuxième : être certaine que la signification de ce prénom allait coller avec ce côté un peu superstitieux que j’ai.

Nous avons demandé le sexe de ce bébé. Nous n’avons pas vraiment eu à chercher de prénoms de fille et j’avoue que ça m’arrangeait bien car je trouve les prénoms de fille beaucoup plus difficiles à trouver contrairement à ceux des garçons pour lesquels je suis très vite inspirée.

Il faut savoir que je ne suis pas très sensible à l’histoire d’un prénom. Je pense avoir lu la définition de celui-ci plusieurs fois sans vraiment me souvenir de tous les détails. Par contre, je suis toujours très sensible aux sonorités et à l’écriture du prénom en lui-même.
J’aime quand ils sont simplement écrits pour ne pas déformer leur base.

Et puis je suis aussi du genre à aller regarder les courbes de popularité et le nombre exact de personnes s’appelant ainsi en France et ailleurs.

Zéphir était décrit comme un être doux, sage et plein de vie. Nous n’avons pas vraiment tergiversé, ni tenté d’en trouver un autre.

Quelques mois après sa naissance, nous avons appris que j’étais enceinte de triplés. Spontanément.

Une histoire forte qui méritait des prénoms qui se démarquent.

Adémar, Opale, Balthazar (2)

Nous avons demandé les sexes des bébés afin de nous faciliter la vie pour le choix des prénoms et parce que nous avions besoin de nous projeter.

 Deux garçons, une fille !

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Nous n’avions aucune idée des prénoms que nous allions choisir. Nous avons donc dressé des listes chacun de notre côté.

Je n’ai pas gardé la mienne mais je me souviens tout de même y avoir écrit :

Barnabé, Isidore, César, Oscar pour garçon, et Opale, Mélusine et Olympe pour fille.

J’ai vite éliminé Isidore car ma sœur avait donné à sa fille un prénom dont les sonorités étaient vraiment proches. Je n’ai pas non plus gardé Olympe car Zéphir et moi avions déjà un prénom grec et j’avais le sentiment qu’un troisième était un peu excessif…

Je n’ai pas trouvé de coup de cœur dans la liste de leur père, nous avons donc continué à chercher.
A l’époque, je lisais à Zéphir un livre qui s’appelait  » L’extraordinaire abécédaire de Balthazar ».

A force de le prononcer, il a retenu mon attention.

« Et si on appelait un des bébés Balthazar? »

J’ai le souvenir qu’il m’est resté longtemps dans la tête. Je parcourais différents sites et livres, je n’arrivais pas à l’oublier ! J’y pensais toute la journée. Je me voyais vraiment avec un enfant prénommé ainsi !

Nous étions d’accord, nous n’en avions  » plus que » deux à choisir !

Pour la fille, nous n’étions pas vraiment en phase. Je n’aimais pas ce qu’il me proposait et Mélusine n’était pas du tout envisageable pour lui alors à part Opale, je n’avais rien sur ma liste. J’aimais ce prénom de par sa simplicité et sa prononciation toute douce.

A force de le prononcer et d’y penser il a été vite dit que notre fille s’appellerait Opale !

Le dernier prénom de garçon ne vient pas de moi. Il avait été noté sur la liste de leur père. Je n’avais pas de coup de cœur, j’ai eu du mal à m’y habituer mais j’ai souvenir qu’il adorait ce prénom et ayant trouvé Zéphir, Opale et Balthazar, je n’avais pas d’autres choix que d’accepter que la décision était prise. Je l’ai donc beaucoup répété dans ma tête et je m’y suis habituée !

Je répétais souvent : Zéphir, Opale, Balthazar et Adémar pour être certaine qu’ils fonctionnaient ensemble. Et je les imaginais, tous les quatre.

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Le choix de l’écriture de ces trois prénoms a été un peu conflictuel concernant Adémar. Je voulais mettre un h car je trouvais ça plus joli ( et que je ne sais pas pourquoi j’adore les h dans les prénoms ! )

Je voulais donc écrire : Adhémar. Mais il n’aimait pas ! J’ai donc cédé jusqu’au bout sur ce prénom.

