Deux bébés bien au chaud !

Après plusieurs semaines sans rien écrire, je reprends, là où je m’étais arrêtée…

Jeudi 22 décembre:

Ce jour là, j’ai rendez-vous avec l’obstétricien à la maternité. J’ai hâte de savoir ce qu’il va me dire. J’ai un peu peur qu’il m’annonce que le bébé du bas ne se présente plus comme il faut et qu’une césarienne soit de rigueur.

A l’examen, tout va bien. Les deux bébés sont bien vigoureux et le liquide amniotique est en quantité suffisante. La tête du premier bébé est toujours bien en bas. Il me dit que la naissance n’est pas du tout imminente. Il lève les consignes de repos et me demande de stopper la prise de spasfon systématique. Il faut maintenant que mon corps travaille. Je suis à 35 semaines!

Il me dit qu’il part en vacances le lendemain et ce, jusqu’au 2 janvier ! Il m’explique qu’il a discuté avec ses confrères, et qu’aucun n’est pour une naissance par voie basse. Il note quand même dans le dossier qu’il autorise la voie basse jusqu’au 2 janvier. Passé ce terme, les risques seront trop accrus.

Mes sentiments sont alors mitigés. Soit, je recommence sérieusement à bouger pour favoriser les chances de voie basse (au risque tout de même d’avoir une césarienne puisque mon obstétricien ne serait pas là pour m’accoucher, soit j’attends patiemment sans faire d’efforts et puis on verra bien…)

Je me sens triste et déçue. Le premier bébé est bien positionné mais ce n’est encore pas suffisant pour que je garde espoir… Avant de me laisser repartir, il me demande de descendre aux consultations de sage-femme pour surveiller ma tension car il a un doute. Je n’ai pas l’habitude d’en avoir et là, elle est assez élevée.

Je reste presque deux heures en observation avec une sage-femme. Mon énervement est tel que ma tension ne baisse pas. Finalement, après un temps de repos, je me calme et elle me laisse enfin repartir ! Après la consultation, je rentre chez moi en me disant qu’après noël, je recommence à bouger. Je choisis de me laisser une chance de les faire naître naturellement.

La journée de noël se passe au calme. Nous profitons de ces temps de jeux avec les enfants. J’aime beaucoup l’ambiance de cette journée et la joie des enfants en ouvrant leurs cadeaux.

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Le soir du 25 décembre, nous déposons les enfants chez leur papa pour une semaine. Ils seront de retour le 1 er janvier. Je me dis que je vais certainement accoucher avant qu’ils ne rentrent.

Gweltaz est en vacances pour une semaine. La naissance à ce moment là tomberait vraiment bien !

Nous profitons de nos derniers temps à deux. Balades, shopping, et repos sont au programme !

27 décembre:

Ce jour-là, j’ai rendez-vous pour la dernière échographie. Les bébés sont estimés à 2.300 kg. On ne distingue pas grand chose sur l’écran. L’examen est rapide. Elle nous explique qu’il faut au moins atteindre les 36 semaines (deux jours plus tard ) pour que les bébés aillent vraiment bien. Mais moi, je ne suis plus tellement décidé à attendre.

Je me rends compte qu’après avoir tant été parasitée à l’idée d’avoir des bébés prématurés, maintenant que j’ai passé tous les stades critiques je n’ai envie que d’une chose: accoucher! Plus personne ne peut me raisonner. J’ai mal partout, je peine à trouver des positions confortables pour dormir, j’ai du mal à respirer, mon ventre est gros et lourd, je me sens très fatiguée, j’ose le dire, je n’en peux plus !

Je me sens prête à accueillir nos petits.

Les jours passent, et je ne ressens absolument aucun signe d’un potentiel accouchement. Nos bébés sont bien au chaud et ne semblent pas avoir envie de sortir… Autant au repos, j’avais beaucoup de contractions, autant après reprise de ma vie (presque) normale, je n’en ressens plus aucune !

Je commence à faire le deuil de mon accouchement rêvé.

