Je l’ai fait !

Quand on est parents de 6 enfants, forcément on ne vit pas la même chose que les familles avec deux ou trois bambins!

Depuis que Marthe et Edith son nées, je me retrouve régulièrement face à des dilemmes qui amènent toujours à répondre à ce questionnement : « Je le fais? » ou « Je ne le fais pas? »

Il me faut toujours beaucoup d’énergie et de sérénité dans les cas où je me dis « Allez, challenge : Je le fais ! « 

Cette année, Adémar et Opale ont travaillé sur un projet organisé par la ville qui invitait les classes nantaises intéressées à créer de grands cahiers autour de leurs différentes sorties en lien avec le thème proposé.

Il y a trois semaines, il y avait le vernissage de l’exposition. Les maitresses ont insisté pour que les enfants soient présents.

Point positif : Le lieu ( le parc le plus proche de chez nous ! )

Point négatif : L’horaire (18h, aïe c’est l’heure pourrie, au secours !)

J’ai tendance à être un peu psychorigide sur les horaires. Je sais à l’avance que si on rentre trop tard, ça va être compliqué de gérer le dîner des grands et des petites ! Sans parler de l’énervement des grands dû à la fatigue qui entrainera certainement un coucher un peu plus musclé par la suite !

Mais comment refuser d’aller à une exposition pour laquelle deux de mes enfants se sont impliqués sous prétexte que j’ai 6 enfants et qu’après une certaine heure tout devient plus compliqué dans la gestion du quotidien?

J’ai donc décidé d’y aller ! (Oui oui ! )

Évidemment pas sans une petite organisation à l’avance. J’ai demandé aux enfants que les douches soient prises avant d’y aller afin d’éviter de perdre du temps avec cette contrainte au retour !

Concernant les filles, l’organisation se basait essentiellement sur : « Laquelle va dans la poussette? Laquelle va dans l’écharpe? »

Mon raisonnement :

« Je peux mettre Édith en écharpe, comme elle n’a pas beaucoup dormi cet après-midi et qu’elle est assez inquiète dès qu’il y a trop de bruit, elle sera bien et pourra dormir sereinement. Je vais donc mettre Marthe dans la poussette. Oui, mais elle mange à 19h. Et si ça traine et qu’elle a faim pendant le vernissage, elle va crier…
Bon peut-être que je devrais inverser. Je peux éventuellement faire téter Édith avant de partir comme ça, je suis certaine qu’elle ne réclame pas! Je la pose ensuite dans la poussette, bien repue, elle peut dormir sans problème. Dans ce cas, Marthe va dans l’écharpe. Je sais d’avance que même si elle a un peu faim elle ne criera pas, elle patientera sans soucis contre moi. Bon ok ! C’est parti … »

« Les enfants on y va ! « 

« Ah bon? Déjà? Tu nous avais dit qu’on y allait pour 18h ! « 

« Oui oui mais Édith pleure, elle veut dormir, c’est maintenant ou jamais ! »

Ils se sont donc empressés de chausser leurs sandalettes pour partir.

Avant l’ouverture du portail je donne quelques recommandations. Je ne sais pas du tout comment ça va se passer mais ce que je suppose c’est qu’on va être nombreux, et comme j’ai toujours peur de perdre un enfant, je préfère cadrer les choses à l’avance.

« Vous restez à côté de moi. »

« On pourra aller jouer au parc?? »

« Vous restez à côté de moi, je veux vous voir, il y aura sans doute beaucoup de monde »

« On pourra aller avec nos copains? »

« Vous restez à côté de moi ! « 

Ils semblent être compréhensifs. On y va.

Quand on arrive sur place, comme je l’avais prévu il y a foule ! Mes grands retrouvent leurs copains, l’excitation de tous les enfants est palpable, je regrette, un peu, beaucoup d’être venue mais maintenant j’y suis, je respire et je reste calme.

J’essaie de discuter avec des mamans tout en essayant de garder les yeux sur les quatre grands qui courent dans tous les sens. Je ne vais pas les gronder, ils sont contents d’être avec leurs copains donc je les laisse profiter.

