3- Hélène, maman de jumeaux de 4 ans!

Hélène a 39 ans et est maman de 2 garçons monozygotes, Camille et Valentin qui ont 4 ans et demi.

image2Crédit photo: Xavier Lecointe

Elle est investie dans l’association Jumeaux et Plus et a accepté de partager son expérience de maman de jumeaux sur mon blog.

Voici son histoire:

Comment as-tu découvert ta grossesse multiple?

Lors d’une écho pour valider la grossesse mais vu les sensations, j’avais dit à mon mari qu’il n’y en avait plus qu’un. même si j’en étais intimement persuadée, l’émotion était là pour nous 2 quand nous avons vu l’écran.

Comment s’est déroulé ton suivi de grossesse?

C’était une grossesse monochoriale-biamniotique (1 placenta, 2 poches) donc le suivi était tous les 15 jours.

A environ 3 mois de grossesse le STT (syndrôme transfuseur-transfusé) a été décelé, une opération au laser a été pratiquée ce qui a engendré une échographique hebdomadaire jusqu’à la fin de la grossesse.

Nous avons vécu aux rythmes des alertes et des bonnes nouvelles jusqu’à la fin. Une grossesse éprouvante physiquement et psychologiquement mais j’ai été bien entourée ce qui m’a aidée à tenir.

Raconte-nous la naissance de tes enfants.

J’ai été hospitalisée la veille de leur naissance pour tenter d’arrêter les contractions mais la poche des eaux s’est rompue à 3h du matin.

A cause de produits qui m’avaient été administrés pour tenter de stopper les contractions, le travail fut un peu long.

.Ils sont arrivés à 16h puis 16h05. J’ai pu accoucher par voie basse ce qui n’était pas gagné : ce n’est pas préconisé dans le cas d’une opération au laser.

La salle de césarienne était prête mais je voulais à tout prix l’éviter. Au moment d’accoucher, le premier donnait des signes de fatigue, il fallait y aller.

Ils ont installé les étriers puis les ont retirés. Ma voisine a fait une hémorragie de la délivrance au même moment.

C’était la panique pour nous mais aussi pour l’équipe.  Il a fallu appeler du personnel en urgence et j’ai finalement accouché avec une équipe réduite.

Camille est directement parti avec le pédiatre car il avait un peu de mal à respirer mais c’est rapidement rentré dans l’ordre.

Valentin est arrivé « coiffé » : dans sa poche de liquide amniotique. J’ai pu l’avoir quelques minutes sur moi avant qu’il rejoigne son frère dans la couveuse.

Ils sont arrivés à 32Sa + 4. Certes trop tôt mais une jolie victoire pour moi. J’ai failli accoucher de nombreuses fois dès 25 SA.

À 4 jours près, ils ne sont pas « grands prémas »

 Peux-tu nous décrire ton séjour à la maternité?

Le CHU était déjà une seconde maison depuis l’annonce de ma grossesse.

Entre les Échos, les monitorings, le laser, les hospitalisations, j’y venais entre 1 et 3 fois par semaine. J’ai plutôt bien vécu cette période même si je n’étais pas au même étage que mes bébés. Ce fut plus dur de rentrer sans eux au bout d’une semaine. Ils sont restés 1 mois en néonatalogie.

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 As-tu allaité ou as-tu donné le biberon?

Les 2 ! J’ai tiré mon lait pour le donner à la sonde puis au biberon car ils n’avaient pas la force de téter au départ. J’ai tenu 2 mois avec mon lait exclusivement puis on a fait un mixte, ce qui a engendré la fin de ma lactation.

 Peux-tu nous dire quelques mots sur les premiers mois avec les bébés?

L’impression d’une bulle temporelle, j’en ai un très bon souvenir.

J’ai passé 8 mois et demi non stop avec eux, et j’ai adoré voir les progrès jours après jours. Malgré la prématurité, ils n’ont eu aucun soucis de santé. Seul passage compliqué, vers 3 mois, ils ne faisaient toujours pas leurs nuits. A cause de la fatigue, je suis tombée d’épuisement dans l’escalier et je me suis cassé le bras. Mais ils ont dû ressentir ma fatigue car 15 jours après ils faisaient leurs nuits !

 As-tu repris le travail à la fin de ton congé maternité?

Oui j’ai repris en 4/5ieme quand ils avaient 8 mois et demi.

 Tes multiples sont-ils ensemble ou séparés à l’école?

Ce choix est-il le vôtre, celui des enfants ou a t-il été fait par le personnel enseignant?

Si tes enfants ne sont pas encore scolarisés, as-tu déjà des souhaits?

J’ai choisi une toute petite école qui n’a que 2 classes (PS -> CP et CE1->CM2).

Je ne voulais pas que l’on m’impose une séparation! Il y a d’ailleurs beaucoup de jumeaux dans cette école! L’inconvénient c’est que si ça devient nécessaire, nous devrons les changer d’école.

 Comment se passe la gestion de ton quotidien depuis que tu as des multiples?

Ce n’est pas les multiples qui changent mon quotidien mais le fait d’avoir des enfants! Je suis passée de 0 à 2 enfants d’un coup donc à moi la joie des lessives, des repas et des courses. Les multiples m’ont surtout apportée la joie de découvrir l’association Jumeaux et plus qui m’a beaucoup aidée pendant la grossesse.

J’ai donc choisi de m’y investir quand j’ai sorti la tête de l’eau.

Ça fait maintenant presque 4 ans que je suis au CA.

 Qu’est ce que t’a apporté le fait de devenir maman de multiples?

Le fait de ne plus avoir de prénom : je suis la maman des Jumeaux  !

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 Avec le recul que tu as, quelle est la chose la plus difficile selon toi?

Accepter le fait que je compte moins que leur frère à leurs yeux.

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Crédit photo: Xavier Lecointe

Merci beaucoup Hélène pour ton témoignage !

Si vous voulez participer, envoyer-moi un mail à :

trottinettesetturbulettes@gmail.com

 

 

2 – Erika, maman de jumeaux de 17 mois !

Erika a 34 ans et est maman de trois enfants : Arthur, 6 ans et Iris et Gabriel, 17 mois.

J’ai rencontré Erika il  a quelques mois. Elle m’a laissé un message sur mon blog quelques semaines après sa création.

Elle était enceinte de jumeaux prévus pour le 4 février 2017. Le terme de ma grossesse était le 5 février 2017. Nous accouchions dans la même clinique et les sexes des bébés restaient inconnus jusqu’à la naissance pour nous deux.

Beaucoup de points communs au départ pour qu’une belle amitié naisse entre nous.

Elle a été d’un soutien rare.

