Mon expérience du co-sleeping… malgré moi !

Aujourd’hui j’ai choisi de parler de mon expérience du co-sleeping car c’est vraiment quelque chose que je n’avais pas anticipé et qui en ce moment, fait partie intégrante de notre vie.

Le co-sleeping est selon moi une démarche. Du moins c’est ce que j’imaginais. Pendant la grossesse j’avais acheté un livre qui en parlait. Mais je ne me retrouvais pas vraiment dans le fait de dormir avec mon bébé. Je n’ai jamais eu envie de le faire. Je ne l’ai jamais programmé. Je n’ai rien anticipé non plus. Et on a fait comme la plupart des parents, on a acheté des lits à barreaux en pensant réussir imposer un rythme à nos bébés rapidement.

Les filles ont 14 mois et j’ose avouer qu’Édith dort avec nous et ce, depuis le retour de la maternité.

De la recherche du repos…

Très fatiguée de la naissance, j’ai rapidement pris cette petite habitude de l’allaiter allongée la nuit. Parfois j’arrivais à la reposer auprès de Marthe, mais parfois je m’endormais avant qu’elle finisse de téter et je me réveillais pour la tétée suivante.

Lorsqu’elles ont eu 4 mois, j’ai voulu modifier tout ça. Je n’avais pas envie qu’elle dorme avec nous toutes les nuits. Mais après trois nuits à me lever plusieurs fois pour la prendre, l’allaiter, la reposer, j’ai vite compris que j’avais réellement un choix à faire:

– Soit je continuais comme ça et clairement j’étais épuisée la journée, irritable et pas hyper en phase avec l’éducation sereine que j’essaie de donner à mes enfants,

– Soit je la gardais contre moi et gérais les tétées au son de son petit grognement animal sans vraiment me réveiller !

C’est cette seconde solution que j’ai choisie. Que nous avons choisie! Car Gweltaz m’a beaucoup aidée à me remettre en question dans le bon sens et c’est ce dont j’avais besoin pour gagner en sérénité sur ce sujet.

Avec du recul, nous avons choisi la facilité, la tranquillité et le repos. Mais avec six enfants on se doit d’être en forme tous les jours. Impossible de flancher.

Clairement, je gère mal la fatigue. Même très mal. Je peux me montrer agressive. Et généralement, j’en veux à la terre entière.

Finalement, j’ai compris que je ne me sentais pas capable de gérer mon quotidien tout en étant complètement épuisée.

La nuit est notre seule temps calme alors effectivement c’est le moment où on recharge nos batteries tous les deux mais c’est surtout le moment où il faut qu’on récupère. Et tous les moyens sont permis pour y arriver.

Le fait est que, 14 mois après leur naissance, la situation n’a pas beaucoup évoluée. J’avais espoir qu’elle tête moins, qu’elle soit moins demandeuse. Mais ce n’est pas le cas.

 

La grosse réussite selon moi est qu’elle s’endort seule. On les couche toutes les deux à 20h sans difficulté. Parfois elle me rappelle à 21h30, je la recouche aussitôt. Mais généralement son vrai réveil est à 23h et à ce moment là, elle ne veut plus être dans son lit. Elle pleure, hurle même. Et comme Marthe dort bien et que c’est l’heure à laquelle on s’endort, on va la chercher et on ne la remet plus dans son lit.

De temps en temps je fais des tests. Je vais la voir, je l’allaite, je la recouche. Mais comme elle hurle quand je sors de la chambre, je reste à côté d’elle assise par terre en plein milieu de la nuit à attendre qu’elle se rendorme.

Mais ça n’a aucun sens car elle peut s’endormir et me rappeler encore dix minutes plus tard.

Je crois que finalement la clé c’est peut être d’anticiper la chose avant la naissance. Ça permet d’adapter le coin nuit. Si j’avais su, on aurait fait autrement. Un lit en co-sleeping directement? Un matelas au sol? Je sais pas mais pas notre lit et le lit à barreaux au fond de la chambre car ce n’est pas du tout adapté!

Et puis peut être que les parents qui anticipent la démarche ressentent aussi moins de culpabilité:

– Je choisis, donc j’assume donc je ne me pose pas de questions.

