Est-ce si difficile d’avoir des jumeaux?

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Depuis quelques temps je me demande réellement quelles sont les difficultés principales que l’on rencontre quand on accueille des jumeaux.
Je ne vais pas parler de triplés car c’est vraiment très différent.

Quand je me promène et que les gens s’arrêtent pour me parler, ils me disent toujours « Bon courage ! » . Qu’on me le dise quand je me balade avec mes six enfants, je l’accepte, mais là j’ai plus de mal à comprendre.

Alors, effectivement, il y a des moments plus ou moins difficiles mais en vrai s’occuper de deux bébés ne nécessite pas du courage en permanence.

Aujourd’hui, j’ai eu envie de lister les difficultés majeures que nous rencontrons au quotidien. Certaines ne s’appliquent que lorsqu’un seul d’entre nous s’occupe de Marthe et Edith.

1. Le sommeil.

Oui alors là, c’est inévitable. On est très fatigués. Certains parents choisissent de mettre les bébés sur le même rythme très rapidement pour avoir de plus longues périodes de repos la nuit et donc de réveiller le bébé qui dort si l’autre pleure pour manger. Ce n’est pas le choix que l’on a fait, ce qui, du coup, engendre beaucoup de sollicitation et peu de temps morts. Édith ne fait pas encore ses nuits. Elle tête entre deux ou trois fois. Marthe, elle, fait ses nuits mais est assez matinale. A 6h, elle est très en forme… En journée, elles ne dorment pas forcément ensemble donc je suis majoritairement en train de m’occuper de l’une ou de l’autre.

2. Les pleurs.

Ce que je déteste par dessus tout, c’est entendre une de mes filles pleurer mais ne pas pouvoir accourir pour m’occuper d’elle car déjà sollicitée par la première. Alors soit, j’essaie tout de même d’aller voir celle qui pleure soit c’est impossible et je me dépêche de finir pour filer m’en occuper. Avec Gweltaz, nous sommes d’accord sur l’idée de ne pas laisser nos bébés pleurer alors c’est assez frustrant de ne pas avoir la possibilité de répondre à un besoin dans l’instant. Depuis la naissance des filles, je trouve que c’est le point le plus pénible à gérer. Mais c’est un sentiment très personnel et je pense que chaque parent de jumeaux a son propre ordre de difficultés.

3. L’alimentation.

Je crois que ça peut aussi faire l’objet de difficultés particulières. Encore une fois nous avons décidé de les laisser faire. Édith tète de nombreuses fois par jour. Marthe prend ses biberons à heures fixes. Et afin que tout se passe au mieux pour la purée, je fais en fonction d’elles. Parfois, elles mangeront l’une après l’autre, parfois ensemble, parfois le biberon sera donné avant, parfois la tétée se fera après et puis parfois aussi Marthe ne boira pas son biberon et Édith refusera la purée… Tant pis !

4. Les sorties.

Souvent on me demande pourquoi je n’ai pas de poussette double et quand est-ce que je compte en acheter une. Les gens pensent que la vie est plus simple avec une poussette double. Mais je n’en suis pas vraiment convaincue. Finalement, avec ma poussette simple et mon écharpe, je passe un peu plus inaperçue. Et puis, tout est plus pratique en ville avec une toute petite poussette. Je passe partout, les trottoirs ne me rendent pas la vie difficile, le tram ne part pas sans moi sous prétexte qu’il y a déjà trop de monde et qu’une poussette double prend trop de place. Mais peut être que plus tard, je changerai d’avis et on investira. Non, pour moi la difficulté est ailleurs. C’est comme si j’avais toujours un peu la flemme de les sortir toutes les deux. Je fais un aller retour à l’école par jour donc quand j’ai des courses à faire, je les fais juste avant. Elles sont installées, donc je fais tout en une seule fois.

Finalement, peut être que ce qui est plus compliqué c’est quand on doit faire des sorties plus longues. Que ce soit en salle d’attente chez le médecin, au parc, au marché ( où je reviens avec forcément beaucoup plus de choses que prévues à porter), ou même à la plage, chez la famille, oui, tout est plus compliqué avec deux bébés. J’ai donc appris à m’alléger. Le sac à langer n’est utile que quand on bouge le week-end. En semaine, je n’emmène qu’un petit sac avec deux couches et deux bodys de rechange. Et à la rigueur un biberon. Et comme la voiture ne sort que le week-end, on y laisse les lits parapluie, des draps, la tente anti UV et quand elles se tiendront assises : des chaises hautes pliantes.
Nous avons assisté au gala des enfants il y a un mois et honnêtement, heureusement que nous étions tous les deux! Les filles ont beaucoup pleuré, et si l’un de nous deux avait été seul avec Marthe et Édith, ça aurait clairement été ingérable. Et ça, et bien ça m’ennuie. Et parfois je me dis, si on avait eu un seul bébé, on se serait relayés, et on aurait profité du spectacle. Ce qui m’amène au 5ème point :

5. Le relai.

Alors oui, ne pas pouvoir se relayer car chacun s’occupe d’une fille ça peut être très vite épuisant. Les premières semaines ont été ponctuées par leurs pleurs du soir. On avait chacun un bébé dans les bras que nous ne pouvions poser sous aucun prétexte sous peine de pleurs encore et encore. Tous les parents vivent cette période mais quand on est deux pour s’occuper d’un bébé, c’est plus facile de souffler. Nous, parents de multiples devons toujours trouver des ressources pour gérer au mieux les périodes comme celles-ci. Aujourd’hui, c’est un peu moins présent car elles pleurent moins et elles acceptent d’être posées. Il y a trois semaines, Édith a été malade et j’ai remarqué que Marthe s’était un peu « mise en retrait » en journée ce qui nous a permis de nous relayer pour mieux prendre soin d’elle !