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18h : c’est l’heure! J’essaie de les rassembler. Opale est là. Elle refuse d’entrer voir l’expo tant que sa copine n’est pas là. Je lui explique qu’elle ne va peut être pas venir… Je lui demande d’aller chercher ses frères. Elle me dit « Non! » « Opale, avec la poussette je ne peux pas escalader les rochers pour aller les chercher, je te demande d’y aller avant qu’on ne rate l’ouverture.  » Finalement peu aidante, je réussis à appeler Zéphir qui ramène ses frères…

Ok j’ai les six, on entre voir l’exposition. Les allées sont incirculables avec une poussette, et les cahiers inaccessibles. J’arrive tout de même à me faufiler pour regarder celui d’Opale en me rendant bien compte que je n’arriverais pas à le regarder sereinement. Les grands se baladent entre les différents cahiers, je peine à les garder auprès de moi.

18h10 : L’élu déclare ouverte l’exposition puis crie aux enfants qu’ils peuvent aller boire un jus de fruits sur la terrasse à l’extérieur. A ce moment, tous les enfants courent au buffet, je vois mes quatre enfants passer sans avoir le temps de les interpeller. J’abandonne l’idée de regarder le cahier de la classe d’Adémar. Tant pis, je reviendrais le feuilleter un autre jour. Le chemin pour l’accès au buffet est impraticable en poussette, je fais alors tout le tour pour aller les retrouver. Zéphir vient me voir et me supplie pour aller jouer au parc.

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J’accepte en me disant que je vais très certainement le regretter.

A 18h45, nous sommes sur le chemin du retour. Je croise les doigts pour que Gweltaz soit rentré avant nous afin de m’aider à gérer les grands énervés et les petites affamées.

Dans tous les cas, j’ai réussi ! Je l’ai fait ! J’ai osé, j’ai galéré, je n’ai pas profité mais ça valait le coup parce que quand même, il faut bien le dire: mes enfants étaient contents !

(Et pour la petite info, Gweltaz est arrivé cinq minutes après nous ! OUF ! )

 

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Les premières nouvelles après une longue absence !

Je n’ai pas écrit sur mon blog depuis plusieurs mois. Notre vie à 8 occupe toutes mes journées et j’avoue avoir du mal à m’octroyer des moments de répit. Le rythme est intense et soutenu, j’ai hâte que les vacances arrivent afin que les enfants se reposent et que notre quotidien soit moins militaire. Pour mon retour, j’ai donc préparé un article résumant les temps forts depuis la naissance de Marthe et Edith.

JANVIER

Mon retour à la maison a été épuisant. Le jour de ma sortie, les 4 grands étaient malades. Gweltaz est venu à la maternité nous chercher pendant que sa mère gardait mes enfants. Il m’a déposée avec les filles et est retourné travailler. Je me suis retrouvée seule avec mes 6 enfants, dont 4 malades sur qui je veillais, afin qu’ils ne contaminent pas les filles.
J’avais encore du mal à marcher et le simple fait d’égoutter des pâtes pour le repas du soir m’a demandé un effort considérable. A ce moment là, j’ai cru que je n’y arriverais jamais.

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Finalement, les jours ont passé et j’ai trouvé mon organisation. Je ne suis pas sortie de chez moi pendant plusieurs semaines. Gweltaz déposait les grands à l’école le matin et les aides à domicile les ramenaient l’après-midi ! Je tournais un peu en rond mais c’était quand même appréciable de ne pas avoir à sortir les bébés.

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FEVRIER

Ce mois a été ponctué par les pleurs du soir. Je ne me souvenais plus avoir vécu ça pour les quatre grands. Pour les filles, j’ai trouvé cette période super difficile. Elles commençaient à pleurer vers 18h et cessaient vers 22H. Nous n’avions pas vraiment de moment pour nous parler. On peut le dire, les premiers temps avec des multiples sont quand même difficiles. Mais finalement ça ne dure pas très longtemps !

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(Oui oui elles dorment ! Mais sur nous… )

Et puis comme nous n’avions pas assez de choses à gérer nous avons décidé d’acheter… une maison !

Nous avons profité du congé paternité de Gweltaz mi février pour faire des visites. Nous savions exactement ce que nous voulions: une grande maison avec de préférence beaucoup de travaux afin de la refaire en fonction de nos besoins.