Alors que pour moi c’était plutôt:

– J’ai pas choisi mais j’ai pas le choix si je veux récupérer, je n’assume pas vraiment, je subis un peu mais en même temps j’adore l’avoir contre moi, la sentir et la câliner. Alors, je tâtonne, je découvre, je sais pas trop comment je vais sortir de là, je me dis qu’on verra demain…

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Le fait est qu’on en parle peu. C’est une chose qui ne se fait pas vraiment en règle générale. Je pense que beaucoup de parents vivent la même chose que nous, en silence.

Sujet tabou, bonjour !

Mais heureusement ce n’est pas le cas de tout le monde et j’ai quand même pu échanger sur le sujet pour recevoir LE bon conseil  » Ne te prends pas la tête, dors, c’est le plus important ! »

… à la réponse d’un besoin !

A côté de ça, nous avons le sentiment, au delà du phénomène de diminution de notre fatigue, d’également répondre à un besoin. Un besoin d’être rassurée, protégée. Un besoin de se sentir en sécurité aussi. Édith est très indépendante mais finalement peut être encore immature pour être capable de dormir seule tant d’heures d’affilées.

Elle a longtemps eu besoin d’être avec nous. Contre nous aussi. Alors on la portait en écharpe la plupart du temps, pour la rassurer. On ne l’a jamais laissée pleurer car selon nous, ça renforce juste un sentiment d’insécurité chez l’enfant. Mais ça c’est propre à chacun et on fait tous en fonction de ce qu’on a reçu, et surtout, des ressources qu’on a pour gérer des pleurs nocturnes sur une durée plus ou moins longue.

Avec Gweltaz, nous avons vraiment espoir que les tétées s’espacent et que petit à petit, elle ne réclame plus la nuit.

Je me demande si parfois, nous ne sommes pas trop pressés que les choses se fassent, renforçant ainsi un sentiment d’insécurité chez l’enfant. Peut être pas. Après tout Marthe a fait ses nuits sans trop de difficulté et surtout sans avoir été forcée. Enfin ça a pris du temps. Et il y a eu des retours en arrière aussi. Mais aujourd’hui on la sent hyper sereine au niveau du sommeil.

Par contre on ressent chez Édith une sécurité affective que Marthe n’a pas.

Quand je les laisse à garder, Marthe pleure et s’agrippe à mon cou. Édith me fait des signes avec sa main en souriant. Et c’est en constatant ce genre de choses que je me demande si finalement le sommeil n’est pas l’Acteur majeur dans l’acquisition de l’autonomie, dans la confiance en soi, dans la construction globale de l’enfant.

Je suis consciente qu’avec des jumeaux, tout change. J’avoue avoir besoin de temps libre et ce temps libre je le trouve pendant qu’elles dorment. J’ai lu de nombreux témoignages qui disaient qu’il fallait rythmer les multiples de la même manière. Nous avons choisi de nous adapter au rythme de chacune. Nous les avons complètement laissé faire et vraiment nous n’avons pas de regrets. Nous les avons écoutées et respectées dans leurs différences de rythme et de sommeil.

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Je crois que si nous n’avions eu qu’un seul bébé tout aurait été différent. Les remises en question auraient été moins présentes car peut être que nous aurions adopté dès le départ le co-sleeping. Ou peut être pas.

Je me dis qu’il y a tellement de paramètres qui entrent en compte dans le sommeil du bébé que finalement on cherche juste à s’adapter au mieux en fonction de nos filles et en fonction de notre besoin de sommeil.

Ce que je retiens de toute cette expérience c’est qu’avant, je portais un regard un peu jugeant sur le cododo mais depuis que nous le vivons avec Édith, je comprends que finalement, on cherche juste à faire au mieux, on se remet en question et on dépasse parfois les limites fixées pour simplement dormir !

 

La motricité libre !

Avant la grossesse des filles je n’avais jamais entendu parler de motricité libre. Quand les « grands » étaient bébés, j’avais des envies et des idées concernant la motricité mais je me suis aperçue en lisant des articles sur la motricité des petits que j’avais fait plusieurs erreurs !

Avec Gweltaz nous avons décidé d’adopter les bons gestes dès la naissance afin de laisser Édith et Marthe se développer en tout confiance.

Alors si ce concept vous intéresse, je vous explique ici, comment on s’y est pris !

Mais d’abord, la motricité libre, c’est quoi?

Elle consiste à laisser l’enfant libre de ses mouvements. Il s’agit en effet, de ne jamais le mettre dans une position dans laquelle il ne se sent pas à l’aise. Le développement de l’enfant va se faire petit à petit et dans un ordre bien précis. Il suffit de l’observer pour s’en rendre compte. Cette « liberté » va lui permettre de prendre confiance et de se sentir en sécurité dans ses mouvements !