6. La culpabilité.

Et oui ! Je l’avais vraiment ressentie avec les grands, et je la ressens de nouveau avec les filles. Pour Gweltaz, c’est une première et c’est assez présent pour lui aussi. D’ailleurs on sait tous les deux qui éprouve de la culpabilité envers quelle fille.
Depuis la naissance, Gweltaz s’occupe plus de Marthe. L’alimentation a déterminé une certaine organisation qui aujourd’hui nous amène à cette culpabilité. Je connais très bien Édith, il connait très bien Marthe. Je vais spontanément plus vers Édith, il va spontanément plus vers Marthe. Quand je suis seule, la question se pose moins. Je m’occupe beaucoup de Marthe car Édith est plus discrète, plus calme et moins en demande. Mais c’est vrai que souvent quand on est tous les deux, il faut presque aller à contre courant pour que Gweltaz s’occupe d’Édith et moi de Marthe. Alors le soir, on se dit « Mince, je n’ai pas passé assez de temps avec Marthe. Tu t’en es plus occupé que moi. J’espère qu’elle ne va pas en souffrir. Que notre relation ne va pas être moins forte qu’avec sa soeur. Bon demain je passerai plus de temps avec elle… »

Et vice-versa…

En réalité je crois qu’il faut savoir s’adapter et ne pas se se focaliser sur une façon de faire précise et tant pis si le lendemain ne ressemble pas à ce que l’on a fait la veille. J’ai cessé de me stresser avec des détails pour mieux vivre mon quotidien. La gémellité est une force et une chance pour les enfants, mais quand même, il faut bien l’avouer une difficulté supplémentaire pour les parents. Il faut juste accepter que notre vie est différente des parents qui accueillent leurs enfants les uns après les autres.

Bien sûr, les points que j’ai abordés ici ne concernent que les premiers mois de vie des bébés. Ces premiers mois qui, selon la majorité de la population sont les plus difficiles à vivre. Mais selon moi, et parce que j’ai déjà connu le phénomène multiple, les périodes les plus compliquées à vivre et à gérer sont plus tard, vers 2, 3 ou même 4 ans !

Je ferai un point des difficultés rencontrées au fur et à mesure que les filles grandiront car à tout âge son lot de surprises !

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Les premières nouvelles après une longue absence !

Je n’ai pas écrit sur mon blog depuis plusieurs mois. Notre vie à 8 occupe toutes mes journées et j’avoue avoir du mal à m’octroyer des moments de répit. Le rythme est intense et soutenu, j’ai hâte que les vacances arrivent afin que les enfants se reposent et que notre quotidien soit moins militaire. Pour mon retour, j’ai donc préparé un article résumant les temps forts depuis la naissance de Marthe et Edith.

JANVIER

Mon retour à la maison a été épuisant. Le jour de ma sortie, les 4 grands étaient malades. Gweltaz est venu à la maternité nous chercher pendant que sa mère gardait mes enfants. Il m’a déposée avec les filles et est retourné travailler. Je me suis retrouvée seule avec mes 6 enfants, dont 4 malades sur qui je veillais, afin qu’ils ne contaminent pas les filles.
J’avais encore du mal à marcher et le simple fait d’égoutter des pâtes pour le repas du soir m’a demandé un effort considérable. A ce moment là, j’ai cru que je n’y arriverais jamais.

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Finalement, les jours ont passé et j’ai trouvé mon organisation. Je ne suis pas sortie de chez moi pendant plusieurs semaines. Gweltaz déposait les grands à l’école le matin et les aides à domicile les ramenaient l’après-midi ! Je tournais un peu en rond mais c’était quand même appréciable de ne pas avoir à sortir les bébés.

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FEVRIER

Ce mois a été ponctué par les pleurs du soir. Je ne me souvenais plus avoir vécu ça pour les quatre grands. Pour les filles, j’ai trouvé cette période super difficile. Elles commençaient à pleurer vers 18h et cessaient vers 22H. Nous n’avions pas vraiment de moment pour nous parler. On peut le dire, les premiers temps avec des multiples sont quand même difficiles. Mais finalement ça ne dure pas très longtemps !

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(Oui oui elles dorment ! Mais sur nous… )

Et puis comme nous n’avions pas assez de choses à gérer nous avons décidé d’acheter… une maison !

Nous avons profité du congé paternité de Gweltaz mi février pour faire des visites. Nous savions exactement ce que nous voulions: une grande maison avec de préférence beaucoup de travaux afin de la refaire en fonction de nos besoins.

Dans notre quartier, les biens à vendre sont très rares. Il a donc fallu accepter l’idée de le quitter et de s’éloigner un peu du centre-ville.
Nous avons rapidement trouvé la maison parfaite pour nous 8. Les travaux sont très conséquents mais ce projet nous emballe beaucoup !

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Pendant le congé paternité de Gweltaz, j’ai aussi pris la décision de stopper la venue des aides à domicile. Je me débrouille très bien toute seule en journée et je commence à avoir envie de retrouver ma vie normale. Je préfère faire les choses à mon rythme plutôt que de solliciter quelqu’un qui va me demander sans cesse ce qu’il y a à faire.

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(« Mais maman, il n’y a même plus de yaourts à la vanille !  » Alors oui, bien sûr, il a fallu un peu de temps avant que l’on trouve notre organisation… )

Je sens aussi que les enfants en ont marre des aides. Elles sont très exigeantes avec eux et ne leur parlent pas gentiment. Je ne comprends pas l’intérêt de payer des personnes pour m’aider dans la gestion des enfants si elles ne sont pas patientes avec eux. Finalement, cette décision m’a libérée d’un poids et nous avons très vite retrouvé nos habitudes.

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MARS

Le mois où Marthe a décidé de faire ses nuits !

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Le mois où les pleurs du soir ont cessé !

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Le mois où les beaux jours arrivent et les sorties commencent à être possibles.

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Le mois où nous pouvons enfin les poser un peu. Marthe commence à sourire, on craque, elles sont si mignonnes…

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Le mois aussi où il a fallu travailler sur les plans de la maison et surtout trouver des stratagèmes pour s’octroyer des moments de réflexion:

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AVRIL

Nous avançons sur notre projet de maison. Gweltaz prend une semaine de vacances pour rencontrer des entreprises pour les travaux. ( Car cette fois-çi, nous n’allons rien faire ! )
Sa semaine est donc très chargée. Mais c’est pour la bonne cause ! A coté de ça, l’appartement a été mis en vente. Nous négocions directement une vente longue afin d’y rester jusqu’à la fin de nos travaux. Gweltaz pense que nous pourrons emménager fin décembre. Nous avons trouvé des acheteurs en quinze jours !

Les filles, elles, ont 3 mois !

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Elles grandissent comme des petits champignons ! Lors de la visite mensuelle avec le médecin, il nous alerte sur les yeux d’Édith. Il trouve qu’elle a les yeux globuleux et selon lui c’est inquiétant. Depuis quelques temps nous avons des doutes sur sa vue. Elle ne sourit pas. Et le problème avec des multiples c’est que les comparaisons sont vite faites. Marthe sourit depuis plus d’un mois. Elle suit bien du regard. Édith ne capte pas grand chose. Nous avons rendez-vous chez un ophtalmo trois jours plus tard.