Depuis notre rencontre, nous nous parlons tous les jours (ou presque !).

Alors c’est tout naturellement qu’elle a accepté de répondre à mes questions avec un joli récit décrivant son parcours.

Voici son histoire:

Comment as-tu découvert ta grossesse multiple ?

La découverte de ma grossesse multiple n’a pas été réellement une surprise. En effet, après 3 ans de tentatives infructueuses nous avons eu recours à une FIV. Lors du transfert, mon gynécologue a positionné 2 embryons pour multiplier les chances de réussite.

Nous imaginions qu’un embryon allait peut être se développer mais deux, ça nous semblait complètement improbable!

12 jours après le transfert des embryons, je fais une prise de sang afin de vérifier si une grossesse est en cours. Je n’avais absolument aucun symptôme (exceptés quelques tiraillements en bas du dos), donc peu d’espoir. Alléluia!! Prise de sang positive! Je suis au travail au moment où je l’apprends, les résultats arrivant sur ma boite email. Je dois donc contenir ma joie et rester concentrée à mon travail (autant dire impossible !).

Lors de l’écho de contrôle ( J’étais assez pessimiste en y allant, en me disant qu’il y aurait sans doute un problème car nous cumulions les mauvaises nouvelles depuis quelques temps), j’ai bien vu 2 gros œufs sur l’écran qui était devant moi ! J’ai demandé à l’échographe de suite car j’étais impatiente de savoir si j’interprétais bien l’image. Il m’a bien confirmé qu’il y avait 2 embryons en développement. J’ai tout de suite prévenu Maxime qui n’avait pas pu m’accompagner!

Très grande joie pour nous!

Nous avions imaginé notre famille avec 3 enfants et au vu des difficultés rencontrées, nos espoirs diminuaient et nous pensions que jamais cela ne serait possible.

Comment s’est déroulé ton suivi de grossesse ?

Mon suivi de grossesse s’est bien passé. J’ai passé mes échos et fait mes prises de sang mensuelles à la polyclinique.

J’avais aussi pris contact avec les sages-femmes (cabinet de Vallet) qui m’avaient accompagnée pour Arthur. Bénédicte, très douce et à l’écoute venait à la maison toutes les semaines à partir du 6ème mois de grossesse pour faire un monitoring.

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(5 mois et demi de grossesse)

Ce moment privilégié avec elle me permettait également de lui poser toutes mes questions, et nous échangions sur différents sujets que je n’osais pas toujours poser/aborder avec mon gynécologue. En effet, c’est un « personnage » qui parle peu, et reste très succinct dans ses réponses. J’avais toujours peur de lui poser des questions ridicules… C’était plus facile et naturel avec Bénédicte.

J’ai également participé à quelques cours de préparation à l’accouchement avec 2 autres mamans pour qui c’était la 2ème grossesse comme moi.

J’avoue m’être désistée à plusieurs reprises, n’ayant pas le courage d’y aller car des douleurs et des contractions étaient présentes.

A ma visite du 6ème mois, mon col était légèrement ouvert, du coup il fallait que je limite au maximum mes déplacements en voiture. Puis, nous avons diagnostiqué chez moi une cholestase gravidique (maladie du foie liée à la grossesse qui entraine de fortes démangeaisons), qui a engendré un déclenchement précipité de mon accouchement.

Raconte-nous la naissance de tes enfants.

J’ai toujours dit que je ne voulais pas que mes enfants naissent à noël ! Étant moi-même du 25 décembre.

Bingo, le 23 décembre mon gynécologue m’appelle pour me dire que ma prise de sang est mauvaise et qu’on va provoquer mon accouchement! Il nous demande de venir rapidement à la clinique pour nous en dire plus.

J’étais exactement à 35 semaines et 3 jours de grossesse. Je m’étais fixée pour objectif d’atteindre 36 semaines. J’y étais presque….

Nous arrivons assez détendus à la clinique vers 18h30/19h et là le gynéco nous explique la situation : « Bon, votre cholestase gravidique devient trop importante il y a un risque de perdre les bébés. Je recommande donc de vous accoucher dès demain matin  avec contrôle monitoring toutes les 2h cette nuit! »

Il nous explique qu’il y a un risque que les bébés ne respirent pas tout seuls à la naissance puisqu’à 35 semaines les poumons ne sont pas encore tout à fait formés. Qu’en cas de faiblesse respiratoire, ils pourraient être transférés au CHU de Nantes car la polyclinique est équipée pour recevoir les bébés à partir de 34 semaines seulement si aucune pathologie particulière n’est détectée à la naissance.

Nous sommes un peu retournés par cette nouvelle mais tellement euphoriques à l’idée de voir nos bébés (bien mérités). J’ai hâte que les souffrances de grossesse cessent!

Je pense que nous ne nous rendions pas trop compte des risques à ce moment-là.

Le samedi 24 décembre à 7h30 je me rends en salle d’accouchement, et on me perfuse de l’ocytocine afin de mettre en route le travail. C’est noël, les équipes sont réduites et tout le monde parle de son réveillon.

Mon gynécologue censé être en vacances revient exprès pour moi ce jour-là. Tout se passe plutôt bien et je suis surprise de la rapidité du travail. A 13h30 je suis prête à pousser mais on me dit d’attendre car le gynéco est à la cafet’ (pause dej’ oblige).

A 13h57 Gabriel pointe le bout de son nez, il pèse 2.090 et mesure 45 cm.

A 14h, c’est au tour de Mlle Iris, 2.100kg et 45cm.

Gabriel nait la tête la première et pleure immédiatement, on le met sur moi.

Iris arrive en siège et est un peu secouée car je n’ai pas poussé. Pour le 2ème bébé c’est le médecin qui va le chercher directement avec ses mains, car il faut d’abord percer la poche des eaux…etc (je vous passe les détails). Elle ne pleure pas et la pédiatre l’emmène pour s’occuper d’elle.

Ouff quelques minutes plus tard notre Iris revient et tout va bien.

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Nous sommes les plus heureux du monde !

Peux-tu nous décrire ton séjour à la maternité ?

LONG !

Je suis restée 12 jours à la maternité.

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Vraiment contente de rentrer malgré mon séjour au sein de l’unité Kangourou de la polyclinique (accompagnement et services privilégiés, chambres plus grandes…).

J’en avais marre des va-et-vient incessants dans ma chambre de toutes ces personnes différentes…

Au fur et à mesure du séjour leur bienveillance à mon égard s’est amenui…

Les puéricultrices ont même refusé de prendre Iris et Gabriel en nurserie les 2 dernières nuits car il fallait que je laisse la place aux autres bébés. Bon…. Je voulais pourtant récupérer au maximum car je savais que le retour à la maison serait difficile et fatiguant. Je pensais au peu de sommeil qui m’attendait.