Dans notre quartier, les biens à vendre sont très rares. Il a donc fallu accepter l’idée de le quitter et de s’éloigner un peu du centre-ville.
Nous avons rapidement trouvé la maison parfaite pour nous 8. Les travaux sont très conséquents mais ce projet nous emballe beaucoup !

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Pendant le congé paternité de Gweltaz, j’ai aussi pris la décision de stopper la venue des aides à domicile. Je me débrouille très bien toute seule en journée et je commence à avoir envie de retrouver ma vie normale. Je préfère faire les choses à mon rythme plutôt que de solliciter quelqu’un qui va me demander sans cesse ce qu’il y a à faire.

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(« Mais maman, il n’y a même plus de yaourts à la vanille !  » Alors oui, bien sûr, il a fallu un peu de temps avant que l’on trouve notre organisation… )

Je sens aussi que les enfants en ont marre des aides. Elles sont très exigeantes avec eux et ne leur parlent pas gentiment. Je ne comprends pas l’intérêt de payer des personnes pour m’aider dans la gestion des enfants si elles ne sont pas patientes avec eux. Finalement, cette décision m’a libérée d’un poids et nous avons très vite retrouvé nos habitudes.

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MARS

Le mois où Marthe a décidé de faire ses nuits !

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Le mois où les pleurs du soir ont cessé !

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Le mois où les beaux jours arrivent et les sorties commencent à être possibles.

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Le mois où nous pouvons enfin les poser un peu. Marthe commence à sourire, on craque, elles sont si mignonnes…

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Le mois aussi où il a fallu travailler sur les plans de la maison et surtout trouver des stratagèmes pour s’octroyer des moments de réflexion:

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AVRIL

Nous avançons sur notre projet de maison. Gweltaz prend une semaine de vacances pour rencontrer des entreprises pour les travaux. ( Car cette fois-çi, nous n’allons rien faire ! )
Sa semaine est donc très chargée. Mais c’est pour la bonne cause ! A coté de ça, l’appartement a été mis en vente. Nous négocions directement une vente longue afin d’y rester jusqu’à la fin de nos travaux. Gweltaz pense que nous pourrons emménager fin décembre. Nous avons trouvé des acheteurs en quinze jours !

Les filles, elles, ont 3 mois !

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Elles grandissent comme des petits champignons ! Lors de la visite mensuelle avec le médecin, il nous alerte sur les yeux d’Édith. Il trouve qu’elle a les yeux globuleux et selon lui c’est inquiétant. Depuis quelques temps nous avons des doutes sur sa vue. Elle ne sourit pas. Et le problème avec des multiples c’est que les comparaisons sont vite faites. Marthe sourit depuis plus d’un mois. Elle suit bien du regard. Édith ne capte pas grand chose. Nous avons rendez-vous chez un ophtalmo trois jours plus tard.

Finalement nous avons très vite été rassurés. Ses yeux sont normaux. Ni trop gros ni globuleux ! Sa vue est encore en développement. Il faut lui laisser du temps. Par principe elle nous prescrit des examens plus poussés. Nous décidons de la laisser tranquille pour l’instant. Quelques jours plus tard, elle nous souriait. Ouf, elle voit ! Quel soulagement !

MAI

Le mois du changement ! Les filles évoluent très vite. Elles rient aux éclats, commencent à se retourner, attrapent des objets, et pleurent beaucoup moins.

Édith ne fait toujours pas ses nuits mais nous gardons espoir. Un jour, ça arrivera !
Nous décidons de partir quatre jours à la mer avec les 6 enfants. On ne sait pas vraiment si tout va bien se passer en dehors de chez nous mais on se dit que ça nous fera beaucoup de bien ! Effectivement, il fait beau, il fait chaud, les enfants se baignent et profitent vraiment de ces moments de détente.

Cette petite escapade nous fait prendre conscience à quel point il était temps que l’on achète une maison ! Un jardin avec autant d’enfants, ça va être super !

