Une nouvelle rubrique en préparation !

Bonjour à toutes et à tous,

Dans le cadre d’un nouveau projet sur mon blog, je suis à la recherche de mamans de multiples qui accepteraient de partager leur expérience!

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Alors si vous êtes intéressée par ce projet, envoyez-moi un mail à :

trottinettesetturbulettes@gmail.com

Et pour celles et ceux qui me suivent mais qui ne sont pas parents de multiples, si cette nouvelle rubrique attise votre curiosité, vous pouvez tout à fait en parler autour de vous.

Passez une belle journée !

Athéna

 

 

 

 

 

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30 ans, 3 grossesses, 6 enfants !

Il y a dix ans j’étais enceinte de mon premier enfant ! A l’époque, je me voyais très bien avec trois enfants, arrivés les uns après les autres sans trop d’écart d’âge.

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Zéphir est arrivé dans une période de ma vie où j’étais encore insouciante. Je l’ai accueilli calmement, sereinement. Je venais d’avoir 21 ans et j’étais loin d’imaginer qu’à 30 ans j’aurais six enfants dont deux fois des multiples !

La grossesse triple a été une véritable surprise. Nous l’avons su lors de la première échographie. Celle où on vient voir si le bébé va bien à 2 mois et demi !

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Ça a été un grand choc. LE bouleversement de ma vie.

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La grossesse a été très angoissante. Les obstétriciens étaient pessimistes, inquiets et pas vraiment d’une grande aide psychologique. Je me suis enfermée dans ma bulle afin d’imaginer que oui, peut-être j’aurais la chance d’accueillir trois bébés en bonne santé. Je me suis alitée d’office et j’ai attendu que le temps passe.

La prématurité est une sorte d’évidence quand on porte trois bébés et on doit s’y préparer sans savoir réellement ce qui nous attend.

Et puis ils sont nés à 7 mois de grossesse. Malgré leurs petits poids de naissance ( 1,480 kg, 1,560 kg et 1,580 kg ), Balthazar, Opale et Adémar sont arrivés en bonne santé et après six semaines d’hospitalisation, ils sont rentrés à la maison !

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Avant leur naissance, j’avais des envies et des convictions mais j’ai vite compris que finalement, j’allais surtout faire comme je pouvais. Qu’il fallait juste survivre à cet ouragan.

J’ai eu le sentiment d’être parachutée dans un monde inconnu. Une grossesse hyper surveillée et hyper médicalisée d’abord, la prématurité et enfin la gémellité ! Il n’y a pas de jumeaux dans ma famille. J’ai tout de suite eu le sentiment que c’était un monde à part. Un monde que je ne connaissais absolument pas.

Par la force des choses, je crois que j’ai grandi d’un coup, avec eux. Je me suis sentie chargée de tellement de responsabilités que je n’avais pas choisies !

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On peut choisir de faire des enfants. Mais pas d’en accueillir plusieurs en même temps. Et si beaucoup de parents nous disent qu’ils auraient adoré avoir des jumeaux, la réalité enchante bien moins dans le cas de triplés !

Enfin, j’ai eu le choix bien sûr durant ma grossesse d’avoir recours à la réduction embryonnaire mais ça c’est un autre sujet !

La vie change quand on est parents de multiples. On est confrontés à des questions que les autres parents ne se posent pas. On doit toujours réfléchir à la façon dont on va mettre en place les choses, pour que ça se passe au mieux.

Mais on n’est jamais certains de nos choix. On tâtonne. On se dit qu’on s’adapte, qu’on fait au mieux et on voit comment ça se passe. On fait les choses dans l’ordre mais toujours avec une organisation sans faille. Sans vraiment penser à soi.

Et à côté de ça, on ne vit plus dans l’ombre. Je suis devenue  » celle qui a eu des triplés alors qu’elle avait un bébé de 11 mois ! » du jour au lendemain. On me regardait dans la rue. On m’arrêtait. On touchait à mes bébés, ( ben oui les multiples sont des bêtes curieuses ! ). On me posait des questions très intrusives. On me félicitait. Je fascinais. Ou au contraire je dégoûtais !

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Et puis il y a les discours des gens qui savent que faire des multiples impliquent forcément une aide médicale. Ils se disent que c’est impossible de faire des triplés spontanément. Et encore moins de faire deux fois des multiples spontanément !

Et pourtant, c’est possible ! Je connais des mamans qui ont eu des triplés spontanément. J’en connais aussi qui ont eu besoin d’aide. Oui et alors? Finalement peu importe, la réalité, c’est que nous sommes toutes confrontées aux mêmes difficultés, aux mêmes remises en questions, aux même envies de tout plaquer pour un peu de tranquillité, de calme et de sérénité.

