Mon séjour à la maternité: une vaccination définitive !

Plus jamais !

Cette phrase, je l’ai dite à de nombreuses reprises ces derniers mois.

– En début de grossesse lorsque je vivais avec des nausées permanentes.
-Au milieu de la grossesse lorsque je vivais avec l’angoisse de la prématurité.
-En fin de grossesse lorsque j’avais tellement de douleurs que j’avais juste envie d’accoucher pour être soulagée.
-Lors de la naissance des filles, lorsque j’avais l’impression d’être violentée ( coucou péridurale ! coucou examens du col ! coucou piqûres partout ! coucou césarienne !)

Mais enfin et surtout lors des jours qui ont suivi la naissance des filles !

Après la césarienne, je suis restée un moment en observation en salle de naissance. Ils surveillaient ma tension de près. A priori après une péridurale et/ou une anesthésie un peu plus forte, il est souvent observé une baisse de tension chez les patients ! Sauf pour moi qui montait à plus de 16 ! Je n’ai jamais fait de tension de ma vie ! Ils se sont demandés si ce n’est pas ce qui avait provoqué le début du travail. Et moi, je me demande toujours si ce n’est pas ce qui a orienté l’obstétricien à me césariser (en plus, bien sûr de la stagnation du travail ! )
Je ne sais pas vraiment combien de temps je suis restée en salle de réveil mais j’ai souvenir que cela m’a semblé très très long ! Bien sûr, ils surveillaient aussi l’involution de l’utérus par le biais de palpations fortes et violentes qui, au fur et à mesure, m’ont fait de plus en plus mal puisque l’anesthésie s’estompait petit à petit !

Nous avons pu rejoindre la chambre dans l’après-midi. En début de soirée, les soignantes m’ont demandé de me lever !

« Quoi ??? Déjà ??? « 

Oui, c’est nouveau, maintenant on se lève quelques heures après ! Enfin, pas moi. J’avais la tête qui tournait et des nausées très fortes. Je n’ai réussi à me lever qu’en fin de soirée ! Et c’était bien assez tôt  au vu des efforts que cela m’avait demandé !

Le lendemain matin, j’ai enfin pu prendre une douche ! Les infirmières m’ont demandé d’enlever mon pansement.

« Quoi ??? Déjà ??? »

Oui ça aussi c’est nouveau ! Allez hop, moins de 24h après, sous la douche sans pansement !

Dans la journée je commence à ressentir de fortes douleurs dans le ventre. J’ai le sentiment que l’on m’a tabassée.
J’en parle à l’obstétricien, qui, après examen, ne voit rien d’inquiétant. Il me dit que c’est normal. Je me dis qu’effectivement je suis passé par une opération non anodine, il faut du temps pour que les douleurs s’estompent. Il m’explique aussi que plus les mamans ont eu d’enfants/de grossesses, plus les douleurs liées à la rétractation de l’utérus sont importantes !  ( Je confirme, c’est terrible !)
Il prescrit tout de même des analyses de sang à faire plusieurs fois par jour.

Il repasse me voir le soir même, les douleurs ne se sont pas atténuées, au contraire, j’ai l’impression qu’elles empirent. Au moment où il me palpe le ventre, je me sens obligé de lui tenir le poignet pour ôter ses mains tellement j’ai mal. Je ne le sens pas vraiment serein. Il m’observe et demande aux infirmières de me surveiller.
Le lendemain matin, je suis à la diète forcée !

« Quoi ??? Comment ça pas de petit déjeuner ? « 

Et bien ce matin, l’obstéticien a prévu une échographie qui doit se faire à jeun. Ils m’emmènent pour la faire à … 11h ! (Heureusement, je ne suis pas encore morte de faim !)

A l’échographie, un hématome important est diagnostiqué. Et bien voilà ce qui me fait mal ! Mes analyses de sang ne présagent rien de bon, l’obstétricien reste sur ses gardes. Dans la soirée il passe me voir et m’annonce qu’il hésite à me réopérer.

« C’est assez simple, on rouvre sur la césarienne, on nettoie et on referme. »

« Quoi ??? Je commence tout juste à remarcher !  »

Là je commence à avoir peur ! J’ai tellement de douleurs dans tout le corps que je suis à bout. Je n’ai plus envie de rien. J’en ai marre de souffrir. Je pleure. Mes enfants viennent me voir dans l’après-midi alors que j’ai été remise sous perfusion. Ils s’inquiètent. Opale pleure, le contexte n’est pas serein, il est très difficile de les rassurer. Je suis amorphe dans le lit, incapable de bouger, incapable de sourire. Je pense à la journée difficile du lendemain: Gweltaz reprend le travail et je vais devoir m’occuper seule de mes deux filles alors que je tiens à peine debout.

