Bilan de ma vie, 1 an après la naissance de Marthe et Édith !

Et voilà, Édith et Marthe ont déjà eu 1 an ! Nous avons été très occupés par notre déménagement, la fin des travaux et la nouvelle organisation à mettre en place au sein de ce nouveau lieu de vie !

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Un mois après, notre vie se calme enfin et chacun a trouvé ses marques.

Cette première année de vie des filles est passée hyper vite. Il faut dire que notre projet de rénovation de maison nous a rempli la tête et nous a demandé beaucoup d’énergie ! Mais c’était vraiment pour la bonne cause. On ressent une réelle sérénité chez tous les enfants. Ils ont grandi et ont vraiment gagné en autonomie depuis qu’on est ici.

Les chambres des grands ne sont pas sur les mêmes niveaux, Balthazar et Zéphir sont au rez-de chaussée, Adémar et Opale, dans les combles, près d’Édith et Marthe. Ce qui leur permet aussi de souffler, de ne pas être toujours ensemble et d’avoir chacun un lieu personnel qui ne fait pas office de salle de jeux.

A côté de ça où en suis-je moi personnellement?

En ce moment, je réfléchis beaucoup à ma vie, à l’importance de ma place au sein de ma famille, et au temps que j’accorde à mon couple.

Pendant la grossesse, je ne pensais à rien d’autre qu’au bien-être des bébés qui allaient naître. J’étais pleine d’angoisses quant à une éventuelle prématurité, et pleine de doutes quant au fait d’accueillir de nouveaux des multiples. Je n’ai pas vraiment pensé à ma vie d’après.

La première année avec des jumeaux (ou plus ! ) est la plus difficile en terme de fatigue physique. Les bébés nous laissent peu de répit et les nuits entrecoupées ne nous permettent pas de réellement récupérer.

Le jour où je suis rentrée de la maternité, mes 4 grands étaient malades, donc tous à la maison. Gweltaz travaillait. Il a pris sa matinée pour venir nous chercher toutes les trois nous a déposées, et est reparti. Je me revois avec ces deux minuscules petites filles, les 4 grands, malades, et tout excités de voir arriver leurs sœurs et moi, affaiblie par la césarienne, épuisée par les deux dernières nuits seule que j’avais passées à la maternité regardant mes six enfants et comprenant que ma vie; c’était désormais ça !

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Et puis les jours se sont enchainés. Tête baissée, j’ai géré le quotidien en attendant toujours avec impatience l’arrivée de Gweltaz le soir.

J’ai le sentiment aujourd’hui que mes enfants ne m’ont pas rendue plus forte. Ils ont renforcé petit à petit un manque de confiance en moi. Le rôle de parent est tellement rempli de missions difficiles qu’il est très facile d’atteindre le burn-out ou de se sentir super nulle.

Pourquoi me dit-on souvent que je fais le plus beau métier du monde? Un des plus difficiles, oui, mais le plus beau? Non je ne crois pas. D’ailleurs je ne suis même pas persuadée que les gens qui me disent ça y croient vraiment. En tout cas, pas ceux qui sont passés par là !

Je ne dis pas que je ne suis pas heureuse à m’occuper d’eux. C’est juste que je m’oublie. Je vis pour eux, en fonction d’eux .

Je suis consciente que beaucoup de femmes rêvent d’avoir des enfants mais n’y parviennent pas forcément. Que je ne devrais certainement pas me plaindre. Après tout j’ai de la chance ! D’ailleurs j’ai toujours trouvé que le sujet de la difficulté de s’occuper en permanence des enfants était un peu tabou.

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Au cours d’une conversation avec les grands sur le phénomène triple hier soir, Opale a conclu en me disant:

 » Olala maman, mais quelle chance tu as eu d’avoir des triplés, c’est tellement rare ! »

Je l’ai regardée mais n’ai pas vraiment su quoi lui répondre. Je lui ai souri. Simplement.

J’ai de la chance, oui, certainement sur certains points. Mes enfants sont tous en bonne santé. Je les sens heureux, bien dans leur vie. Je me dis souvent que c’est grâce au fait que je m’occupe d’eux. Que je suis là pour eux. Je crois que ça me rassure. Ça me permet de me dire que je suis utile ! Que je suis compétente quelque part.

Mais finalement, ai-je vraiment le choix dans ma vie?

Le fonctionnement du congé parental a changé depuis quelques temps. Il peut désormais être partagé entre les deux parents. La durée de rémunération a été réduite en cas de congé parental d’un seul parent.

Pourquoi chez nous, le partage du congé parental ne peut pas fonctionner et pourquoi la réduction de la rémunération est un gros problème dans les familles de multiples?