JUIN

Ce mois ci nous devions signer l’achat de la maison. Mais le vendeur est décédé. C’est ce qu’on peut appeler une tuile. Il faut maintenant que le notaire gère la succession avant de s’occuper de la vente… A priori, ça ne devrait pas être trop long, nous signerons début juillet si tout va bien.
Ça va me laisser du temps pour rencontrer la directrice de la nouvelle école des enfants et décider du sort de ma triple team car dans cette école l’année prochaine, il n’y aura que deux classes de CE2. J’aimerais enfin pouvoir les rassembler. Ça fait deux ans qu’ils sont dans des classes différentes malgré moi, et vraiment, je trouve ça très compliqué à gérer. On verra donc ce qu’elle en pense…

Les liens entre les six enfants deviennent de plus en plus forts. Comme les filles sourient, gazouillent et rigolent, les grands passent beaucoup de temps à jouer avec elles. C’est vraiment de jolis moments à regarder…

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Les filles, de leur côté, ont commencé la diversification.

Ça a été une grande étape pour moi. Je ne me sentais pas tellement prête à commencer. J’imaginais la charge de travail supplémentaire au quotidien alors que clairement les biberons et les tétées, c’est si simple… Finalement, elles semblent apprécier les purées, alors je suis contente. On ne force pas, elles augmentent tout doucement leur quantité journalière, c’est parfait !

Concernant les grands, le mois de juin est celui de la fatigue, du gala de patinage, des pique-nique et de la classe de mer d’Opale ! Mon cerveau est rempli de petites choses à penser, organiser, gérer, … La zen attitude me permet peut-être de réussir à relativiser et à faire les choses dans l’ordre afin de ne rien oublier !

Évidemment, comme nos journées sont trop calmes, nous sommes passés par un épisode de maladie qui a touché 5 enfants sur six. Opale a été épargnée et bien heureusement car sinon, elle n’aurait pas pu partir en classe de mer. Les filles ont vécu leur première maladie, nous avons enchaîné plusieurs nuits sans trop dormir et bien sûr, j’ai dû faire trois tours chez le médecin en une semaine ! A priori nous sortons de cette période pénible, ouf !

Voilà pour le premier post depuis plusieurs mois. Je vais tenter de reprendre le rythme des articles réguliers !

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Autonomie et organisation du quotidien!

L’autonomie et l’aide à la maison sont deux aspects travaillés quotidiennement dans notre famille. Je me questionne et me remet régulièrement en questions sur ces deux points.

Selon nous, il est important que les enfants aident au quotidien afin que nous ne soyons pas les seuls à ranger nettoyer et faire tous les gestes parasitants inhérents à la gestion d’une famille nombreuse. Nous pensons qu’il est important qu’ils se rendent compte qu’entretenir un lieu dans lequel nous sommes 6 à vivre est un travail de tous les jours et que le respect de la propreté des pièces est donc primordial.

Oui mais à leur âge, que peut-on leur demander de faire et quelle autonomie peut-on attendre d’eux ?

En terme de rangement, il y a des choses qui sont acquises:

  • Chacun met ses habits sales dans le panier à linge,
  • Ils rangent leurs manteaux et leurs chaussures dans le placard,
  • Ils ne déballent pas de jeux dans le salon (ou alors à titre exceptionnel et sous condition de ranger après),
  • Ils nettoient le lavabo après avoir craché du dentifrice partout,

Et j’en passe…

(Bon je ne dis pas que parfois on ne doit pas répéter mais en général, c’est pas mal du tout !)

Après, il y a des choses qu’ils font mais qui ne sont pas encore systématiques. Mettre et débarrasser la table, débarrasser le lave-vaisselle, faire la vaisselle, nettoyer la cuisine, passer l’aspirateur et la serpillère, ranger les courses, aider à la préparation du repas, étendre, plier et ranger le linge, changer leurs draps, ranger leur chambre spontanément, mettre leurs mouchoirs dans la poubelle,…

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Concernant l’autonomie, j’ai l’impression qu’on ne se débrouille pas trop mal mais finalement je ne me rends pas vraiment compte.

Ils préparent leur petit-déjeuner (et font même chauffer leur lait à la casserole !), ils se lavent, se coiffent et s’habillent ! Opale a un coin douche dans sa chambre. Je n’interviens plus du tout. Elle gère l’eau sans gaspiller, se lave correctement les cheveux, met régulièrement sa serviette à laver, nettoie sa petite salle de bain, pense à aérer sa chambre après et apporte régulièrement son linge sale près de la machine! C’est top!