Finalement, l’enfant construit seul son chemin vers l’autonomie motrice. Au fur et à mesure de son développement il va acquérir de nouvelles compétences physiques qui vont lui permettre de maitriser de nouvelles postures. L’enfant n’a donc pas besoin de l’adulte pour évoluer au niveau moteur, il est acteur de son développement.

L’idée de base est donc de ne jamais le contrarier dans ses mouvements. Il faut lui faire confiance et le laisser libre. Ne jamais le mettre dans une position d’inconfort ( le tenir assis, le mettre debout, le faire marcher,…) lui permettra plus tard d’avoir toutes les clés pour être un adulte serein et confiant.

Comment avons-nous mis en place la motricité libre?

Ici, tout a commencé par le portage. Les filles ont très peu été posées au départ. Quand nous étions tous les deux, chacun portait un bébé, et quand j’étais seule, j’alternais entre les deux mais j’en avais toujours une contre moi.

Concernant les sorties, nous avons acheté une poussette simple pour quand je suis seule avec les filles. Mais quand nous sommes tous les deux, on ne sort pas la poussette.
Les trajets en voiture étaient peu fréquents au départ donc elles n’ont pas non plus passé beaucoup de temps dans les cosys.

Par ailleurs, ( détail qui a son importance à nos yeux ): nous les habillons toujours de façon à ce qu’elles soient à l’aise et qu’elles puissent bouger comme elles l’entendent. Pas de pantalons qui serrent la taille, pas non plus de chaussures à semelles dures. Elles portent essentiellement des robes en coton assez courtes, des collants épais avec élastiques qui ne serrent pas et des chaussons souples. Pour les sorties, nous avons acheté des capes afin qu’elles ne soient pas engoncées dans des manteaux.

La motricité libre, en action !

Avant la naissance des filles, nous avons préparé la chambre en fonction de notre idée de base.

Nous avons disposé un grand plaid au sol pour créer leur aire de développement moteur !

Alors évidemment le premier mois, nous ne les posions que dans leur lit. Telles des fajitas, elles étaient enveloppées de plusieurs couvertures afin de les rassurer au maximum.

Mois par mois, leur développement moteur :

Mars. Elles ont deux mois !

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Nous commençons à les poser au sol. Le portique a des pièces en bois qui tournent sur le côté, elles peuvent donc toucher et découvrir.

Avril, trois mois !

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Sur les conseils du médecin, nous les mettons un peu sur le ventre. Quelques minutes dans la journée.

Mai, 4 mois !

 

Elles cherchent à se retourner. La position sur le côté devient leur nouvelle passion. Elles jouent et dorment comme ça ! Elles attrapent bien les objets et passent du temps à les observer !

Juin: 5 mois !

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Marthe se retourne ! Elle n’arrive pas à se remettre sur le dos seule donc elle râle régulièrement. Édith reste sur le dos mais tourne sur elle-même. La position sur le côté reste celle qu’elles préfèrent pour jouer !

Juillet: 6 mois

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En tournant sur elles-mêmes, les filles se déplacent ! On les retrouve régulièrement sur le parquet !

Août. 7 mois:

 

Marthe et Édith commencent à ramper et à s’aventurer en dehors de leur chambre ! Elles passent leur temps sur le ventre !

Septembre. 8 mois :

Édith se tient assise et se met à genoux. Elle essaie d’avancer à 4 pattes mais n’a pas encore compris le fonctionnement. Elle se déplace toujours en rampant. Elle maitrise vraiment la position assise. Elle est très stable.

Marthe commence à se redresser pour attraper des objets en hauteur. Elle rampe toujours, se met sur ses 4 pattes mais n’avance pas non plus. Elle n’a pas encore trouvé la position assise. on ne force pas, on la laisse trouver son équilibre seule.

Octobre. 9 mois:

 

Elles se déplacent toutes les deux à 4 pattes ! Édith se met debout. Tout comme pour la position assise, elle maitrise vraiment ce qu’elle fait. Elle réussit à redescendre seule et ne nous appelle que quand elle a vraiment besoin. Pas de chutes, elle est très stable.

Marthe stagne un peu en motricité. Elle ne se tient pas assise mais essentiellement à genoux ou sur le ventre. Elle fait des dents, on la sent moins disponible pour évoluer sur le plan de la motricité.