Malgré tout ça, je me suis toujours plus ou moins considérée comme une warrior. Oui parce que finalement c’est tellement rare que je me se sens un peu comme une personne à part, incroyable, capable de m’occuper et de surveiller de plusieurs enfants du même âge !

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Et malgré toutes les difficultés liées à l’arrivée de mes trois mignons, je savais qu’un jour, j’aurais un petit dernier.

Je l’avais déjà évoqué: j’avais besoin de materner, pouponner, profiter d’un seul bébé. Et je crois que j’avais aussi besoin de « finir » cette fratrie. Je ne la sentais pas complète, aussi dingue que ça puisse paraitre !

Alors on a joué ! Et on a gagné !

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Nous avons été les premiers surpris. Inconsciemment je fermais les yeux sur le fait que ça pouvait m’arriver une deuxième fois. Dans ma tête, c’était impossible. Comme si j’avais déjà donné toute l’énergie nécessaire à la gestion de multiples !

Pendant ma grossesse, j’ai cherché des témoignages sur le fait d’avoir deux fois des multiples. Pas sur le plan médical mais uniquement sur ce qu’on vit, nous, en tant que parents. Sur la façon dont on va gérer les choses.

Je n’ai finalement trouvé que des articles sur Elodie Gossuin et Roger Federer qui parlent de miracle et de chance avec des commentaires remplis d’arcs-en-ciel ! Donc bon, pas hyper réaliste finalement !

Enfin, pas réaliste pour moi.

Car peut-être que certains rêveraient de vivre ça ! ( Bon ok, mon discours est un peu parasité par le phénomène triple qui a été tellement difficile à gérer que mes pensées n’étaient pas hyper positives lorsque j’ai appris que j’attendais deux bébés ! )

Alors après, oui j’ai eu deux fois des multiples mais tout est si différent ! Les triplés et les jumeaux n’ont vraiment rien en commun. Ce sont des groupes qui ne fonctionnent pas du tout de la même manière ! Je sais que chaque fratrie de multiples à ses propres spécificités qui dépend aussi (il parait) de la zygosité! Mes enfants sont tous des dizygotes; ce qui signifie que chacun résulte de sa propre fécondation d’un ovocyte par un spermatozoïde.

Médicalement parlant, je ne me suis jamais vraiment posé de questions sur le fait d’avoir deux fois des multiples. Ni sur les statistiques d’ailleurs. Mais depuis quelques temps je me demande finalement si je ne fais pas partie des femmes touchées par ce qu’on pourrait appeler une hyper fertilité ou une hyper ovulation.

Je me rends compte qu’aujourd’hui en France, ce qui intéresse la médecine ce sont les personnes souffrant d’infertilité.

D’ailleurs l’hyper fertilité et l’hyper ovulation sont deux notions sans aucun fondement scientifique.

Et pourtant j’ai l’impression d’être un cas clinique. Je n’ai jamais oublié ma contraception. Et j’ai la chance de ne pas faire partie des femmes qui tombent enceinte sous contraception. Celles dont finalement on parle peu aussi.

Moi, je tombe enceinte sous cinq jours après l’arrêt de la contraception après une multiple ovulation et plusieurs fécondations simultanées. Voilà.

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Aujourd’hui je ne veux plus d’enfants. Et je vis avec la peur qu’une grossesse survienne malgré tout. Alors il y a l’avortement bien sûr, mais j’ose juste imaginer l’impact psychologique sur la femme qui doit le subir !

J’ai essayé de parler avec des médecins de ligature des trompes.

 » J’ai six enfants à 30 ans, dont deux fois des multiples et je veux une contraception définitive ! »

 » Non madame, vous êtes trop jeune ! Revenez à 40 ans ! »

Ah ben génial ! J’ai peut être un syndrome particulier qui fait que j’ai des ovulations multiples mais peu importe. Personne ne s’en préoccupe et je ne rentre pas dans la case: stérilisation définitive pour cause de grossesses multiples pour la simple raison que je suis trop jeune; selon eux !

Je suis en colère contre le système qui nous empêche d’être libre de notre corps. Les médecins trouvent que c’est fantastique à l’ère où tant de couples essaient en vain d’avoir des enfants d’être capable d’en faire autant d’un coup.

Le miracle de la vie; c’est merveilleux !

Mais le miracle de la vie, il faut le vivre, l’accepter et l’assumer.

Bien sûr que je suis heureuse d’avoir mes enfants. Bien sûr que ma vie est incroyable. Bien sûr que je ne me verrais plus vivre sans mes 6 enfants ! Ils sont ce que j’ai de plus précieux et m’apportent tous, individuellement tellement de bonheur et de fierté .