 La dernière chose qu’il a fallu définir était quel prénom pour quel garçon !

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Chaque parent de multiples à sa propre méthode, nous avons aussi choisi la nôtre.

Malgré le fait que certains mouvements pouvaient mériter le bénéfice du doute je savais presque systématiquement quel bébé bougeait à quel moment. Je trouvais le bébé du bas plus tonique, plus remuant et plus vif. Le bébé de droite faisait des mouvements plus doux. Il semblait plus calme.
C’est une drôle de façon de faire un choix mais je voyais vraiment le bébé plus tonique avec un prénom « chantant ».

C’est comme ça que j’ai décidé que le bébé du bas s’appellerait Balthazar et le bébé de droite Adémar.

Nous avons annoncé les prénoms à la naissance. Je ne sais pas trop s’ils ont plu, en tout cas nous avons eu quelques réflexions sur les terminaisons en AR des deux garçons, comme si c’était voulu puisqu’ils étaient jumeaux . En réalité, non, rien de voulu là-dedans !

Avec du recul, je ne suis pas déçue de leurs prénoms. Je trouve qu’ils leur collent bien à la peau et qu’ils s’accordent très bien ensemble !

Adémar, Opale, Balthazar

Quand je leur demande s’ils aiment leur prénom, les réponses sont plutôt positives. Et je crois que ce qu’ils soulignent à chaque fois c’est le fait qu’ils ne connaissent pas d’autres enfants avec ces prénoms là ! Ils se sentent uniques !

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Avant d’être enceinte des filles, je m’étais dit que je ne voudrais pas demander le sexe de ce bébé. Mon avis n’a pas changé malgré la double surprise et l’insistance de Gweltaz tout au long de la grossesse.

Concernant le choix des prénoms, j’étais peut être moins catégorique sur certains critères car je savais que j’allais devoir faire des concessions par rapport aux goûts de Gweltaz mais je ne voulais pas des prénoms trop éloignés du style de mes quatre grands. (En réalité, je ne sais pas si c’est le cas, …)

Gweltaz avait choisi il y a plusieurs années un prénom de garçon ! Énorme coup de cœur pour lui, rien n »aurait pu le faire changer d’avis : Arsène.

Il m’a expliqué qu’enfant, il adorait lire Arsène Lupin. Et à côté de ça, ce prénom est un combiné de  » art » et « scène ». Il imaginait donc un artiste à la fois espiègle et théâtral !

Certaine d’attendre au moins un garçon et convaincu par ce joli choix, je savais donc que nous aurions un petit Arsène !

Finalement il ne nous restait que trois prénoms à choisir et je peux dire que ça a été assez compliqué. Gweltaz et moi n’avions pas les mêmes envies. J’aime les prénoms longs, originaux et rares, il aime les courts, simples et anciens.

Il ne lui a pas fallu longtemps pour qu’il raye tous ceux que j’avais retenus ( et pourtant j’avais fait des efforts ! )

De souvenir j’avais retenu : Émile, Auguste, Eugène, Gaston, Basile, César (oui oui j’ai retenté ! ), Ernest, Edgar, Eugène, Robinson, Fernand, Ferdinand pour les garçons !

Dans cette liste, Émile, Ernest et Fernand lui plaisaient.

Pour les filles, c’était beaucoup plus compliqué ! Je n’avais même pas fait de liste. Je sais juste qu’on est resté un moment bloqués sur Ernestine mais qu’on a changé d’avis quelques semaines plus tard. On le trouvait difficile à porter, un peu lourd et puis bon, il ne rentrait pas dans le critère  » prénom court ! ».

Je lui ai proposé Aliénor. Prénom qui me plaisait beaucoup mais il n’était pas enchanté par le côté  » Alien » …

Un jour, il m’a proposé Marthe ! Sur le moment j’ai dit non ! Un non vraiment franc ! Sauf que ce prénom est resté dans ma tête. Je lui en ai reparlé quelques jours plus tard. On a dû y réfléchir encore pendant quelques temps mais je me souviens m’être dit que finalement, ça devenait un prénom vraiment coup de cœur  et je nous imaginais très bien avec une petite Marthe !

