7 – Jennifer, maman de jumeaux de 6 ans !

Jennifer a 38 ans et est la maman de 4 enfants : Anatole; 10 ans, Lorette; 8 ans et demi
Lothaire et Pépin; 6 ans. Une grande tribu avec de très jolis prénoms.

Elle a accepté de partager son expérience sur mon blog, voici son récit :

1- Comment as-tu découvert ta grossesse multiple ?

A 9 semaines de grossesse j’ai perdu un peu de sang. Un peu paniquée, je me suis rendue aux urgences de la maternité pour vérifier que tout était en ordre.
Après quelques questions et un examen, l’interne me rassure et me dit que tout va bien.
Elle effectue une échographie de contrôle. Curieuse, je regarde l’écran, là je vois deux « tâches ».
noires et je comprends que cette image est bien différente de celles de mes précédentes grossesses.
L’interne blêmit, me demande d’attendre un peu, m’emmène dans une autre salle d’examen avec un appareil d’échographie plus performant et au bout de longues minutes, il confirme ce que j’avais pressenti : j’attends des jumeaux.
C’est une grossesse bichoriale, biamniotique.

Toute mignonne (elle en devait pas avoir plus de 25 ans), elle me dit que je suis sa première annonce de grossesse gémellaire.
Je lui demande de m’imprimer une photo de l’échographie sinon mon mari va croire que je lui fais une blague.
Sur le trajet du retour, l’angoisse monte. Je me remémore nos conversations de jeune couple où monsieur me dit que sa plus grande terreur de parent serait d’avoir un jour des jumeaux.
A partir de ce moment, les larmes coulent et un tas de questions fusent dans ma tête.
De retour à la maison, mon super mari m’a rassurée et m’a dit que l’on allait assurer.
Les larmes se sont taries au bout d’une semaine environ pour faire place à une grande joie d’avoir le privilège de vivre cette expérience.

2) Comment s’est déroulé ton suivi de grossesse ?

Le suivi de ma grossesse a été très médicalisé (trop à mon goût).
Visites tous les mois à l’hôpital, échographies très régulières.
Plutôt de nature sereine, une discussion avec une sagefemme lors d’une réunion de l’association Jumeaux et Plus m’a complètement chamboulée. Elle me disait d’être très prudente parce que beaucoup de grossesses gémellaires débouchent sur des naissances prématurées à 24-26 semaines et que c’était très dangereux pour les bébés. J’ai été plutôt stressée jusqu’à ce fameux cap de 26 semaines. A tort, puisque j’ai finalement continué à conduire et à travailler jusqu’à 32 semaines (après je ne rentrais plus derrière le volant) et mes bouts de choux sont nés à 38 S.

3) Raconte-nous la naissance de tes enfants.

Ayant subi deux césariennes pour mes premières grossesses à la suite de complications lors du travail, L’accouchement par césarienne s’est imposé à moi.
Mieux préparée psychologiquement, cet accouchement s’est déroulé idéalement.
Prévu un jeudi matin, j’avais demandé à rentrer à l’hôpital la veille.
Le mercredi, j’ai donc rangé ma maison, fait le ménage et me suis rendue à l’hôpital avec ma maman en fin de journée.
Arrivée sur place, la sage-femme m’examine et me dit que mon col est déjà ouvert à 4 et que nous n’allons pas attendre le lendemain matin.
J’appelle mon mari pour qu’il vienne rapidement.
L’accouchement s’est déroulé dans une ambiance très détendue avec une équipe adorable, je me rappelle avoir plaisanté avec les anesthésistes pendant que les médecins faisaient naître mes bouts de choux.

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4) Peux-tu nous décrire ton séjour à la maternité ?

Je suis restée 7 jours à la maternité avec des souvenirs mitigés.
Désagréables dans un premier temps parce que le personnel a refusé de prendre mes petits bonhommes la première nuit pour que je puisse me reposer un peu, j’ai eu peu d’aide pour installer les enfants au sein alors qu’avec la césarienne ce n’est pas simple de se mouvoir dans son lit, la pression du personnel médical sur l’arrêt de l’allaitement parce que les bébés ne reprenaient pas assez vite du poids.
Mais agréables aussi parce que dans cette maternité, les jumeaux partagent le même berceau et certaines auxiliaires de puéricultures étaient adorables.

5) As-tu allaité ou as-tu donné le biberon ?