Le lendemain matin, je suis de nouveau privée de petit-déjeuner.

« Quoi ???  Ça va être comme ça tous les matins ??? »

A priori non, heureusement ! Ils sont juste en attente des résultats de la dernière prise de sang pour savoir si je repasse par une écho et par une opération ou rien du tout !

Je regarde mes filles. Ce jour-là, Gweltaz a repris le travail. Je me lève parce que je n’ai pas le choix. Je me lève et je souffre, mais j’ai deux filles qui ont faim. Je me lève et je prends sur moi parce que je ne supporte pas l’idée que les auxiliaires les emmènent en nurserie.
Et en plus, je n’ai pas eu de petit-déjeuner !

L’obstétricien passe à ce moment là. Il me voit debout. Fronce les sourcils et me demande si ça va. Je lui réponds « Oui ça va !  » Il me dit: « Vous êtes sûre que ça va??  » « Oui, oui, ça va ! »

Il m’annonce que je ne repasserai pas par une opération ! L’hématome semble se résorber tout seul ! Je suis contente, enfin une bonne nouvelle ! Cette nuit, j’ai fait ma montée de lait et mes douleurs physiques ont considérablement augmenté! J’avais besoin d’une bonne nouvelle !
Ce matin là, mon ventre est tout bleu, seconde preuve que l’hématome est bien là ! Au fil des jours, mon ventre est devenu de plus en plus bleu mais les analyses étaient rassurantes.

En tout, je suis restée neuf jours à la maternité. Les filles étaient sous surveillance, mais finalement moi aussi . J’ai vraiment souvenir de m’être sentie impuissante face à toutes ces douleurs et de m’être dit :

« Plus jamais ! « 

Cinq semaines après la naissance, je confirme: Plus jamais ! Mon corps a vraiment trop souffert et  va avoir du mal à s’en remettre au vu de mon quotidien.
J’ai toujours beaucoup de douleurs et mon hématome ne s’est pas encore résorbé. Mon ventre est donc encore bleu.
Et pour couronner le tout, ma cicatrice s’est infectée ce week-end, je ne sais pas encore ce que ça va donner dans les jours à venir…

 

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La naissance de Marthe et Edith.

Dans la soirée du 1er janvier, je ne me sens pas hyper en forme. J’ai eu beaucoup de contractions dans la journée, je me sens fatiguée.
Vers 23h, les contractions sont un peu douloureuses et régulières toutes les dix minutes. Rien d’alarmant au vu de ce que j’ai vécu durant toute la grossesse.

J’ai quand même un drôle de ressenti.
Les douleurs sont présentes, je n’arrive pas à m’endormir. Gweltaz chronomètre les contractions en espérant que le travail commence.

Des bébés du 2 janvier? Notre copine Maud a parié un resto pour une naissance ce jour-là, je ne vais certainement pas lui faire ce plaisir ! Non je pense que les bébés n’arriveront pas aujourd’hui !

1h30 plus tard, on hésite à appeler sa mère pour venir garder les enfants. Je n’arrive pas à prendre la décision. Nous l’avons déjà fait se déplacer à plusieurs reprises pour de fausses alertes…

A 1h, Gweltaz me dit:

« Bon que fait-on?? »

Je lui réponds simplement:

« On dort. J’ai juste envie de dormir ! « 

Il me regarde interloqué:

« Non mais Athéna, tu racontes vraiment n’importe quoi ! Comment veux-tu que l’on dorme ?
Bon et bien moi je vais me raser le temps que tu réfléchisses ! « 

Il me laisse seule, avec mes contractions. Elles sont désormais espacées de 7 minutes.

A 2h, je me décide:

« Ok, appelle ta mère ! » .

Pour une troisième grossesse, le travail peut être plus rapide et je ne me vois pas vraiment accoucher dans le trafic !