Nous recevons, par la caf, 392 euros par mois pour la cessation complète de mon activité professionnelle. Je ne peux pas dire que j’avais un salaire formidable quand j’ai repris en 2015. Et si je fais le calcul des frais de garde pour les filles + celui des grands pour les temps périscolaires et que je déduis de mon salaire les fois où je suis absente pour cause de maladies, il ne reste plus grand chose. Sans parler du fait qu’on court dans tous les sens et qu’il faut réussir à tout combiner : vie de famille, gestion des enfants, de la maison, du quotidien, et le plus important dans tout ça, réussir à se trouver du temps à deux… Donc finalement dans notre situation, la meilleure solution: que je m’arrête et que je m’occupe des enfants.

Pourquoi Gweltaz ne bénéficiera jamais de son droit au congé parental? Et bien simplement parce qu’il a un salaire convenable et que si on le remplaçait par la rémunération de la caf et que moi j’allais travailler, on ne survivrait pas financièrement !
Et puis en fait, je ne sais même pas s’il aurait envie de prendre un congé parental !

Donc le fait est, que je vais recevoir cette rémunération pendant 24 mois seulement du fait que Gweltaz ne profitera pas de son droit. A 24 mois, soit je recherche un mode de garde pour les filles, je reprends le travail et nous revoilà dans les questions de frais inhérents à ma reprise et dans un rythme infernal soit, je ne reprends pas et notre vie est certes un petit peu moins confortable financièrement mais finalement plus sereine pour tout le monde.

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Bon et puis il y a un autre problème il faut bien l’avouer: je suis incapable de laisser mes bébés. C’est assez ancrée chez moi. Je ne veux pas les confier. Ça m’a fait ça pour les six. J’ai le sentiment que si je les laisse je vais rater des moments importants de leur vie.

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Les filles ont un an et je peux dire que je les ai très peu laissées. Et encore, quand je les laisse, elles sont avec Gweltaz !

Le problème, c’est qu’on commence à avoir besoin de se retrouver, tous les deux. Édith se réveille encore de nombreuses fois le soir et la nuit ce qui nous laisse peu de temps ensemble. Les repas sont riches en terme de conversations mais ce n’est pas spécialement pour parler de choses qui nous intéressent. Et quand on essaie, on sait de toute façon qu’on n’ira pas au bout de la conversation, coupée par les enfants !

Alors la semaine dernière nous avons décidé d’aller au restaurant ! J’étais à la fois hyper contente et hyper inquiète à l’idée de laisser Édith. Je savais qu’elle allait se réveiller et j’avais peur qu’elle soit inquiète à l’idée de ne pas nous voir. Mais ma belle-mère est douce, et j’ai confiance. Donc relax !

30 minutes avant de partir, Zéphir vomit. Tiens, quelle bonne idée! Merci Zéphir. On n’y avait pas pensé. Nettoyer du vomi avant d’aller manger au resto, ça met vraiment dans l’ambiance !

J’ai dû me préparer en 15 minutes, et nous sommes partis énervés et contrariés. En plus je savais que Zéphir allait forcément revomir. Je m’en voulais de laisser ma belle-mère comme ça…

Bref nous sommes partis. Nous avons mangé assez rapidement et nous sommes rentrés. Édith était bien dans la place à notre retour, Zéphir avait bien revomi mais encore mieux, il avait imbibé ses draps, sa couette et son matelas ( je pensais avoir mis une alèse, en fait non, mince ! ). Dégoutée, j’ai imaginé le boulot que j’allais devoir effectuer le lendemain pour nettoyer tout ça… en espérant surtout que les autres n’enchaineront pas!

Notre première sortie en amoureux depuis 15 mois a été une sorte d’échec pour moi. J’étais déçue. On avait hâte, on était trop contents ! Ça nous faisait plaisir de nous faire servir, de manger dans le calme et surtout de discuter tranquillement. Alors, on a quand même profité mais on peut dire que ça aurait pu être bien mieux !

Et c’est là que je me rends compte que ma vie, mes pensées, nos sorties, nos envies seront toujours plus ou moins parasitées par des questions autour des enfants. Je sais d’avance que oui j’aimerais bien retravailler (mais où? quand? quoi? combien d’heures par semaine ? ) mais que ma réflexion sera toujours faite autour de l’organisation de ma vie de maman ! Oui j’aimerais me sentir compétente dans un domaine et retrouver un peu de vie pour moi mais je devrais toujours m’adapter et m’organiser en cas d’urgence ou de besoin.

L’année où j’ai repris à travailler, mes horaires étaient décalées. Gweltaz avait dû s’organiser pour s’adapter mais franchement ça a été compliqué. C’est difficile dans son métier d’avoir des horaires à la carte et tout est vraiment plus facile depuis que je suis à la maison pour gérer le quotidien et les imprévus !