Finalement nous avons très vite été rassurés. Ses yeux sont normaux. Ni trop gros ni globuleux ! Sa vue est encore en développement. Il faut lui laisser du temps. Par principe elle nous prescrit des examens plus poussés. Nous décidons de la laisser tranquille pour l’instant. Quelques jours plus tard, elle nous souriait. Ouf, elle voit ! Quel soulagement !

MAI

Le mois du changement ! Les filles évoluent très vite. Elles rient aux éclats, commencent à se retourner, attrapent des objets, et pleurent beaucoup moins.

Édith ne fait toujours pas ses nuits mais nous gardons espoir. Un jour, ça arrivera !
Nous décidons de partir quatre jours à la mer avec les 6 enfants. On ne sait pas vraiment si tout va bien se passer en dehors de chez nous mais on se dit que ça nous fera beaucoup de bien ! Effectivement, il fait beau, il fait chaud, les enfants se baignent et profitent vraiment de ces moments de détente.

Cette petite escapade nous fait prendre conscience à quel point il était temps que l’on achète une maison ! Un jardin avec autant d’enfants, ça va être super !

JUIN

Ce mois ci nous devions signer l’achat de la maison. Mais le vendeur est décédé. C’est ce qu’on peut appeler une tuile. Il faut maintenant que le notaire gère la succession avant de s’occuper de la vente… A priori, ça ne devrait pas être trop long, nous signerons début juillet si tout va bien.
Ça va me laisser du temps pour rencontrer la directrice de la nouvelle école des enfants et décider du sort de ma triple team car dans cette école l’année prochaine, il n’y aura que deux classes de CE2. J’aimerais enfin pouvoir les rassembler. Ça fait deux ans qu’ils sont dans des classes différentes malgré moi, et vraiment, je trouve ça très compliqué à gérer. On verra donc ce qu’elle en pense…

Les liens entre les six enfants deviennent de plus en plus forts. Comme les filles sourient, gazouillent et rigolent, les grands passent beaucoup de temps à jouer avec elles. C’est vraiment de jolis moments à regarder…

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Les filles, de leur côté, ont commencé la diversification.

Ça a été une grande étape pour moi. Je ne me sentais pas tellement prête à commencer. J’imaginais la charge de travail supplémentaire au quotidien alors que clairement les biberons et les tétées, c’est si simple… Finalement, elles semblent apprécier les purées, alors je suis contente. On ne force pas, elles augmentent tout doucement leur quantité journalière, c’est parfait !

Concernant les grands, le mois de juin est celui de la fatigue, du gala de patinage, des pique-nique et de la classe de mer d’Opale ! Mon cerveau est rempli de petites choses à penser, organiser, gérer, … La zen attitude me permet peut-être de réussir à relativiser et à faire les choses dans l’ordre afin de ne rien oublier !

Évidemment, comme nos journées sont trop calmes, nous sommes passés par un épisode de maladie qui a touché 5 enfants sur six. Opale a été épargnée et bien heureusement car sinon, elle n’aurait pas pu partir en classe de mer. Les filles ont vécu leur première maladie, nous avons enchaîné plusieurs nuits sans trop dormir et bien sûr, j’ai dû faire trois tours chez le médecin en une semaine ! A priori nous sortons de cette période pénible, ouf !

Voilà pour le premier post depuis plusieurs mois. Je vais tenter de reprendre le rythme des articles réguliers !

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Mon séjour à la maternité: une vaccination définitive !

Plus jamais !

Cette phrase, je l’ai dite à de nombreuses reprises ces derniers mois.

– En début de grossesse lorsque je vivais avec des nausées permanentes.
-Au milieu de la grossesse lorsque je vivais avec l’angoisse de la prématurité.
-En fin de grossesse lorsque j’avais tellement de douleurs que j’avais juste envie d’accoucher pour être soulagée.
-Lors de la naissance des filles, lorsque j’avais l’impression d’être violentée ( coucou péridurale ! coucou examens du col ! coucou piqûres partout ! coucou césarienne !)

Mais enfin et surtout lors des jours qui ont suivi la naissance des filles !

Après la césarienne, je suis restée un moment en observation en salle de naissance. Ils surveillaient ma tension de près. A priori après une péridurale et/ou une anesthésie un peu plus forte, il est souvent observé une baisse de tension chez les patients ! Sauf pour moi qui montait à plus de 16 ! Je n’ai jamais fait de tension de ma vie ! Ils se sont demandés si ce n’est pas ce qui avait provoqué le début du travail. Et moi, je me demande toujours si ce n’est pas ce qui a orienté l’obstétricien à me césariser (en plus, bien sûr de la stagnation du travail ! )
Je ne sais pas vraiment combien de temps je suis restée en salle de réveil mais j’ai souvenir que cela m’a semblé très très long ! Bien sûr, ils surveillaient aussi l’involution de l’utérus par le biais de palpations fortes et violentes qui, au fur et à mesure, m’ont fait de plus en plus mal puisque l’anesthésie s’estompait petit à petit !

Nous avons pu rejoindre la chambre dans l’après-midi. En début de soirée, les soignantes m’ont demandé de me lever !

« Quoi ??? Déjà ??? « 

Oui, c’est nouveau, maintenant on se lève quelques heures après ! Enfin, pas moi. J’avais la tête qui tournait et des nausées très fortes. Je n’ai réussi à me lever qu’en fin de soirée ! Et c’était bien assez tôt  au vu des efforts que cela m’avait demandé !

Le lendemain matin, j’ai enfin pu prendre une douche ! Les infirmières m’ont demandé d’enlever mon pansement.

« Quoi ??? Déjà ??? »

Oui ça aussi c’est nouveau ! Allez hop, moins de 24h après, sous la douche sans pansement !

Dans la journée je commence à ressentir de fortes douleurs dans le ventre. J’ai le sentiment que l’on m’a tabassée.
J’en parle à l’obstétricien, qui, après examen, ne voit rien d’inquiétant. Il me dit que c’est normal. Je me dis qu’effectivement je suis passé par une opération non anodine, il faut du temps pour que les douleurs s’estompent. Il m’explique aussi que plus les mamans ont eu d’enfants/de grossesses, plus les douleurs liées à la rétractation de l’utérus sont importantes !  ( Je confirme, c’est terrible !)
Il prescrit tout de même des analyses de sang à faire plusieurs fois par jour.

