Bilan de ma vie, 1 an après la naissance de Marthe et Édith !

Et voilà, Édith et Marthe ont déjà eu 1 an ! Nous avons été très occupés par notre déménagement, la fin des travaux et la nouvelle organisation à mettre en place au sein de ce nouveau lieu de vie !

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Un mois après, notre vie se calme enfin et chacun a trouvé ses marques.

Cette première année de vie des filles est passée hyper vite. Il faut dire que notre projet de rénovation de maison nous a rempli la tête et nous a demandé beaucoup d’énergie ! Mais c’était vraiment pour la bonne cause. On ressent une réelle sérénité chez tous les enfants. Ils ont grandi et ont vraiment gagné en autonomie depuis qu’on est ici.

Les chambres des grands ne sont pas sur les mêmes niveaux, Balthazar et Zéphir sont au rez-de chaussée, Adémar et Opale, dans les combles, près d’Édith et Marthe. Ce qui leur permet aussi de souffler, de ne pas être toujours ensemble et d’avoir chacun un lieu personnel qui ne fait pas office de salle de jeux.

A côté de ça où en suis-je moi personnellement?

En ce moment, je réfléchis beaucoup à ma vie, à l’importance de ma place au sein de ma famille, et au temps que j’accorde à mon couple.

Pendant la grossesse, je ne pensais à rien d’autre qu’au bien-être des bébés qui allaient naître. J’étais pleine d’angoisses quant à une éventuelle prématurité, et pleine de doutes quant au fait d’accueillir de nouveaux des multiples. Je n’ai pas vraiment pensé à ma vie d’après.

La première année avec des jumeaux (ou plus ! ) est la plus difficile en terme de fatigue physique. Les bébés nous laissent peu de répit et les nuits entrecoupées ne nous permettent pas de réellement récupérer.

Le jour où je suis rentrée de la maternité, mes 4 grands étaient malades, donc tous à la maison. Gweltaz travaillait. Il a pris sa matinée pour venir nous chercher toutes les trois nous a déposées, et est reparti. Je me revois avec ces deux minuscules petites filles, les 4 grands, malades, et tout excités de voir arriver leurs sœurs et moi, affaiblie par la césarienne, épuisée par les deux dernières nuits seule que j’avais passées à la maternité regardant mes six enfants et comprenant que ma vie; c’était désormais ça !

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Et puis les jours se sont enchainés. Tête baissée, j’ai géré le quotidien en attendant toujours avec impatience l’arrivée de Gweltaz le soir.

J’ai le sentiment aujourd’hui que mes enfants ne m’ont pas rendue plus forte. Ils ont renforcé petit à petit un manque de confiance en moi. Le rôle de parent est tellement rempli de missions difficiles qu’il est très facile d’atteindre le burn-out ou de se sentir super nulle.

Pourquoi me dit-on souvent que je fais le plus beau métier du monde? Un des plus difficiles, oui, mais le plus beau? Non je ne crois pas. D’ailleurs je ne suis même pas persuadée que les gens qui me disent ça y croient vraiment. En tout cas, pas ceux qui sont passés par là !

Je ne dis pas que je ne suis pas heureuse à m’occuper d’eux. C’est juste que je m’oublie. Je vis pour eux, en fonction d’eux .

Je suis consciente que beaucoup de femmes rêvent d’avoir des enfants mais n’y parviennent pas forcément. Que je ne devrais certainement pas me plaindre. Après tout j’ai de la chance ! D’ailleurs j’ai toujours trouvé que le sujet de la difficulté de s’occuper en permanence des enfants était un peu tabou.

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Au cours d’une conversation avec les grands sur le phénomène triple hier soir, Opale a conclu en me disant:

 » Olala maman, mais quelle chance tu as eu d’avoir des triplés, c’est tellement rare ! »

Je l’ai regardée mais n’ai pas vraiment su quoi lui répondre. Je lui ai souri. Simplement.

J’ai de la chance, oui, certainement sur certains points. Mes enfants sont tous en bonne santé. Je les sens heureux, bien dans leur vie. Je me dis souvent que c’est grâce au fait que je m’occupe d’eux. Que je suis là pour eux. Je crois que ça me rassure. Ça me permet de me dire que je suis utile ! Que je suis compétente quelque part.

Mais finalement, ai-je vraiment le choix dans ma vie?

Le fonctionnement du congé parental a changé depuis quelques temps. Il peut désormais être partagé entre les deux parents. La durée de rémunération a été réduite en cas de congé parental d’un seul parent.

Pourquoi chez nous, le partage du congé parental ne peut pas fonctionner et pourquoi la réduction de la rémunération est un gros problème dans les familles de multiples?

Nous recevons, par la caf, 392 euros par mois pour la cessation complète de mon activité professionnelle. Je ne peux pas dire que j’avais un salaire formidable quand j’ai repris en 2015. Et si je fais le calcul des frais de garde pour les filles + celui des grands pour les temps périscolaires et que je déduis de mon salaire les fois où je suis absente pour cause de maladies, il ne reste plus grand chose. Sans parler du fait qu’on court dans tous les sens et qu’il faut réussir à tout combiner : vie de famille, gestion des enfants, de la maison, du quotidien, et le plus important dans tout ça, réussir à se trouver du temps à deux… Donc finalement dans notre situation, la meilleure solution: que je m’arrête et que je m’occupe des enfants.

Pourquoi Gweltaz ne bénéficiera jamais de son droit au congé parental? Et bien simplement parce qu’il a un salaire convenable et que si on le remplaçait par la rémunération de la caf et que moi j’allais travailler, on ne survivrait pas financièrement !
Et puis en fait, je ne sais même pas s’il aurait envie de prendre un congé parental !

Donc le fait est, que je vais recevoir cette rémunération pendant 24 mois seulement du fait que Gweltaz ne profitera pas de son droit. A 24 mois, soit je recherche un mode de garde pour les filles, je reprends le travail et nous revoilà dans les questions de frais inhérents à ma reprise et dans un rythme infernal soit, je ne reprends pas et notre vie est certes un petit peu moins confortable financièrement mais finalement plus sereine pour tout le monde.

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Bon et puis il y a un autre problème il faut bien l’avouer: je suis incapable de laisser mes bébés. C’est assez ancrée chez moi. Je ne veux pas les confier. Ça m’a fait ça pour les six. J’ai le sentiment que si je les laisse je vais rater des moments importants de leur vie.