Novembre. 10 mois:

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Elles se mettent toutes les deux debout ! Marthe a eu besoin d’aide pour redescendre pendant une semaine puis c’est passé. Maintenant elle maitrise. Elle se tient assise depuis peu.

Édith commence à se lâcher quand elle est debout. Elle arrive à plier ses genoux et à se remettre à quatre pattes sans se tenir.

Elles sont très proches et passent leur temps ensemble. Elles se baladent toujours toutes les deux.

En conclusion: je suis très satisfaite de la façon dont on les laisse gérer leur motricité depuis la naissance. Nous n’avons jamais rien forcé et aujourd’hui on se rend vraiment compte qu’à chaque fois qu’elles découvrent une nouvelle position elles sont stables et confiantes. Nous les laissons beaucoup au sol, elles ne sont dans leurs chaises hautes que pour manger. Je suis persuadée que ça va beaucoup les aider dans leur développement intellectuel et que les laisser faire à leur rythme va leur permettre d’avoir vraiment confiance en elles !


 

 

 

Mignonneries !

Ne pas connaître les sexes de nos bébés nous a apporté une troisième contrainte que je n’avais pas vraiment anticipée: les habits !

Il y a quelques semaines, nous nous sommes rendus dans mon magasin fétiche de fringues pour bébés afin d’acheter tout ce dont nous avions besoin pour leur arrivée.

En faisant le tour du magasin nous avons vite compris que ça ne serait pas si simple que ce que nous avions imaginé.

En terme d’habits de jour, tout était vraiment genré ! Impossible de trouver des articles mixtes. Nous avons donc décidé de n’acheter que des bodys et des pyjamas pour la naissance dans un premier temps puis plus tard, retourner acheter des habits pour garçon et/ou fille !

Sauf que ce ne fut pas non plus simple pour les pyjamas ! Alors du blanc, oui il y en avait, mais 4 modèles différents seulement. ( On a pris les 4 du coup). Quand on attend un bébé, finalement ça laisse du choix, mais deux c’est une autre histoire… J’ai quand même pris le temps de regarder les pyjamas plus marqués ( des paillettes, du liberty, des pois, des étoiles, du rose, des petites voitures, du bleu qui fait vraiment garçon, du gris qui fait vraiment garçon,…) mais vraiment ça ne nous a pas satisfaits. Une fille en bleu ça peut le faire car certains modèles peuvent être mixtes, mais un garçon en rose, je ne suis pas du tout convaincue.
Alors évidemment, je ne cacherai pas que si on a une fille, je serais trop contente de lui acheter des paillettes mais sans savoir ça semble compliqué.

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Nous avons donc acheté tout ce qui nous semblait le plus mixte possible pour la naissance et le reste, et bien on verra plus tard.
Quelques semaines plus tard, sur conseils de ma soeur, j’ai trouvé des leggings/caleçons et des cardigans mixtes! Elle m’a convaincue sur le côté pratique et confortable!

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En cas de couche qui déborde ou de vomitos, on ne change pas entièrement le bébé et niveau confort c’est le top du top! J’ai juste envie qu’ils soient dans des tenues qui ne les serrent pas et qu’ils puissent bien dormir en journée !

Le dernier gros avantage c’est que l’on peut piocher dans le placard ce qui est propre sans se soucier d’avoir toujours ce qu’il faut sous la main d’habits garçon et fille en cas de sexes opposés.

Je n’ai acheté que du naissance mais je pense que j’en achèterai en 1 mois et 3 mois plus tard. Pour nous l’important c’est de ne pas cumuler ! Je fais des lessives une à deux fois par jour, et on a un sèche-linge alors on est tous les deux d’accord sur l’idée d’être minimalistes dans nos achats pour les bébés ! (D’ailleurs ça concerne aussi le matériel mais ça, j’en parlerai dans une prochaine chronique.)

Ce qui est incroyable c’est qu’il y a sept ans, je mettais un point d’honneur à ce que chacun de mes enfants ait ses propres habits et je n’avais rien acheté de mixte. Je n’interchangeais pas du tout leurs tenues. Comme si j’imaginais que les multiples avaient besoin d’être différenciés dès le départ.
Mais je crois que ça ne passe pas forcément par là pour les nouveaux-nés. J’ai lâché prise sur pas mal de détails et franchement je suis assez convaincue par ce dont nous avons envie à l’heure actuelle pour nos deux petits.

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Zéphir.