Mes sentiments sont très contradictoires. D’un côté je me dis que plus ils restent dans mon ventre, mieux c’est pour eux, mais d’un autre, je me dis qu’au terme où je suis, ils iront bien donc autant qu’ils naissent afin que mes souffrances physiques cessent et que j’évite la césarienne…

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A 36 semaines

31 décembre :

Ce jour-là, Gweltaz bricole dans la salle de bain. Je décide de nous préparer un bon repas pour le réveillon. Je n’avais pas cuisiné depuis longtemps ! Ca me fait hyper plaisir ! La soirée est calme. Dans la nuit, je ressens des contractions. Douloureuses et régulières.

Des bébés du 1er janvier???

Je décide de ne pas réveiller Gweltaz tout de suite, au cas où ce serait une fausse alerte. Au bout de trois heures, les contractions s’espacent et disparaissent, ce ne sera donc pas pour cette nuit !

1er janvier :

Mes enfants rentrent de chez leur père à 18h. Nous profitons de notre dernière journée tous les deux. Gweltaz reprend le travail le lendemain. La motivation n’est pas vraiment là. Nous étions dans l’accueil de nos bébés et finalement, ils ne sont pas nés. Le rythme va donc reprendre. Le lendemain, il n’y a pas d’école, je prévois une journée repos et jeux avec les enfants ! Je n’ai pas passé de temps seule avec eux depuis longtemps. La journée s’annonce calme et agréable !

 

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Mon état d’esprit à quelques semaines de la naissance.

Le troisième trimestre de ma grossesse a débuté il y a 15 jours.

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Début du 3 ème trimestre !

Sachant que ce dernier trimestre est écourté quand on attend des multiples j’ai le sentiment de me rendre compte de beaucoup de choses en ce moment.

Si je faisais un constat de ce que j’ai vécu depuis le départ je dirais que cette grossesse est très difficile à vivre. Entre inquiétudes et douleurs physiques, je me sens vraiment décalée par rapport aux femmes qui arrivent au terme de leur grossesse de leur seul et unique bébé.

Peut-être que finalement, le trimestre que je vis le mieux est celui-çi (oui oui c’est possible !). Le premier a été marqué par un mal-être général permanent et le second par de très grandes inquiétudes liées à l’angoisse de la prématurité.

Ce troisième trimestre me semble être le plus serein de par le suivi qui s’est intensifié ! Le suivi à domicile a débuté il y a 4 semaines et mes rendez-vous extérieurs sont beaucoup plus nombreux. Alors oui, c’est très pénible mais oui, ça me rassure !

J’accueille donc tous les lundis une sage-femme très à l’écoute qui fait des monitorings pour surveiller les cœurs des bébés et les contractions. On discute beaucoup, ça me permet de relativiser.

Nous avons aussi rencontré l’obstétricien de la clinique qui nous a vraiment plu. Pour l’instant, il dit que je me porte très bien mais que, pour éviter tout risque de prématurité le repos strict pendant 5 semaines est une étape obligatoire. Après cela, on avisera au jour le jour… Je suis moins inquiète par rapport à ça que je ne l’étais il y a quelques semaines. Il faut dire que la maman de Gweltaz est venue très souvent m’aider à gérer les enfants et maintenant j’ai mes aides à domicile 4 fois par semaine ! Je ne fais donc plus d’efforts inutiles. Ma seule tâche en journée est la gestion du linge.

A coté de ça, j’essaie de récupérer des insomnies, je passe beaucoup de temps allongée et une fois que les enfants sont douchés et ont fait leurs leçons, je fais des jeux de société avec eux. Je suis cool !

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L’obstétricien m’a beaucoup rassurée concernant la naissance. J’ai compris que tant que le bébé n°1 restait tête en bas, toutes les possibilités m’étaient ouvertes. Il a insisté sur le fait que la décision de la naissance de nos bébés n’allaient pas être la sienne mais la nôtre. Il ne nous imposera rien. Il programmera certainement une césarienne le plus tard possible afin de me laisser une chance d’arriver en travail à la maternité.

Je vais donc me mettre en mode gazelle avant cette fameuse date (enfin, si je suis encore à peu près valide !)