Je me rends compte que mon post n’est pas hyper positif. Alors qu’en fait,  les filles m’ont apporté beaucoup de sérénité et qu’un nouvel équilibre est né au sein de la famille depuis leur naissance. Je me régale de les voir grandir et évoluer de jour en jour. J’adore raconter à Gweltaz les anecdotes de nos petites mignonnettes. On les aime tellement.

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Alors si je conclue en réalisant un vrai bilan de ce qu’est ma vie maintenant, je peux dire que je suis heureuse de vivre ça. Que ma vie est très riche et je sais que j’aurais toujours le soutien de Gweltaz quand je voudrais rebondir. C’est d’ailleurs grâce à lui que je réussis aujourd’hui à positiver au maximum après des journées épuisantes. Il a naturellement une sérénité très apaisante et il m’apporte toujours beaucoup de réconfort. Et clairement, c’est un papa et un beau-père très investi. Alors, je suis hyper consciente que de mon côté, ma carrière a explosé du fait de mes grossesses multiples et que je ne suis pas certaine de pouvoir un jour aspirer à une évolution professionnelle qui me satisfera mais j’aurais finalement accompli des choses difficiles dont je serais toujours fière !

 

 

 

 

 

 

9 commentaires sur « Bilan de ma vie, 1 an après la naissance de Marthe et Édith ! »

  1. Bonjour,
    Je t’admire Beaucoup, profite de tes enfants au maximum car ils grandissent trop vite, Bastien vas avoir 18ans cette année, bonne continuation à toi et ta famille, j’ai un grand plaisir à te lire à chaque fois.
    Bises à toi et ta grande famille
    Séverine, Christophe et les enfants

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  2. Ma petite me laissant un moment de répit, je lis quelques articles de ton blog. En effet, même avec un bébé j’ai du mal parfois à penser autre chose que bébé et je ne m’investis pas dans mon couple. Je ne travaille pas et j’attends avec impatience l’arrivée de mon fiancé le soir. Mais je suis souvent de mauvaise humeur parce que fatiguée et reprochant (c’est bête!) à mon fiancé d’avoir un boulot qui lui permet de rencontrer des gens, sortir, ne pas rester à la maison avec un bébé à s’occuper 24h/24. Alors oui je comprend quand tu dis que tu vis pour tes enfants, en fonction d’eux. Les gens diront que c’est merveilleux d’être parents mais aucune de mes copines mamans ne m’a dit à quel point mon couple allait en prendre un coup et que j’allais oublier d’être moi tout simplement. J’aime être mère d’une petite fille mais c’est parfois très dur. D’ailleurs, elle vient de se réveiller =) j’y vais !

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    1. Et oui, c’est ça le plus difficile ! Trouver l’équilibre parfait dans le couple et s’adapter. Je crois qu’ils faut régulièrement discuter et surtout ne jamais oublier ce pour quoi on fait ça. Personne ne dit réellement que c’est si dur. Moi je crois qu’il y a vraiment un côté tabou qui pousse à ne pas se plaindre d’être à la maison. Mais les époques changent et on commence à enfin avoir le droit de dire que oui c’est difficile et que non, ce n’est pas toujours une place privilégiée que d’être à la maison à s’occuper des enfants ! Bonne journée à toi, avec ta petite !

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  3. Vous êtes une warrior ! Et je comprends (presque) toutes vos difficultés car je rencontre les mêmes alors que je n’ai (que) des jumeaux, et une seule paire en plus. Le problème du congé parental, des difficultés de garde, du papa qui a un boulot stable et de la famille qui n’y survivrait pas financièrement si lui prenait un congé. Donc maman obligée (quel dommage d’utiliser ce mot mais parfois, c’est vraiment mon ressenti) de rester à la maison avec les enfants. Tout pareil !

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    1. Bonjour madame Aigre-Douce ! Merci pour ce retour. C’est toujours très rassurant de lire des commentaires comme le tien. Moi aussi j’ai souvent l’impression d’être obligée pour les raisons que tu cites. Et effectivement c’est un peu dommage. Mais globalement j’en ressors beaucoup plus de positif que de négatif ! Et j’ai remarqué que mes questionnements étaient toujours en lien avec une grosse fatigue personnel. C’est toujours plus difficile de positiver quand on se sent épuisée…

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      1. C’est évident ! On les aime très fort, mais on n’en reste pas moins une personne à part entière et parfois, avec la fatigue, l’énervement et les coups de blues viennent plus vite et plus souvent. Mais beaucoup de femmes sont dans ces cas, trop sans doute ! On monte une association ? 😉 (encore faudrait-il trouver du temps)

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      2. Oui et beaucoup n’en parlent pas et ça c’est dommage. Je crois qu’il faut réussir à en parler et à accepter que non on ne doit pas être parfaites, qu’on a le droit de ne pas avoir envie de s’occuper à un moment donné de nos petits et qu’on a surtout le droit d’en avoir marre et de le dire !

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