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Les filles ont un an et je peux dire que je les ai très peu laissées. Et encore, quand je les laisse, elles sont avec Gweltaz !

Le problème, c’est qu’on commence à avoir besoin de se retrouver, tous les deux. Édith se réveille encore de nombreuses fois le soir et la nuit ce qui nous laisse peu de temps ensemble. Les repas sont riches en terme de conversations mais ce n’est pas spécialement pour parler de choses qui nous intéressent. Et quand on essaie, on sait de toute façon qu’on n’ira pas au bout de la conversation, coupée par les enfants !

Alors la semaine dernière nous avons décidé d’aller au restaurant ! J’étais à la fois hyper contente et hyper inquiète à l’idée de laisser Édith. Je savais qu’elle allait se réveiller et j’avais peur qu’elle soit inquiète à l’idée de ne pas nous voir. Mais ma belle-mère est douce, et j’ai confiance. Donc relax !

30 minutes avant de partir, Zéphir vomit. Tiens, quelle bonne idée! Merci Zéphir. On n’y avait pas pensé. Nettoyer du vomi avant d’aller manger au resto, ça met vraiment dans l’ambiance !

J’ai dû me préparer en 15 minutes, et nous sommes partis énervés et contrariés. En plus je savais que Zéphir allait forcément revomir. Je m’en voulais de laisser ma belle-mère comme ça…

Bref nous sommes partis. Nous avons mangé assez rapidement et nous sommes rentrés. Édith était bien dans la place à notre retour, Zéphir avait bien revomi mais encore mieux, il avait imbibé ses draps, sa couette et son matelas ( je pensais avoir mis une alèse, en fait non, mince ! ). Dégoutée, j’ai imaginé le boulot que j’allais devoir effectuer le lendemain pour nettoyer tout ça… en espérant surtout que les autres n’enchaineront pas!

Notre première sortie en amoureux depuis 15 mois a été une sorte d’échec pour moi. J’étais déçue. On avait hâte, on était trop contents ! Ça nous faisait plaisir de nous faire servir, de manger dans le calme et surtout de discuter tranquillement. Alors, on a quand même profité mais on peut dire que ça aurait pu être bien mieux !

Et c’est là que je me rends compte que ma vie, mes pensées, nos sorties, nos envies seront toujours plus ou moins parasitées par des questions autour des enfants. Je sais d’avance que oui j’aimerais bien retravailler (mais où? quand? quoi? combien d’heures par semaine ? ) mais que ma réflexion sera toujours faite autour de l’organisation de ma vie de maman ! Oui j’aimerais me sentir compétente dans un domaine et retrouver un peu de vie pour moi mais je devrais toujours m’adapter et m’organiser en cas d’urgence ou de besoin.

L’année où j’ai repris à travailler, mes horaires étaient décalées. Gweltaz avait dû s’organiser pour s’adapter mais franchement ça a été compliqué. C’est difficile dans son métier d’avoir des horaires à la carte et tout est vraiment plus facile depuis que je suis à la maison pour gérer le quotidien et les imprévus !

Je me rends compte que mon post n’est pas hyper positif. Alors qu’en fait,  les filles m’ont apporté beaucoup de sérénité et qu’un nouvel équilibre est né au sein de la famille depuis leur naissance. Je me régale de les voir grandir et évoluer de jour en jour. J’adore raconter à Gweltaz les anecdotes de nos petites mignonnettes. On les aime tellement.

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Alors si je conclue en réalisant un vrai bilan de ce qu’est ma vie maintenant, je peux dire que je suis heureuse de vivre ça. Que ma vie est très riche et je sais que j’aurais toujours le soutien de Gweltaz quand je voudrais rebondir. C’est d’ailleurs grâce à lui que je réussis aujourd’hui à positiver au maximum après des journées épuisantes. Il a naturellement une sérénité très apaisante et il m’apporte toujours beaucoup de réconfort. Et clairement, c’est un papa et un beau-père très investi. Alors, je suis hyper consciente que de mon côté, ma carrière a explosé du fait de mes grossesses multiples et que je ne suis pas certaine de pouvoir un jour aspirer à une évolution professionnelle qui me satisfera mais j’aurais finalement accompli des choses difficiles dont je serais toujours fière !

 

 

 

 

 

 

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Mes filles, leur sommeil et moi !

Aujourd’hui, j’aborde le sujet du sommeil des bébés !

La question qui revient très souvent quand on est parents de bébés c’est : Alors il/elle fait ses nuits?

J’ai, à plusieurs reprises, entendu des parents me vanter le fait que leur enfant avait fait ses nuits dès la sortie de la maternité.

Tant mieux pour eux.

Le fait est, que j’ai du mal à comprendre comment c’est possible.

Un bébé, quand il naît ne différencie pas le jour et la nuit et a besoin de manger régulièrement. Ça me semble un peu inconcevable qu’ils fasse ses nuits si tôt.

Marthe a commencé à faire ses nuits à deux mois. Je nous estimais hyper chanceux. Il paraitrait que c’est « grâce » au biberon.

Bon finalement notre répit nocturne concernant Marthe a été de courte durée. Elle a fait plusieurs épisodes de réveils nocturnes et de refus complet de se coucher le soir ! On la berçait, rassurait au maximum mais je ne cache pas que c’est épuisant moralement et physiquement de bercer un bébé pendant plusieurs heures en plein milieu de la nuit. Mais nous restions sur l’idée de ne pas la laisser pleurer. Dans notre tête, je crois que ça n’a pas de sens.

On estime que si un bébé pleure c’est qu’il a un besoin, une angoisse ou même une douleur et que notre rôle est d’être présent pour l’accompagner dans ces moments qui sont certainement aussi difficiles pour lui. Personnellement, j’ai tenté de réfléchir calmement sur cette idée de laisser pleurer et je me suis mise à la place du bébé seul dans son lit, appelant désespérément ses parents qui ne viennent pas le voir. Bon forcément qu’au bout d’un moment il cessera de pleurer mais je ne trouve pas que cet endormissement soit serein et rassurant pour un bébé…

Parlons d’Édith ! Petite mignonnette allaitée depuis la naissance. En ce moment, on me demande souvent quand est-ce que je vais arrêter l’allaitement car c’est sans doute LA cause des nuits agitées que je passe avec elle. Oui, si elle était au biberon, c’est sûr, elle dormirait !