Je râle en me disant que si au moins je perdais les eaux, on ne l’appellerait pas pour rien ! Mais n’ayant jamais perdu les eaux, je sais que ce sera pareil pour cette troisième grossesse. (Oui oui, mes poches sont toujours très solides ! )

Je me lève et prépare mes affaires. En vrai, je ne suis pas du tout efficace, je me rallonge sur le canapé cinq minutes après. A ce moment là, j’entends un « PLOC » et je sens du liquide couler. Sur le moment, je suis persuadée que ma vessie m’a lâchée ! J’appelle Gweltaz, il me dit que c’est du liquide amniotique ! Effectivement ça ne cesse pas de couler ! C’est impressionnant. Il a le sourire et me dit: « On n’a pas appelé ma mère pour rien, ça y’est, les bébés arrivent ! Et tu vois que tu sais perdre les eaux ! »

Trop contents, nous partons à la maternité.

La nuit, il n’y a pas de circulation, nous y sommes en 10 minutes ! En arrivant, nous devons nous présenter au vigile. J’avoue qu’à ce moment là, j’ai un peu honte avec ma grosse serviette entre les jambes mais je me dis qu’il en a certainement vu d’autres… ( Je n’aurais pas aimé rompre la poche des eaux en journée au vu du nombre de personnes dans le hall de la maternité habituellement ! )

Une sage-femme nous accueille et nous emmène en salle de naissance. Elle me demande de me déshabiller. Je n’ose pas lâcher ma serviette. Je lui dis que ça coule beaucoup. ( Et honnêtement j’ai toujours moitié honte ! )
Elle tente ensuite de poser le monitoring pour surveiller les cœurs. Le bébé du bas est introuvable, elle m’appuie énormément sur le ventre. Je trouve ça interminable. J’ai envie qu’elle me laisse tranquille. Finalement, après plus de 30 min de recherche, elle décide de poser un capteur interne sur la tête du bébé ( il est tellement bas que ça explique le fait que le monitoring externe ne le capte pas ! )

A l’examen, elle me fait énormément mal. Elle me dit de ne pas bouger, mon col est très postérieur et elle veut être sûre que le travail est bien en route.
Le toucher n’est pas concluant, elle me laisse quelques minutes de répit et recommence.
Je pleure. Elle me fait hyper mal, je lui demande de me laisser.
A ce moment là, elle nous dit que je suis à 2 cm, et qu’elle appelle l’anesthésiste pour la pose de la péridurale, elle pourra m’ausculter plus facilement par la suite.
Je suis déçue, je me dis que les contractions sont très supportables, je ne vois pas l’intérêt de la péridurale à ce moment là.

Gweltaz tente tout de même:

 » En fait elle ne veut pas de péridurale. « 

Je le regarde (attendrie car oui, il a osé me soutenir dans ma démarche) et lui dit: « Je pense que je n’ai pas le choix… »
La sage-femme lui répond que si une césarienne doit être faite, autant que ce soit sous péridurale plutôt que sous anesthésie générale et que pour des jumeaux il n’y a pas le choix ! En vrai, je sais qu’on a le choix mais avec mes antécédents, mieux vaut ne pas tenter le diable…

L’anesthésiste arrive peu de temps après. Ils font sortir Gweltaz, c’est parti pour l’horreur de cet acte !
Il me demande de ne pas bouger ! Sauf qu’au moment de la pose, ma jambe droite saute et je sens comme des décharges électriques. C’est hyper douloureux, il me redemande sèchement de ne pas bouger ! ( Franchement j’aimerais bien le voir à ma place !)

Je regrette tellement de m’être laissée faire ! Sur le moment je me dis que j’aurais mieux fait de refuser.

La péridurale en place, je ne sens plus rien. Ma jambe droite est complètement anesthésiée. Je tente de ne pas appuyer sur la pompe malgré les recommandations de la sage-femme (  » Surtout ne laissez pas la douleur revenir, pensez à appuyer !!) afin de voir si je retrouve l’usage de ma jambe. En réalité, je sens bien ma jambe gauche, mais je ne maîtrise pas du tout la droite. Ca me fait hyper peur. Je dis à Gweltaz que si ça se trouve je suis paralysée.
J’en parle à la sage-femme, évidemment elle me répond que c’est normal. Je lui dis que je vais être incapable de pousser avec une jambe dans cet état. Elle me rassure en me disant que j’y arriverai !
Je tremble, j’ai froid, ça me gratte, c’est horrible ! Je déteste toutes ces sensations ! J’aurais préféré rester avec mes contractions même si je n’étais certainement pas au bout de mes peines.
Le monitoring affiche de très fortes contractions et vraiment bien rapprochées. On se dit que je n’aurais pas eu beaucoup de répit..;

A 4h, mon col est à 4 cm. Le travail avance bien, on a espoir que nos bébés naissent ici, par voie basse !

