9-Julie, maman de triplés de 19 mois !

Julie est maman de 5 enfants !

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Suzanne, 9 ans
Léon, 6 ans
Ernest, Gustave et Ferdinand, 19 mois nés à un peu plus de 34 SA d’une grossesse bichoriale triamniotique.

Elle a découvert mon blog et a souhaité partager son expérience de maman de multiples.
Je trouve son témoignage juste et particulièrement réaliste tant elle exprime bien la façon dont l’arrivée de ses trois petits garçons a bouleversé sa vie.

D’un aspect plus général, je me questionne régulièrement sur ce que j’ai envie de transmettre au travers de mon blog.
J’ai décidé il y a quelques semaines de créer la rubrique dans laquelle je donne la parole aux mamans de multiples dans le but d’apporter à celles et ceux qui en ont besoin un regard éclairé sur la maternité avec des multiples mais aussi sur tous les aspects plus questionnant ( grossesse, naissance, retour à la maison, allaitement,…).

Personnellement j’aime beaucoup lire les témoignages. Je les trouve tous très riches à leur manière et chaque problématique est bien décortiquée.

Mais ce qui me plait et me passionne, ne plait pas forcément à tout le monde et aujourd’hui, j’aimerais sonder un peu mes lecteurs.

Est-ce que cette rubrique vous plait ? Est-ce qu’elle vaut le coup d’être continuée ?

J’avoue avoir moins de temps en ce moment pour écrire, mes journées sont bien chargées et mes soirées me servent essentiellement à souffler auprès de mon mari.

Les récits des mamans permettent également à mon blog d’avoir une vie…

Je vous laisse avec la belle histoire de Julie.

♦♦

1- Comment as-tu découvert ta grossesse multiple?

J’ai découvert que j’attendais des triplés à l’occasion de ma 1ère échographie vers 10 semaines de grossesse. Quand l’écran s’est allumé, j’ai tout de suite vu deux poches donc je me suis dit que j’attendais des jumeaux. Puis, le médecin nous a dit (mon mari était présent heureusement…) « Donc vous êtes déjà au courant du nombre de fœtus ? » Je lui ai répondu que non car c’était ma première écho et je lui ai demandé « Pourquoi, il y en combien ? » Et là, il a répondu qu’il y en avait trois. Je lui ai dit que ce devait être une blague, mais là il nous a montré l’écran en expliquant que dans la poche du haut, ils étaient deux et qu’un autre était seul dans la poche du bas. Là, le rire et les larmes se sont mélangés entre incrédulité, angoisse et nervosité… Nous attendions des triplés…

2- Comment s’est déroulé ton suivi de grossesse?

Au départ, j’étais inscrite aux Diaconesses, mais dès la première écho, les médecins m’ont dit qu’il fallait que je passe dans une maternité de niveau 3. J’ai donc contacté immédiatement l’hôpital Trousseau qui m’a mise sur liste d’attente !! Après une semaine d’angoisse, ils m’ont donné un 1er rendez-vous quasiment 2 mois plus tard en me disant de consulter mon gynéco de ville en attendant. Sauf que ma gynéco n’a jamais eu de cas de triplés en 30 ans d’exercice et du coup, je n’avais personne pour répondre à mes très nombreuses questions…

Finalement, je me suis  rendue à une réunion de l’association Jumeaux et Plus qui avait lieu à l’hôpital et là j’ai pu rencontrer l’obstétricienne qui m’a donné un rendez-vous beaucoup plus tôt… Le suivi a donc vraiment commencé. Au départ, on m’avait dit que j’aurais une écho chaque mois. Mais comme il y avait des jumeaux monozygotes partageant le même placenta, j’avais un risque de STT (Syndrome Transfuseur Transfusé) donc j’ai eu droit à une écho tous les 15 jours. Un suivi intense donc à la hauteur de cette grossesse à risque. J’ai eu la chance d’être suivie par une obstétricienne spécialisée dans les grossesses multiples et qui m’a vraiment super bien accompagnée.

J’ai eu une bonne grossesse sans trop de souci. Jusqu’au début du 6e mois, je prenais encore le métro. Puis, j’ai eu une alerte avec des contractions donc j’ai réduit drastiquement mes déplacements, mais sans être alitée. J’ai été hospitalisée 2 jours en décembre à cause de cela. Puis, à nouveau 2 jours en janvier pour une cholestase (dérèglement du foie). A partir de là, je devais me rendre à l’hôpital toutes les semaines pour un contrôle sanguin de la cholestase avec monitoring en prime. Le dernier mois a été pénible physiquement, j’avais une sciatique, je suis tombée malade, je toussais beaucoup, j’ai fait de l’asthme, puis la cholestase… Je savais qu’il fallait les tenir au chaud le plus longtemps possible, mais clairement je n’en pouvais plus…

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3- Raconte-nous la naissance de tes enfants.