Alors: Effectivement je suis fatiguée, effectivement mes nuits sont vraiment pourries ( je ne dors pas plus d’une heure d’affilée depuis presque deux mois) mais non, je ne la sèvrerais pas !

La mise en place de l’allaitement est difficile, mais une fois qu’on y est arrivée, ça roule ! Et une chose me frappe depuis que les filles sont nées : ( Marthe a tété un petit peu tous les jours jusqu’au mois dernier ) elles sont hyper résistantes aux maladies !!! Elles ont eu quelques mini rhumes, une petite toux de deux jours mais à chaque fois c’est passé comme c’est venu. Je suis persuadée que l’allaitement leur permet d’avoir de très bonnes défenses.

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L’allaitement n’importe où, n’importe quand, dans n’importe quelle position !

Édith et Marthe découvrent beaucoup de choses en ce moment. Édith a toujours plus ou moins besoin que je sois dans les parages car effectivement on est très en lien toutes les deux mais je la trouve quand même assez indépendante la journée. Elle tète environ cinq fois. Le soir, elle ne s’endort qu’après être bien repue. Elle s’endort en tétant et je la pose dans son lit tout doucement. C’est à ce moment là qu’elle commence à m’appeler toutes les heures et la seule solution que j’ai trouvée pour l’apaiser: La faire téter encore et encore.

Certains pensent qu’elle a faim. Non en fait, elle a besoin d’être rassurée.  Je la prends, la colle contre moi, elle tête, puis je la repose dans son lit. D’ailleurs, depuis plusieurs semaines je me maudis de ne pas avoir acheté un lit en co-sleeping. Tout aurait été tellement plus simple et moins fatigant pour moi.

Le sommeil des bébés n’est pas maitrisable. Ils passent par différents stades: Poussées de croissance, besoin de contact, angoisse de la séparation, peur de l’abandon, … Nous avons pris le parti d’accepter tout ça. Un bébé n’est pas un petit objet que l’on pose dans un coin. Certes c’est dur. Certes c’est épuisant. Certes ça demande du temps, de l’attention et de la surveillance ( et franchement parfois on aimerait juste s’affaler dans le canapé tranquillement) mais nous sommes hyper heureux de voir à quel point elles sont mignonnes. ( En tout objectivité bien sûr ! )

Alors attention, je ne dis pas que je le vis toujours bien. Évidemment que parfois je n’en peux plus. Que parfois j’en veux à la terre entière. Que parfois j’envoie des sms de désespoir à mes copines. Que parfois j’ai juste envie de tout laisser en plan et d’aller boire un petit truc en terrasse au calme. Que je me sens un peu menottée à mes bébés. Que j’ai le sentiment de ne pas en voir le bout et de ne pas trouver de solution miracle. Que parfois je me sens impuissante et que je ne comprends pas pourquoi on n’y arrive pas.

Mais on tient parce qu’on sait qu’à un moment donné ça se réglera. Beaucoup de choses ont déjà été mises en place depuis la naissance. Ça prend du temps mais ça se fait petit à petit. Il faut essayer de rester zen et positif.

J’ai le sentiment d’avoir fait des erreurs avec les grands. J’ai eu beaucoup de soucis avec le sommeil d’Opale, je me suis souvent senti désarmée pour la simple et bonne raison que je me fixais des normes et des obligations. Sauf que je l’ai mal vécu. « Parce que ce n’était pas normal. » Parce qu’elle devait dormir. Parce qu’on me disait qu’elle faisait des comédies. ( A 8 mois des comédies? Sérieusement? )

Les filles ont huit mois depuis le 2 septembre. Je n’ai pas fait une nuit complète depuis dix mois et pourtant je suis toujours debout. Je m’occupe du quotidien, de mes six enfants, et de tout le reste sans difficultés, et sans aides particulières, si ce n’est celle de Gweltaz bien sûr. Je crois que moins on se fixe d’objectifs et de normes, mieux ça se passe.
Chaque enfant évolue différemment. Il faut l’accepter et l’accompagner.

J’envie carrément les parents qui dorment la nuit mais ce que je sais, c’est que je ne regrette aucun de nos choix, aucune de nos façons de faire !

30 ans : je veux du changement !

Encore une pause bien trop longue à mon goût ! Mais honnêtement, j’ai beaucoup de mal à m’octroyer du temps pour écrire. Il faut dire que mes enfants occupent bien mes journées.

Aujourd’hui j’ai 30 ans et 6 enfants !

C’est un grand jour pour moi. Il marque un tournant dans ma vie ! Vous pouvez penser que c’est un jour un peu quelconque mais il signifie beaucoup de choses pour moi.

Aujourd’hui j’ai 30 ans et je ne veux plus d’enfants  J’en ai assez. 6 c’est énorme. Comme  j’ai la tête dans le guidon je ne m’en rends pas forcément compte mais les gens nous le rappellent continuellement.

 » Et alors y’en a combien à vous dans le lot? »

« Mais c’est naturel? »

« Ce sont des vraies? »

« Je n’ai jamais rencontre de triplés, ça doit être rare ! »

« Et le grand il va bien dans tout ça ? »

« Ben dis donc, il est courageux le papa ! »

Il y a même une mamie cette semaine qui m’a dit  » un bébé contre sa mère, un autre dans la poussette : mais quelle horreurrrrr !  » (Oui merci madame pour cette reflexion très utile.)

Heureusement, il y a aussi des gens bienveillants certainement admiratifs mais surtout très encourageants.

En tout cas, élever une famille nombreuse demande une certaine rigueur en terme de rythme et de logistique !

L’école a repris depuis une dizaine de jours, je crois que c’est pour moi que c’est le plus difficile finalement.

Mais heureusement, notre deuxième plus gros changement de 2017 ( bien sûr en N°1, je place l’arrivée de Marthe et Edith…) prend forme !

Une maison c’est vraiment ce dont on a besoin en ce moment. L’appartement n’est plus adapté depuis la naissance des filles. Les grands sont bruyants et j’ai envie de les figer à chaque fois qu’ils font grincer les portes pendant les siestes des pitchounes !

J’adore vraiment le quartier dans lequel on vit. J’étais assez inquiète à l’idée de changer de commune mais l’envie d’une maison, d’un jardin et surtout d’un espace pour chacun me confortait dans l’idée que oui, la bonne décision était de s’éloigner un peu du centre-ville pour se créer un nouveau petit cocon.