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Mais avant d’avoir eu des triplés et des jumeaux, je n’étais pas consciente que le phénomène multiple pouvait frapper deux fois dans la même famille. Enfin si, une part de moi le savait mais dans ma tête c’était un fait tellement rare qu’il était impossible que ça m’arrive de nouveau.

Et, je me rends compte depuis quelques temps, que dans ma vie j’ai l’impression d’être normale mais que finalement le regard et les commentaires des autres me font tous les jours comprendre que je ne suis pas comme tout le monde. Que ma famille est différente de celle des autres. Que mes enfants seront toujours des êtres à part, avec une histoire à part, et que Zéphir restera toujours un peu dans l’ombre du phénomène multiple.

Je l’avais déjà mentionné d’ailleurs, dans notre famille, l’exception, c’est lui !

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Lui, qui est né seul !

 

 

 

 

 

 

Une naissance qui approche…

Voilà plus deux semaines que je n’ai rien écrit ! Je me décide donc aujourd’hui à rédiger un nouvel article  sur ma fin de grossesse.

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32 semaines

Lundi 5 décembre:

Ce jour là, j’ai rendez-vous à la maternité pour un contrôle avec l’obstétricien qui me suit. Nous l’avons rencontré 3 semaines auparavant, le contact est très bien passé. Nous devions réfléchir tous les deux à la naissance dont nous avions envie pour nos bébés. Il nous a précisé qu’il était important que nous ayons des envies, qu’il fera au mieux pour les respecter mais qu’évidemment, l’obstétrique garde toujours une part de mystères et d’imprévus et que le jour J, il saura nous aider à prendre les bonnes décisions en fonction du déroulement de l’accouchement.

Je me rends donc un peu anxieuse à ce rendez-vous. J’ai toujours peur d’une hospitalisation. Il me demande donc la décision que nous avons prise au sujet de la naissance. Je lui explique que pour nous, la voie basse est la meilleure option. Il m’avoue ne pas être contre mais que pour éviter la césarienne il va falloir entrer dans de nombreux critères car les accouchements par voie basse de jumeaux suite à une césarienne sont assez novateurs.  Le premier critère est simple: la position du premier jumeau. Pour l’instant il est tête en bas, pourvu qu’il y reste ! La deuxième chose importante est une mise en travail spontanée. Les déclenchements n’étant pas envisageables sur utérus cicatriciels… Toutes les autres conditions ne seront étudiés que le jour J. Il m’explique qu’il ne peut pas s’engager pour l’instant, qu’il va faire au mieux pour suivre notre envie mais qu’évidemment rien ne peut être défini à l’avance. Il me félicite tout de même pour ce choix. J’apprends ensuite qu’il sera en vacances du 23 décembre au 2 janvier inclus et que si j’arrive pour accoucher pendant cette période, je serai prise en charge par un de ses confrères qui peut tout à fait être contre la voie basse…

Lors de l’examen, il me dit que la tête du premier bébé appuie fortement sur le col et qu’un repos en position allongée une grande partie de la journée est désormais de rigueur ! Il me prévoit un prochain rendez-vous le 22 décembre !

Je vois dans la même journée l’anesthésiste. Il n’est pas spécialement à l’écoute, je sens qu’il a juste envie de faire son laïus sur la péridurale. Oui mais moi je ne veux pas de péridurale ! Alors là, il m’explique qu’elle est fortement préconisée pour les naissances gémellaires car si le second bébé reste coincé, ils sont obligés de me faire une anesthésie générale. Tandis que si la péridurale est posée, ils peuvent injecter un produit plus fort et ne pas m’endormir si mon cas nécessite une césarienne pour la naissance du deuxième jumeau.

Et voilà, je me sens de nouveau spectatrice de cette future naissance. J’ai l’impression de ne rien pouvoir maitriser. Je rentre plutôt dépitée en me disant que c’est injuste, que j’accouche très bien naturellement mais qu’étant donné que je fais des multiples, je suis contrainte d’accepter des actes médicaux qui ne me correspondent pas.

On est lundi, je rentre chez moi en me disant que la semaine va être très longue. Je suis à 32 semaines + 4 jours et l’objectif à atteindre est 34 semaines pour pouvoir être accueillie dans cette clinique (avant ce terme, un transfert vers le CHU est de rigueur) …

Je ne bouge donc pas de la semaine. Je navigue entre mon lit et le canapé. Je passe le cap des 33 semaines avec fierté le jeudi, et me dis qu’il ne reste plus qu’une toute petite semaine à atteindre !