Il repasse me voir le soir même, les douleurs ne se sont pas atténuées, au contraire, j’ai l’impression qu’elles empirent. Au moment où il me palpe le ventre, je me sens obligé de lui tenir le poignet pour ôter ses mains tellement j’ai mal. Je ne le sens pas vraiment serein. Il m’observe et demande aux infirmières de me surveiller.
Le lendemain matin, je suis à la diète forcée !

« Quoi ??? Comment ça pas de petit déjeuner ? « 

Et bien ce matin, l’obstéticien a prévu une échographie qui doit se faire à jeun. Ils m’emmènent pour la faire à … 11h ! (Heureusement, je ne suis pas encore morte de faim !)

A l’échographie, un hématome important est diagnostiqué. Et bien voilà ce qui me fait mal ! Mes analyses de sang ne présagent rien de bon, l’obstétricien reste sur ses gardes. Dans la soirée il passe me voir et m’annonce qu’il hésite à me réopérer.

« C’est assez simple, on rouvre sur la césarienne, on nettoie et on referme. »

« Quoi ??? Je commence tout juste à remarcher !  »

Là je commence à avoir peur ! J’ai tellement de douleurs dans tout le corps que je suis à bout. Je n’ai plus envie de rien. J’en ai marre de souffrir. Je pleure. Mes enfants viennent me voir dans l’après-midi alors que j’ai été remise sous perfusion. Ils s’inquiètent. Opale pleure, le contexte n’est pas serein, il est très difficile de les rassurer. Je suis amorphe dans le lit, incapable de bouger, incapable de sourire. Je pense à la journée difficile du lendemain: Gweltaz reprend le travail et je vais devoir m’occuper seule de mes deux filles alors que je tiens à peine debout.

Le lendemain matin, je suis de nouveau privée de petit-déjeuner.

« Quoi ???  Ça va être comme ça tous les matins ??? »

A priori non, heureusement ! Ils sont juste en attente des résultats de la dernière prise de sang pour savoir si je repasse par une écho et par une opération ou rien du tout !

Je regarde mes filles. Ce jour-là, Gweltaz a repris le travail. Je me lève parce que je n’ai pas le choix. Je me lève et je souffre, mais j’ai deux filles qui ont faim. Je me lève et je prends sur moi parce que je ne supporte pas l’idée que les auxiliaires les emmènent en nurserie.
Et en plus, je n’ai pas eu de petit-déjeuner !

L’obstétricien passe à ce moment là. Il me voit debout. Fronce les sourcils et me demande si ça va. Je lui réponds « Oui ça va !  » Il me dit: « Vous êtes sûre que ça va??  » « Oui, oui, ça va ! »

Il m’annonce que je ne repasserai pas par une opération ! L’hématome semble se résorber tout seul ! Je suis contente, enfin une bonne nouvelle ! Cette nuit, j’ai fait ma montée de lait et mes douleurs physiques ont considérablement augmenté! J’avais besoin d’une bonne nouvelle !
Ce matin là, mon ventre est tout bleu, seconde preuve que l’hématome est bien là ! Au fil des jours, mon ventre est devenu de plus en plus bleu mais les analyses étaient rassurantes.

En tout, je suis restée neuf jours à la maternité. Les filles étaient sous surveillance, mais finalement moi aussi . J’ai vraiment souvenir de m’être sentie impuissante face à toutes ces douleurs et de m’être dit :

« Plus jamais ! « 

Cinq semaines après la naissance, je confirme: Plus jamais ! Mon corps a vraiment trop souffert et  va avoir du mal à s’en remettre au vu de mon quotidien.
J’ai toujours beaucoup de douleurs et mon hématome ne s’est pas encore résorbé. Mon ventre est donc encore bleu.
Et pour couronner le tout, ma cicatrice s’est infectée ce week-end, je ne sais pas encore ce que ça va donner dans les jours à venir…

 

Comment nous avons refusé d’empoisonner notre petite fille !

Je continue donc à parler de l’alimentation de Marthe parce qu’elle nous a posée quelques difficultés.
Après nos différentes péripéties, j’ai finalement accepté l’idée de la nourrir au lait artificiel.

A la maternité, ils donnent un lait spécifique pour les bébés de petit poids.

« Le lait pré. »

Ce lait est enrichi en protéines, fer, oméga 3 et 6, taurine et carnitine ! Le but étant la prise de poids rapide !
A la maternité, j’avais déjà le sentiment que l’alimentation de ma fille s’apparentait à du gavage, mon impression s’est vite révélée bien réelle.

Quelques jours après leur naissance, elles buvaient donc toutes les deux ce fameux lait pré pour reprendre rapidement du poids. Marthe en exclusif, Édith en complément.

Le même jour nous avons constaté qu’elles avaient les fesses tellement abîmées qu’elles saignaient et des coliques ont fait leur apparition. Nous en avons parlé à la pédiatre qui nous a « rassurés » en nous expliquant que le lait qu’elles buvaient favorisait ces deux « inconvénients ! »
Nous avons demandé à changer de lait mais nous avons été confronté au refus de la pédiatre. Car finalement, la prise de poids rapide est bien plus importante que les douleurs de mes filles !

J’ai donc sollicité Édith au maximum pour qu’elle tête la quantité suffisante afin que sa courbe de poids soit harmonieuse et que l’on se passe de compléments pour elle.
Pour Marthe, je n’avais pas vraiment de solution. Nous commencions à réfléchir à un changement de lait dès la sortie de la maternité.

Le jour de leur sortie, la pédiatre lui a donc prescrit ce fameux lait pré. J’ai tenté de négocier un autre lait mais elle a de nouveau refusé. « Elle aura du lait pré jusqu’à ce qu’elle fasse 2.8kg. ( Marthe pesait 2,4 kg à ce moment là…)

En parallèle, j’ai pris rendez-vous chez un ostéopathe spécialisé dans les problèmes liés à l’allaitement pour l’aider.

Le retour à la maison s’est donc quand même fait avec le lait pré. Nous n’étions pas du tout convaincus, la voir souffrir nous rendait malheureux ! Et malgré les recommandations de la pédiatre et les consignes de non changement de lait sans l’avis d’un professionnel, nous sommes allés acheter un lait bio…
Pour commencer, nous avons opté pour une marque que j’ai utilisée pour mes quatre grands, qui l’ont tous très bien supportée.
Dès le lendemain, les fesses de Marthe ont guéri et nous avons dit adieu aux coliques !