Les travaux ont commencé début septembre. Ils ne s’arrêteront plus jusque fin décembre!

Je savais qu’on avait prévu un gros chantier mais je n’avais pas imaginé l’ampleur du truc avant de mettre les pieds dedans vendredi. Gweltaz va faire un tour tous les matins pour surveiller l’avancée des choses, moi je n’y vais qu’une fois par semaine.

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La photo parle d’elle-même…

A coté de ça, les enfants ont fait leur rentrée dans la nouvelle école. Ils sont ravis ! Il y a même des arbres dans la cour ( c’est dingue ça ! ).

L’organisation m’inquiétait un peu car il faut prendre la voiture pour les y emmener. Finalement, il n’y a que douze minutes de route. Gweltaz les dépose le matin, et j’ai juste le tour de 16h à faire avec les filles.

Je découvre à quel point les relations avec les parents sont différentes. Il y a, dans ce genre de petits quartiers résidentiels, comme une entraide naturelle et hyper simple qu’on ne retrouve pas en ville.

Les enfants ont aussi fait leur rentrée artistique et sportive. Dans cette nouvelle commune les tarifs pour les activités sont très attrayants. A la base, je m’étais dit que le patinage suffirait cette année, comme l’année dernière. Notre nouvelle maison est assez proche de la patinoire, donc c’est parfait. Sauf, qu’au vu des tarifs et des demandes des enfants, j’ai cédé…

Opale fait donc de la danse et Adémar du théâtre. Zéphir et Balthazar n’ont pas trouvé d’activités coup de coeur ( et honnêtement, ça m’arrange ! ), ils feront donc des stages sportifs pendant les vacances scolaires. il y a un an ça m’aurait semblé inconcevable les activités personnelles au vu de la complexité d’emmener tout le monde à chaque fois, d’attendre avec cinq enfants pour une heure d’activité personnelle, mais finalement, j’ai trouvé des astuces pour que tout se passe bien.

Et les filles dans tout ça??

Marthe et Edith ont eu 8 mois le 2 septembre. Nous avons eu une période très difficile en terme de sommeil ( et d’ailleurs ce n’est pas résolu pour Edith qui me réveille au minimum 8 fois par nuit…) .

Ce sont deux petites filles, très mignonnes qui aiment beaucoup la compagnie. Elles commencent à entrer en réelle interaction et de temps en temps on les entend rire ensemble. Ça c’est vraiment très mignon. Elles évoluent très vite au niveau moteur, mais j’aurai l’occasion d’y revenir prochainement dans un article spécial.

Et nous alors???

Plus soudés que jamais, nous partons main dans la main vers notre nouvelle vie. Car oui, l’emménagement dans notre maison va vraiment changer notre quotidien.

Gweltaz a repris le travail bien fatigué de ses trois semaines de vacances. (Qui a dit qu’être à la maison avec les enfants était reposant?). Le démarrage des travaux annonçait un rythme quotidien très soutenu ( et certainement un peu stressant ) pour lui. Finalement, ça va se faire tranquillement.

Depuis une semaine, nous ne sommes plus propriétaires de l’appartement après une date de signature repoussée qui nous a valu quelques frayeurs…

De mon côté, j’ai décidé de m’orienter vers une démarche hyper à la mode en ce moment : Le zéro déchets. Bon en vrai, on n’atteindra pas le zéro déchets, mais nos vacances dans une maison cet été m’ont fait réfléchir à différentes choses pour améliorer notre fonctionnement, changer nos habitudes et donc réduire considérablement nos poubelles :

 » Gweltaz, quand on sera dans la maison, tu pourras fabriquer un compost?? « 

 » Et si on installait un récupérateur d’eau de pluie? »

 » Je verrais bien, dans le fond du jardin, un poulailler ! 3 poules ce serait bien. Pour les oeufs et aussi pour les déchets ! »

Cette nouvelle démarche nous amène donc vers une nouvelle façon de consommer. Plus de sachets de supermarché mais du vrac en bocal. Plus d’emballage sur le pain mais des sachets en tissu… Des courses en biocoop et au marché,…

Bref, j’y reviendrai dans des articles spécifiques avec mes trucs et astuces !

 

Aujourd’hui j’ai 30 ans, un mari sans qui je ne me verrais plus du tout vivre, des enfants que je câline ( et gronde aussi il faut bien le dire…), et des projets qui remplissent toutes mes pensées.

Finalement, j’ai le sentiment que 30 ans, c’est le bel âge et je me sens complètement en phase avec ma vie en ce moment.

 

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Je l’ai fait !

Quand on est parents de 6 enfants, forcément on ne vit pas la même chose que les familles avec deux ou trois bambins!

Depuis que Marthe et Edith son nées, je me retrouve régulièrement face à des dilemmes qui amènent toujours à répondre à ce questionnement : « Je le fais? » ou « Je ne le fais pas? »

Il me faut toujours beaucoup d’énergie et de sérénité dans les cas où je me dis « Allez, challenge : Je le fais ! « 

Cette année, Adémar et Opale ont travaillé sur un projet organisé par la ville qui invitait les classes nantaises intéressées à créer de grands cahiers autour de leurs différentes sorties en lien avec le thème proposé.

Il y a trois semaines, il y avait le vernissage de l’exposition. Les maitresses ont insisté pour que les enfants soient présents.

Point positif : Le lieu ( le parc le plus proche de chez nous ! )

Point négatif : L’horaire (18h, aïe c’est l’heure pourrie, au secours !)

J’ai tendance à être un peu psychorigide sur les horaires. Je sais à l’avance que si on rentre trop tard, ça va être compliqué de gérer le dîner des grands et des petites ! Sans parler de l’énervement des grands dû à la fatigue qui entrainera certainement un coucher un peu plus musclé par la suite !

Mais comment refuser d’aller à une exposition pour laquelle deux de mes enfants se sont impliqués sous prétexte que j’ai 6 enfants et qu’après une certaine heure tout devient plus compliqué dans la gestion du quotidien?

J’ai donc décidé d’y aller ! (Oui oui ! )

Évidemment pas sans une petite organisation à l’avance. J’ai demandé aux enfants que les douches soient prises avant d’y aller afin d’éviter de perdre du temps avec cette contrainte au retour !