Le vendredi soir, je ressens des contractions. Beaucoup trop ! Elle s’enchaînent. Ne sont pas douloureuses mais vraiment intenses. Je suis les conseils de ma sage-femme : douche+ spasfon et repos complet. Je pleure. Je me dis que c’est fichu. Qu’ils vont naitre. Que mon corps n’a encore pas réussi à garder des bébés au chaud suffisamment longtemps. Les enfants dorment, nous sommes partagés entre une consultation à la maternité et l’envie d’attendre de voir si ça passe. En vrai, je préférerais consulter, mais l’idée de faire déplacer ma belle-mère si ce n’est rien m’ennuie. Elle s’implique déjà tellement en ce moment… J’aimerais que Gweltaz prenne la décision à ma place. Mais ce n’est pas possible. Je suis seule à ressentir tout ça. Je dois me décider. Finalement après 3h, les contractions se calment, je suis à peu près sereine et j’arrive enfin à m’endormir.

Le samedi, je ne me sens pas hyper en forme après l’épisode de la veille. Je prends sur moi. Je me dis que si les contractions sont passées, c’est qu’il s’agissait d’un faux travail. Oui mais et si ça avait fait bouger mon col ?

Gweltaz a beaucoup de choses à gérer toute la journée. Je le sens fatigué et sur les nerfs. Les enfants sont là, à fond ! J’organise un atelier lego dans le salon en mode cachalot pour profiter d’eux.

Le soir arrive, je ne me sens toujours pas bien. Les contractions reviennent. Certaines me font mal. J’en ressens moins que la veille, mais tout de même,… Une nouvelle décision s’impose. Je regarde Gweltaz, épuisé, je me dis que si on va faire un contrôle ce soir, il ne pourra encore pas se reposer. Oui mais ça reste une grossesse à risques ! Je décide donc qu’on y aille ! Sa maman arrive pour les enfants, je leur fais un câlin, les rassure et leur dis que je viendrais leur faire un bisou dans leur lit en rentrant.

Arrivés sur place, nous sommes pris en charge de suite. Le monitoring montre beaucoup de contractions. Je pense que je ne les ressentais même pas toutes ! J’ai l’habitude de faire des monitorings avec la sage-femme à domicile et effectivement ce tracé ne ressemble pas du tout à ceux que j’ai l’habitude de voir.

Rapidement, la sage-femme me donne un traitement pour tout stopper. 4 comprimés à prendre toutes les 20 minutes. Entre temps, elle me pose un cathéter en nous expliquant que si les comprimés ne suffisent pas, elle injectera quelque chose de plus fort. A l’examen mon col n’a pas bougé du tout. Nous sommes rassurés. On se dit que quand la crise sera passée, on pourra rentrer !

Sauf que l’obstétricien de garde décide de m’hospitaliser… Oh non ! Cela me rend hyper triste. Je me concentre pour ne pas pleurer. La sage-femme nous explique qu’il prévoit une cure de corticoïdes pour aider les poumons des bébés à maturer. Deux injections à 24h d’intervalle. Cette cure nécessite une surveillance accrue car elle a tendance à endormir les bébés et à provoquer des contractions…

Gweltaz attend qu’ils m’installent dans ma chambre avant de rentrer à l’appart. J’essaie de me dire que ça ne va pas être long, qu’ils vont faire la cure et que je vais pouvoir rentrer en début de semaine.

Je passe une nuit horrible. Je dors 4 heures. La cure médicamenteuse a stoppé les contractions mais m’a donné des maux de tête horribles, des bouffées de chaleur, la nausée,… Je ne supporte clairement pas ce traitement.

Le dimanche matin, je reçois la première injection de corticoïdes. Je continue à prendre des médicaments contre les contractions. J’ai envie de les arrêter mais c’est trop tôt.

Gweltaz vient me voir avec les enfants. Opale n’est pas très sereine. Elle a besoin d’être rassurée, les garçons, eux, jouent avec les commandes du lit, ils n’ont pas l’air spécialement inquiets… Ils iront ensuite passer l’après-midi chez la maman de Gweltaz afin qu’on ait un peu de temps tous les deux !

Le reste du séjour ne sera pas plus glorieux. Les injections énervent et empêchent de dormir. Je suis épuisée, j’en ai marre qu’on me touche, je n’ai plus envie. Je veux rentrer, me mettre dans ma bulle et continuer à couver sans que l’on m’ennuie. Mon obstétricien autorise la sortie mardi après-midi sous condition de repos total et du passage de la sage-femme à domicile 2 fois par semaine ! Nous sommes à 33 semaines +5 jours.

Maud vient me chercher, je suis si contente de rentrer ! 3 jours après mon retour à la maison, je me sens encore très fatiguée. J’ai beaucoup de mal à récupérer de cette hospitalisation. Je ne peux pas dire que j’aie le moral. J’ai le sentiment de ne plus avoir d’objectifs. Je trouve le temps long et même si nous avons passé ce fameux cap des 34 semaines, il faudrait au moins atteindre les 36 semaines pour avoir des bébés bien en forme et directement en chambre avec nous. Mais ça me semble si loin… Mon état fait que je n’arrive pas à me sentir bien. Ni moralement ni physiquement. C’est très étrange !