A côté de ça, mes émotions se mélangent un peu. Je pense que les insomnies nocturnes ne m’aident pas à être complètement sereine. Cogiter en étant fatiguée, m’embrouille un peu l’esprit.

Je crois que finalement j’ai un peu peur de l’arrivée de nos deux bébés. Je ne suis pas inquiète quant à la gestion de jumeaux, après avoir eu des triplés c’est zen attitude de ce côté-là. Non, ce qui m’inquiète c’est notre vie future. Je me demande beaucoup à quoi elle va ressembler. C’est comme si j’avais l’impression que nous avions trouvé un équilibre et que, l’arrivée de nos deux bébés allaient bouleverser tout ce qui est déjà bien établi. Cette grossesse, je la vis comme si c’était la première. J’ai un sentiment d’inconnu qui est très fort. J’aime anticiper mais là, c’est impossible. On navigue mais on ne sait pas vraiment où l’on va. Je ne sais pas ce qu’il va m’arriver. J’ai du mal à me projeter. Et puis, j’ai une idée très spécifique de la maternité mais avec des jumeaux tout est bien moins simple alors je ne sais pas vraiment ce que je vais réussir à mettre en place.

Dans huit semaines au plus tard, nos bébés seront nés. Cela semble long et court à la fois. Gweltaz est très impatient de les rencontrer. Je suis certaine que ça va être un super papa.

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Je l’imagine un peu comme ça…

Très impliqué, très serein et très à l’aise avec eux.

Il est très rassurant. Il me fait comprendre au quotidien, que non, je ne suis pas seule dans l’aventure. Que ces petits êtres sont un mélange de nous  deux et que nous seront forts, soudés et très amoureux pour les accueillir, s’en occuper et tâcher de garder des moments à deux au calme.

Une grossesse particulière.

Avant d’être enceinte, je me doutais bien que je n’allais pas vivre une grossesse bisounours entourée d’étoiles et de licornes. Quand il faut gérer quatre enfants au quotidien, on n’a pas vraiment le temps de profiter de la joie de porter un ou deux ou trois,… bébés!

PREMIER TRIMESTRE :

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Je ne peux pas dire que j’ai apprécié ces premiers mois. J’ai fait un hématome qui nous a clairement inquiétés. Après deux visites aux urgences, les médecins m’ont conseillé de me mettre au repos.

«Oui mais le repos ça consiste en quoi ?? »

Est-ce que je peux faire un peu de voiture ? Est-ce que je dois rester un peu allongée ? Est-ce que je dois éviter tout type d’efforts ? Nous n’avons jamais eu de réponse concrète. On savait juste que le repos évitait les risques de fausse couche, après, les limites, on ne les connaissait pas. Nous avons donc géré cette période à notre façon. Dès que je pouvais, je m’allongeais, j’évitais les trajets en voiture, je ne portais aucune charge,… J’ai été suivi toutes les semaines jusqu’à ce que l’hématome se résorbe (soit 6 semaines en tout). En plus de ça, j’ai été très malade et j’ai cru à plusieurs reprises que je ne survivrais pas à ces nausées! (Finalement si, j’ai survécu !)

DEUXIEME TRIMESTRE :

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Le voilà, le super trimestre dont tout le monde parle en bien. Il parait que les femmes sont rayonnantes, épanouies, en forme. Le ventre commence à s’arrondir, la fatigue s’estompe, la vie est belle.
Oui alors ça c’est valable pour certaines mais pas pour toutes à priori. Enfin je ne sais pas si ça dépend des femmes ou du nombre de bébés portés à vrai dire.
Pour moi, la fatigue est toujours présente, mon ventre ne commence pas à s’arrondir mais est déjà bien gros et j’ai déjà du mal à mettre mes chaussures ! Je ne me sens pas particulièrement rayonnante et épanouie, je vis avec des douleurs physiques en permanence, je me traîne et je m’impose un repos quotidien d’au moins trois heures par jour allongée.

Je compte les semaines (oui parce qu’après avoir vécu une grossesse triple et avoir accouché de bébés de 1500 gr, je connais par cœur les stades de grande, moyenne et petite prématurité, chose qui finalement m’angoisse au quotidien.)