Aujourd’hui j’ai envie de parler de la place de l’aîné dans les fratries ; la place de Zéphir en particulier.
Zéphir est considéré comme l’exception par ses frères et sœur. C’est le seul à être arrivé tout seul. C’est presque étrange pour eux. Ils disent souvent que lui est un singleton. De ce fait, ils le respectent, se plient à ses ordres et subissent régulièrement ses exigences.

Personnellement, Je lui ai toujours attribué une place particulière. J’ai le sentiment que cet enfant, je ne l’élève pas comme les autres. Je pense que j’avais peur qu’il se sente lésé donc j’ai fait en sorte de combler le fait qu’il  soit seul par rapport à Opale Balthazar et Adémar qui sont arrivés en force.

Etant donné qu’il n’avait qu’un an quand ses frères et sœur sont nés, j’ai toujours trouvé important de lui consacrer du temps rien que pour lui.

Au départ on me disait « Pauvre Zéphir, il va être envahi , il est si petit ! » On m’a conseillé de le coucher plus tard pour profiter de lui tout seul, pour qu’il mange dans le calme, pour lui accorder du temps rien qu’à lui. Mais ça ne me convenait pas. J’avais le sentiment de ne plus du tout avoir de vie pour moi. D’être au service de ces quatre petits êtres et rien d’autre. Je les ai donc très vite calés sur le même rythme. Bain, repas, sieste et coucher à la même heure !

Les privilèges accordés étaient ailleurs. Je dis privilèges parce que oui, aujourd’hui j’ai vraiment l’impression qu’il a eu plus de droits que ses frères et sœur. J’estimais que les autres avaient moins besoin, qu’ils étaient moins demandeurs. Il a fait des sorties qu’Opale Balthazar et Adémar n’ont pas faites, parce que je me disais qu’ils étaient trop petits. Et ce temps rien qu’avec Zéphir me permettait de souffler et de déculpabiliser de « lui faire vivre ça ». Cette vie je ne l’avais pas vraiment choisie mais lui encore moins. J’ai longtemps eu le sentiment de ne pas être une bonne maman pour lui. Le temps que je lui accordais ne me paraissait pas suffisant, sans parler des moments où nous étions interrompus par les plus petits . Ce qui, extérieurement peut sembler complètement injuste pour mes trois autres enfants.

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Aujourd’hui, Zéphir a huit ans. Au vu de son comportement, je me rends compte de la place que je lui ai accordée. Une sorte de place sacrée. Attention voilà chef Zéphir !

Depuis quelques temps, j’ai moins le sentiment d’être une moins bonne maman que je ne devrais l’être du fait qu’ils sont nombreux. J’arrive à accorder du temps à chacun sans difficulté. Mais je crois que je garde en tête qu’Opale, Balthazar et Adémar ont moins besoin. Ils sont très autonomes, et bien moins demandeurs.
En ce moment, on se bat au quotidien pour que Zéphir soit au « même niveau » que les autres. C’est un challenge. Il faut lui répéter plusieurs fois des consignes que les autres respectent sans soucis depuis un moment déjà. Zéphir ne débarrasse pas la table. Il laisse ses habits à trainer dans la salle de bain. Il ne range pas sa chambre. Il faut insister pour qu’il finisse par ranger au même titre que tout le monde ! A côté de ça,  il estime que vu qu’il est le plus grand il peut s’octroyer le droit de privatiser des jeux alors qu’Opale Balthazar et Adémar sont vraiment dans le partage !

Et moi, j’ai beaucoup de mal à contrer tout ça. Spontanément, je vais ranger ses habits, et l’aider à ranger sa chambre. Enfin finalement la ranger toute seule car il reste à côté de moi à buller et à faire semblant de ranger…

Zéphir est un enfant qui fait les choses quand il a décidé de les faire. Il peut être très faisant un jour et pas du tout le lendemain.

Concernant les relations entre frères et sœur, là aussi c’est compliqué. Dès qu’il se mêle à eux, ça finit mal. Adémar et Balthazar peuvent jouer des heures tous les deux sans qu’on ne les voit mais si Zéphir entre dans la chambre, ils s’énervent, se bagarrent, mettent le bazar en un temps record !

Je me rends donc compte aujourd’hui de cette place si particulière que je lui ai toujours attribuée et malgré l‘envie que nous avons de faire en sorte qu’il soit de nouveau sur le même pied d’égalité que les autres, la gestion de son tempérament est compliqué et ça nous demande des efforts au quotidien.