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34 semaines

Aujourd’hui, j’en suis à 34 semaines + 6 jours.

Je me sens un peu mieux. J’ai pas mal de douleurs, je ne dors pas hyper bien car les bébés bougent beaucoup mais petit à petit j’atteins les objectifs fixés et ça me fait beaucoup de bien ! Ce week-end c’est noël, j’ai hâte d’y être et de profiter de ces jolis moments en famille avec les bébés encore bien au chaud !

Mon état d’esprit à quelques semaines de la naissance.

Le troisième trimestre de ma grossesse a débuté il y a 15 jours.

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Début du 3 ème trimestre !

Sachant que ce dernier trimestre est écourté quand on attend des multiples j’ai le sentiment de me rendre compte de beaucoup de choses en ce moment.

Si je faisais un constat de ce que j’ai vécu depuis le départ je dirais que cette grossesse est très difficile à vivre. Entre inquiétudes et douleurs physiques, je me sens vraiment décalée par rapport aux femmes qui arrivent au terme de leur grossesse de leur seul et unique bébé.

Peut-être que finalement, le trimestre que je vis le mieux est celui-çi (oui oui c’est possible !). Le premier a été marqué par un mal-être général permanent et le second par de très grandes inquiétudes liées à l’angoisse de la prématurité.

Ce troisième trimestre me semble être le plus serein de par le suivi qui s’est intensifié ! Le suivi à domicile a débuté il y a 4 semaines et mes rendez-vous extérieurs sont beaucoup plus nombreux. Alors oui, c’est très pénible mais oui, ça me rassure !

J’accueille donc tous les lundis une sage-femme très à l’écoute qui fait des monitorings pour surveiller les cœurs des bébés et les contractions. On discute beaucoup, ça me permet de relativiser.

Nous avons aussi rencontré l’obstétricien de la clinique qui nous a vraiment plu. Pour l’instant, il dit que je me porte très bien mais que, pour éviter tout risque de prématurité le repos strict pendant 5 semaines est une étape obligatoire. Après cela, on avisera au jour le jour… Je suis moins inquiète par rapport à ça que je ne l’étais il y a quelques semaines. Il faut dire que la maman de Gweltaz est venue très souvent m’aider à gérer les enfants et maintenant j’ai mes aides à domicile 4 fois par semaine ! Je ne fais donc plus d’efforts inutiles. Ma seule tâche en journée est la gestion du linge.

A coté de ça, j’essaie de récupérer des insomnies, je passe beaucoup de temps allongée et une fois que les enfants sont douchés et ont fait leurs leçons, je fais des jeux de société avec eux. Je suis cool !

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L’obstétricien m’a beaucoup rassurée concernant la naissance. J’ai compris que tant que le bébé n°1 restait tête en bas, toutes les possibilités m’étaient ouvertes. Il a insisté sur le fait que la décision de la naissance de nos bébés n’allaient pas être la sienne mais la nôtre. Il ne nous imposera rien. Il programmera certainement une césarienne le plus tard possible afin de me laisser une chance d’arriver en travail à la maternité.

Je vais donc me mettre en mode gazelle avant cette fameuse date (enfin, si je suis encore à peu près valide !)

A côté de ça, mes émotions se mélangent un peu. Je pense que les insomnies nocturnes ne m’aident pas à être complètement sereine. Cogiter en étant fatiguée, m’embrouille un peu l’esprit.

Je crois que finalement j’ai un peu peur de l’arrivée de nos deux bébés. Je ne suis pas inquiète quant à la gestion de jumeaux, après avoir eu des triplés c’est zen attitude de ce côté-là. Non, ce qui m’inquiète c’est notre vie future. Je me demande beaucoup à quoi elle va ressembler. C’est comme si j’avais l’impression que nous avions trouvé un équilibre et que, l’arrivée de nos deux bébés allaient bouleverser tout ce qui est déjà bien établi. Cette grossesse, je la vis comme si c’était la première. J’ai un sentiment d’inconnu qui est très fort. J’aime anticiper mais là, c’est impossible. On navigue mais on ne sait pas vraiment où l’on va. Je ne sais pas ce qu’il va m’arriver. J’ai du mal à me projeter. Et puis, j’ai une idée très spécifique de la maternité mais avec des jumeaux tout est bien moins simple alors je ne sais pas vraiment ce que je vais réussir à mettre en place.

Dans huit semaines au plus tard, nos bébés seront nés. Cela semble long et court à la fois. Gweltaz est très impatient de les rencontrer. Je suis certaine que ça va être un super papa.