Le problème après ce changement allait être de justifier notre décision auprès des différents professionnels missionnés pour venir peser les filles à domicile chaque semaine…

Finalement, nous n’avons pas eu trop de commentaires négatifs. Marthe prenait assez de poids pour n’inquiéter personne. Ils nous ont quand même tous demandé pourquoi nous ne donnions pas le lait pré mais nous avons toujours réussi à leur expliquer sans qu’ils ne veuillent obligatoirement la repasser sur ce lait.

Je me suis quand même demandé pourquoi est-ce qu’on nous avait imposé ça. Après tout, de nombreuses femmes accouchent quatre semaines avant terme comme moi et personne ne leur impose de lait à la sortie de la maternité !

Quelques jours après leur sortie, ma copine Maud m’a parlé des différentes polémiques autour de la taurine chimique et des traces d’aluminium retrouvés dans les laits infantiles. Évidemment, les marques se défendent en avançant le fait que les quantités utilisées sont bien moindres par rapport aux recommandations, et que la taurine (fameuse substance utilisée pour fabriquer le redbull qui non seulement est un puissant excitant est également un stimulateur d’appétit) est aussi présente dans le lait maternel. Certes, sauf que la quantité présente dans les laits artificiels est 7 à 10 fois plus élevée que dans le lait maternel dans lequel la production est naturelle et non chimique…

Bref, en comparant les boîtes de lait, j’ai pu constater que dans le lait bio il n’y avait pas d’ingrédients de ce type contrairement au lait que j’avais volontairement mis de côté à tout jamais !

Je me dis que c’est quand même assez fou de ne pas savoir exactement ce qui compose l’alimentation première de tous les bébés non allaités. Ils sont si petits…

En tout cas, depuis ce changement de lait, Marthe est sereine et dort très bien, rien de comparable à son comportement d’il y a quelques semaines, certainement une preuve que le lait y est pour quelque chose !

Suite au rendez-vous avec l’ostéopathe qui a effectivement constaté qu’il y avait un blocage chez elle, je lui propose régulièrement le sein. Elle arrive désormais à téter. Pas suffisamment pour se nourrir mais elle se débrouille quand même bien et je suis très fière d’elle !

Allaitement de jumeaux: du rêve…à la réalité !

Mes différentes expériences de maman allaitante sont particulièrement riches et variées. En même temps, elles doivent l’être pour chaque maman qui allaite ses enfants.

L’allaitement m’a toujours tenu à coeur. Je ne me considère pas comme une pro car je n’ai finalement jamais allaité sur du long terme et que j’ai connu des réussites mais aussi des échecs !

Zéphir n’a jamais réussi à têter.

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Je n’ai pas été bien accompagnée après sa naissance, il ne reprenait pas de poids sans compléments artificiels ce qui fait qu’à la sortie de la maternité, le médecin a décidé de le passer au biberon. Je l’ai tout de même emmené chez un ostéopathe mais c’était trop tard, il s’était habitué au biberon et je ne me sentais ni rassurée ni motivée.

Pour Opale, Balthazar et Adémar, j’ai beaucoup réfléchi à la question. Cette fois, j’étais très motivée mais comment allais-je pouvoir allaiter trois bébés?
J’ai préféré me concentrer sur les premiers temps. Je savais qu’ils allaient naître prématurément et que, de ce fait, le démarrage allait être différent.
Effectivement, j’ai commencé par tirer mon lait. Au départ, ils buvaient 5 ml toutes les 3h. Puis petit à petit les quantités ont augmenté. J’ai donné mon lait au lactarium pendant 6 semaines. J’arrivais à tirer suffisamment pour que chacun ait sa ration ! Ils ont commencé à apprendre à têter deux semaines après leur naissance.
Quand nous les avons ramenés à la maison, je ne savais pas vraiment comment j’allais gérer tout ça.

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J’ai débuté un allaitement exclusif qui a duré 1 bon mois après leur sortie mais qui m’a complètement épuisée… Nous avons donc introduit des biberons et j’ai pu conserver plusieurs tétées par jour jusqu’ à 6 mois !

Pour ce nouveau bébé, après mes différentes expériences, j’avais bon espoir de réussir l’allaitement sans difficulté. J’anticipe beaucoup de choses mais évidemment je n’avais pas envisagé l’arrivée de deux enfants.
Après une période de doutes où je me suis dit que ça allait encore être très compliqué, je me suis mise à lire des témoignages de mamans de jumeaux ayant réussi le pari ! Certaines ont même réussi des allaitements longs ! Finalement le plus difficile, c’est le départ, la mise en place !

L’allaitement des petites demoiselles

Quand Gweltaz m’a rejoint en salle de réveil avec Marthe et Edith dans les bras, il mes les a présentées et mises dans les bras. Les auxiliaires les ont correctement installées afin qu’elles prennent le sein. Edith, telle une petite bête est montée directement et s’est ventousée sans aucune aide !

Ah ! Ben voilà ! Je savais bien que ça pouvait être simple ! ( Oui ça l’est quand on crée des petits gloutons mais ils ne le sont pas tous…)

Sauf que pour Marthe, ça a été un peu plus compliqué. Elle a cherché, longtemps sans réussir à prendre le sein. En salle de réveil, elles ont essayé de l’aider sans succès. Finalement, j’ai préféré la laisser tranquille. Après tout, on sera plus au calme dans la chambre pour qu’elle puisse apprendre tranquillement à se nourrir !

Sauf qu’après plusieurs tentatives, je me suis aperçue qu’elle n’y arrivait vraiment pas !

Zéphir: le retour !

C’est étrange ! Pourquoi est-ce que sur six enfants, deux ne savent pas têter ? Pour ne pas culpabiliser, je me suis rassurée en me disant que de nombreux bébés devaient passer par là !

J’ai donc demandé de l’aide à des personnes de confiance mais je n’arrivais pas à trouver de solution. Je sais que l’important pour réussir un allaitement c’est de rester sereine. Oui, mais quand on met au monde des bébés de petits poids, le personnel hospitalier lui, n’est pas serein ! Et ne nous permet pas d’attendre que le bébés apprenne à téter.
Rapidement, ils ont décidé de la compléter avec du lait artificiel ! D’ailleurs, ils complétaient Édith aussi !
Devant mon refus de donner les compléments au biberon, ils ont accepté dans un premier temps d’utiliser des petites seringues afin qu’il n’y ait pas de confusion sein/tétine.