A 5 h, je suis à 7 cm ! La sage-femme nous dit qu’ils devraient naître vers 6 h. L’auxiliaire de puériculture arrive, elle prépare les kits pour la naissance de chaque bébé. Toutes les deux, elles nous expliquent comment se déroule une naissance de jumeaux par voie basse et ce qui va se passer pour les bébés. Elles nous parlent de potentielle néonat, couveuses…
Je me mets à pleurer. Les souvenirs de la naissance des trois gnomes remontent. J’ai vraiment peur. Je me dis que j’ai atteint 36 semaines et 4 jours, terme très correct pour des jumeaux ! Je refuse d’imaginer mes bébés dans des couveuses ! On leur explique qu’on préfère le peau à peau dans un premier temps plutôt que la couveuse. Elles semblent réceptives, tant mieux ! Je suis remplie d’émotions. J’ai vraiment peur de tout.

La sage-femme me dit qu’elle a prévenu mon obstétricien ! Il devait commencer sa journée à 8h mais au vu de la vitesse du travail, elle a préféré l’appeler plus tôt.
A 7h, il arrive enfin ! Je suis contente de le voir et rassurée de me dire que ce sera lui qui les fera naître ! Je lui souris et lui dis:

« Ah vous voyez, je vous ai attendu ! « 

A l’examen mon col est toujours à 7 cm. Il me dit qu’on peut se laisser encore du temps. Il repassera un peu plus tard !
A 8h, la sage-femme vient m’ausculter, j’en suis toujours à … 7 cm !

Je commence à me demander pourquoi le travail stagne comme ça. Sur le monitoring, les contractions s’espacent. Ça ne présage rien de bon mais je garde espoir.

A 9h30, l’obstétricien revient ! Je suis toujours à 7 cm. Il m’annonce alors qu’il ne veut pas prendre plus de risques, selon lui, on a assez attendu, il propose une césarienne.

Et vlan ! J’ai le sentiment à ce moment là de me prendre une grande claque !

Mais pourquoi ??? Tout se passait bien ! Et le premier bébé a bien la tête en bas ! La sage-femme nous a dit qu’à 6h ils seraient nés …
Il nous explique que mon utérus est très distendu du fait de la grossesse gémellaire, le premier bébé a donc encore la place de bouger. Sa tête n’est pas très grosse, elle n’appuie pas assez sur le col.

En pleurant, je fais un signe de la tête pour lui signaler que je suis d’accord. ( En vrai, je n’ai pas tellement le choix mais je montre quand même que je coopère.)
A ce moment précis, le personnel est très efficace. J’ai l’impression d’être au milieu d’une fourmilière. Chacun sait ce qu’il a à faire, tout va très vite. Je ne fais que pleurer. J’ai le sentiment d’avoir échoué. J’ai envie de rentrer chez moi, avec mon gros ventre pour revenir quelques heures en arrière.

Gweltaz m’embrasse et me dit qu’il me rejoint au bloc. Les infirmières m’emmènent.

J’arrive au bloc en larmes ! Ils m’installent, m’expliquent et me préparent. Je n’écoute pas vraiment ce que l’on me dit. Les produits qu’ils m’injectent me rendent moitié stone. J’attends Gweltaz mais il n’arrive pas.
Finalement le voilà ! En tenue de bloc ! Le voir comme ça me fait rire  ! J’avoue que ça lui va bien ! L’obstétricien arrive à son tour. Il me fait une caresse sur l’épaule et me dit que ça va aller ! Il me demande quelle musique je veux écouter ! A vrai dire, je n’ai aucune envie particulière, je le laisse choisir.

La sage-femme nous demande les prénoms des bébés. Je laisse Gweltaz répondre. Ça me semble tellement abstrait. Elle prépare donc 4 bracelets en fonction de l’ordre d’arrivée des bébés. Nous demandons à l’obstétricien de ne pas nous annoncer les sexes des bébés. Après 8 mois d’attente, notre seul souhait est de les découvrir ensemble.