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Je l’imagine un peu comme ça…

Très impliqué, très serein et très à l’aise avec eux.

Il est très rassurant. Il me fait comprendre au quotidien, que non, je ne suis pas seule dans l’aventure. Que ces petits êtres sont un mélange de nous  deux et que nous seront forts, soudés et très amoureux pour les accueillir, s’en occuper et tâcher de garder des moments à deux au calme.

Une grossesse particulière.

Avant d’être enceinte, je me doutais bien que je n’allais pas vivre une grossesse bisounours entourée d’étoiles et de licornes. Quand il faut gérer quatre enfants au quotidien, on n’a pas vraiment le temps de profiter de la joie de porter un ou deux ou trois,… bébés!

PREMIER TRIMESTRE :

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Je ne peux pas dire que j’ai apprécié ces premiers mois. J’ai fait un hématome qui nous a clairement inquiétés. Après deux visites aux urgences, les médecins m’ont conseillé de me mettre au repos.

«Oui mais le repos ça consiste en quoi ?? »

Est-ce que je peux faire un peu de voiture ? Est-ce que je dois rester un peu allongée ? Est-ce que je dois éviter tout type d’efforts ? Nous n’avons jamais eu de réponse concrète. On savait juste que le repos évitait les risques de fausse couche, après, les limites, on ne les connaissait pas. Nous avons donc géré cette période à notre façon. Dès que je pouvais, je m’allongeais, j’évitais les trajets en voiture, je ne portais aucune charge,… J’ai été suivi toutes les semaines jusqu’à ce que l’hématome se résorbe (soit 6 semaines en tout). En plus de ça, j’ai été très malade et j’ai cru à plusieurs reprises que je ne survivrais pas à ces nausées! (Finalement si, j’ai survécu !)

DEUXIEME TRIMESTRE :

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Le voilà, le super trimestre dont tout le monde parle en bien. Il parait que les femmes sont rayonnantes, épanouies, en forme. Le ventre commence à s’arrondir, la fatigue s’estompe, la vie est belle.
Oui alors ça c’est valable pour certaines mais pas pour toutes à priori. Enfin je ne sais pas si ça dépend des femmes ou du nombre de bébés portés à vrai dire.
Pour moi, la fatigue est toujours présente, mon ventre ne commence pas à s’arrondir mais est déjà bien gros et j’ai déjà du mal à mettre mes chaussures ! Je ne me sens pas particulièrement rayonnante et épanouie, je vis avec des douleurs physiques en permanence, je me traîne et je m’impose un repos quotidien d’au moins trois heures par jour allongée.

Je compte les semaines (oui parce qu’après avoir vécu une grossesse triple et avoir accouché de bébés de 1500 gr, je connais par cœur les stades de grande, moyenne et petite prématurité, chose qui finalement m’angoisse au quotidien.)

Depuis jeudi je suis à 25SA. Je crie victoire car la grossesse avance mais en même temps j’entre dans les stades très critiques et il faut que je continue à m’occuper de mes enfants comme si je n’étais pas enceinte. Oui mais quelles sont les limites? Je n’ai pas vraiment de repères. Je ne me suis jamais posé de questions pour Zéphir, et pour Opale, Balthazar et Adémar, le repos est stricte dès que le diagnostic est posé ce n’est donc pas évident de savoir si je me repose trop ou pas assez. J’attends donc mon suivi toutes les deux semaines avec impatience en espérant que mon col de compet’ soit toujours bien long! Et j’avoue avoir vraiment hâte de commencer le suivi à domicile d’ici 1 semaine.

Je n’imagine absolument pas une hospitalisation possible pour cette grossesse. Je ne peux pas déléguer la gestion de mes enfants puisque nous n’avons personne pour les gérer au quotidien en cas de soucis! Bien sûr nous aurions de l’aide mais elle serait occasionnelle. Gweltaz travaille beaucoup en ce moment, ce serait inimaginable que je ne sois plus là pour m’occuper d’eux. Alors grâce à ces temps de repos quotidiens je garde espoir que je ne vivrai pas de nouveau une menace d’accouchement prématuré! Oui mais est-ce que ce n’est pas un peu excessif ? Après tout, beaucoup de futures mamans de jumeaux vivent normalement et mènent leur grossesse à terme alors pourquoi pas moi ? Ne suis-je pas trop prévoyante ? Peut-être que j’anticipe trop ce qui pourrait arriver parce que ma vision des choses est complètement déformée par la grossesse triple ?

Et bien en fait, je ne sais pas.