Une chose marquante aussi durant ce séjour c’est ma montée de lait!! En fait, jamais je n’aurais imaginé que cela fasse aussi mal, et m’empêche même de dormir. A l’époque d’Arthur, les médecins nous donnaient un comprimé qui empêchait cette montée de lait, je ne connaissais donc pas cette sensation et ces douleurs.

Maxime était en vacances donc c’était idéal. Il me rejoignait le matin et passait la journée avec moi.

Arthur est venu me voir à 3 reprises, la 1ère fois en néonatalogie, le lendemain de l’accouchement alors que je réalisais mon 1er peau à peau avec les loulous.

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Je me rappelle de son regard émerveillé et tout attendrissant envers Iris et Gabriel. C’était trop mignon!

Seuls les parents et la fratrie sont autorisés à pénétrer dans le service néonat. Pour les autres visiteurs, ils peuvent apercevoir les bébés derrière une vitre qui donne sur les boxs.

Mes bébés sont restés 5 jours en néonatalogie puis en couveuse dans ma chambre pendant 2 jours. Gabriel n’arrivait pas à téter tout seul au départ, il a donc été nourri par sonde pendant 24h.

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Mais globalement ils se sont vraiment bien adaptés dès leur naissance.  J’en garde un très bon souvenir!

Nous avons donc fêté Noël, mon anniversaire et la nouvelle année 2017 à la maternité! L’année commençait bien.

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As-tu allaité ou as-tu donné le biberon ?

Ma sage-femme m’avait encouragée à participer à un atelier sur l’allaitement au cours de la grossesse. Chose que j’ai faite avec la PMI de Clisson. Mais l’atelier ne m’a pas vraiment donné l’envie d’allaiter.

En effet, les mamans présentent ce jour-là venaient pour avoir des conseils car leur allaitement se passait mal, ou pas comme elles auraient voulu. Du coup l’échange a été très négatif pendant 2h. Nous n’avons parlé que des désagréments.

J’aurai voulu entendre aussi le côté positif et le lien que l’on peut tisser avec ses enfants.

Bon je n’étais pas très convaincue d’avance, donc je suis restée sur mon idée 1ère de donner le biberon. D’autant plus que l’allaitement était une découverte complète, je n’avais pas allaité Arthur. Avec 2 enfants j’avais peur que cela m’épuise. Et puis le fait d’être en permanence collé à mon bébé, je crois que ce n’est pas pour moi!

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Le biberon permettait aussi que Maxime prenne le relais et c’était plutôt rassurant de savoir que je n’étais pas toute seule à gérer.

Peux-tu nous dire quelques mots sur les premiers mois avec les bébés ?

Pour dire vrai, je ne me souviens plus très bien en détail des 3 premiers mois.

En revanche, ce qui m’a marqué reste le rythme effréné jour/nuit.

Au départ, pendant 1 mois nous avons fait dormir Iris et Gabriel dans notre chambre et dans le même lit. On sentait leur besoin d’être en contact. Dès qu’un bébé se réveillait, nous réveillions l’autre pour enchainer les 2 biberons et pouvoir se recoucher rapidement.

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Heureusement Maxime n’a pas besoin de beaucoup de sommeil pour être en forme. Donc il m’aidait bien la nuit! Il préférait le biberon de 4h et moi celui de minuit donc parfait nous avions trouvé notre rythme.

Il a d’ailleurs pu prendre son congé paternité quasiment dès mon retour de la maternité, ce qui a simplifié notre organisation. En effet, Arthur avait repris l’école, il fallait aussi gérer les allers/retours le concernant.

Après quelques semaines, nous avons décidé de ne plus réveiller systématiquement le 2ème bébé (cela nous faisait trop mal au cœur) et de le laisser se réveiller à son rythme. C’est à ce moment-là également que nous les avons installés dans leur chambre au RDC. Mais c’est aussi à ce moment-là que la fatigue s’est accumulée.

Je me souviens de la 1ère visite chez la pédiatre, c’était 15 jours après notre retour, courant janvier et ce fut la journée la plus froide de l’hiver 2016/17, il faisait -7C à l’extérieur. J’avais tellement peur qu’ils attrapent froid que je les avais couverts un maximum!

La puéricultrice de la PMI de Vallet venait nous rendre visite toutes les semaines (dès le lendemain de notre retour à la maison et jusqu’à leur 6 semaines) pour les peser, nous donner des conseils sur leur alimentation, leurs petits bobos….etc.

C’est la procédure je crois en cas de naissance multiple.

Il faut savoir qu’Iris a eu très vite des troubles digestifs et nous avons dû changer au moins 5 ou 6 fois de lait avant de trouver le bon, avec à chaque fois des complications au niveau du transit.

Gérer 2 laits différents c’était un peu complexe, alors à chaque fois Gabriel s’adaptait au lait de sa sœur.

J’ai trouvé ça rassurant car mes bébés étaient suivis toutes les semaines, mais en même temps je me sentais comme « surveillée ».

La puéricultrice regardait nos moindres faits et gestes avec eux.  On se sentait un peu jugés. Comme si elle était envoyée pour vérifier qu’on ne les maltraitait pas.

Avec le recul, je suis contente d’avoir pu passer tout ce temps avec eux, à leur côté à regarder leurs « mimiques » pendant qu’ils dormaient. Je ne sais pas combien de photos j’ai pu prendre lors des 1ers mois mais sans doute beaucoup trop!

As-tu repris le travail à la fin de ton congé maternité ?

Mon congé maternité se terminait le 10 juillet exactement. Je m’étais dit que je laisserais passer l’été avant de commencer mes recherches en septembre. Cependant, une opportunité s’est présentée à moi en mars (merci à mes copines Juju et poupouz 😉)!

J’ai décidé de la saisir car c’était pour travailler dans le milieu de la puériculture, dans une entreprise pour laquelle j’avais déjà travaillé, sur un poste en CDI qui me plaisait.

A l’issue de mon congé maternité j’ai donc repris à temps plein. J’avais un peu peur de l’organisation et de ne pas réussir à gérer toute l’intendance à la maison mais finalement ça s’est bien fait.

Ce qui m’a fait dire oui aussi, c’est que j’avais confiance à 200% en ma nounou, donc aucune inquiétude pour mes bébés ! Et ça c’est très important. J’étais prête à reprendre, à confier Iris et Gabriel, à refaire fonctionner mon cerveau, cela a été une vraie bouffée d’oxygène pour moi ! Je ne regrette vraiment pas d’avoir fait ce choix.