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Nous avions donc deux prénoms choisis qu’on aimait vraiment beaucoup. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé que le premier bébé à naître s’appellerait Arsène ou Marthe! Et si nous avions un couple de jumeaux garçon/fille, ce serait Arsène et Marthe !

Le choix du second prénom est venu plusieurs semaines plus tard. Nous avions retenu Robinson dans ma liste. Je ne le sentais pas hyper convaincu (en même temps il était persuadé qu’il n’y aurait pas deux garçons, donc ne s’est pas vraiment projeté avec ce prénom), je gardais un sérieux doute car je crois que je ne l’étais pas non plus.

On s’est ensuite concentré sur une éventuelle deuxième fille ( très peu probable pour moi ! ). Mais malgré des heures de recherche et une attention particulière à tous les prénoms que je pouvais entendre ou lire, rien ne nous plaisait.

A cette période, nous regardions une série anglaise. Et dans cette série, il y avait une Édith. Prononcé à l’anglaise c’est assez sympa ! Gweltaz me l’a soumis.

 » Que penses-tu d’Édith? »

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Je suis resté sans réponse… pendant plusieurs semaines ! Je n’arrivais ni à dire oui ni à dire non. J’aimais la sonorité et j’aimais le voir écrit mais j’avais du mal à imaginer ma fille porter ce prénom. Autant j’arrive très bien à me projeter avec des enfants aux prénoms des années 1900, autant ceux des années 1950 me parlent moins. (En fait, plusieurs princesses anglaises au moyen-âge portaient ce prénom mais les Édith dans ma tête ont souvent la cinquantaine.)

Mais comme pour Marthe, il est resté ancré. Et je m’y suis habitué jusqu’à l’adorer !

Nous avions donc nos quatre prénoms !

Lors de la naissance, les auxiliaires de puériculture ont noté les quatre prénoms sur les bracelets. Je restais persuadée que notre petit Arsène allait enfin naître.

Au dernier moment, j’ai dû subir une césarienne. J’étais tellement déçue d’imaginer que nous ne découvririons pas les sexes des bébés comme nous l’avions imaginé ! On a donc émis le souhait que personne ne nous les révèle.

L’obstétricien a été génial et a vraiment joué le jeu pour ne pas nous ôter ce moment. Il a baissé le champs afin que l’on voie naitre une fille: « Marthe ! » puis… une deuxième: « Édith! »

C’était incroyable.

 Marthe et Édith ! ♥♥

 

 

30 ans, 3 grossesses, 6 enfants !

Il y a dix ans j’étais enceinte de mon premier enfant ! A l’époque, je me voyais très bien avec trois enfants, arrivés les uns après les autres sans trop d’écart d’âge.

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Zéphir est arrivé dans une période de ma vie où j’étais encore insouciante. Je l’ai accueilli calmement, sereinement. Je venais d’avoir 21 ans et j’étais loin d’imaginer qu’à 30 ans j’aurais six enfants dont deux fois des multiples !

La grossesse triple a été une véritable surprise. Nous l’avons su lors de la première échographie. Celle où on vient voir si le bébé va bien à 2 mois et demi !

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Ça a été un grand choc. LE bouleversement de ma vie.

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La grossesse a été très angoissante. Les obstétriciens étaient pessimistes, inquiets et pas vraiment d’une grande aide psychologique. Je me suis enfermée dans ma bulle afin d’imaginer que oui, peut-être j’aurais la chance d’accueillir trois bébés en bonne santé. Je me suis alitée d’office et j’ai attendu que le temps passe.

La prématurité est une sorte d’évidence quand on porte trois bébés et on doit s’y préparer sans savoir réellement ce qui nous attend.

Et puis ils sont nés à 7 mois de grossesse. Malgré leurs petits poids de naissance ( 1,480 kg, 1,560 kg et 1,580 kg ), Balthazar, Opale et Adémar sont arrivés en bonne santé et après six semaines d’hospitalisation, ils sont rentrés à la maison !

