9-Julie, maman de triplés de 19 mois !

Julie est maman de 5 enfants !

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Suzanne, 9 ans
Léon, 6 ans
Ernest, Gustave et Ferdinand, 19 mois nés à un peu plus de 34 SA d’une grossesse bichoriale triamniotique.

Elle a découvert mon blog et a souhaité partager son expérience de maman de multiples.
Je trouve son témoignage juste et particulièrement réaliste tant elle exprime bien la façon dont l’arrivée de ses trois petits garçons a bouleversé sa vie.

D’un aspect plus général, je me questionne régulièrement sur ce que j’ai envie de transmettre au travers de mon blog.
J’ai décidé il y a quelques semaines de créer la rubrique dans laquelle je donne la parole aux mamans de multiples dans le but d’apporter à celles et ceux qui en ont besoin un regard éclairé sur la maternité avec des multiples mais aussi sur tous les aspects plus questionnant ( grossesse, naissance, retour à la maison, allaitement,…).

Personnellement j’aime beaucoup lire les témoignages. Je les trouve tous très riches à leur manière et chaque problématique est bien décortiquée.

Mais ce qui me plait et me passionne, ne plait pas forcément à tout le monde et aujourd’hui, j’aimerais sonder un peu mes lecteurs.

Est-ce que cette rubrique vous plait ? Est-ce qu’elle vaut le coup d’être continuée ?

J’avoue avoir moins de temps en ce moment pour écrire, mes journées sont bien chargées et mes soirées me servent essentiellement à souffler auprès de mon mari.

Les récits des mamans permettent également à mon blog d’avoir une vie…

Je vous laisse avec la belle histoire de Julie.

♦♦

1- Comment as-tu découvert ta grossesse multiple?

J’ai découvert que j’attendais des triplés à l’occasion de ma 1ère échographie vers 10 semaines de grossesse. Quand l’écran s’est allumé, j’ai tout de suite vu deux poches donc je me suis dit que j’attendais des jumeaux. Puis, le médecin nous a dit (mon mari était présent heureusement…) « Donc vous êtes déjà au courant du nombre de fœtus ? » Je lui ai répondu que non car c’était ma première écho et je lui ai demandé « Pourquoi, il y en combien ? » Et là, il a répondu qu’il y en avait trois. Je lui ai dit que ce devait être une blague, mais là il nous a montré l’écran en expliquant que dans la poche du haut, ils étaient deux et qu’un autre était seul dans la poche du bas. Là, le rire et les larmes se sont mélangés entre incrédulité, angoisse et nervosité… Nous attendions des triplés…

2- Comment s’est déroulé ton suivi de grossesse?

Au départ, j’étais inscrite aux Diaconesses, mais dès la première écho, les médecins m’ont dit qu’il fallait que je passe dans une maternité de niveau 3. J’ai donc contacté immédiatement l’hôpital Trousseau qui m’a mise sur liste d’attente !! Après une semaine d’angoisse, ils m’ont donné un 1er rendez-vous quasiment 2 mois plus tard en me disant de consulter mon gynéco de ville en attendant. Sauf que ma gynéco n’a jamais eu de cas de triplés en 30 ans d’exercice et du coup, je n’avais personne pour répondre à mes très nombreuses questions…

Finalement, je me suis  rendue à une réunion de l’association Jumeaux et Plus qui avait lieu à l’hôpital et là j’ai pu rencontrer l’obstétricienne qui m’a donné un rendez-vous beaucoup plus tôt… Le suivi a donc vraiment commencé. Au départ, on m’avait dit que j’aurais une écho chaque mois. Mais comme il y avait des jumeaux monozygotes partageant le même placenta, j’avais un risque de STT (Syndrome Transfuseur Transfusé) donc j’ai eu droit à une écho tous les 15 jours. Un suivi intense donc à la hauteur de cette grossesse à risque. J’ai eu la chance d’être suivie par une obstétricienne spécialisée dans les grossesses multiples et qui m’a vraiment super bien accompagnée.

J’ai eu une bonne grossesse sans trop de souci. Jusqu’au début du 6e mois, je prenais encore le métro. Puis, j’ai eu une alerte avec des contractions donc j’ai réduit drastiquement mes déplacements, mais sans être alitée. J’ai été hospitalisée 2 jours en décembre à cause de cela. Puis, à nouveau 2 jours en janvier pour une cholestase (dérèglement du foie). A partir de là, je devais me rendre à l’hôpital toutes les semaines pour un contrôle sanguin de la cholestase avec monitoring en prime. Le dernier mois a été pénible physiquement, j’avais une sciatique, je suis tombée malade, je toussais beaucoup, j’ai fait de l’asthme, puis la cholestase… Je savais qu’il fallait les tenir au chaud le plus longtemps possible, mais clairement je n’en pouvais plus…

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3- Raconte-nous la naissance de tes enfants.