Concernant les filles, l’organisation se basait essentiellement sur : « Laquelle va dans la poussette? Laquelle va dans l’écharpe? »

Mon raisonnement :

« Je peux mettre Édith en écharpe, comme elle n’a pas beaucoup dormi cet après-midi et qu’elle est assez inquiète dès qu’il y a trop de bruit, elle sera bien et pourra dormir sereinement. Je vais donc mettre Marthe dans la poussette. Oui, mais elle mange à 19h. Et si ça traine et qu’elle a faim pendant le vernissage, elle va crier…
Bon peut-être que je devrais inverser. Je peux éventuellement faire téter Édith avant de partir comme ça, je suis certaine qu’elle ne réclame pas! Je la pose ensuite dans la poussette, bien repue, elle peut dormir sans problème. Dans ce cas, Marthe va dans l’écharpe. Je sais d’avance que même si elle a un peu faim elle ne criera pas, elle patientera sans soucis contre moi. Bon ok ! C’est parti … »

« Les enfants on y va ! « 

« Ah bon? Déjà? Tu nous avais dit qu’on y allait pour 18h ! « 

« Oui oui mais Édith pleure, elle veut dormir, c’est maintenant ou jamais ! »

Ils se sont donc empressés de chausser leurs sandalettes pour partir.

Avant l’ouverture du portail je donne quelques recommandations. Je ne sais pas du tout comment ça va se passer mais ce que je suppose c’est qu’on va être nombreux, et comme j’ai toujours peur de perdre un enfant, je préfère cadrer les choses à l’avance.

« Vous restez à côté de moi. »

« On pourra aller jouer au parc?? »

« Vous restez à côté de moi, je veux vous voir, il y aura sans doute beaucoup de monde »

« On pourra aller avec nos copains? »

« Vous restez à côté de moi ! « 

Ils semblent être compréhensifs. On y va.

Quand on arrive sur place, comme je l’avais prévu il y a foule ! Mes grands retrouvent leurs copains, l’excitation de tous les enfants est palpable, je regrette, un peu, beaucoup d’être venue mais maintenant j’y suis, je respire et je reste calme.

J’essaie de discuter avec des mamans tout en essayant de garder les yeux sur les quatre grands qui courent dans tous les sens. Je ne vais pas les gronder, ils sont contents d’être avec leurs copains donc je les laisse profiter.

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18h : c’est l’heure! J’essaie de les rassembler. Opale est là. Elle refuse d’entrer voir l’expo tant que sa copine n’est pas là. Je lui explique qu’elle ne va peut être pas venir… Je lui demande d’aller chercher ses frères. Elle me dit « Non! » « Opale, avec la poussette je ne peux pas escalader les rochers pour aller les chercher, je te demande d’y aller avant qu’on ne rate l’ouverture.  » Finalement peu aidante, je réussis à appeler Zéphir qui ramène ses frères…

Ok j’ai les six, on entre voir l’exposition. Les allées sont incirculables avec une poussette, et les cahiers inaccessibles. J’arrive tout de même à me faufiler pour regarder celui d’Opale en me rendant bien compte que je n’arriverais pas à le regarder sereinement. Les grands se baladent entre les différents cahiers, je peine à les garder auprès de moi.

18h10 : L’élu déclare ouverte l’exposition puis crie aux enfants qu’ils peuvent aller boire un jus de fruits sur la terrasse à l’extérieur. A ce moment, tous les enfants courent au buffet, je vois mes quatre enfants passer sans avoir le temps de les interpeller. J’abandonne l’idée de regarder le cahier de la classe d’Adémar. Tant pis, je reviendrais le feuilleter un autre jour. Le chemin pour l’accès au buffet est impraticable en poussette, je fais alors tout le tour pour aller les retrouver. Zéphir vient me voir et me supplie pour aller jouer au parc.

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J’accepte en me disant que je vais très certainement le regretter.

A 18h45, nous sommes sur le chemin du retour. Je croise les doigts pour que Gweltaz soit rentré avant nous afin de m’aider à gérer les grands énervés et les petites affamées.

Dans tous les cas, j’ai réussi ! Je l’ai fait ! J’ai osé, j’ai galéré, je n’ai pas profité mais ça valait le coup parce que quand même, il faut bien le dire: mes enfants étaient contents !

(Et pour la petite info, Gweltaz est arrivé cinq minutes après nous ! OUF ! )

 

Mon séjour à la maternité: une vaccination définitive !

Plus jamais !

Cette phrase, je l’ai dite à de nombreuses reprises ces derniers mois.

– En début de grossesse lorsque je vivais avec des nausées permanentes.
-Au milieu de la grossesse lorsque je vivais avec l’angoisse de la prématurité.
-En fin de grossesse lorsque j’avais tellement de douleurs que j’avais juste envie d’accoucher pour être soulagée.
-Lors de la naissance des filles, lorsque j’avais l’impression d’être violentée ( coucou péridurale ! coucou examens du col ! coucou piqûres partout ! coucou césarienne !)

Mais enfin et surtout lors des jours qui ont suivi la naissance des filles !

Après la césarienne, je suis restée un moment en observation en salle de naissance. Ils surveillaient ma tension de près. A priori après une péridurale et/ou une anesthésie un peu plus forte, il est souvent observé une baisse de tension chez les patients ! Sauf pour moi qui montait à plus de 16 ! Je n’ai jamais fait de tension de ma vie ! Ils se sont demandés si ce n’est pas ce qui avait provoqué le début du travail. Et moi, je me demande toujours si ce n’est pas ce qui a orienté l’obstétricien à me césariser (en plus, bien sûr de la stagnation du travail ! )
Je ne sais pas vraiment combien de temps je suis restée en salle de réveil mais j’ai souvenir que cela m’a semblé très très long ! Bien sûr, ils surveillaient aussi l’involution de l’utérus par le biais de palpations fortes et violentes qui, au fur et à mesure, m’ont fait de plus en plus mal puisque l’anesthésie s’estompait petit à petit !

Nous avons pu rejoindre la chambre dans l’après-midi. En début de soirée, les soignantes m’ont demandé de me lever !

« Quoi ??? Déjà ??? « 

Oui, c’est nouveau, maintenant on se lève quelques heures après ! Enfin, pas moi. J’avais la tête qui tournait et des nausées très fortes. Je n’ai réussi à me lever qu’en fin de soirée ! Et c’était bien assez tôt  au vu des efforts que cela m’avait demandé !

Le lendemain matin, j’ai enfin pu prendre une douche ! Les infirmières m’ont demandé d’enlever mon pansement.