Les 1ères semaines je trouvais du repos au travail : du calme, du temps pour moi (repas du midi, pauses, discussion avec les collègues), j’étais assise toute la journée ! Des petits moments à moi vraiment ressourçant.

J’avoue que le rythme est quand même assez soutenu puisque je gère les enfants le matin (petit dej, habillage..etc) et le soir en rentrant (les bains et repas) puisque le travail de Maxime ne lui permet pas de rentrer avant 18h45-19h, l’heure à laquelle je suis en train de leur donner à manger.

Je ne dois pas oublier de prévoir le goûter d’Arthur quand il a sport, ni de l’inscrire au centre de loisirs, je dois regarder chaque jour les mots de la maitresse dans la pochette de liaison et y répondre si besoin,…etc.

L’année prochaine c’est le CP et donc le début des leçons, j’espère que nous y arriverons!

Tes multiples sont-ils ensemble ou séparés à l’école?  Ce choix est-il le vôtre, celui des enfants ou a t-il été fait par le personnel enseignant ?

Si tes enfants ne sont pas encore scolarisés, as-tu déjà des souhaits ?

Concernant leur scolarité, je pense que je les laisserai choisir. En même temps,  nous habitons une petite commune et il y a 1 classe par niveau en général donc ils se retrouveront probablement ensemble.

Je pense (peut être que je me trompe) que Gabriel aura plus besoin de la présence de sa sœur que l’inverse. Nous l’avons déjà constaté depuis leur naissance. Il sera plus vite déstabilisé en son absence. Iris est plus indépendante, plus « zen » mais garde toujours un œil sur son frère qu’elle protège!

Comment se passe la gestion de ton quotidien depuis que tu as des multiples ?

Je dirai que nous avons une organisation presque militaire. Plus de place aux imprévus, ni aux décisions de dernières minutes. Tout doit être calé à l’avance sinon ce n’est pas possible, on ne s’en sort pas et on s’épuise. On doit tout anticiper, bien regarder s’il reste suffisamment de purée pour lendemain sinon en refaire, idem pour le linge.

Le matin j’ai 20 min pour habiller les 3 enfants donc si je commence à chercher où sont les vêtements (propres, pas propres?, dans la lingerie, dans la chambre?), c’est ingérable, tout doit déjà être prêt !

Il y a suffisamment d’évènements qu’on ne maitrise pas à l’avance (un bébé qui a de la fièvre en se levant le matin, un vomi sur ma tenue que je dois changer à la dernière minute…)

Avec UN SEUL bébé on peut gérer l’imprévu et y faire face, avec 3 enfants dont des jumeaux NON! Ça peut vite devenir un cauchemar.

Qu’est-ce que t’a apporté le fait de devenir maman de multiples ?

Leur naissance m’a apporté beaucoup de bonheur et surtout beaucoup d’amour (X2)!!

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Je crois que les difficultés rencontrées lors de la 1ère année m’ont rendue plus forte, plus résistante mentalement et physiquement. L’organisation et la planification n’ont plus de secret pour moi maintenant ! 😉

Je suis désormais une maman comblée et très fière de mes 3 enfants. Je pense avoir trouvé une certaine sérénité.

Avec le recul que tu as, quelle est la chose la plus difficile selon toi?

Je dirai que le plus difficile à gérer a été la fatigue et le non-stop du quotidien. En effet, je ne pensais pas pouvoir être aussi fatiguée un jour. Mais mon corps a tenu le coup !

Je pense que c’est l’instinct maternel ; on ne se pose pas de question.

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Même si on n’en peut plus, on fait tout pour que nos enfants soient bien.

On a essayé de les laisser pleurer car on se sentait à bout de force, mais impossible ! C’est plus fort que tout, au bout de 5 minutes on va voir ce qui ne va pas et on essaie de les calmer. Je me souviens voir l’heure des biberons approcher, et me dire que je n’allais pas y arriver, pas la force ni l’énergie de préparer 2 biberons et de les donner.

Avec le recul je me dis que ce n’est pas grand-chose pourtant. Mais à cet instant ça me paraissait être une montagne ! Il faut dire qu’au départ c’est 8 biberons / jour par 2 bébés, soit 16 biberons en 24h, et la même chose pour les couches !

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Ce qui est dur aussi c’est notre vie que l’on met entre parenthèses pendant plusieurs mois. On retrouve davantage de loisirs et de sorties depuis leurs 1 an. Ils grandissent et on est plus à l’aise pour les emmener un peu partout.

Mais dès que l’on veut faire une activité ou voir des amis il faut réfléchir à l’organisation : c’est à quelle heure? Faut-il leur prévoir un repas X2 ? Des vêtements de rechange X2 ? Les lits parapluies X2 ? Est-ce qu’on les laisse plutôt à la maison avec une baby sitter pour profiter?  Oui mais à quel prix ?!

Avec UN enfant on peut se relayer pour s’en occuper. Avec des jumeaux ce n’est pas possible on sait que toute la soirée nous aurons « au moins » un enfant à surveiller en permanence. Donc des fois nous préférons ne pas sortir plutôt que de galérer, se fatiguer et ne pas pouvoir suivre les conversations.

De plus, ils seront fatigués également et il faudra donc supporter le lendemain des enfants grognons et des moments de tensions désagréables.

Tout est réfléchi, planifié. En fait notre cerveau n’est jamais au repos.

Arthur a également souffert de l’arrivée soudaine de 2 bébés! Cela a bouleversé son quotidien, et son statut de « roi ».

Il était très heureux d’avoir un frère et une sœur mais j’avais vraiment très peu de temps pour lui (ce qui est toujours le cas aujourd’hui), et il a donc dû apprendre à faire des choses par lui-même, sans maman. Cela me manque parfois les petits moments que nous avions tous les 2!

C’est vrai que la relation fusionnelle que nous avions jusque-là a un peu volé en éclat…

Un grand merci à Athéna pour son blog que j’ai adoré lire pendant ma grossesse et que je continue à suivre avec toujours autant de plaisir !

◊◊◊

Je remercie beaucoup Erika pour le partage de son joli récit.

N’oubliez pas que si vous voulez aussi participer, vous pouvez m’envoyer un mail à:

trottinettesetturbulettes@gmail.com

 

 

 

 

 

1- Athéna, maman de triplés de 8 ans !

Je vous présente aujourd’hui ma nouvelle rubrique dans laquelle des mamans acceptent de raconter leur expérience de la maternité multiple.

Tout au long de ma grossesse triple, je me suis nourrie de témoignages de différentes mamans et de leurs parcours tous plus riches les uns que les autres. J’avais besoin de comprendre ce qui allait m’arriver, besoin de me rassurer aussi.