Je pensais qu’on parlait de l’âge de raison à 7 ans. Et bien à priori ça ne fonctionne pas pour tous les enfants. Après, peut être aussi que l’arrivée des  deux bébés lui créé une certaine inquiétude qui amplifie son non respect des consignes et son énervement au quotidien. J’ai plusieurs fois essayé de lui en parler, mais Zéphir étant un enfant plein d’émotions, c’est difficile de savoir vraiment ce qu’il a dans la tête et de comprendre pourquoi il se comporte de telle ou telle façon.

J’espère qu’il se calmera un peu avec l’arrivée des bébés et qu’il ne se sentira pas encore plus le chef de fratrie qu’il ne l’est déjà, lui qui nous a dit il y a peu de temps qu’il aurait préféré être fils unique mais qui s’ennuie s’il reste seul plus de cinq minutes…

Autonomie et organisation du quotidien!

L’autonomie et l’aide à la maison sont deux aspects travaillés quotidiennement dans notre famille. Je me questionne et me remet régulièrement en questions sur ces deux points.

Selon nous, il est important que les enfants aident au quotidien afin que nous ne soyons pas les seuls à ranger nettoyer et faire tous les gestes parasitants inhérents à la gestion d’une famille nombreuse. Nous pensons qu’il est important qu’ils se rendent compte qu’entretenir un lieu dans lequel nous sommes 6 à vivre est un travail de tous les jours et que le respect de la propreté des pièces est donc primordial.

Oui mais à leur âge, que peut-on leur demander de faire et quelle autonomie peut-on attendre d’eux ?

En terme de rangement, il y a des choses qui sont acquises:

  • Chacun met ses habits sales dans le panier à linge,
  • Ils rangent leurs manteaux et leurs chaussures dans le placard,
  • Ils ne déballent pas de jeux dans le salon (ou alors à titre exceptionnel et sous condition de ranger après),
  • Ils nettoient le lavabo après avoir craché du dentifrice partout,

Et j’en passe…

(Bon je ne dis pas que parfois on ne doit pas répéter mais en général, c’est pas mal du tout !)

Après, il y a des choses qu’ils font mais qui ne sont pas encore systématiques. Mettre et débarrasser la table, débarrasser le lave-vaisselle, faire la vaisselle, nettoyer la cuisine, passer l’aspirateur et la serpillère, ranger les courses, aider à la préparation du repas, étendre, plier et ranger le linge, changer leurs draps, ranger leur chambre spontanément, mettre leurs mouchoirs dans la poubelle,…

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Concernant l’autonomie, j’ai l’impression qu’on ne se débrouille pas trop mal mais finalement je ne me rends pas vraiment compte.

Ils préparent leur petit-déjeuner (et font même chauffer leur lait à la casserole !), ils se lavent, se coiffent et s’habillent ! Opale a un coin douche dans sa chambre. Je n’interviens plus du tout. Elle gère l’eau sans gaspiller, se lave correctement les cheveux, met régulièrement sa serviette à laver, nettoie sa petite salle de bain, pense à aérer sa chambre après et apporte régulièrement son linge sale près de la machine! C’est top!

Après dîner, ils vont brosser leurs dents et filent dans leurs lits. Un temps de lecture est accordé jusqu’à 19h35. Bien souvent, Zéphir et Balthazar sont vraiment dans l’énervement après le repas et se bagarrent dans la salle de bain. Leur temps de lecture est donc considérablement réduit. Mais Opale et Adémar en profitent et éteignent leur lumière quand ils voient que l’heure de lecture est terminée.

Concernant les sorties, ils ont chacun un sac à dos avec leurs objets personnels, je ne porte rien pour eux ! Quand on va à la plage, à la piscine ou à la patinoire, ils se débrouillent avec leurs affaires. Je vérifie simplement qu’ils n’oublient rien.

Adémar fait presque ses leçons seul. Je vérifie toujours mais il se débrouille très bien sans moi.

J’ai le sentiment que parfois j’attends beaucoup d’eux. Sans doute parce que j’estime qu’à l’âge qu’ils ont ce n’est plus à nous de tout faire et que dans une famille nombreuse, il faut que chacun participe et y mette du sien pour que tout se passe bien.  Mais comment savoir si je leur en demande trop ? D’un côté je me dis que ce sont des enfants, qu’ils ont le temps d’apprendre tous ces gestes mais d’un autre, si on n’avait pas encore établi de règles, ils ne feraient vraiment rien à la maison…

Fille/fille? Garçon et fille? Garçon/garçon?