Après dîner, ils vont brosser leurs dents et filent dans leurs lits. Un temps de lecture est accordé jusqu’à 19h35. Bien souvent, Zéphir et Balthazar sont vraiment dans l’énervement après le repas et se bagarrent dans la salle de bain. Leur temps de lecture est donc considérablement réduit. Mais Opale et Adémar en profitent et éteignent leur lumière quand ils voient que l’heure de lecture est terminée.

Concernant les sorties, ils ont chacun un sac à dos avec leurs objets personnels, je ne porte rien pour eux ! Quand on va à la plage, à la piscine ou à la patinoire, ils se débrouillent avec leurs affaires. Je vérifie simplement qu’ils n’oublient rien.

Adémar fait presque ses leçons seul. Je vérifie toujours mais il se débrouille très bien sans moi.

J’ai le sentiment que parfois j’attends beaucoup d’eux. Sans doute parce que j’estime qu’à l’âge qu’ils ont ce n’est plus à nous de tout faire et que dans une famille nombreuse, il faut que chacun participe et y mette du sien pour que tout se passe bien.  Mais comment savoir si je leur en demande trop ? D’un côté je me dis que ce sont des enfants, qu’ils ont le temps d’apprendre tous ces gestes mais d’un autre, si on n’avait pas encore établi de règles, ils ne feraient vraiment rien à la maison…

Chacun chez soi et les moutons seront bien gardés !

Aujourd’hui, j’ai décidé d’aborder le thème de la chambre partagée pour les enfants.
Selon moi, ce n’est pas gênant que les enfants partagent leur chambre, mais pour que tout se passe bien, il faut veiller à ce que l’organisation permette à chacun une certaine intimité.

Nous avons la chance de vivre dans un appartement avec 5 chambres plutôt grandes. Quand nous avons emménagé nous avons choisi de garder une chambre libre pour « le bébé » à venir et de rassembler Adémar et Balthazar. Zéphir et Opale eux, ont des chambres individuelles. Les bébés partageront aussi leur chambre.

L’organisation de la chambre d’Adémar et Balthazar était telle, que nous nous sommes vite rendus compte que ça n’allait pas fonctionner. Leur lit superposé était contre un mur, leurs bureaux plutôt proches et un grand espace pour jouer au milieu avait été crée.

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Sauf qu’avec un enfant très organisé et un autre plutôt désordonné, on sentait qu’Adémar n’arrivait pas à se sentir bien. Finalement, cette chambre était comme un grand open space où tout le monde pouvait rentrer à sa guise, mettre le bazar et repartir comme si de rien n’était. Il y avait une sorte d’injustice par rapport à Zéphir et Opale qui, non seulement avaient chacun leur chambre mais qui, en plus, avait réussi à instaurer des consignes pour ne pas que les autres entrent dans leurs chambres sans autorisation.

Il y a dix jours nous nous sommes donc mis à réfléchir à des idées pour que chacun trouve sa place (enfin disons que c’est surtout Gweltaz qui a dessiné l’idée du siècle). Nous avons profité d’un week-end à deux pour qu’il s’occupe du réaménagement et de la création des meubles sur mesure. Le lit est désormais au milieu de la pièce (même si ça réduit un peu l’espace de jeu), ce qui permet à chacun d’avoir son coin. Gweltaz a crée une bibliothèque sur mesure pour cloisonner les espaces. Ils ne peuvent donc pas se voir quand ils sont chacun de leur côté.
Après un week-end entier de boulot, nous étions très contents du résultat final. Après dix jours de réorganisation, les gars sont toujours aussi heureux de leur nouvelle chambre. Adémar s’y retrouve mieux, son coin est très rangé et peut le rester puisque personne n’a le droit d’y entrer. La chambre n’est plus la salle de jeux commune à tous, et dorénavant, pour faire un jeu de société, ils se mettent d’accord sur le lieu puis rangent quand ils ont terminé. L’énervement général est aussi moins présent puisqu’ils peuvent prendre le temps de faire des activités personnelles. La lecture y est favorisée, les activités manuelles aussi et ils ont la possibilité de s’isoler si besoin!

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Attribuer des parrains et des marraines? Je dis oui!

Avant de choisir des parrains et marraines pour mes enfants, je me suis longuement questionnée sur différents aspects. Que va leur apporter cette relation ? Est-ce que les heureux élus sauront dire non s’ils n’ont pas envie d’endosser ce rôle ? Et justement, quel rôle leur attribuer ? Qu’est-ce que moi j’attends d’eux ? Mais en fait, est-ce que j’attends vraiment quelque chose ?