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Avant leur naissance, j’avais des envies et des convictions mais j’ai vite compris que finalement, j’allais surtout faire comme je pouvais. Qu’il fallait juste survivre à cet ouragan.

J’ai eu le sentiment d’être parachutée dans un monde inconnu. Une grossesse hyper surveillée et hyper médicalisée d’abord, la prématurité et enfin la gémellité ! Il n’y a pas de jumeaux dans ma famille. J’ai tout de suite eu le sentiment que c’était un monde à part. Un monde que je ne connaissais absolument pas.

Par la force des choses, je crois que j’ai grandi d’un coup, avec eux. Je me suis sentie chargée de tellement de responsabilités que je n’avais pas choisies !

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On peut choisir de faire des enfants. Mais pas d’en accueillir plusieurs en même temps. Et si beaucoup de parents nous disent qu’ils auraient adoré avoir des jumeaux, la réalité enchante bien moins dans le cas de triplés !

Enfin, j’ai eu le choix bien sûr durant ma grossesse d’avoir recours à la réduction embryonnaire mais ça c’est un autre sujet !

La vie change quand on est parents de multiples. On est confrontés à des questions que les autres parents ne se posent pas. On doit toujours réfléchir à la façon dont on va mettre en place les choses, pour que ça se passe au mieux.

Mais on n’est jamais certains de nos choix. On tâtonne. On se dit qu’on s’adapte, qu’on fait au mieux et on voit comment ça se passe. On fait les choses dans l’ordre mais toujours avec une organisation sans faille. Sans vraiment penser à soi.

Et à côté de ça, on ne vit plus dans l’ombre. Je suis devenue  » celle qui a eu des triplés alors qu’elle avait un bébé de 11 mois ! » du jour au lendemain. On me regardait dans la rue. On m’arrêtait. On touchait à mes bébés, ( ben oui les multiples sont des bêtes curieuses ! ). On me posait des questions très intrusives. On me félicitait. Je fascinais. Ou au contraire je dégoûtais !

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Et puis il y a les discours des gens qui savent que faire des multiples impliquent forcément une aide médicale. Ils se disent que c’est impossible de faire des triplés spontanément. Et encore moins de faire deux fois des multiples spontanément !

Et pourtant, c’est possible ! Je connais des mamans qui ont eu des triplés spontanément. J’en connais aussi qui ont eu besoin d’aide. Oui et alors? Finalement peu importe, la réalité, c’est que nous sommes toutes confrontées aux mêmes difficultés, aux mêmes remises en questions, aux même envies de tout plaquer pour un peu de tranquillité, de calme et de sérénité.

Malgré tout ça, je me suis toujours plus ou moins considérée comme une warrior. Oui parce que finalement c’est tellement rare que je me se sens un peu comme une personne à part, incroyable, capable de m’occuper et de surveiller de plusieurs enfants du même âge !

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Et malgré toutes les difficultés liées à l’arrivée de mes trois mignons, je savais qu’un jour, j’aurais un petit dernier.

Je l’avais déjà évoqué: j’avais besoin de materner, pouponner, profiter d’un seul bébé. Et je crois que j’avais aussi besoin de « finir » cette fratrie. Je ne la sentais pas complète, aussi dingue que ça puisse paraitre !

Alors on a joué ! Et on a gagné !

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Nous avons été les premiers surpris. Inconsciemment je fermais les yeux sur le fait que ça pouvait m’arriver une deuxième fois. Dans ma tête, c’était impossible. Comme si j’avais déjà donné toute l’énergie nécessaire à la gestion de multiples !

Pendant ma grossesse, j’ai cherché des témoignages sur le fait d’avoir deux fois des multiples. Pas sur le plan médical mais uniquement sur ce qu’on vit, nous, en tant que parents. Sur la façon dont on va gérer les choses.

Je n’ai finalement trouvé que des articles sur Elodie Gossuin et Roger Federer qui parlent de miracle et de chance avec des commentaires remplis d’arcs-en-ciel ! Donc bon, pas hyper réaliste finalement !