J’ai donc mis en place des choses afin de m’économiser au maximum. Heureusement, les enfants sont de plus en plus  autonomes. La sortie de l’école reste fatigante mais une fois à la maison, ils m’aident. Quand je suis épuisée, je leur demande de venir auprès de moi dans le lit les uns après les autres pour faire leurs leçons. Ils prennent leurs douches seuls, rangent leurs habits, font des jeux de société, mettent la table, rangent la cuisine et aident à la préparation du repas. Mais j’avoue que malgré tout, je piétine encore pas mal parce qu’il y a toujours des soucis à gérer qui finalement m’épuisent :

  • Un pyjama qui a disparu
  • Une bagarre
  • Un crayon vert clair qui reste introuvable
  • Une chaussette peu docile
  • Un enfant qui oublie de sortir de la douche trop occupé à dessiner sur la paroi en verre
  • Zéphir qui  entreprend de faire un exposé mais qui, soit disant, ne trouve aucune information dans le dictionnaire
  • Un brossage des dents qui se terminent en combat de brosses à dents
  • Un potage renversé
  • Colonel Moutarde accusé à tord d’avoir tué avec le fer à cheval  dans le jardin parce qu’un des joueurs a triché (tricherie qui amène cris pleurs et sentiment d’injustice…)

Et je ne parle pas des crises régulières d’Opale…

J’ai donc fait un dossier pour avoir une aide à domicile après les vacances de la Toussaint. Elle viendra tous les jours, ira chercher les enfants à l’école et restera pour m’aider jusque 18h30.

Et en attendant, la maman de Gweltaz s’est proposé de venir de temps en temps après son travail. Je me sens un peu plus sereine à l’idée d’avoir de l’aide afin de préserver au mieux nos bébés. (Car finalement, je suis seule responsable de leur santé pour l’instant…)

Au final, même si je crois que chaque grossesse apporte  son lot d’angoisses, je me dis que cumuler une grossesse multiple et la gestion de quatre enfants est un sacré challenge ! Même si il y a quand même des moments adorables ( Un enfant qui éclate de rire en sentant un bébé bouger sous sa main par exemple…)

En tout cas, l’objectif est que je tienne encore 2 mois et demi et je sais d’avance que je vais vivre cette période dans l’angoisse de la prématurité.

Finalement je n’ai pas vraiment profité du début de grossesse et je ne suis pas certaine de réussir à profiter ne serait-ce qu’un tout petit peu avant leur naissance…

 

 

4 enfants et enceinte : une justification permanente !

Quand on a quatre enfants, et encore plus des triplés, les gens que l’on rencontre arrivent de suite à la conclusion qu’il n’y aura plus d’enfants à venir. On subit régulièrement des réflexions et des questions intrusives . «  Vous êtes tranquille, vous les avez tous fait d’un coup, plus besoin de s’y remettre » «  Et alors, vous ne voulez pas d’autres enfants quand même ». La négation de cette dernière phrase est très symbolique et montre à quel point le jugement extérieur est omniprésent.

Quand j’ai appris ma grossesse triple, j’ai compris que je ne vivrais pas une grossesse ordinaire, encore moins un accouchement serein et un peau à peau dès la naissance. J’avais du mal à imaginer la vie avec trois bébés, et l‘énergie que j’allais devoir leur consacrer. Je n’imaginais pas à quel point avoir des triplés était source de justification permanente où que je sois. Mais une chose était sûre, j’aurai un autre enfant. Pour vivre une grossesse la moins médicalisée possible, pour réfléchir à un projet de naissance, pour porter, materner, cocooner et enfin pour prendre le temps de s’occuper d’un seul tout petit.

Mais j’ai vécu un divorce, j’ai eu des doutes quant au fait de rencontrer un homme capable d’accepter quatre enfants, d’être en accord avec mes principes éducatifs, de les respecter, mais aussi de m’aider, de me soutenir et de m’épauler au quotidien dans les doutes et les moments de fatigue.

Je n’ai pas eu besoin de chercher très loin, finalement, il était présent dans ma vie et depuis déjà très longtemps. Le fait est que : accepter les enfants de l’autre c’est une chose, vivre sa vie par contre, c’en est une autre. J’ai pensé plusieurs fois qu’il allait partir, que sa place était ailleurs, je n’avais pas envie de le contraindre à une vie qu’il n’avait pas choisi, ni envie qu’il subisse mon quotidien. Ce quotidien que finalement, je n’ai pas choisi non plus, j’ai juste appris  à vivre avec.

N’ayant lui-même pas d’enfants, je savais que ça allait être un projet au sein de notre couple.

Nous avons attendu de passer quelques étapes importantes avant de mettre ce bébé en route.

Sauf que ce que nous  n’avions  pas prévu c’est que deux bébés viendraient s’installer dans mon ventre!