J’étais à 34 semaines + 1 (7 mois) et j’avais rendez-vous à l’hôpital pour mon écho de contrôle, une prise de sang et un monitoring.

J’ai commencé par l’échographie qui était positive : très bonne croissance des bébés, rien à signaler. Puis, prise de sang. Et enfin, le monito. Une vraie épreuve car cela durait facilement 2 heures, ils n’avaient jamais le bon matériel, ça sautait tout le temps, on perdait souvent un des bébés, il fallait recommencer… La sage-femme a fait durer le monitoring car elle trouvait que T3 décélérait. Du coup, elle m’a envoyée aux urgences pour refaire un monito…

Arrivée à 9h, là il devait être 16h, je commençais à fatiguer…

Bref, je refais un monito qui dure à nouveau plus de 2 heures.  Malheureusement, mon obstétricienne était en vacances cette semaine-là… Après une réunion staff, ils décident de me déclencher. Donc là panique à bord, je préviens mon mari pour qu’il me rejoigne le plus vite possible en salle de naissance.

Les médecins m’ont immédiatement posé une péridurale donc je n’ai senti aucune contraction ce qui est assez bizarre quand tu es sur le point d’accoucher… Ce devait être une voie basse car j’avais déjà eu 2 enfants et les bébés n’étaient pas très gros. Mon mari est arrivé et on a un peu attendu en salle de naissance avec beaucoup d’allers et venues des équipes : l’anesthésiste, le pédiatre, l’obstétricienne… Ils surveillaient le monitoring de près.

Et d’un seul coup, l’obstétricienne a dit, on vous passe en césarienne car il y a trop de risque (j’ai compris plus tard que T3 ne supportait pas bien les contractions…)

Alors là tout s’est accéléré et je me suis retrouvée au bloc avec une quinzaine de personnes autour de moi. Ils m’ont passé le produit pour l’anesthésie locale. Sauf que j’ai mal réagi et que l’anesthésie n’était pas assez forte, du coup j’ai eu droit à des doses de morphine, de lidocaïne en plus, et au masque à protoxyde d’azote. Et là avec tout ça,  j’ai fait un « bad trip », je n’arrivais plus à parler, j’ai cru m’évanouir… Ils ont sorti Gustave en premier, l’ont mis quelques secondes contre mon épaule, puis quelques instants plus tard, pareil pour Ernest mais je n’ai pas vu Ferdinand. Ces deux derniers ont fait une détresse respiratoire donc ils ont été emmenés très vite pour des soins et de l’assistance respiratoire. Mon mari est parti avec eux. L’hôpital n’avait qu’une place en néo nat donc ils m’ont tout de suite dit que Ferdinand allait être transféré dans un autre hôpital… En salle de réveil, j’ai pu le toucher dans sa couveuse du SAMU, mais ce fut difficile de le voir partir comme ça…

La naissance a donc été très mouvementée et plutôt brutale mais l’essentiel était que les bébés soient bien pris en charge.

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4- Peux-tu nous décrire ton séjour à la maternité ?

Pendant 2 jours, nous avons été éparpillés : Ferdinand à Port Royal, Ernest en néonat, Gustave à l’unité mère enfant et moi à un autre étage… Mais bon, moi-même je ne pouvais pas bouger à cause de la césarienne… Mon mari lui courait partout pour s’occuper des bébés à tour de rôle. Puis, au bout de 2 jours, Ferdinand et Ernest ont rejoint Gustave à l’unité mère enfant. Ils étaient ensemble dans le même lit. Un soulagement. Nous sommes restés 18 jours à l’hôpital, le temps que les bébés soient sevrés de la sonde gastrique et qu’ils prennent du poids.

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Nous avons découvert l’univers de la néonatalogie avec son stress permanent quand les bébés sont « branchés » de toutes parts, l’apprentissage des soins avec des prématurés, son personnel qui fait un travail formidable malgré les difficultés rencontrées par l’hôpital public… On est sortis en se disant qu’on avait eu de la chance de pouvoir disposer de soins parmi les meilleurs du monde pour nos trois petits…

5- As-tu allaité ou as-tu donné le biberon?

Alors j’avais déjà allaité les deux grands donc je souhaitais tenter avec les triplés tout en sachant que ce ne serait probablement pas exclusif. Comme ils étaient prémas et un peu faibles, ils avaient du mal à prendre le sein. J’ai donc tiré mon lait. Je les mettais aussi au sein mais ce n’était pas évident car on les pesait avant et après pour connaitre la quantité qu’ils avaient prise et ce n’était jamais suffisant, il fallait compléter au bib ou à la sonde.

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A l’hôpital c’était plutôt facile de tirer mon lait car j’avais l’aide des équipes pour gérer les bébés. J’ai tenu un mois. De retour à la maison avec la gestion des grands et la fatigue, trouver du temps pour tirer mon lait est devenu trop sportif donc j’ai arrêté.