Je me rends compte aujourd’hui que j’aime toujours autant lire des témoignages de mamans de multiples et partager mon expérience, c’est pour cette raison qu’une fois par semaine, je publierai des écrits de mamans de jumeaux, triplés ou même plus, qui sait?

J’ai donc joué le jeu et répondu à mes propres questions. J’ai prévu d’écrire deux articles différents. Le premier qui concerne l’arrivée d’Opale, Balthazar et Adémar et le second, pour l’arrivée de Marthe et Édith.

Je démarre donc cette rubrique en partageant avec vous l’histoire de ma triple team !

La découverte de ma grossesse multiple:

Pour être totalement transparente, ma grossesse n’était pas planifiée. Elle a démarré quand Zéphir avait 5 mois, je me mariais deux mois plus tard et passais mon diplôme dans la foulée.

Les deux premiers mois ont été très difficiles. J’ai été arrêtée à trois semaines de grossesse tellement j’étais malade et à bout de force.
Le 20 mai 2009, je passais ma première échographie. Je n’y allais pas très sereine. J’étais tellement malade que j’avais le sentiment d’attendre des jumeaux. J’étais excitée (d’imaginer accueillir deux bébés ) mais à la fois un peu inquiète.

J’avais pris rendez-vous directement à la maternité dans laquelle je m’étais inscrite pour accoucher. Vous savez, le genre de maternité de niveau 2 où on peut accoucher le plus naturellement possible.

La gynécologue qui nous a reçus démarrait juste sa carrière. Elle était jeune et pleine d’entrain.

Je me souviendrai toute ma vie du moment où elle a posé la sonde sur mon ventre et où dans la seconde qui a suivi, j’ai aperçu deux poches ! C’était très clair. Je lui ai dit :

« Oh !!! Il y a deux poches ! »

Elle m’a répondu :

« Non !!! Il y en a trois ! » et elle a retiré la sonde pour respirer.

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20 mai 2009

Je me souviens avoir pleuré. Je ne comprenais pas trop ce qui m’arrivait. Et dans les deux minutes après qu’elle nous ait annoncé la nouvelle j’ai commencé à être inquiète. Je ne m’inquiétais pas de l’avenir ni de l’organisation mais d’une potentielle anomalie sur l’un des foetus.

L’échographie a duré une heure trente. Elle a mesuré et remesuré les clartés nucales et les longueurs crânio-caudales. Elle voulait être certaine de ne pas se tromper de foetus.

Après l’écho, elle nous a expliqué qu’il ne fallait pas que l’on s’inquiète car la réduction embryonnaire était tout à fait possible dans le cas de triplés et que l’obstétricienne vers laquelle elle nous envoyait était très compétente et nous expliquerait bien le déroulé du geste.

Je suis ressortie du rendez-vous choquée, inquiète mais aussi et contre toute attente hyper fière de ce que mon corps avait réussi à créer.

Sur le chemin du retour, j’ai reçu un appel du CHU. Ils me donnaient rendez-vous une semaine plus tard pour une échographie dite de chorionicité avec LA spécialiste des grossesses à haut risque du grand ouest.

Après l’annonce à nos familles et amis, j’ai pris le temps de réfléchir à cette nouvelle vie qui nous attendait. Seule. Dans ma bulle sans écouter les conseils divers et variés de nos proches. Conseils souvent dépourvus de sens tant l’inconnu était palpable pour toutes les personnes qui nous entouraient. Je me demandais ce que la spécialiste allait nous dire. Et je ne comprenais pas pourquoi elle nous avait parlé de réduction embryonnaire.

La semaine suivante, nous nous sommes rendus dans ce service de grossesses à haut risque. Je me souviens m’être sentie parachutée dans un monde que je ne connaissais pas. Mon sentiment était hyper ambivalent.

Dans la salle d’attente, j’ai discuté avec des femmes enceintes. Certaines avaient des fœtus qui présentaient de grosses malformations. Leur suivi était intense et des opérations étaient prévues à la naissance. J’avais presque l’impression d’être chanceuse et en même temps je ne comprenais pas trop ce que je faisais là:

« Mes bébés vont bien, moi aussi, aucune raison d’être ici ! »

La spécialiste nous a reçus dans une salle d’écho, entourée de tout un bataillon d’internes et d’étudiants, …

Elle ne nous a pas adressé la parole. Elle a commencé son écho, je me sentais comme un objet utilisé pour l’apprentissage de tous ces soignants en formation. Je me souviens avoir presque fait un malaise sur la table mais elle était tellement concentrée et froide que je n’osais même pas lui dire que ça n’allait pas.

A la fin de l’examen elle nous a dit:

 » Bon c’est parfait. C’est une grossesse triple, trichoriale, triamniotique , la meilleure configuration possible pour la réduction embryonnaire. »

A ce moment là je me suis sentie agressée.

Agressée de mots que je ne connaissais pas, que je ne comprenais pas. J’ai donc essayé d’en savoir plus. Et c’est à ce moment là qu’elle nous a enfin expliqué qu’il y avait trois placentas ( trichoriale ) et trois poches ( triamniotique ).

C’est la configuration la moins risquée des grossesses multiples. Chaque fœtus est indépendant.

Elle nous a expliqué pourquoi nous n’avions pas d’autres choix que d’avoir recourt à la réduction embryonnaire : risques de prématurité, risques de mortalité in utéro, risques de mortalité maternelle, ….

Tant de jolies choses à penser !

Après lui avoir expliqué notre refus elle nous a dit:

« Bon c’est vous qui décidez. Votre terme est le 10 décembre mais ce sera déjà bien si vous atteignez début octobre. »

Le suivi de ma grossesse triple:

Le suivi de grossesse pour des multiples est déterminé après ce fameux diagnostic de chorionicité. Une grossesse gémellaire bichoriale biamniotique sera moins suivie qu’une grossesse monochoriale biamniotique par exemple.

Mes rendez-vous ont été posés jusqu’à la date prévue d’accouchement. Je devais venir toutes les trois semaines pour une échographie et le suivi gynéco. Elle a fait en sorte de rassembler mes rendez-vous afin que j’aie le moins de route possible à faire.

J’ai dû m’aliter très tôt afin d’éviter de solliciter le col et à partir de 26 semaines, une sage-femme venait faire des échos à domicile.

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Juin 2009. 3 mois de grossesse

En septembre, les choses se sont corsées. Mon col était très raccourci, elle a donc décidé de m’hospitaliser. On était le 14 septembre ! Comme je suis née le 15, elle m’a laissé rentrer pour préparer mes affaires et passer la soirée en famille.