Souvent on me dit « Mais oui normal, nous on savait que tu allais refaire des  multiples ! »

Ah bon ?? Qui sont les gens pour affirmer ça ? Quelles sont les chances pour qu’une femme porte deux fois des  multiples ?  En quoi était-il certain que je reporte plusieurs bébés en même temps ? Parce que j’ai fait des triplés spontanément ? Parce que mes 3 enfants sont issus de trois ovulations différentes alors  je suis condamnée à ovuler plusieurs fois tout au long de ma vie ? Pourtant Zéphir est bien arrivé tout seul lui !

Le fait est, que, peut-être les gens  savaient et y étaient préparés mais moi non ! D’ailleurs je crois que je ne voulais surtout pas y penser. Parce que plusieurs bébés d’un coup c’est trop dur. Parce que la grossesse n’est pas sereine. Parce que j’ai peur de revivre la prématurité. Parce que l’allaitement est quand même compliqué.  Parce qu’on profite moins de chaque enfant. Parce qu’il faut trouver des solutions pour répondre aux besoins de chacun en même temps. Parce qu’un changement de voiture s’impose (encore !) ! Et parce que j’imaginais juste un petit dernier.

Alors la bonne nouvelle, dixit ma gynéco «  c’est que cette fois il n’y en a que deux ! » Whaouuu, victoire ! Pas de triplés cette fois-ci, je peux être fière, je n’en ai fait que deux ! Sauf que c’est un choc pour moi. J’avoue ne pas avoir envie de revivre une grossesse multiple. J’avais imaginé une relation exclusive avec un nourrisson. Quelque chose d’assez simple «  Allez bébé, je te mets dans l’écharpe et on va chercher les grands à l’école ». Et bien là non, ce sera : « Allez les bébés, on se prépare, un dans la poussette (celui qui a déjà tété de préférence) et un dans l’écharpe. Surtout, penser à compter au moins trente minutes le temps de les préparer. Et hop, on descend la poussette du premier étage et on y va…»

Heureusement, monsieur l’amoureux est là pour me rassurer. Calme, serein, confiant et surtout très content ! Je digère donc assez vite cette nouvelle et me projette dans une vie que je n’avais pas imaginée. D’ailleurs, si, il y a dix ans, on m’avait dit que je serais maman de six enfants ( qui plus est, avant trente ans), je pense que j’aurais ri !

Très vite mon ventre a commencé à se voir. Que ce soit, dans la rue avec mes enfants, à la sortie de l’école ou même au laboratoire, il faut que je me justifie. D’abord une justification par rapport au fait d’être « encore » enceinte. Bon finalement ce n’est que ma troisième grossesse, on se calme ! Mais aussi sur le nombre de bébés que je porte…

Ce n’est pas toujours facile de savoir quand il faut, ou pas donner plus d’explications. « Oui en fait, c’est un remariage, mon époux n’a pas d’enfants, donc on a fait un petit dernier/premier et puis finalement il y en a deux ».  Ou alors ne rien dire et tenter de répondre aux « Whooo bravo pour le petit cinquième !!! » « Euh en fait cinq et six…. » « Oh !!! Ben dis donc ! Incroyable ! Et ça va, ton mari le prend bien ? Ça ne le fait pas flipper d’être père de six enfants ?? »

Je crois que la situation la plus sympa, c’est celle de ceux qui tentent des blagues . « Et alors, pour la petite blague, il y en a bien qu’un cette fois-ci ?? » « Et bien non, ce sont des jumeaux ». Joues rouges , gros blanc et excuses arrivent en général à ce moment là.

Étant donné que j’ai mis un peu de temps à accepter la situation, j’avais tendance au départ à me justifier sur le fait que non je n’ai pas voulu faire des jumeaux, que c’est spontané, que s’ils sont là c’est qu’il y a une raison : Ils seront bien tous les deux au bout de la fratrie. Un singleton se serait ennuyé avec la différence d’âge. Et puis je l’aurais complètement étouffé cet enfant.

J’avais déjà appris à passer sur les discours moralisateurs et jugeants après avoir eu mes  trois petits. Alors oui, je me promène fièrement avec mon gros ventre et mes quatre petits. Oui j’ose répondre à la dame du laboratoire que cette grossesse a été désirée et que oui, effectivement je fais jeune parce que je le suis. Je me justifie moins, j’explique juste la situation parce que finalement, je crois qu’il n’y a pas de modèle familial idéal. Ces bébés sont là, ok, on va s’organiser pour que chacun trouve sa place et s’épanouisse correctement avec tout l’amour que nous serons à même de leur donner. J’ose espérer que des enfants arrivant après quatre plus grands vont s’intégrer tranquillement dans la vie familiale sans que ça ne nous demande un réel effort puisque les rythmes des plus grands sont déjà très bien établis. Alors oui, maintenant je peux le dire, on les aime déjà très fort et on a hâte qu’ils naissent pour les rencontrer !