J’étais à 34 semaines + 1 (7 mois) et j’avais rendez-vous à l’hôpital pour mon écho de contrôle, une prise de sang et un monitoring.

J’ai commencé par l’échographie qui était positive : très bonne croissance des bébés, rien à signaler. Puis, prise de sang. Et enfin, le monito. Une vraie épreuve car cela durait facilement 2 heures, ils n’avaient jamais le bon matériel, ça sautait tout le temps, on perdait souvent un des bébés, il fallait recommencer… La sage-femme a fait durer le monitoring car elle trouvait que T3 décélérait. Du coup, elle m’a envoyée aux urgences pour refaire un monito…

Arrivée à 9h, là il devait être 16h, je commençais à fatiguer…

Bref, je refais un monito qui dure à nouveau plus de 2 heures.  Malheureusement, mon obstétricienne était en vacances cette semaine-là… Après une réunion staff, ils décident de me déclencher. Donc là panique à bord, je préviens mon mari pour qu’il me rejoigne le plus vite possible en salle de naissance.

Les médecins m’ont immédiatement posé une péridurale donc je n’ai senti aucune contraction ce qui est assez bizarre quand tu es sur le point d’accoucher… Ce devait être une voie basse car j’avais déjà eu 2 enfants et les bébés n’étaient pas très gros. Mon mari est arrivé et on a un peu attendu en salle de naissance avec beaucoup d’allers et venues des équipes : l’anesthésiste, le pédiatre, l’obstétricienne… Ils surveillaient le monitoring de près.

Et d’un seul coup, l’obstétricienne a dit, on vous passe en césarienne car il y a trop de risque (j’ai compris plus tard que T3 ne supportait pas bien les contractions…)

Alors là tout s’est accéléré et je me suis retrouvée au bloc avec une quinzaine de personnes autour de moi. Ils m’ont passé le produit pour l’anesthésie locale. Sauf que j’ai mal réagi et que l’anesthésie n’était pas assez forte, du coup j’ai eu droit à des doses de morphine, de lidocaïne en plus, et au masque à protoxyde d’azote. Et là avec tout ça,  j’ai fait un « bad trip », je n’arrivais plus à parler, j’ai cru m’évanouir… Ils ont sorti Gustave en premier, l’ont mis quelques secondes contre mon épaule, puis quelques instants plus tard, pareil pour Ernest mais je n’ai pas vu Ferdinand. Ces deux derniers ont fait une détresse respiratoire donc ils ont été emmenés très vite pour des soins et de l’assistance respiratoire. Mon mari est parti avec eux. L’hôpital n’avait qu’une place en néo nat donc ils m’ont tout de suite dit que Ferdinand allait être transféré dans un autre hôpital… En salle de réveil, j’ai pu le toucher dans sa couveuse du SAMU, mais ce fut difficile de le voir partir comme ça…

La naissance a donc été très mouvementée et plutôt brutale mais l’essentiel était que les bébés soient bien pris en charge.

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4- Peux-tu nous décrire ton séjour à la maternité ?

Pendant 2 jours, nous avons été éparpillés : Ferdinand à Port Royal, Ernest en néonat, Gustave à l’unité mère enfant et moi à un autre étage… Mais bon, moi-même je ne pouvais pas bouger à cause de la césarienne… Mon mari lui courait partout pour s’occuper des bébés à tour de rôle. Puis, au bout de 2 jours, Ferdinand et Ernest ont rejoint Gustave à l’unité mère enfant. Ils étaient ensemble dans le même lit. Un soulagement. Nous sommes restés 18 jours à l’hôpital, le temps que les bébés soient sevrés de la sonde gastrique et qu’ils prennent du poids.

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Nous avons découvert l’univers de la néonatalogie avec son stress permanent quand les bébés sont « branchés » de toutes parts, l’apprentissage des soins avec des prématurés, son personnel qui fait un travail formidable malgré les difficultés rencontrées par l’hôpital public… On est sortis en se disant qu’on avait eu de la chance de pouvoir disposer de soins parmi les meilleurs du monde pour nos trois petits…

5- As-tu allaité ou as-tu donné le biberon?

Alors j’avais déjà allaité les deux grands donc je souhaitais tenter avec les triplés tout en sachant que ce ne serait probablement pas exclusif. Comme ils étaient prémas et un peu faibles, ils avaient du mal à prendre le sein. J’ai donc tiré mon lait. Je les mettais aussi au sein mais ce n’était pas évident car on les pesait avant et après pour connaitre la quantité qu’ils avaient prise et ce n’était jamais suffisant, il fallait compléter au bib ou à la sonde.