Évidemment ça n’a pas duré longtemps, un soir, une auxiliaire a décidé de leur donner au biberon car elle n’avait pas le temps la nuit de les compléter à la seringue .

« Qui lui a demandé de compléter mes filles la nuit ?? On les gère, il est hors de question que je les mette à la nurserie alors on continue à la seringue ! »

Sauf qu’elle ne nous en a pas apportées. Et malgré mon refus, Gweltaz a commencé à donner des biberons …

A ce moment là, je n’avais qu’une hâte: faire ma montée de lait pour que le lait lui coule directement dans la bouche. Je me disais aussi qu’il était peut-être judicieux que je fasse téter Marthe directement après Édith, sur le même sein pour que ce soit plus facile pour elle !

Après des soucis de santé post césarienne (mais ça j’y reviendrai dans une prochaine chronique), j’ai appris que les anti-inflammatoires que je prenais avaient pour effet de retarder la montée de lait !
J’ai donc de suite cessé de les prendre. J’étais très en colère que personne ne me l’ait dit plus tôt alors que je cherchais par tous les moyens à aider Marthe à téter pour qu’elle prenne le moins de complément possible !

J’ai enfin fait ma montée de lait trois jours après leur naissance. J’avais oublié les sensations et les douleurs de ces moments. Je me sentais comme grippée, avec des coups de chaud, de froid et des bouffées de chaleur très désagréables ! Sans parler des douleurs au niveau des seins très légèrement soulagées par des poches de glace…

Le fait est, que Marthe n’y arrivait toujours pas. On m’a donné des techniques pour l’aider a correctement positionné sa langue mais ce n’était pas suffisant. Ma fille prenait de plus en plus de biberons.
Je me suis sentie de plus en plus spectatrice de son alimentation. J’avais l’impression que personne ne l’aidait comme il fallait. L’important pour les soignants était qu’elle prenne du poids, peu importe de quelle façon !
Au départ j’étais confiante et déterminée. Mais plus ça allait, plus je me sentais démunie. Un soir une infirmière a décidé de nous « aider ». Pendant plus de trente minutes, elle s’est acharné à tenir la tête de Marthe et a appuyé comme une dingue sur mon sein pour faire sortir le lait. Non seulement je trouvais l’acte hyper violent pour Marthe mais en plus je souffrais beaucoup. Sauf qu’à ce moment là, je me sentais incapable de dire ce que je pensais. Je me suis complètement laissé faire par une personne se sentant l’âme de superman de l’allaitement maternel !

Le lendemain, une autre auxiliaire m’a proposé un bout de sein en silicone. Ok on essaie et on verra. Marthe réussissait à faire sortir le lait, j’avais l’impression qu’elle y arrivait enfin ! Le soulagement !!! Sauf qu’au final, après une pesée avant et après la tétée, on a constaté qu’elle avait pris 10 ml en 35 minutes alors qu’Édith avait bu 45 ml juste avant…

Cinq jours après leur naissance, aucune solution n’avait été trouvée. Je savais que plus elle allait s’habituer au biberon, plus les chances de l’allaiter exclusivement s’amenuisaient.
Une nouvelle auxiliaire m’a proposé de tirer mon lait pour lui donner au biberon.
Oui, pourquoi pas ! L’objectif était donc de tirer juste après la tétée d’Édith sur l’autre sein.
Un tirage toutes les… deux heures de jour, comme de nuit !
12h après avoir commencé, j’ai fait comme une seconde montée de lait ! ( Et bien oui, la quantité de lait au départ s’était régulé pour Édith seulement…)
J’avais tellement mal que je ne pouvais même plus lever les bras. J’ai demandé les poches de glace qui m’avaient soulagée quelques jours auparavant mais on a refusé de me donner sous prétexte que ce n’était pas bien ! « Ah ??? Ben il faut savoir !!! » Elle a préféré me proposer des anti-inflammatoires !

Je n’ai pris aucun médicament pendant la grossesse, je n’allais certainement pas en prendre pendant l’allaitement !

Je me suis mise à pleurer, pleurer, et pleurer ! Impossible pour Gweltaz de me consoler. Je me sentais épuisée, douloureuse en permanence, démunie, j’avais juste envie de tout arrêter. Allez hop, je passe les deux filles au biberon, ce sera plus simple !

C’est à ce moment là que mon esprit a repris le dessus. J’ai compris que le tire-lait était un enfer dans ma tête ! L’organisation à la maison me semblait impossible :

Faire téter Édith, tirer ensuite le lait pour Marthe, le conserver au frigo, lui donner au biberon, et recommencer … (Sans parler du transport du tire-lait dès que l’on fait une sortie et le stockage du lait fraîchement tiré dans une glacière, youpi !!! Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ??)
J’ai pensé à mes autres enfants, à mon mari, à la gestion de mon quotidien ! Je ne me sentais finalement pas apte à tout gérer !

J’ai alors compris qu’il ne fallait pas que je m’impose des choses qui ne me semblaient pas compatibles avec notre quotidien. Me compliquer la vie n’allait certainement pas rendre Marthe plus heureuse et en meilleure santé. J’ai donc décidé de faire mes adieux au tire-lait et surtout à l’allaitement de Marthe.

Édith au sein, Marthe au biberon? Ca semble étrange mais pourquoi pas. J’espère réussir à créer un lien aussi fort avec chacune d’elle malgré le non allaitement de Marthe.

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Je me déculpabilise. Je me dis que c’est comme ça. Que j’ai essayé de l’aider au maximum mais que ça n’a pas fonctionné. Je ne suis pas seule dans l’aventure, je ne peux donc pas tout maitriser…

Un article sur l’alimentation de Marthe aujourd’hui sera publié dimanche !

La naissance de Marthe et Edith.

Dans la soirée du 1er janvier, je ne me sens pas hyper en forme. J’ai eu beaucoup de contractions dans la journée, je me sens fatiguée.
Vers 23h, les contractions sont un peu douloureuses et régulières toutes les dix minutes. Rien d’alarmant au vu de ce que j’ai vécu durant toute la grossesse.

J’ai quand même un drôle de ressenti.
Les douleurs sont présentes, je n’arrive pas à m’endormir. Gweltaz chronomètre les contractions en espérant que le travail commence.

Des bébés du 2 janvier? Notre copine Maud a parié un resto pour une naissance ce jour-là, je ne vais certainement pas lui faire ce plaisir ! Non je pense que les bébés n’arriveront pas aujourd’hui !