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Aujourd’hui j’ai choisi d’écrire une rubrique en plusieurs parties. Car du sujet principal émanent plusieurs « problématiques »…

Nous avons, à plusieurs reprises abordé l’idée de connaitre ou non le sexe de notre bébé.
Je m’étais dit que pour mon petit dernier je n’avais pas envie de savoir. Après tout, j’ai 3 garçons et 1 fille, alors peu importe le sexe de ce dernier bébé, je suis déjà comblée. Gweltaz n’a émis aucune objection à cette envie, nous étions donc partis pour avoir la surprise le jour de la naissance !

Quand nous avons appris que nous allions être parents de jumeaux, mon envie de ne pas connaître les sexes avant la naissance n’a pas changé. Gweltaz, lui, m’a dit qu’il préférait savoir.

Ma grossesse est dite bichoriale biamniotique : 2 placentas et 2 poches. Contrairement aux idées reçues sur les grossesses gémellaires, il n’est pas possible de savoir avant la naissance, malgré ce diagnostic, si nos bébés seront monozygotes ou dizygotes (vrais ou faux jumeaux, même si je n’aime pas ces termes). En effet, il existe des cas ou les vrais jumeaux ont des placentas et des poches séparés. Bien sûr, si nous avions demandé les sexes et que j’attendais un garçon et une fille, il n’y aurait eu aucun doute sur le fait que nous allions être parents de dizygotes (faux jumeaux). Et à contrario si ma grossesse avait été monochoriale (un seul placenta pour les deux bébés), nous aurions été certains d’attendre des vrais jumeaux, donc deux bébés du même sexe.

Plusieurs raisons me poussent à refuser de savoir avant leur naissance. Je crois que dans un premier temps, j’ai besoin d’avoir une petite surprise le jour J. Comme si on pouvait garder une petite part de magie tous les deux lors de la découverte des sexes. L’annonce en cabinet d’échographie ne permet pas d’apprécier la nouvelle je trouve. Ou alors il faut préparer une petite carte à l’avance afin que le spécialiste coche la case correspondante afin que la découverte se fasse à deux après l’examen. Oui, pourquoi pas???

Bon ça c’est la première raison.

La deuxième est que malgré tout, j’ai quand même un peu beaucoup, même vraiment envie d’avoir une autre petite fille. S’il n’y avait eu qu’un bébé, ça m’importait peu, mais je n’imagine pas être maman de 5 garçons. Si j’avais su les sexes à l’échographie et que l’on m’annonçait deux garçons, j’aurais eu une pointe de déception que je n’ai absolument pas envie de ressentir pendant la grossesse. J’imagine que ne pas savoir me permettrait d’investir complètement ma grossesse en restant dans l’imagination de ces petits bébés, sans genrer! De plus, je sais que chez moi, le lien d’attachement est immédiat et je suis certaine que si le jour J, je découvre deux petits garçons que j’aurais portés et mis au monde, je ne pourrais en aucun cas ressentir la moindre déception.

Oui mais je ne suis pas toute seule! Ces bébés on les a fait à deux. Et sur ce sujet, nous sommes en désaccord!

Gweltaz, au contraire de moi, aimerait savoir. Je le laisse s’expliquer lui-même :

 « Si nous attendions un seul enfant, je n’aurais pas souhaité connaitre le sexe avant la naissance. Avoir un garçon ou une fille m’aurait comblé de la même manière. Alors nous avions décidé de ne pas demander le sexe du bébé à la gynécologue. Mais, surprise, il y a deux bébés… Voici les raisons qui m’ont fait changer d’avis :

1 : Même si je vis au quotidien avec quatre enfants, j’ai du mal à réaliser que dans quelques mois, il va y avoir deux petites crevettes parmi nous. Certains matins je me réveille, et j’ai « oublié » que oui, notre vie allait bientôt changer. Et d’un coup l’idée me revient. Dans ces moments là je suis vraiment heureux. J’ai hâte qu’ils arrivent, mais en même temps j’ai du mal à me rendre compte de la réalité de tout cela. Je vais être papa ! Et papa de deux enfants ! Là c’est carrément inconcevable. Et je me dis que connaitre le sexe des bébés, pouvoir leur donner dès à présent un prénom et m’adresser à eux, ça m’aiderait à réaliser qu’ils sont bien là, qu’il font déjà bel et bien parti de notre vie (même si leurs petits coups de pieds à travers le ventre de leur maman me le rappellent quotidiennement).