« Quoi ??? Déjà ??? »

Oui ça aussi c’est nouveau ! Allez hop, moins de 24h après, sous la douche sans pansement !

Dans la journée je commence à ressentir de fortes douleurs dans le ventre. J’ai le sentiment que l’on m’a tabassée.
J’en parle à l’obstétricien, qui, après examen, ne voit rien d’inquiétant. Il me dit que c’est normal. Je me dis qu’effectivement je suis passé par une opération non anodine, il faut du temps pour que les douleurs s’estompent. Il m’explique aussi que plus les mamans ont eu d’enfants/de grossesses, plus les douleurs liées à la rétractation de l’utérus sont importantes !  ( Je confirme, c’est terrible !)
Il prescrit tout de même des analyses de sang à faire plusieurs fois par jour.

Il repasse me voir le soir même, les douleurs ne se sont pas atténuées, au contraire, j’ai l’impression qu’elles empirent. Au moment où il me palpe le ventre, je me sens obligé de lui tenir le poignet pour ôter ses mains tellement j’ai mal. Je ne le sens pas vraiment serein. Il m’observe et demande aux infirmières de me surveiller.
Le lendemain matin, je suis à la diète forcée !

« Quoi ??? Comment ça pas de petit déjeuner ? « 

Et bien ce matin, l’obstéticien a prévu une échographie qui doit se faire à jeun. Ils m’emmènent pour la faire à … 11h ! (Heureusement, je ne suis pas encore morte de faim !)

A l’échographie, un hématome important est diagnostiqué. Et bien voilà ce qui me fait mal ! Mes analyses de sang ne présagent rien de bon, l’obstétricien reste sur ses gardes. Dans la soirée il passe me voir et m’annonce qu’il hésite à me réopérer.

« C’est assez simple, on rouvre sur la césarienne, on nettoie et on referme. »

« Quoi ??? Je commence tout juste à remarcher !  »

Là je commence à avoir peur ! J’ai tellement de douleurs dans tout le corps que je suis à bout. Je n’ai plus envie de rien. J’en ai marre de souffrir. Je pleure. Mes enfants viennent me voir dans l’après-midi alors que j’ai été remise sous perfusion. Ils s’inquiètent. Opale pleure, le contexte n’est pas serein, il est très difficile de les rassurer. Je suis amorphe dans le lit, incapable de bouger, incapable de sourire. Je pense à la journée difficile du lendemain: Gweltaz reprend le travail et je vais devoir m’occuper seule de mes deux filles alors que je tiens à peine debout.

Le lendemain matin, je suis de nouveau privée de petit-déjeuner.

« Quoi ???  Ça va être comme ça tous les matins ??? »

A priori non, heureusement ! Ils sont juste en attente des résultats de la dernière prise de sang pour savoir si je repasse par une écho et par une opération ou rien du tout !

Je regarde mes filles. Ce jour-là, Gweltaz a repris le travail. Je me lève parce que je n’ai pas le choix. Je me lève et je souffre, mais j’ai deux filles qui ont faim. Je me lève et je prends sur moi parce que je ne supporte pas l’idée que les auxiliaires les emmènent en nurserie.
Et en plus, je n’ai pas eu de petit-déjeuner !

L’obstétricien passe à ce moment là. Il me voit debout. Fronce les sourcils et me demande si ça va. Je lui réponds « Oui ça va !  » Il me dit: « Vous êtes sûre que ça va??  » « Oui, oui, ça va ! »

Il m’annonce que je ne repasserai pas par une opération ! L’hématome semble se résorber tout seul ! Je suis contente, enfin une bonne nouvelle ! Cette nuit, j’ai fait ma montée de lait et mes douleurs physiques ont considérablement augmenté! J’avais besoin d’une bonne nouvelle !
Ce matin là, mon ventre est tout bleu, seconde preuve que l’hématome est bien là ! Au fil des jours, mon ventre est devenu de plus en plus bleu mais les analyses étaient rassurantes.

En tout, je suis restée neuf jours à la maternité. Les filles étaient sous surveillance, mais finalement moi aussi . J’ai vraiment souvenir de m’être sentie impuissante face à toutes ces douleurs et de m’être dit :

« Plus jamais ! « 

Cinq semaines après la naissance, je confirme: Plus jamais ! Mon corps a vraiment trop souffert et  va avoir du mal à s’en remettre au vu de mon quotidien.
J’ai toujours beaucoup de douleurs et mon hématome ne s’est pas encore résorbé. Mon ventre est donc encore bleu.
Et pour couronner le tout, ma cicatrice s’est infectée ce week-end, je ne sais pas encore ce que ça va donner dans les jours à venir…

 

Une naissance qui approche…

Voilà plus deux semaines que je n’ai rien écrit ! Je me décide donc aujourd’hui à rédiger un nouvel article  sur ma fin de grossesse.

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32 semaines

Lundi 5 décembre:

Ce jour là, j’ai rendez-vous à la maternité pour un contrôle avec l’obstétricien qui me suit. Nous l’avons rencontré 3 semaines auparavant, le contact est très bien passé. Nous devions réfléchir tous les deux à la naissance dont nous avions envie pour nos bébés. Il nous a précisé qu’il était important que nous ayons des envies, qu’il fera au mieux pour les respecter mais qu’évidemment, l’obstétrique garde toujours une part de mystères et d’imprévus et que le jour J, il saura nous aider à prendre les bonnes décisions en fonction du déroulement de l’accouchement.

Je me rends donc un peu anxieuse à ce rendez-vous. J’ai toujours peur d’une hospitalisation. Il me demande donc la décision que nous avons prise au sujet de la naissance. Je lui explique que pour nous, la voie basse est la meilleure option. Il m’avoue ne pas être contre mais que pour éviter la césarienne il va falloir entrer dans de nombreux critères car les accouchements par voie basse de jumeaux suite à une césarienne sont assez novateurs.  Le premier critère est simple: la position du premier jumeau. Pour l’instant il est tête en bas, pourvu qu’il y reste ! La deuxième chose importante est une mise en travail spontanée. Les déclenchements n’étant pas envisageables sur utérus cicatriciels… Toutes les autres conditions ne seront étudiés que le jour J. Il m’explique qu’il ne peut pas s’engager pour l’instant, qu’il va faire au mieux pour suivre notre envie mais qu’évidemment rien ne peut être défini à l’avance. Il me félicite tout de même pour ce choix. J’apprends ensuite qu’il sera en vacances du 23 décembre au 2 janvier inclus et que si j’arrive pour accoucher pendant cette période, je serai prise en charge par un de ses confrères qui peut tout à fait être contre la voie basse…

Lors de l’examen, il me dit que la tête du premier bébé appuie fortement sur le col et qu’un repos en position allongée une grande partie de la journée est désormais de rigueur ! Il me prévoit un prochain rendez-vous le 22 décembre !