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A l’hôpital c’était plutôt facile de tirer mon lait car j’avais l’aide des équipes pour gérer les bébés. J’ai tenu un mois. De retour à la maison avec la gestion des grands et la fatigue, trouver du temps pour tirer mon lait est devenu trop sportif donc j’ai arrêté.

6- Peux-tu nous dire quelques mots sur les premiers mois avec les bébés ?

Les premiers mois ont été intenses. La maison est devenue une « usine à bébés »… On avait un tableau de suivi avec les heures de biberons, les changes, les vitamines… Ils étaient calés idéalement à une ½ heure d’intervalle. Si l’un dormait trop, on le réveillait et si un autre avait faim trop tôt, on le faisait patienter.

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Évidemment les nuits étaient plus que hachées… On a fait appel à une garde de nuit une à deux nuits par semaine pour récupérer un peu. Trois fois plus de travail mais aussi trois fois plus d’amour et de câlins.

7- As-tu repris le travail à la fin de ton congé maternité ?

Oui mais à temps partiel. Je ne travaille que 3 jours par semaine. Le mercredi, je m’occupe des grands qui n’ont pas école et le vendredi je prépare au mieux les week-ends et je case mes rendez-vous médicaux ou ceux des enfants. Je suis encore fatiguée et fatigable (ils ont 16 mois) donc je ne me vois pas encore travailler à temps plein… Les jours où je travaille, j’ai 2 nounous : une pour les bébés et l’autre pour les grands.

8- Tes multiples sont-ils ensemble ou séparés à l’école ? Ce choix est-il le vôtre, celui des enfants ou a t-il été fait par le personnel enseignant ?

Si tes enfants ne sont pas encore scolarisés, as-tu déjà des souhaits ?

Ils sont encore petits, mais ça c’est vraiment une étape qui sera importante. Surtout que j’ai des monozygotes et un singleton donc je ne sais pas du tout comment ils vont construire leur relation. Pour la maternelle, d’un point de vue logistique et organisationnel, ce serait quand même plus simple s’ils étaient dans la même classe. Après, un peu plus grands, je pense qu’ils pourront aussi s’exprimer sur le sujet et nous déciderons ensemble…

9- Comment se passe la gestion de ton quotidien depuis que tu as des multiples ?

Clairement, il faut être organisé et être aidé si on peut se le permettre…

Le matin c’est toujours la course, il faut respecter le timing pour être à l’heure à l’école et à la crèche… Pour le reste, ça roule plutôt bien grâce à la nounou des bébés qui nous aide beaucoup pour les sorties de crèche jusqu’au coucher des bébés. Mais un grain de sable et la machine s’enraye tout de suite : nounou malade, bébés malades et là il faut  jongler pour tout réorganiser à la dernière minute. Donc c’est pas mal de stress et de fatigue et ça peut vite devenir chaotique, mais comme dans les films américains : on s’en sort toujours à la fin !

Et il faut trouver du temps à accorder à chacun ce qui n’est pas toujours évident quand on est pris dans le rythme du quotidien.

Mais je pense que dans l’ensemble, ça fonctionne plutôt bien et on arrive à passer de bons moments tous ensemble et avec chaque enfant.

10- Qu’est-ce que t’a apporté le fait de devenir maman de multiples ?

C’est une remise en question de la vie que nous avions prévue, c’est une vraie aventure. Cette situation inédite fait que j’apprends tous les jours. Mes enfants, mon mari et moi avons des ressources que nous ne soupçonnions pas… Il faut aussi souvent se remettre en question, pas facile tous les jours, mais du coup, on ne s’ennuie jamais !

11- Avec le recul que tu as, quelle est la chose la plus difficile selon toi ?

Je dirais qu’il  y a une difficulté physique : la gestion de la fatigue. On a cumulé une grosse dette de sommeil et pour l’instant nous n’avons pas réussi à la rattraper. .. Il faut réussir à dépasser ça car cela peut jouer sur le moral et la patience… pas évident tous les jours…

Et puis il faut aussi se faire à l’idée du bouleversement de notre projet de vie : le logement est devenue une épineuse question, finis les voyages, ma carrière professionnelle est mise en pause…

Cela impacte toute notre façon de vivre : fini l’improvisation, les vacances prévues à la dernière minute, il faut anticiper un maximum… Voilà, il faut inventer une nouvelle vie, un vrai challenge au quotidien et pour le long terme !

♦♦

Je remercie beaucoup Julie pour son témoignage !

 

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4 commentaires sur « 9-Julie, maman de triplés de 19 mois ! »

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