Je me souviens avoir peu dormi. J’étais tellement triste de devoir quitter Zéphir et en même temps tellement inquiète de potentiellement accoucher trop tôt. J’étais à 29 SA et même si je savais qu’au CHU ils prenaient en charge les bébés nés à partir de 25 SA, je n’arrivais pas à me rassurer sur le bon déroulé de la suite des événements.

Les trois semaines qui ont suivi ont été rythmées par de nombreuses échos, de nombreux examens, un repos forcé, et les allers retours du personnel soignant et de sa brigade d’étudiants !

J’avais fait une cure de corticoïdes pour le développement des poumons des bébés et j’étais continuellement sous traitement contre les contractions.

J’ai souvenir que j’étais douloureuse en permanence.

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29 septembre 2009. 6 mois et demi de grossesse.

Durant mon séjour j’ai fait la rencontre d’une sage-femme super qui m’a beaucoup aidée à relativiser. Je savais que je pouvais lui poser des questions moins médicales afin de me rassurer sur tous les aspects de maternage qui m’intéressaient à l’époque: allaitement de multiples, organisation des multiples dans les différents services accueillant les prématurés, accouchement triple, relation parents/bébés prématurés…

Je crois que ça m’a permis de gagner en sérénité et de rester optimiste.

J’ai beaucoup insisté auprès de ma spécialiste pour accoucher par voie basse. Au CHU de Nantes, ça ne se fait pas. Le chef de service pense qu’il vaut mieux faire une césarienne afin d’éviter les complications. ( diverses et variées…)

Mais comme j’avais décidé que je ne voulais pas de césarienne et que j’étais probablement très insistante, elle m’a fait une écho pour déterminer la position des bébés. Balthazar était en présentation transverse, ce qui signifie qu’il avait le dos contre mon col. Donc aucune autre issue que la césarienne. Mais elle m’a quand même dit qu’ils avaient encore de la place pour bouger et que tout se jouerait à la dernière minute…

Tous les espoirs étaient donc permis !

La naissance d’Opale, Balthazar et Adémar

Mes trois loulous sont nés le 9 octobre 2009 à 32 SA (7 mois de grossesse). Ce jour là, ma mère était venue déjeuner avec moi. Et, détail qui a toute son importance dans la suite de l’histoire : elle avait apporté un plat de boudin aux pommes.

Je n’étais pas affamée, plutôt écœurée. Elle m’a dit:

« Quand même Athéna! Il faut que tu manges! Quand on attend trois bébés il faut prendre des forces!  » ( Mais bon les trois bébés pèsent aussi sérieusement sur l’estomac! )

Vers 14h, je lui dis:

« Je crois que je ne me sens pas bien. Y’a un truc. Je me sens bizarre et je crois que j’ai des contractions »

J’ai donc sonné !

La sage- femme est venue m’examiner. je me souviendrais toujours de son visage inquiet lors de l’examen. Elle m’a dit :

« Bon. Vous patientez, je vais chercher un médecin. »

Très rassurant.

L’interne qui me suivait en duo avec ma spécialiste est arrivé en deux minutes. Il m’a examinée et m’a dit :

« Bon, vous êtes en travail, votre col est dilaté à 5, on vous emmène au bloc, vos bébés vont naitre ! »

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2h avant leur naissance

Je me suis mise à pleurer ! Mais non, c’est pas possible, leur papa n’est pas là, il a plus de 35 minutes de route pour me rejoindre, et c’est trop tôt pour qu’ils naissent! »

Finalement il a eu le temps d’arriver avec Zéphir pendant qu’ils me préparaient pour l’intervention.

J’ai câliné mon fils, lui ai dit que je l’aimais et que tout allait bien se passer. Je l’ai regardé partir par la fenêtre avec ma maman qui avait attendu son arrivée.

L’accouchement par voie basse n’a pas été discuté, ma spécialiste n’était pas là pour s’en charger et il n’a même pas été question de faire une écho pour voir si Balthazar avait bougé.

Ils m’ont expliqué qu’ils allaient me faire une anesthésie générale. J’ai refusé ! J’avais peur de me réveiller et d’apprendre qu’un bébé n’allait pas bien ! Mais comme je faisais des malaises en restant plus de cinq secondes allongée sur le dos, ils ont dû incliner la table sur le côté donc forcément c’était moins confortable pour eux.

Il y avait dans le bloc, un nombre incalculable de soignants. Ils me parlaient tous à tour de rôle et m’expliquaient leurs missions afin de ne pas trop m’inquiéter.

J’étais un peu shootée, fatiguée, et carrément inquiète.

La personne dont je me souviens bien, c’est cet infirmier qui est resté collé à moi, la main sur mon épaule en me détaillant chaque geste de la césarienne. Je me suis sentie vraiment bien accompagnée malgré l’absence au bloc du papa. ( Il n’était pas toléré au bloc et a dû attendre l’arrivée des bébés avec les pédiatres.)

Balthazar est né à 17h29. Ils me l’ont posé contre la joue pour que je lui fasse un bisou et l’ont emmené très rapidement. Il pleurait. Ouf ! Mais il semblait si petit…

Adémar est né à 17h30. Même scénario.

Opale est née à 17h31. Elle avait du mal à pleurer. Ils l’ont emmenée en courant.

A ce moment là, je me suis sentie extrêmement seule. Je venais de donner naissance à trois bébés qu’on avait emmenés loin de moi.

J’ai vomi et revomi (le boudin aux pommes de ma mère !!!)

Leur papa m’a rejoint en salle de réveil. Il m’a montré des photos sauf que non seulement j’étais shootée mais en plus il ne savait plus qui était qui  !

Il m’a expliqué qu’ils avaient été emmenés en soins intensifs et qu’ils étaient tous les trois très vaillants à la naissance.

Mon séjour à la maternité:

Je n’ai pu les voir que 24h plus tard. Adémar était dans un « box » à part car dans ce service il n’y a que deux places par box. Mais trois jours plus tard ils ont réussi à l’installer avec Opale et Balthazar.

Les soignants m’ont emmenée en fauteuil roulant. Ils m’ont placée devant Adémar et m’ont dit.

« Voilà ! C’est Adémar ! « 

Je leur ai répondu qu’ils devaient se tromper. Car ce bébé était beaucoup trop petit pour être le mien.

Finalement, c’était bien mon tout petit bébé. Opale et Balthazar n’étaient pas plus gros. J’ai souvenir d’avoir pleuré devant les couveuses en me disant:

 » Mince, qu’ai-je donc fait? Pourquoi est-ce que ça nous arrive à nous? J’ai tout donné pendant cette grossesse mais ils sont quand même tout petits et hyper médicalisés. »

Il y avait des machines partout. Ils étaient branchés, et Opale et Adémar avaient des aides pour respirer. L’ambiance était à la fois sereine et hyper stressante.