Gweltaz me câline et me dit qu’il est fier de moi. Il me dit qu’on va enfin rencontrer nos bébés. Il est trop content ! Je le regarde et me dit « Ouai ça y est !  » L’anesthésiste vient me voir et me demande si ça va. « Ben oui pourquoi ça n’irait pas?  » Il me répond que l’incision est faite ! Dans très peu de temps nous découvrirons notre premier bébé !

Quelques minutes plus tard, l’infirmière baisse le champs et demande à Gweltaz de me tenir la tête pour que je puisse voir la naissance du bébé. C’est assez incroyable, nous le voyons sortir de mon ventre ! L’obstétricien le sort, et le lève bien haut face à nous:

« Une fille !!!!  » On pleure, trop contents. C’est Marthe ! Elle est née à 10h21 ! Moi qui ne pensais pas avoir une fille, je suis très émue et vraiment heureuse. Je regarde Gweltaz, tout ému lui aussi et rempli d ‘émotion. La sage-femme me l’amène près du visage, elle semble trop mignonne. Elle l’emmène rapidement en salle d’examen car il fait trop froid pour elle ici.

Une minute après, même scène. Baisse du champ, levé du bébé:

« Une autre fille !!!! » Whooooo la surprise est incroyable ! Je ne regrette vraiment pas d’avoir tenu bon et de ne pas avoir demandé les sexes. Deux filles, c’était vraiment le scénario improbable ! Je suis épatée de voir ce deuxième petit bébé et de me dire : « C’est Edith ! »

J’ai le temps de la câliner un peu. Ils l’emmènent. Gweltaz m’embrasse et suit les filles.
Je me retrouve seule au bloc. L’infirmière m’annonce qu’il faut compter environ trente minutes avant que je ne puisse sortir d’ici. Je regarde la pendule. Le temps me semble extrêmement long.
Je me répète plusieurs fois que dans mon ventre il y avait deux filles. Que maintenant, elles sont nées. Marthe et Edith. Oui, ensemble nous avons deux filles.

L’obstétricien m’annonce enfin que tout s’est bien passé, que mes petites filles étaient très toniques à leur naissance et qu’Edith est même née en tirant la langue ! Les infirmières m’emmènent en salle de réveil. Quelques secondes après, je vois Gweltaz arriver avec elles dans les bras. Je garderai cette image en tête toute ma vie je pense. Tout ému et trop fier de les avoir toutes les deux dans les bras. Il vient me les présenter et les pose sur moi.
Je prends du temps pour les observer car le temps de me recoudre, je me suis quand même demandé si elles étaient monozygotes…

Finalement non. Je vois de suite les différences. Marthe a des yeux en amande. Edith est très brune. Leurs cheveux n’ont pas la même implantation. Edith a une peau plus foncée. Marthe a un petit menton en pointe.
Je les trouve tellement belles. Je suis hyper fière de moi ! Elles sont là, avec nous ! Ça m’émeut beaucoup. Pas de couveuses, pas de néonat. J’ai tenu bon, la grossesse m’a épuisée et m’a fait souffrir mais vraiment, ça valait le coup !

Ce 2 janvier 2017, nous sommes enfin tous les 4.
Ce jour là, je suis devenue maman de 6 enfants !

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Quelle naissance pour des jumeaux?

Le thème que j’ai choisi d’aborder dans ce post me tient vraiment à cœur. Depuis que nous savons que nous attendons des jumeaux, la question de la naissance des bébés me fait beaucoup réfléchir.

J’ai commencé à étudier la question de l’accouchement bien avant de mettre un bébé en route. Ayant vécu deux accouchements totalement opposés, j’ai pris le temps d’analyser ce qui m’avait plu ou non et ce que je voudrais tenter de remettre en place ou non.

Zéphir est né normalement et assez rapidement. J’ai pu faire du peau à peau avec lui dès  sa naissance. C’était magique.

Pour Opale, Balthazar et Adémar, évidemment ça a été plus compliqué. Je voulais une naissance par voie basse mais au vu des risques, les spécialistes du CHU m’ont expliqué que ça ne serait pas possible. Finalement, je me suis battue jusqu’au bout, ils ont accepté de « revoir mon cas » mais Balthazar était en transverse et étant donné qu’il était le premier bébé à sortir, il n’y avait pas d’autre solution qu’une césarienne programmée. Finalement, je me suis mise en travail spontanément et assez prématurément, et ai été césarisée dans l’urgence. Les bébés, ont été emmenés directement pour les premiers soins. On ne peut pas dire que le lien se soit créé de suite. Je n’ai pas l’impression d’avoir accouché mais plutôt le sentiment que mes bébés m’ont été arrachés. Je n’ai pas pu les avoir un peu en peau à peau, j’étais seule au bloc, le papa les attendait dans la salle de soins, donc le côté magique de la naissance, on oublie. Ils sont par la suite, restés 6 semaines hospitalisés.