Je vois dans la même journée l’anesthésiste. Il n’est pas spécialement à l’écoute, je sens qu’il a juste envie de faire son laïus sur la péridurale. Oui mais moi je ne veux pas de péridurale ! Alors là, il m’explique qu’elle est fortement préconisée pour les naissances gémellaires car si le second bébé reste coincé, ils sont obligés de me faire une anesthésie générale. Tandis que si la péridurale est posée, ils peuvent injecter un produit plus fort et ne pas m’endormir si mon cas nécessite une césarienne pour la naissance du deuxième jumeau.

Et voilà, je me sens de nouveau spectatrice de cette future naissance. J’ai l’impression de ne rien pouvoir maitriser. Je rentre plutôt dépitée en me disant que c’est injuste, que j’accouche très bien naturellement mais qu’étant donné que je fais des multiples, je suis contrainte d’accepter des actes médicaux qui ne me correspondent pas.

On est lundi, je rentre chez moi en me disant que la semaine va être très longue. Je suis à 32 semaines + 4 jours et l’objectif à atteindre est 34 semaines pour pouvoir être accueillie dans cette clinique (avant ce terme, un transfert vers le CHU est de rigueur) …

Je ne bouge donc pas de la semaine. Je navigue entre mon lit et le canapé. Je passe le cap des 33 semaines avec fierté le jeudi, et me dis qu’il ne reste plus qu’une toute petite semaine à atteindre !

Le vendredi soir, je ressens des contractions. Beaucoup trop ! Elle s’enchaînent. Ne sont pas douloureuses mais vraiment intenses. Je suis les conseils de ma sage-femme : douche+ spasfon et repos complet. Je pleure. Je me dis que c’est fichu. Qu’ils vont naitre. Que mon corps n’a encore pas réussi à garder des bébés au chaud suffisamment longtemps. Les enfants dorment, nous sommes partagés entre une consultation à la maternité et l’envie d’attendre de voir si ça passe. En vrai, je préférerais consulter, mais l’idée de faire déplacer ma belle-mère si ce n’est rien m’ennuie. Elle s’implique déjà tellement en ce moment… J’aimerais que Gweltaz prenne la décision à ma place. Mais ce n’est pas possible. Je suis seule à ressentir tout ça. Je dois me décider. Finalement après 3h, les contractions se calment, je suis à peu près sereine et j’arrive enfin à m’endormir.

Le samedi, je ne me sens pas hyper en forme après l’épisode de la veille. Je prends sur moi. Je me dis que si les contractions sont passées, c’est qu’il s’agissait d’un faux travail. Oui mais et si ça avait fait bouger mon col ?

Gweltaz a beaucoup de choses à gérer toute la journée. Je le sens fatigué et sur les nerfs. Les enfants sont là, à fond ! J’organise un atelier lego dans le salon en mode cachalot pour profiter d’eux.

Le soir arrive, je ne me sens toujours pas bien. Les contractions reviennent. Certaines me font mal. J’en ressens moins que la veille, mais tout de même,… Une nouvelle décision s’impose. Je regarde Gweltaz, épuisé, je me dis que si on va faire un contrôle ce soir, il ne pourra encore pas se reposer. Oui mais ça reste une grossesse à risques ! Je décide donc qu’on y aille ! Sa maman arrive pour les enfants, je leur fais un câlin, les rassure et leur dis que je viendrais leur faire un bisou dans leur lit en rentrant.

Arrivés sur place, nous sommes pris en charge de suite. Le monitoring montre beaucoup de contractions. Je pense que je ne les ressentais même pas toutes ! J’ai l’habitude de faire des monitorings avec la sage-femme à domicile et effectivement ce tracé ne ressemble pas du tout à ceux que j’ai l’habitude de voir.

Rapidement, la sage-femme me donne un traitement pour tout stopper. 4 comprimés à prendre toutes les 20 minutes. Entre temps, elle me pose un cathéter en nous expliquant que si les comprimés ne suffisent pas, elle injectera quelque chose de plus fort. A l’examen mon col n’a pas bougé du tout. Nous sommes rassurés. On se dit que quand la crise sera passée, on pourra rentrer !

Sauf que l’obstétricien de garde décide de m’hospitaliser… Oh non ! Cela me rend hyper triste. Je me concentre pour ne pas pleurer. La sage-femme nous explique qu’il prévoit une cure de corticoïdes pour aider les poumons des bébés à maturer. Deux injections à 24h d’intervalle. Cette cure nécessite une surveillance accrue car elle a tendance à endormir les bébés et à provoquer des contractions…

Gweltaz attend qu’ils m’installent dans ma chambre avant de rentrer à l’appart. J’essaie de me dire que ça ne va pas être long, qu’ils vont faire la cure et que je vais pouvoir rentrer en début de semaine.

Je passe une nuit horrible. Je dors 4 heures. La cure médicamenteuse a stoppé les contractions mais m’a donné des maux de tête horribles, des bouffées de chaleur, la nausée,… Je ne supporte clairement pas ce traitement.

Le dimanche matin, je reçois la première injection de corticoïdes. Je continue à prendre des médicaments contre les contractions. J’ai envie de les arrêter mais c’est trop tôt.

Gweltaz vient me voir avec les enfants. Opale n’est pas très sereine. Elle a besoin d’être rassurée, les garçons, eux, jouent avec les commandes du lit, ils n’ont pas l’air spécialement inquiets… Ils iront ensuite passer l’après-midi chez la maman de Gweltaz afin qu’on ait un peu de temps tous les deux !

Le reste du séjour ne sera pas plus glorieux. Les injections énervent et empêchent de dormir. Je suis épuisée, j’en ai marre qu’on me touche, je n’ai plus envie. Je veux rentrer, me mettre dans ma bulle et continuer à couver sans que l’on m’ennuie. Mon obstétricien autorise la sortie mardi après-midi sous condition de repos total et du passage de la sage-femme à domicile 2 fois par semaine ! Nous sommes à 33 semaines +5 jours.