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Premier peau à peau. 3 jours après leur naissance.

Je suis restée 5 jours à la maternité. Ces 5 jours ont été les plus inquiétants de toute ma vie. Adémar faisait beaucoup de pauses respiratoires. A chaque visite, j’avais l’impression que les médecins allaient m’annoncer le pire. J’avais peur des séquelles, des handicaps, de la mort même. Je les voyais avec des perfusions partout, des pansements, des petits bobos. Je les sentais remplis de coliques malgré leurs 8 ml de lait toutes les 3h. J’étais impuissante et clairement, je me suis oubliée pour tenter de les aider au mieux.

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10 jours de vie

Quand je suis rentrée chez moi, j’ai pleuré pendant plusieurs heures. J’ai eu l’impression de les abandonner. Je me sentais dépossédée de ma maternité. J’avais accouché. J’étais douloureuse mais je n’avais pas de bébés avec moi. La seule chose qui me liait à eux était le tire-lait que je devais utiliser toutes les deux à trois heures pour réussir à les nourrir exclusivement !

Nous leur avons rendus visite de 13h à 18h tous les jours sans exception jusqu’à leur sortie cinq semaines plus tard pour Balthazar, 6 semaines plus tard pour Opale et Adémar après avoir passé trois semaines en soins intensifs puis 3 semaines en néonatalogie.

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Oui, Balthazar est sorti plus tôt car il était prêt. Mais nous avons beaucoup regretté ce choix. A la maison, il pleurait, il pleurait, il pleurait ! Mais quand on rejoignait Opale et Adémar, il était calme et serein…

Je pourrais écrire des pages entières sur ce que nous avons vécu durant leurs six premières semaines de vie, sur la relation que nous avions avec le personnel soignant, sur les désaccords que j’avais sur leur façon de faire avec les enfants et les parents et sur la difficulté que j’ai eue à me faire une place en tant que mère de mes enfants avec des envies et des inquiétudes.

Dans tous les cas, quand on attend des multiples on se prépare à la prématurité mais finalement tant qu’on ne l’a pas vécue on est incapable de mesurer l’impact considérable sur notre vie actuelle et future.

Allaitement ou biberon?

J’ai choisi d’allaiter mes bébés. Ça me tenait à cœur depuis que l’allaitement de Zéphir avait complètement raté. Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre mais j’ai tout donné pour réussir à atteindre mon but.
24h après la naissance j’ai commencé à tirer mon lait toutes les deux heures ! Les soignants me disaient que je devais me reposer mais j’avais peur de ne pas faire de montée de lait étant donné que je n’avais pas de bébés avec moi.
Les deux premières semaines, ils étaient alimentés par sonde gastrique. Trop faibles pour téter, ils ne pouvaient pas être mis au sein.

L’apprentissage de la tétée a pris du temps. Surtout pour Opale qui avait encore du mal à prendre ses rations 5 semaines après sa naissance. Mais après avoir fait des séances de kiné, elle a commencé à bien téter.

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C’est assez stressant l’allaitement de prématurés. Ils nous demandaient de les peser avant et après la tétée pour être certains de leurs prises.
J’ai continué à les allaiter exclusivement jusqu’à leurs trois mois.

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Ensuite, trop fatiguées, nous avons introduit des biberons. Le sevrage s’est fait naturellement à 6 mois.

Quelques mots sur les premiers mois avec mes multiples:

J’ai souvenir d’être dans un état de fatigue permanent. Les nuits étaient difficiles. Les journées aussi d’ailleurs. On ne vivait que pour faire grandir ces bébés et ça a duré pendant un an.

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Finalement je ne me souviens pas de grand chose. Comme si mon cerveau avait voulu occulter tous ces moments.

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A côté de ça, je vivais dans un sentiment de culpabilité permanent vis à vis de Zéphir qui était si petit. J’avais peu de temps à lui accorder.

Mais j’étais tellement fière. Je me disais que mon corps avait fait quelque chose d’incroyable et qu’ils étaient chanceux d’être tous les quatre. Qu’ils auraient toujours ce lien, cette force qu’on ne pourrait pas comprendre. Je me rassurais en me disant que  la première année était difficile mais que plus tard, ça irait mieux! ( et effectivement c’est le cas !)

Reprise du travail ou congé parental?

J’ai repris le travail en août 2015 quand Zéphir avait 7 ans et Opale, Balthazar et Adémar, 6 ans! Je ne les ai pas mis en garde en collectivité avant l’entrée à l’école. D’ailleurs, les pédiatres du CHU m’avait expliqué qu’il valait mieux les garder à la maison les trois premières années afin qu’ils n’attrapent pas trop de virus. Ils étaient quand même assez fragiles.

Avec du recul, je ne regrette pas du tout de leur avoir consacré 100% de mon temps jusqu’à leur entrée en CP. Par contre j’ai souvenir de moments de doutes, de découragement, de lassitude, de fatigue mentale et physique, d’ennui. J’avais souvent l’impression d’être coupée du monde. Je n’avais pas vraiment de vie sociale.

La première année avec des multiples est épuisante à plusieurs niveaux mais finalement ce n’est pas celle que j’ai trouvée la plus difficile. Mais celle entre 3 et 4 ans en 2012/2013. (pour plusieurs raisons, mon divorce d’une part et la confrontation vers ces petites personnes qui ont une personnalité qui leur est propre avec laquelle il faut composer. )

Le travail que j’ai trouvé après ces nombreuses années à la maison m’a apporté beaucoup personnellement. J’ai repris confiance en moi et me suis sentie compétente dans un autre domaine que la maternité.

J’avais des horaires décalées. Gweltaz a adapté son emploi du temps pour assurer avec moi le quotidien.

Malgré tout, je trouvais que le rythmé imposé était difficile. On courait tous les deux pour bosser, s’occuper des enfants et retaper notre appartement.

Ensemble ou séparés à l’école ?

Je suis très sensible au sujet de l’école. Je crois qu’aucun des parents de multiples ne devrait se faire imposer à un choix d’enseignant et qu’aucun multiple ne devrait avoir à subir de décisions extérieures sur leur scolarité.
Je reste persuadée que les parents ( même s’ils ne peuvent pas se rendre compte de tout ) sont à même d’avoir le droit de choisir pour leurs enfants.
Opale, Balthazar et Adémar ont été dans la même classe en petite et moyenne sections. La directrice de l’école, elle-même jumelle, était très à l’écoute des parents.