Ayant allaités mes deux ainés (avec quelques difficultés parfois), l’allaitement s’est imposé à moi naturellement. De plus, je ne me voyais vraiment pas gérer la préparation et le nettoyage des biberons.
Beaucoup de gens ont essayé de me dissuader insistant sur la fatigue que j’allais ressentir, sur le manque de lait pour deux bébés, la difficulté d’installer deux bébés au sein.
Résultat, je ne regrette absolument pas mon choix : oui j’étais fatiguée mais le bonheur de sentir ces deux petits êtres contre moi était immense, j’avais tellement de lait que j’aurais pu nourrir un troisième bébé, et à la fin j’étais devenue une pro de l’allaitement simultané dans n’importe quelle position.
La lassitude et le besoin de me réapproprier mon corps m’ont fait stopper l’allaitement aux 7 mois de mes garçons.

6) Peux-tu nous dire quelques mots sur les premiers mois avec les bébés ?

Les premiers mois ont été éprouvants.
Heureusement mon mari ainsi que ma mère étaient d’un grand secours.
Mon mari gérait les deux ainés le matin et les emmenait l’un chez chez la nounou et l’autre à l’école.
Le weekend, il s’occupait aussi beaucoup d’eux.
Le soir, ma maman récupérait les ainés chez la nounou et me les ramenait à la maison.
C’est assez culpabilisant vis-à-vis des ainés mais les jumeaux accaparaient tout mon temps.
J’avais fait le choix de les laisser vivre à leur rythme : je n’ai pas voulu les caler l’un sur l’autre.
Ce qui fait que souvent la nuit quand j’avais fini avec l’un c’est l’autre qui se réveillait. A cette époque, je devais dormir 3 heures par nuit mais je me rattrapais en faisant des siestes avec les bébés le jour.

7) As-tu repris le travail à la fin de ton congé maternité ?

De nature plutôt active, j’adore travailler. Mais étonnamment, ce long congé maternité m’a donné envie de rester à la maison m’occuper de mes enfants. Finalement, l’aspect financier et le fait que la nounou des aînés acceptait de garder les jumeaux ont fait que je suis retournée travailler 4 jours par semaine. Difficilement les premières semaines et puis finalement ravie de retrouver des moments pour moi quand j’étais en travail.

8) Tes multiples sont-ils ensemble ou séparés à l’école ? Ce choix est-il le vôtre, celui des enfants ou a-t-il été fait par le personnel enseignant ?

A l’entrée en maternelle, il m’a semblé impensable de les séparer. J’ai alors demandé qu’ils soient dans la même classe mais dans des groupes différents. J’ai fait le point régulièrement avec le personnel enseignant. Aujourd’hui en grande section, ils sont toujours dans la même classe.
Ils ne jouent pas ensemble à la récréation, ils ne font pas les mêmes activités mais ils ont besoin de sentir la présence de l’autre.
Pour l’entrée en CP, la question de la séparation refait la surface. Sur le plan pratique, les laisser ensemble est l’idéal (mêmes devoirs, mêmes dates de réunion, mêmes sorties scolaires…).
Cependant, comme on arrive dans des classes où on évalue, j’ai peur des comparaisons.
Après réflexion, je leur ai demandé s’ils souhaitaient rester ensemble et ils m’ont dit que oui. J’ai donc fait part de mon choix de les laisser ensemble à la maîtresse (qui pense qu’il faut les séparer parce que je cite « il faudra bien qu’ils se séparent un jour). J’espère que je n’aurais pas de mauvaises surprises à la rentrée.

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9) Comment se passe la gestion de ton quotidien depuis que tu as des multiples ?

Les enfants grandissent et sont de plus en plus autonomes ce qui rend la gestion du quotidien plus simple. Le matin, petit déjeuner en famille puis les enfants se préparent et papa les emmène à l’école.
Je les récupère à 16h à la sortie de l’école et nous enchainons goûter, devoirs, activités extra-scolaires et jeux. Puis dîner, histoires et dodo.
Le plus lourd à gérer est le linge pour 6 personnes. J’ai l’impression que ma machine à laver tourne en continue.

10) Qu’est-ce que t’a apporté le fait de devenir maman de multiples ?

Le fait de devenir maman de multiples m’a apporté une certaine fierté de réussir à gérer toute ma petite tribu. Cela m’a apporté plus de confiance en moi et de sérénité.

11) Avec le recul que tu as, quelle est la chose la plus difficile selon toi ?

Cette question n’est pas simple parce que la réponse est différente selon les stades d’évolution des petits.
A la naissance, il y a eu la fatigue physique, le fait de devoir souvent laisser un bébé pleurer parce qu’on est occupé avec l’autre et de ne pas avoir pu les porter en écharpe comme j’avais fait pour les ainés.
A l’apprentissage de la marche, le stress qu’il leur arrive quelque chose parce qu’en général, il y en avait un qui courrait à droite et l’autre gauche.
Ensuite est venue la fatigue psychologique parce qu’à deux ils ont beaucoup plus de ressources pour trouver des « bêtises » à faire.

♦♦

Je remercie beaucoup Jennifer pour son témoignage !

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