C’est la question qui a tourné dans ma tête un moment. Je n’ai jamais eu envie de me sentir déçue par telle ou telle relation. J’estime que chacun est libre de créer avec l’enfant la relation qui lui convient et je pense qu’il ne faut rien imposer.  J’ai donc décidé que je n’attendrais rien. Je donne simplement la chance à mes enfants de créer quelque chose de spécifique et unique. Sans leurs frères et sœur. Une relation qui ne regardera qu’eux, qui sera personnelle et privée. Une façon de se sentir un peu privilégié.

Finalement, assez rapidement après la naissance d’Opale, Balthazar et Adémar, nous avons décidé de faire confiance à 8 personnes pour prendre leur place auprès d’eux. Le choix n’a pas été fait au hasard. Nous avons forcément couplé famille et amis par enfant. Nous avons organisé une cérémonie en mairie puis une belle fête pour l’occasion parce  que je trouvais ça important de marquer le coup.

Mes enfants auront 7 et 8 ans le mois prochain, quel est le bilan des choix que nous avons faits pour eux ?

Je trouve que l’attribution de parrains et marraines est une grande réussite chez nous. J’ai le sentiment qu’avec des multiples, c’est une démarche qui a tout son sens. Je sépare très peu mes enfants. Et finalement, j’ai compris que ça leur permettait de se forger une identité personnelle encore plus forte. Depuis leur naissance, je travaille sur l’épanouissement personnel de chaque enfant, sur leur différenciation, tout en gardant ce lien précieux qu’ils  ont entre eux  et le fait d’avoir un parrain et une marraine apporte à chacun un petit quelque chose que les autres n’ont pas !  Depuis quelques temps on se rend vraiment compte de l’importance de ce lien. Je ne parle pas de cadeaux mais de ce qu’il y a au-delà. Les relations qui se créent  et qu’ils cherchent à construire par tous les moyens.

Balthazar, par exemple, voit très peu sa marraine. Elle habite à plusieurs heures de route. Le lien avec elle s’est construit  via des cartes et des lettres. Il en reçoit régulièrement. Il les lit et les relit avant de s’endormir (il finit d’ailleurs par les connaître par cœur)  et de temps en temps décide de lui écrire lui aussi.

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Opale, elle, voit aussi peu son parrain. Mais elle y pense beaucoup et en parle souvent. Alors quand un colis arrive, ses yeux s’illuminent, c’est incroyable ! Il n’y a pas très longtemps, nos nous sommes retrouvés à l’occasion d’une fête. Je crois qu’elle ne l’a pas quitté une minute…

Adémar, lui, reçoit régulièrement des cadeaux, des cartes, va dormir chez son parrain, part en balade à la journée avec sa marraine et a même droit à des cahiers  photos après la sortie. Aux yeux des autres, il semble être le plus chanceux, il est assez envié.

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Et Zéphir, c’est plus particulier, Gweltaz étant son parrain, il trouve complètement injuste le fait de ne pas pouvoir aller dormir chez lui. «  Oui mais Zéphir tu vis avec ton parrain, c’est quand même génial non ? »  Bon à priori à ses yeux ce n’est pas si génial…

Nous avons pris le temps de discuter et de réfléchir à ce que l’on voulait mettre en place pour nos deux bébés. A voir, la façon dont parlent les enfants de leurs parrains et marraines  nous étions certains  de leur offrir aussi cette chance. Les choix  ont été évidents, nous avons très vite su à qui on allait demander. Oui, parce que la demande est importante. Il faut que les personnes concernées soient à-même de refuser la proposition s’ils n’ont pas envie d’endosser ce rôle.

Mais alors, quand faut-il leur en parler ? Avant ou après la naissance ?

Je suis marraine de 2 petites  filles. Pour l’une d’elle, j’ai reçu une très belle demande, pleine d’amour, avant sa naissance. J’ai adoré suivre la grossesse, acheter des cadeaux en avance, réfléchir à ce que je voulais mettre en place avec elle. Avec du recul, je ne sais pas si je suis une bonne marraine mais j’essaie de faire en sorte qu’il y ait des échanges afin qu’un jour, si besoin, ces deux petites filles soient à-même de venir me voir ou me parler en toute confiance.