1h30 plus tard, on hésite à appeler sa mère pour venir garder les enfants. Je n’arrive pas à prendre la décision. Nous l’avons déjà fait se déplacer à plusieurs reprises pour de fausses alertes…

A 1h, Gweltaz me dit:

« Bon que fait-on?? »

Je lui réponds simplement:

« On dort. J’ai juste envie de dormir ! « 

Il me regarde interloqué:

« Non mais Athéna, tu racontes vraiment n’importe quoi ! Comment veux-tu que l’on dorme ?
Bon et bien moi je vais me raser le temps que tu réfléchisses ! « 

Il me laisse seule, avec mes contractions. Elles sont désormais espacées de 7 minutes.

A 2h, je me décide:

« Ok, appelle ta mère ! » .

Pour une troisième grossesse, le travail peut être plus rapide et je ne me vois pas vraiment accoucher dans le trafic !

Je râle en me disant que si au moins je perdais les eaux, on ne l’appellerait pas pour rien ! Mais n’ayant jamais perdu les eaux, je sais que ce sera pareil pour cette troisième grossesse. (Oui oui, mes poches sont toujours très solides ! )

Je me lève et prépare mes affaires. En vrai, je ne suis pas du tout efficace, je me rallonge sur le canapé cinq minutes après. A ce moment là, j’entends un « PLOC » et je sens du liquide couler. Sur le moment, je suis persuadée que ma vessie m’a lâchée ! J’appelle Gweltaz, il me dit que c’est du liquide amniotique ! Effectivement ça ne cesse pas de couler ! C’est impressionnant. Il a le sourire et me dit: « On n’a pas appelé ma mère pour rien, ça y’est, les bébés arrivent ! Et tu vois que tu sais perdre les eaux ! »

Trop contents, nous partons à la maternité.

La nuit, il n’y a pas de circulation, nous y sommes en 10 minutes ! En arrivant, nous devons nous présenter au vigile. J’avoue qu’à ce moment là, j’ai un peu honte avec ma grosse serviette entre les jambes mais je me dis qu’il en a certainement vu d’autres… ( Je n’aurais pas aimé rompre la poche des eaux en journée au vu du nombre de personnes dans le hall de la maternité habituellement ! )

Une sage-femme nous accueille et nous emmène en salle de naissance. Elle me demande de me déshabiller. Je n’ose pas lâcher ma serviette. Je lui dis que ça coule beaucoup. ( Et honnêtement j’ai toujours moitié honte ! )
Elle tente ensuite de poser le monitoring pour surveiller les cœurs. Le bébé du bas est introuvable, elle m’appuie énormément sur le ventre. Je trouve ça interminable. J’ai envie qu’elle me laisse tranquille. Finalement, après plus de 30 min de recherche, elle décide de poser un capteur interne sur la tête du bébé ( il est tellement bas que ça explique le fait que le monitoring externe ne le capte pas ! )

A l’examen, elle me fait énormément mal. Elle me dit de ne pas bouger, mon col est très postérieur et elle veut être sûre que le travail est bien en route.
Le toucher n’est pas concluant, elle me laisse quelques minutes de répit et recommence.
Je pleure. Elle me fait hyper mal, je lui demande de me laisser.
A ce moment là, elle nous dit que je suis à 2 cm, et qu’elle appelle l’anesthésiste pour la pose de la péridurale, elle pourra m’ausculter plus facilement par la suite.
Je suis déçue, je me dis que les contractions sont très supportables, je ne vois pas l’intérêt de la péridurale à ce moment là.

Gweltaz tente tout de même:

 » En fait elle ne veut pas de péridurale. « 

Je le regarde (attendrie car oui, il a osé me soutenir dans ma démarche) et lui dit: « Je pense que je n’ai pas le choix… »
La sage-femme lui répond que si une césarienne doit être faite, autant que ce soit sous péridurale plutôt que sous anesthésie générale et que pour des jumeaux il n’y a pas le choix ! En vrai, je sais qu’on a le choix mais avec mes antécédents, mieux vaut ne pas tenter le diable…

L’anesthésiste arrive peu de temps après. Ils font sortir Gweltaz, c’est parti pour l’horreur de cet acte !
Il me demande de ne pas bouger ! Sauf qu’au moment de la pose, ma jambe droite saute et je sens comme des décharges électriques. C’est hyper douloureux, il me redemande sèchement de ne pas bouger ! ( Franchement j’aimerais bien le voir à ma place !)

Je regrette tellement de m’être laissée faire ! Sur le moment je me dis que j’aurais mieux fait de refuser.

La péridurale en place, je ne sens plus rien. Ma jambe droite est complètement anesthésiée. Je tente de ne pas appuyer sur la pompe malgré les recommandations de la sage-femme (  » Surtout ne laissez pas la douleur revenir, pensez à appuyer !!) afin de voir si je retrouve l’usage de ma jambe. En réalité, je sens bien ma jambe gauche, mais je ne maîtrise pas du tout la droite. Ca me fait hyper peur. Je dis à Gweltaz que si ça se trouve je suis paralysée.
J’en parle à la sage-femme, évidemment elle me répond que c’est normal. Je lui dis que je vais être incapable de pousser avec une jambe dans cet état. Elle me rassure en me disant que j’y arriverai !
Je tremble, j’ai froid, ça me gratte, c’est horrible ! Je déteste toutes ces sensations ! J’aurais préféré rester avec mes contractions même si je n’étais certainement pas au bout de mes peines.
Le monitoring affiche de très fortes contractions et vraiment bien rapprochées. On se dit que je n’aurais pas eu beaucoup de répit..;

A 4h, mon col est à 4 cm. Le travail avance bien, on a espoir que nos bébés naissent ici, par voie basse !

A 5 h, je suis à 7 cm ! La sage-femme nous dit qu’ils devraient naître vers 6 h. L’auxiliaire de puériculture arrive, elle prépare les kits pour la naissance de chaque bébé. Toutes les deux, elles nous expliquent comment se déroule une naissance de jumeaux par voie basse et ce qui va se passer pour les bébés. Elles nous parlent de potentielle néonat, couveuses…
Je me mets à pleurer. Les souvenirs de la naissance des trois gnomes remontent. J’ai vraiment peur. Je me dis que j’ai atteint 36 semaines et 4 jours, terme très correct pour des jumeaux ! Je refuse d’imaginer mes bébés dans des couveuses ! On leur explique qu’on préfère le peau à peau dans un premier temps plutôt que la couveuse. Elles semblent réceptives, tant mieux ! Je suis remplie d’émotions. J’ai vraiment peur de tout.