Enfin, pas réaliste pour moi.

Car peut-être que certains rêveraient de vivre ça ! ( Bon ok, mon discours est un peu parasité par le phénomène triple qui a été tellement difficile à gérer que mes pensées n’étaient pas hyper positives lorsque j’ai appris que j’attendais deux bébés ! )

Alors après, oui j’ai eu deux fois des multiples mais tout est si différent ! Les triplés et les jumeaux n’ont vraiment rien en commun. Ce sont des groupes qui ne fonctionnent pas du tout de la même manière ! Je sais que chaque fratrie de multiples à ses propres spécificités qui dépend aussi (il parait) de la zygosité! Mes enfants sont tous des dizygotes; ce qui signifie que chacun résulte de sa propre fécondation d’un ovocyte par un spermatozoïde.

Médicalement parlant, je ne me suis jamais vraiment posé de questions sur le fait d’avoir deux fois des multiples. Ni sur les statistiques d’ailleurs. Mais depuis quelques temps je me demande finalement si je ne fais pas partie des femmes touchées par ce qu’on pourrait appeler une hyper fertilité ou une hyper ovulation.

Je me rends compte qu’aujourd’hui en France, ce qui intéresse la médecine ce sont les personnes souffrant d’infertilité.

D’ailleurs l’hyper fertilité et l’hyper ovulation sont deux notions sans aucun fondement scientifique.

Et pourtant j’ai l’impression d’être un cas clinique. Je n’ai jamais oublié ma contraception. Et j’ai la chance de ne pas faire partie des femmes qui tombent enceinte sous contraception. Celles dont finalement on parle peu aussi.

Moi, je tombe enceinte sous cinq jours après l’arrêt de la contraception après une multiple ovulation et plusieurs fécondations simultanées. Voilà.

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Aujourd’hui je ne veux plus d’enfants. Et je vis avec la peur qu’une grossesse survienne malgré tout. Alors il y a l’avortement bien sûr, mais j’ose juste imaginer l’impact psychologique sur la femme qui doit le subir !

J’ai essayé de parler avec des médecins de ligature des trompes.

 » J’ai six enfants à 30 ans, dont deux fois des multiples et je veux une contraception définitive ! »

 » Non madame, vous êtes trop jeune ! Revenez à 40 ans ! »

Ah ben génial ! J’ai peut être un syndrome particulier qui fait que j’ai des ovulations multiples mais peu importe. Personne ne s’en préoccupe et je ne rentre pas dans la case: stérilisation définitive pour cause de grossesses multiples pour la simple raison que je suis trop jeune; selon eux !

Je suis en colère contre le système qui nous empêche d’être libre de notre corps. Les médecins trouvent que c’est fantastique à l’ère où tant de couples essaient en vain d’avoir des enfants d’être capable d’en faire autant d’un coup.

Le miracle de la vie; c’est merveilleux !

Mais le miracle de la vie, il faut le vivre, l’accepter et l’assumer.

Bien sûr que je suis heureuse d’avoir mes enfants. Bien sûr que ma vie est incroyable. Bien sûr que je ne me verrais plus vivre sans mes 6 enfants ! Ils sont ce que j’ai de plus précieux et m’apportent tous, individuellement tellement de bonheur et de fierté .

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Mais avant d’avoir eu des triplés et des jumeaux, je n’étais pas consciente que le phénomène multiple pouvait frapper deux fois dans la même famille. Enfin si, une part de moi le savait mais dans ma tête c’était un fait tellement rare qu’il était impossible que ça m’arrive de nouveau.

Et, je me rends compte depuis quelques temps, que dans ma vie j’ai l’impression d’être normale mais que finalement le regard et les commentaires des autres me font tous les jours comprendre que je ne suis pas comme tout le monde. Que ma famille est différente de celle des autres. Que mes enfants seront toujours des êtres à part, avec une histoire à part, et que Zéphir restera toujours un peu dans l’ombre du phénomène multiple.

Je l’avais déjà mentionné d’ailleurs, dans notre famille, l’exception, c’est lui !

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Lui, qui est né seul !