2 : S’il y a avait eu un bébé je n’aurais pas eu de préférence pour le sexe. Mais inévitablement, lorsqu’on attend deux enfants, on espère qu’il s’agira d’un garçon et d’une fille. Je ne sais pas pourquoi, mais depuis qu’on sait que ce sont des jumeaux, je suis persuadé que c’est cette configuration. Mais à vrai dire je ne sais pas si c’est une véritable impression (qui viendrait d’on ne sait où…) ou simplement d’un souhait que mon imagination amplifie. A tel point que dans ma tête, bébé de droite est une fille et bébé de gauche est un garçon. C’est comme cela que je les imagine… Alors, j’ai peur, le jour de la naissance, d’être déçu si ça n’est pas ce que j’ai imaginé pendant ces longs mois. Athéna n’arrête pas de me répéter que je ne pourrai pas être déçu en voyant leurs petites têtes trop mignonnes. Mais je ne sais pas. Et si j’étais déçu quand même ?

3 : Il parait que la naissance de ses enfants est un des plus beaux moments de la vie. J’espère pouvoir le vivre et en profiter pleinement. Mais comme j’espère qu’il y a un garçon et une fille dans le ventre de ma chérie, ne vais-je pas être obnubilé par ça au moment de l’accouchement ? J’ai peur de ne penser qu’aux sexes des bébés, que ce soit la première chose que je cherche à regarder lorsqu’ils vont apparaitre. Alors qu’il y aura tant à voir, à faire, à vivre. Accueillir nos enfants, les rencontrer et les rassurer. M’occuper de mon épouse et lui dire que je l’aime…  Alors je me dis que si nous savions les sexes, je pourrais « évacuer » cette idée de ma tête et vivre la naissance sans avoir l’impatience de connaitre la réponse à cette question. Mais peut-être que je me fais des idées, que le moment est tellement magique que je ne penserai plus à cela. Encore une fois, je pense que ça aurait été le cas pour un bébé. Mais là, je ne crois pas.

Athéna porte nos enfants. C’est la moindre des choses que la décision finale lui revienne (j’ai tout essayé pour la convaincre de changer d’avis, rien ne marche). Alors… surprise ! »

 Alors bien sûr, je pourrais céder. Après tout, ce sont ses premiers bébés. Et s’il a envie de savoir pourquoi n’en aurait-il pas le droit?  Oui mais…je reste bloquée sur mon idée! Et puis maintenant je me dis qu’on aurait pu savoir depuis plusieurs mois alors bon on peut bien attendre la naissance. Bon et j’ai toujours autant envie d’avoir la surprise.

Bref, on ne connait donc pas les sexes de nos bébés. Et vous l’aurez compris, je suis déterminée et complètement butée dans mon idée.

Alors il trouve des subterfuges pour me faire céder. Déjà, il me fait culpabiliser devant nos copains et devant la famille. Mais à priori la pression n’est pas assez forte parce que je n’ai pas craqué et que d’ailleurs, ça n’arrivera pas! Ou alors, suite aux échos il me dit qu’il a vu qu’il y avait au moins une fille ou au moins un garçon, bon finalement il ne sait pas s’il a vraiment vu quelque chose ou pas, il finit pas douter et ne plus savoir et moi, je ne regarde pas donc je reste dans ma petite bulle d’ignorance et j’aime ça!

Alors bien sûr, régulièrement nous devons répondre à la fameuse question si joliment posée:

« Et alors c’est quoi??? »

« Et bien des bébés, des petits humains quoi! »

« Nan mais les sexes?? « 

« Ah!! Et bien on ne sait pas…

Généralement à ce moment là, soit les gens sont déçus de ne pas pouvoir assouvir leur curiosité, soit ils pensent qu’on sait mais qu’on ne veut pas le dire. Heureusement tout le monde n’est pas comme ça! Ouf!

Certaines personnes essaient de faire parler les enfants:

« Opale m’a dit que vous attendiez deux filles! Félicitations! Elle m’a expliqué que du coup il y aurait trois filles et trois garçons! »

« Ah?? Tiens donc… Non en fait je crois qu’elle voudrait deux petites soeurs pour une question d’équité mais en fait, nous ne savons pas! »

Balthazar lui, très terre à terre répond spontanément:

« Et bien, on ne sait pas!!! Ils ne sont pas encore nés »

Réponse parfaite!

Suite de la chronique dans quelques jours…