La sage-femme me dit qu’elle a prévenu mon obstétricien ! Il devait commencer sa journée à 8h mais au vu de la vitesse du travail, elle a préféré l’appeler plus tôt.
A 7h, il arrive enfin ! Je suis contente de le voir et rassurée de me dire que ce sera lui qui les fera naître ! Je lui souris et lui dis:

« Ah vous voyez, je vous ai attendu ! « 

A l’examen mon col est toujours à 7 cm. Il me dit qu’on peut se laisser encore du temps. Il repassera un peu plus tard !
A 8h, la sage-femme vient m’ausculter, j’en suis toujours à … 7 cm !

Je commence à me demander pourquoi le travail stagne comme ça. Sur le monitoring, les contractions s’espacent. Ça ne présage rien de bon mais je garde espoir.

A 9h30, l’obstétricien revient ! Je suis toujours à 7 cm. Il m’annonce alors qu’il ne veut pas prendre plus de risques, selon lui, on a assez attendu, il propose une césarienne.

Et vlan ! J’ai le sentiment à ce moment là de me prendre une grande claque !

Mais pourquoi ??? Tout se passait bien ! Et le premier bébé a bien la tête en bas ! La sage-femme nous a dit qu’à 6h ils seraient nés …
Il nous explique que mon utérus est très distendu du fait de la grossesse gémellaire, le premier bébé a donc encore la place de bouger. Sa tête n’est pas très grosse, elle n’appuie pas assez sur le col.

En pleurant, je fais un signe de la tête pour lui signaler que je suis d’accord. ( En vrai, je n’ai pas tellement le choix mais je montre quand même que je coopère.)
A ce moment précis, le personnel est très efficace. J’ai l’impression d’être au milieu d’une fourmilière. Chacun sait ce qu’il a à faire, tout va très vite. Je ne fais que pleurer. J’ai le sentiment d’avoir échoué. J’ai envie de rentrer chez moi, avec mon gros ventre pour revenir quelques heures en arrière.

Gweltaz m’embrasse et me dit qu’il me rejoint au bloc. Les infirmières m’emmènent.

J’arrive au bloc en larmes ! Ils m’installent, m’expliquent et me préparent. Je n’écoute pas vraiment ce que l’on me dit. Les produits qu’ils m’injectent me rendent moitié stone. J’attends Gweltaz mais il n’arrive pas.
Finalement le voilà ! En tenue de bloc ! Le voir comme ça me fait rire  ! J’avoue que ça lui va bien ! L’obstétricien arrive à son tour. Il me fait une caresse sur l’épaule et me dit que ça va aller ! Il me demande quelle musique je veux écouter ! A vrai dire, je n’ai aucune envie particulière, je le laisse choisir.

La sage-femme nous demande les prénoms des bébés. Je laisse Gweltaz répondre. Ça me semble tellement abstrait. Elle prépare donc 4 bracelets en fonction de l’ordre d’arrivée des bébés. Nous demandons à l’obstétricien de ne pas nous annoncer les sexes des bébés. Après 8 mois d’attente, notre seul souhait est de les découvrir ensemble.

Gweltaz me câline et me dit qu’il est fier de moi. Il me dit qu’on va enfin rencontrer nos bébés. Il est trop content ! Je le regarde et me dit « Ouai ça y est !  » L’anesthésiste vient me voir et me demande si ça va. « Ben oui pourquoi ça n’irait pas?  » Il me répond que l’incision est faite ! Dans très peu de temps nous découvrirons notre premier bébé !

Quelques minutes plus tard, l’infirmière baisse le champs et demande à Gweltaz de me tenir la tête pour que je puisse voir la naissance du bébé. C’est assez incroyable, nous le voyons sortir de mon ventre ! L’obstétricien le sort, et le lève bien haut face à nous:

« Une fille !!!!  » On pleure, trop contents. C’est Marthe ! Elle est née à 10h21 ! Moi qui ne pensais pas avoir une fille, je suis très émue et vraiment heureuse. Je regarde Gweltaz, tout ému lui aussi et rempli d ‘émotion. La sage-femme me l’amène près du visage, elle semble trop mignonne. Elle l’emmène rapidement en salle d’examen car il fait trop froid pour elle ici.

Une minute après, même scène. Baisse du champ, levé du bébé:

« Une autre fille !!!! » Whooooo la surprise est incroyable ! Je ne regrette vraiment pas d’avoir tenu bon et de ne pas avoir demandé les sexes. Deux filles, c’était vraiment le scénario improbable ! Je suis épatée de voir ce deuxième petit bébé et de me dire : « C’est Edith ! »

J’ai le temps de la câliner un peu. Ils l’emmènent. Gweltaz m’embrasse et suit les filles.
Je me retrouve seule au bloc. L’infirmière m’annonce qu’il faut compter environ trente minutes avant que je ne puisse sortir d’ici. Je regarde la pendule. Le temps me semble extrêmement long.
Je me répète plusieurs fois que dans mon ventre il y avait deux filles. Que maintenant, elles sont nées. Marthe et Edith. Oui, ensemble nous avons deux filles.

L’obstétricien m’annonce enfin que tout s’est bien passé, que mes petites filles étaient très toniques à leur naissance et qu’Edith est même née en tirant la langue ! Les infirmières m’emmènent en salle de réveil. Quelques secondes après, je vois Gweltaz arriver avec elles dans les bras. Je garderai cette image en tête toute ma vie je pense. Tout ému et trop fier de les avoir toutes les deux dans les bras. Il vient me les présenter et les pose sur moi.
Je prends du temps pour les observer car le temps de me recoudre, je me suis quand même demandé si elles étaient monozygotes…

Finalement non. Je vois de suite les différences. Marthe a des yeux en amande. Edith est très brune. Leurs cheveux n’ont pas la même implantation. Edith a une peau plus foncée. Marthe a un petit menton en pointe.
Je les trouve tellement belles. Je suis hyper fière de moi ! Elles sont là, avec nous ! Ça m’émeut beaucoup. Pas de couveuses, pas de néonat. J’ai tenu bon, la grossesse m’a épuisée et m’a fait souffrir mais vraiment, ça valait le coup !

Ce 2 janvier 2017, nous sommes enfin tous les 4.
Ce jour là, je suis devenue maman de 6 enfants !

mains