Maud vient me chercher, je suis si contente de rentrer ! 3 jours après mon retour à la maison, je me sens encore très fatiguée. J’ai beaucoup de mal à récupérer de cette hospitalisation. Je ne peux pas dire que j’aie le moral. J’ai le sentiment de ne plus avoir d’objectifs. Je trouve le temps long et même si nous avons passé ce fameux cap des 34 semaines, il faudrait au moins atteindre les 36 semaines pour avoir des bébés bien en forme et directement en chambre avec nous. Mais ça me semble si loin… Mon état fait que je n’arrive pas à me sentir bien. Ni moralement ni physiquement. C’est très étrange !

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34 semaines

Aujourd’hui, j’en suis à 34 semaines + 6 jours.

Je me sens un peu mieux. J’ai pas mal de douleurs, je ne dors pas hyper bien car les bébés bougent beaucoup mais petit à petit j’atteins les objectifs fixés et ça me fait beaucoup de bien ! Ce week-end c’est noël, j’ai hâte d’y être et de profiter de ces jolis moments en famille avec les bébés encore bien au chaud !

Zéphir.

Aujourd’hui j’ai envie de parler de la place de l’aîné dans les fratries ; la place de Zéphir en particulier.
Zéphir est considéré comme l’exception par ses frères et sœur. C’est le seul à être arrivé tout seul. C’est presque étrange pour eux. Ils disent souvent que lui est un singleton. De ce fait, ils le respectent, se plient à ses ordres et subissent régulièrement ses exigences.

Personnellement, Je lui ai toujours attribué une place particulière. J’ai le sentiment que cet enfant, je ne l’élève pas comme les autres. Je pense que j’avais peur qu’il se sente lésé donc j’ai fait en sorte de combler le fait qu’il  soit seul par rapport à Opale Balthazar et Adémar qui sont arrivés en force.

Etant donné qu’il n’avait qu’un an quand ses frères et sœur sont nés, j’ai toujours trouvé important de lui consacrer du temps rien que pour lui.

Au départ on me disait « Pauvre Zéphir, il va être envahi , il est si petit ! » On m’a conseillé de le coucher plus tard pour profiter de lui tout seul, pour qu’il mange dans le calme, pour lui accorder du temps rien qu’à lui. Mais ça ne me convenait pas. J’avais le sentiment de ne plus du tout avoir de vie pour moi. D’être au service de ces quatre petits êtres et rien d’autre. Je les ai donc très vite calés sur le même rythme. Bain, repas, sieste et coucher à la même heure !

Les privilèges accordés étaient ailleurs. Je dis privilèges parce que oui, aujourd’hui j’ai vraiment l’impression qu’il a eu plus de droits que ses frères et sœur. J’estimais que les autres avaient moins besoin, qu’ils étaient moins demandeurs. Il a fait des sorties qu’Opale Balthazar et Adémar n’ont pas faites, parce que je me disais qu’ils étaient trop petits. Et ce temps rien qu’avec Zéphir me permettait de souffler et de déculpabiliser de « lui faire vivre ça ». Cette vie je ne l’avais pas vraiment choisie mais lui encore moins. J’ai longtemps eu le sentiment de ne pas être une bonne maman pour lui. Le temps que je lui accordais ne me paraissait pas suffisant, sans parler des moments où nous étions interrompus par les plus petits . Ce qui, extérieurement peut sembler complètement injuste pour mes trois autres enfants.

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Aujourd’hui, Zéphir a huit ans. Au vu de son comportement, je me rends compte de la place que je lui ai accordée. Une sorte de place sacrée. Attention voilà chef Zéphir !

Depuis quelques temps, j’ai moins le sentiment d’être une moins bonne maman que je ne devrais l’être du fait qu’ils sont nombreux. J’arrive à accorder du temps à chacun sans difficulté. Mais je crois que je garde en tête qu’Opale, Balthazar et Adémar ont moins besoin. Ils sont très autonomes, et bien moins demandeurs.
En ce moment, on se bat au quotidien pour que Zéphir soit au « même niveau » que les autres. C’est un challenge. Il faut lui répéter plusieurs fois des consignes que les autres respectent sans soucis depuis un moment déjà. Zéphir ne débarrasse pas la table. Il laisse ses habits à trainer dans la salle de bain. Il ne range pas sa chambre. Il faut insister pour qu’il finisse par ranger au même titre que tout le monde ! A côté de ça,  il estime que vu qu’il est le plus grand il peut s’octroyer le droit de privatiser des jeux alors qu’Opale Balthazar et Adémar sont vraiment dans le partage !

Et moi, j’ai beaucoup de mal à contrer tout ça. Spontanément, je vais ranger ses habits, et l’aider à ranger sa chambre. Enfin finalement la ranger toute seule car il reste à côté de moi à buller et à faire semblant de ranger…

Zéphir est un enfant qui fait les choses quand il a décidé de les faire. Il peut être très faisant un jour et pas du tout le lendemain.

Concernant les relations entre frères et sœur, là aussi c’est compliqué. Dès qu’il se mêle à eux, ça finit mal. Adémar et Balthazar peuvent jouer des heures tous les deux sans qu’on ne les voit mais si Zéphir entre dans la chambre, ils s’énervent, se bagarrent, mettent le bazar en un temps record !

Je me rends donc compte aujourd’hui de cette place si particulière que je lui ai toujours attribuée et malgré l‘envie que nous avons de faire en sorte qu’il soit de nouveau sur le même pied d’égalité que les autres, la gestion de son tempérament est compliqué et ça nous demande des efforts au quotidien.

Je pensais qu’on parlait de l’âge de raison à 7 ans. Et bien à priori ça ne fonctionne pas pour tous les enfants. Après, peut être aussi que l’arrivée des  deux bébés lui créé une certaine inquiétude qui amplifie son non respect des consignes et son énervement au quotidien. J’ai plusieurs fois essayé de lui en parler, mais Zéphir étant un enfant plein d’émotions, c’est difficile de savoir vraiment ce qu’il a dans la tête et de comprendre pourquoi il se comporte de telle ou telle façon.

J’espère qu’il se calmera un peu avec l’arrivée des bébés et qu’il ne se sentira pas encore plus le chef de fratrie qu’il ne l’est déjà, lui qui nous a dit il y a peu de temps qu’il aurait préféré être fils unique mais qui s’ennuie s’il reste seul plus de cinq minutes…