Nous avons donc décidé de faire la demande officielle avant la naissance des bébés. Et pour bien faire les choses, un soir, nous avons procédé à un tirage au sort pour savoir qui allait être le parrain ou la marraine du premier bébé né, et même chose pour le second…

Ce que j’espère c’est que toutes les personnes impliquées dans cette aventure s’épanouiront et que nos bébés profiteront de cette chance autant que les plus grands!

La suite, dans quelques mois…

La question des leçons.

Avant l’entrée en CP d’Opale, Balthazar et Adémar, j’ai longtemps réfléchi à l’organisation qu’il fallait que l’on adopte pour les aider à faire leurs leçons dans les meilleures conditions possibles.

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Selon moi, ce qui était le plus judicieux, c’était qu’il soit dans la même classe. Je m’imaginais les asseoir autour de la table de la cuisine afin de favoriser l’échange, l’entraide et la mémorisation. Je me disais qu’on gagnerait du temps et j’avais envie au fond de moi que ma vie soit légèrement simplifiée.

Mon souhait n’a pas été entendu  mais finalement les enfants étaient contents d’être dans des classes séparées. Alors nous nous sommes armés de patience afin que chaque enfant puisse évoluer à son rythme et s’adapte le mieux possible aux différentes méthodes  adoptées par leurs enseignantes.

Le CP a été compliqué, comme je l’imaginais. Nous avons dû faire attention à ne pas rater les jours de sport de chacun (avec au programme pour certains, piscine et patinoire), les sorties et les pique-nique à prévoir, les réunions parfois aux même heures,…  Concernant les leçons j’ai tenté d’établir des règles. Dans l’appartement que nous habitions, la salle à manger, dans laquelle nous nous installions, était centrale et dès que nous essayions de nous concentrer avec un enfant, nous étions  interrompus  par les autres.
Il y avait souvent des bagarres dans une autre pièce, celui qui était dans la douche oubliait d’en sortir, un autre voulait poser une question, avait besoin d’aide pour quelque chose de très urgent,…

Depuis que nous avons déménagé, c’est un peu plus  simple. On fait les devoirs dans les chambres. Je commence par celui qui semble le plus disposé à être efficace et puis je navigue dans les autres chambres. J’ai tenté différentes organisations, mais je me suis vite rendue compte que ce qui fonctionnait le mieux c’était le fait de faire les leçons dès la fin du goûter. ( Au risque sinon, d’avoir des enfants bien énervés et impossible à reconcentrer…). Alors même si, malgré les règles , nous sommes toujours très régulièrement interrompus, la concentration est présente et les enfants réussissent à faire leurs leçons dans de bonnes conditions.

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Maintenant, je ne cache pas que cette tâche est difficile et très contraignante. Je trouve que les devoirs en CE1 et CE2 sont conséquents. Je compte minimum 1 heure pour faire les leçons de tous les enfants.  Souvent, on y passe plus de temps. J’aime débloquer les interrogations et incompréhensions qu’ils peuvent rencontrer. Mais ça demande beaucoup d’investissement et de mon côté et du leur. Parce qu’évidemment, ça arrive qu’ils n’aient pas envie, plus envie de se concentrer et d’effectuer du travail scolaire et moi ça m’arrive de ne pas trouver la patience nécessaire afin que ça se passe bien. Globalement je les trouve volontaires. Je suis fière d’eux. Et quand je sens un découragement, je les aide à reprendre confiance.

En tout cas, je me suis rendue compte que sans règles établies à l’avance pour passer un moment avec chacun au calme, le travail n’était pas efficace. Alors d’un côté, le phénomène multiple force l’autonomie mais d’un autre, on ne peut pas se permettre de leur demander de faire leurs leçons seuls. Et je pense que la difficulté va être présente un bon moment encore.

Je crois qu’il n’y a pas de façon unique de gérer cette question. Les enfants sont tous différents, les rythmes aussi. Faut-il savoir s’adapter et réfléchir à de nouvelles règles si celles mises en place ne fonctionnent plus. La conclusion est que le quotidien avec des multiples amène régulièrement des questions de réajustement et d’organisation inhérentes à la vie des familles nombreuses qui semblent à la base, si naturels et si simples.