Suite à notre emménagement avec Gweltaz, les enfants ont changé d’école. La directrice n’avait jamais eu de triplés durant sa carrière. Elle m’a expliqué qu’elle nous laissait le choix. Au vu des changements dans notre vie et de la certitude que j’avais qu’une séparation ne serait pas bénéfique pour eux, j’ai demandé à ce qu’ils soient ensemble.

Elle a acquiescé.

Le jour de la rentrée, j’ai vu leurs noms sur trois listes différentes. Elle avait créé trois doubles niveaux dans le but de les séparer. Comme je ne voulais pas montrer aux enfants mon inquiétude et ma colère, je leur ai expliqué devant les portes que cette année, ils n’allaient finalement pas être ensemble mais qu’ils se retrouveraient dans la cour et après la classe.

Je n’ai pas osé faire de scandale. On venait d’arriver, je n’avais pas hyper envie de me faire mal voir. J’ai tenté de prendre le positif. Gweltaz m’a aidée à accepter cette décision prise à mon insu.

Les enfants sont ressortis de leur première journée enchanté. L’année s’est très bien déroulée, ils étaient heureux de se retrouver le soir.

Ils ont donc enchainé le CP et le CE1 séparés.

De notre côté ça a été très difficile à gérer :

  • 4 leçons différentes chaque soir
  • 4 cahiers de liaison à signer
  • des jours de sport différents, donc  un casse-tête quotidien pour qu’ils partent bien en tenue de sport le bon jour (sans parler des cycles de piscine avec les sacs à préparer et à laver au retour)
  • différentes sorties scolaires avec parfois les pique-nique qui s’enchaînent sur plusieurs jours… Mais jamais en même temps
  • Des réunions parents/enseignant qui tombent  le même jour à la même heure
  • Et le pire (selon moi), les spectacles de fin d’année chacun dans sa classe à la même heure ! J’ai donc dû faire des choix : « bon donc Opale je viens voir ton spectacle mais Balthazar je ne viens pas voir le tien. Adémar je verrai si après celui d’Opale je peux courir dans ta classe pour voir la fin… »

Bref, une gestion de leur scolarité très compliquée pour nous.

Mais on les sentait bien dans leurs classes et dans leur vie, ce qui était plutôt rassurant !

En  CE2, nouveau  changement d’école. J’ai rencontré la directrice en juin 2017. Elle m’a dit que les parents avaient le choix. Je lui ai répondu que j’avais déjà entendu ce discours mais qu’au final mes choix n’avaient pas été respectés et que je préférais qu’elle me dise clairement les choses dès le départ plutôt que d’avoir des surprises le jour de la rentrée!

Elle m’a rassurée.  » Ici, on écoute les parents et les enfants ! »

On avait beaucoup discuté avec Opale, Balthazar et Adémar. On estimait qu’on ne devait plus décider à leur place. Il y avait deux classes de CE2 de prévues. Il fallait donc savoir si on les mettait tous les trois ou si on faisait 2+1 et dans ce cas déterminer l’enfant seul…

Finalement ils ont discuté entre eux. Adémar voulait être seul. Balthazar et Opale étaient ok pour être ensemble.

Et le jour de la rentrée, pas de mauvaise surprise !

Ils ont passé une belle année. Opale et Balthazar ne montrent pas vraiment qu’ils sont frère et sœur et sont très indépendants. La maitresse m’a dit que la seule chose qui les liait en classe était le temps de récitation de poésie. Ils se regardent dans les yeux et se soutiennent mutuellement.

Concernant l’année de CM1 à venir, ils ont choisi d’être ensemble. Adémar n’est plus aussi motivé que l’année dernière pour être seul. Opale dit qu’elle veut forcément être avec un de ses frères et pour Balthazar toutes les possibilités sont permises.

Je suis allée discuter avec leur institutrice qui m’a expliquée que de toute façon il n’y aurait probablement qu’une seule classe de CM1 l’année prochaine. Donc dans tous les cas, ça résout le problème !

Vous n’imaginez pas à quel point ça me fait plaisir !

Comment se passe la gestion de mon quotidien depuis que j’ai des multiples?

Alors si vous vous souvenez, j’avais écrit un article là-dessus en juillet 2017. Le voici !

Il mêle mon quotidien de maman de multiples et de maman de famille nombreuse ! Cette vie à 100 à l’heure était déjà présente lorsque mes quatre « grands » étaient « petits ».

Mais mes journées se sont bien calmées depuis. Les filles ont grandi. Les grands vont à l’école seuls. Je ressens moins de pression dans les tâches à effectuer.
Je reste très organisée, mon esprit est toujours parasité par de petits détails organisationnels et je continue à anticiper beaucoup de choses mais globalement on a gagné en sérénité !

Ce que m’a apporté le fait de devenir maman de multiples :

Beaucoup d’amour ! Alors ce point concerne certainement toutes les mamans et pas seulement celles de multiples mais c’est ce qui me vient à l’esprit en premier!

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A côté de ça, accueillir des multiples m’a permis de prendre confiance en moi. Je me sens assez fière de ce que j’ai réussi à accomplir jusqu’à présent et de ce que j’ai l’impression de leur apporter. Mes enfants sont de belles personnes et je me dis que si on continue comme ça, ils deviendront des adultes confiants, heureux et respectueux.

Dans tous les cas, je reste persuadée que le simple fait de devenir maman d’enfants d’âges différents n’aurait pas fait de moi la personne que je suis maintenant.

Avec le recul quelles ont été les principales difficultés que j’ai rencontrées?

Je crois que chaque étape a été difficile et éprouvante pour moi. De la grossesse, à la prématurité, aux nuits pourries pendants plusieurs mois, aux maladies infantiles X3 ou même X4, aux sorties d’école mêlant fatigue et hurlements …

Mais si je devais en choisir une ce serait sans aucun doute la prématurité avec cette inquiétude qui ne m’a pas quittée, mais aussi la culpabilité dont je n’ai pas réussi à me défaire avant plusieurs années et la séparation anormale entre des petits êtres si fragiles et leur maman !

Voilà ! J’espère que cet article vous a plu!

Si vous avez envie de participer, envoyez-moi un mail à :

trottinettesetturbulettes@gmail.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une nouvelle rubrique en préparation !

Bonjour à toutes et à tous,

Dans le cadre d’un nouveau projet sur mon blog, je suis à la recherche de mamans de multiples qui accepteraient de partager leur expérience!

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Alors si vous êtes intéressée par ce projet, envoyez-moi un mail à :

trottinettesetturbulettes@gmail.com

Et pour celles et ceux qui me suivent mais qui ne sont pas parents de multiples, si cette nouvelle rubrique attise votre curiosité, vous pouvez tout à fait en parler autour de vous.

Passez une belle journée !

Athéna