Pour cette grossesse, j’ai beaucoup réfléchi à ce dont j’avais envie parce que je pensais ne pas revivre une grossesse multiple et donc une naissance prématurée.  J’ai lu différents articles sur l’AVAC. (accouchement par voie basse après une césarienne). Dans ce cas de figure, il y a des risques de rupture utérine et bien souvent, les obstétriciens sont très vigilants. Je me suis dit que pour un bébé, j’avais toutes mes chances d’autant plus que Zéphir est né sans difficulté. Je me suis donc préparée à une naissance très peu médicalisée, et pour différentes raisons, sans péridurale !

Oui mais j’attends des jumeaux !

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Ma réflexion et mes envies ont été complètement bouleversées après cette nouvelle. Comme s’il fallait que je remette en cause tout ce qui me tenait à cœur. Je sais que les accouchements sont tous différents, qu’on ne peut jamais vraiment prévoir à l’avance ce qui va se passer mais je suis certaine qu’en préparant la naissance, les convictions que l’on a peuvent être entendues, écoutées, et respectées.

J’ai dû, dans un premier temps dire adieu à la petite maternité de ville à côté de chez moi qui aurait été tout à fait parfaite pour une naissance la plus physiologique possible. Ma spécialiste nous  a expliqué que l’on pouvait très  bien conserver l’inscription, qu’ils étaient à même de gérer une telle naissance mais qu’en cas de soucis pour un bébé (ou même les deux), il y aurait un transfert au CHU à prévoir.
Nous avons donc réfléchi à une maternité de niveau III. Au vu de ce que nous avons vécu au CHU, je ne me sentais pas capable de retourner là-bas. Nous avons donc choisi une maternité un peu plus loin où la voiture est de rigueur pour s’y rendre. (Pourvu que je ne me mette pas en travail à une heure de pointe…)

Je ne me sens pas réellement sereine. Je sais que les chances d’accoucher par voie basse pour une maman de jumeaux sont réduites. (1 chance sur 2) car différents facteurs peuvent faire pencher la balance. S’ajoute à cela, le problème d’une naissance par voie basse après une césarienne.  Y a-t-il plus de risques de mettre au monde des jumeaux après une césarienne ? Une cicatrice pour des triplés est-elle plus fragile que pour un seul bébé ? Et si je ne me mets pas en travail spontanément avant un certain terme, choisiront-ils de me césariser pour la simple et bonne raison que les déclenchements sont impossibles sur un utérus cicatriciel? Et alors est-ce que je ne peux accoucher naturellement que si le premier bébé est en position céphalique ? Vais-je de nouveau mettre au monde des bébés prématurés ? Vais-je encore être séparée d’eux  la naissance ?

Je vis donc actuellement avec de nombreuses questions qui restent sans réponses pour l’instant et qui, à mon avis ne pourront être éclaircies  qu’à la fin de ma grossesse ou même pas du tout.
Me voilà donc, dans le flou…

Je suis très inquiète à l’idée de potentiellement revivre une naissance prématurée. Alors oui je sais, des jumeaux, ce ne sont pas des triplés et les chances de les garder un peu plus longtemps au chaud existent réellement. Mais  je sais d’avance que je vais être hyper surveillée, qu’il y aura beaucoup de soignants dans la salle de naissance, qu’ils vont m’encourager à prendre la péridurale au cas où une césarienne en urgence doit être faite… Je suis bien évidemment consciente que la santé des bébés passe avant tout, mais j’avoue avoir beaucoup de difficultés à accepter que je n’aurai peut-être pas l’accouchement dont je rêve, et je sais d’avance que je vivrai très mal une nouvelle césarienne et tout ce qui s’y associe…

Je n’ai pas encore rencontré l’obstétricien de la maternité donc je n’ai pas encore pu poser toutes mes questions, je ferai donc certainement un nouveau post dans quelques temps si j’arrive à obtenir des réponses  à mes interrogations…