Depuis jeudi je suis à 25SA. Je crie victoire car la grossesse avance mais en même temps j’entre dans les stades très critiques et il faut que je continue à m’occuper de mes enfants comme si je n’étais pas enceinte. Oui mais quelles sont les limites? Je n’ai pas vraiment de repères. Je ne me suis jamais posé de questions pour Zéphir, et pour Opale, Balthazar et Adémar, le repos est stricte dès que le diagnostic est posé ce n’est donc pas évident de savoir si je me repose trop ou pas assez. J’attends donc mon suivi toutes les deux semaines avec impatience en espérant que mon col de compet’ soit toujours bien long! Et j’avoue avoir vraiment hâte de commencer le suivi à domicile d’ici 1 semaine.

Je n’imagine absolument pas une hospitalisation possible pour cette grossesse. Je ne peux pas déléguer la gestion de mes enfants puisque nous n’avons personne pour les gérer au quotidien en cas de soucis! Bien sûr nous aurions de l’aide mais elle serait occasionnelle. Gweltaz travaille beaucoup en ce moment, ce serait inimaginable que je ne sois plus là pour m’occuper d’eux. Alors grâce à ces temps de repos quotidiens je garde espoir que je ne vivrai pas de nouveau une menace d’accouchement prématuré! Oui mais est-ce que ce n’est pas un peu excessif ? Après tout, beaucoup de futures mamans de jumeaux vivent normalement et mènent leur grossesse à terme alors pourquoi pas moi ? Ne suis-je pas trop prévoyante ? Peut-être que j’anticipe trop ce qui pourrait arriver parce que ma vision des choses est complètement déformée par la grossesse triple ?

Et bien en fait, je ne sais pas.

J’ai donc mis en place des choses afin de m’économiser au maximum. Heureusement, les enfants sont de plus en plus  autonomes. La sortie de l’école reste fatigante mais une fois à la maison, ils m’aident. Quand je suis épuisée, je leur demande de venir auprès de moi dans le lit les uns après les autres pour faire leurs leçons. Ils prennent leurs douches seuls, rangent leurs habits, font des jeux de société, mettent la table, rangent la cuisine et aident à la préparation du repas. Mais j’avoue que malgré tout, je piétine encore pas mal parce qu’il y a toujours des soucis à gérer qui finalement m’épuisent :

  • Un pyjama qui a disparu
  • Une bagarre
  • Un crayon vert clair qui reste introuvable
  • Une chaussette peu docile
  • Un enfant qui oublie de sortir de la douche trop occupé à dessiner sur la paroi en verre
  • Zéphir qui  entreprend de faire un exposé mais qui, soit disant, ne trouve aucune information dans le dictionnaire
  • Un brossage des dents qui se terminent en combat de brosses à dents
  • Un potage renversé
  • Colonel Moutarde accusé à tord d’avoir tué avec le fer à cheval  dans le jardin parce qu’un des joueurs a triché (tricherie qui amène cris pleurs et sentiment d’injustice…)

Et je ne parle pas des crises régulières d’Opale…

J’ai donc fait un dossier pour avoir une aide à domicile après les vacances de la Toussaint. Elle viendra tous les jours, ira chercher les enfants à l’école et restera pour m’aider jusque 18h30.

Et en attendant, la maman de Gweltaz s’est proposé de venir de temps en temps après son travail. Je me sens un peu plus sereine à l’idée d’avoir de l’aide afin de préserver au mieux nos bébés. (Car finalement, je suis seule responsable de leur santé pour l’instant…)

Au final, même si je crois que chaque grossesse apporte  son lot d’angoisses, je me dis que cumuler une grossesse multiple et la gestion de quatre enfants est un sacré challenge ! Même si il y a quand même des moments adorables ( Un enfant qui éclate de rire en sentant un bébé bouger sous sa main par exemple…)

En tout cas, l’objectif est que je tienne encore 2 mois et demi et je sais d’avance que je vais vivre cette période dans l’angoisse de la prématurité.

Finalement je n’ai pas vraiment profité du début de grossesse et je ne suis pas certaine de réussir à profiter ne serait-ce qu’un tout petit peu avant leur naissance…