6- Peux-tu nous dire quelques mots sur les premiers mois avec les bébés ?

Les premiers mois ont été intenses. La maison est devenue une « usine à bébés »… On avait un tableau de suivi avec les heures de biberons, les changes, les vitamines… Ils étaient calés idéalement à une ½ heure d’intervalle. Si l’un dormait trop, on le réveillait et si un autre avait faim trop tôt, on le faisait patienter.

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Évidemment les nuits étaient plus que hachées… On a fait appel à une garde de nuit une à deux nuits par semaine pour récupérer un peu. Trois fois plus de travail mais aussi trois fois plus d’amour et de câlins.

7- As-tu repris le travail à la fin de ton congé maternité ?

Oui mais à temps partiel. Je ne travaille que 3 jours par semaine. Le mercredi, je m’occupe des grands qui n’ont pas école et le vendredi je prépare au mieux les week-ends et je case mes rendez-vous médicaux ou ceux des enfants. Je suis encore fatiguée et fatigable (ils ont 16 mois) donc je ne me vois pas encore travailler à temps plein… Les jours où je travaille, j’ai 2 nounous : une pour les bébés et l’autre pour les grands.

8- Tes multiples sont-ils ensemble ou séparés à l’école ? Ce choix est-il le vôtre, celui des enfants ou a t-il été fait par le personnel enseignant ?

Si tes enfants ne sont pas encore scolarisés, as-tu déjà des souhaits ?

Ils sont encore petits, mais ça c’est vraiment une étape qui sera importante. Surtout que j’ai des monozygotes et un singleton donc je ne sais pas du tout comment ils vont construire leur relation. Pour la maternelle, d’un point de vue logistique et organisationnel, ce serait quand même plus simple s’ils étaient dans la même classe. Après, un peu plus grands, je pense qu’ils pourront aussi s’exprimer sur le sujet et nous déciderons ensemble…

9- Comment se passe la gestion de ton quotidien depuis que tu as des multiples ?

Clairement, il faut être organisé et être aidé si on peut se le permettre…

Le matin c’est toujours la course, il faut respecter le timing pour être à l’heure à l’école et à la crèche… Pour le reste, ça roule plutôt bien grâce à la nounou des bébés qui nous aide beaucoup pour les sorties de crèche jusqu’au coucher des bébés. Mais un grain de sable et la machine s’enraye tout de suite : nounou malade, bébés malades et là il faut  jongler pour tout réorganiser à la dernière minute. Donc c’est pas mal de stress et de fatigue et ça peut vite devenir chaotique, mais comme dans les films américains : on s’en sort toujours à la fin !

Et il faut trouver du temps à accorder à chacun ce qui n’est pas toujours évident quand on est pris dans le rythme du quotidien.

Mais je pense que dans l’ensemble, ça fonctionne plutôt bien et on arrive à passer de bons moments tous ensemble et avec chaque enfant.

10- Qu’est-ce que t’a apporté le fait de devenir maman de multiples ?

C’est une remise en question de la vie que nous avions prévue, c’est une vraie aventure. Cette situation inédite fait que j’apprends tous les jours. Mes enfants, mon mari et moi avons des ressources que nous ne soupçonnions pas… Il faut aussi souvent se remettre en question, pas facile tous les jours, mais du coup, on ne s’ennuie jamais !

11- Avec le recul que tu as, quelle est la chose la plus difficile selon toi ?

Je dirais qu’il  y a une difficulté physique : la gestion de la fatigue. On a cumulé une grosse dette de sommeil et pour l’instant nous n’avons pas réussi à la rattraper. .. Il faut réussir à dépasser ça car cela peut jouer sur le moral et la patience… pas évident tous les jours…

Et puis il faut aussi se faire à l’idée du bouleversement de notre projet de vie : le logement est devenue une épineuse question, finis les voyages, ma carrière professionnelle est mise en pause…

Cela impacte toute notre façon de vivre : fini l’improvisation, les vacances prévues à la dernière minute, il faut anticiper un maximum… Voilà, il faut inventer une nouvelle vie, un vrai challenge au quotidien et pour le long terme !

♦♦

Je remercie beaucoup Julie pour son témoignage !

 

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C’est la rentrée !

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Il était temps que je vienne donner des nouvelles !

L’été a été très calme ici, comme je l’expliquais dans l’article précédent, nous ne sommes pas partis en vacances.

Nous avons juste réservé aux enfants une journée exceptionnelle à Paris !

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Tels des petits poussins, les enfants nous ont suivis sans aucune difficulté. Ils ont marché toute la journée sans râler.

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Nous avons réussi à faire ce qu’on avait prévu et franchement tout le monde en garde un super souvenir ! Il faisait très chaud ( 37 ° ) mais ça ne nous a pas gâché la journée pour autant.
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Les filles ont dormi 20 min du lever à 5h30 jusqu’au coucher à 21h30.

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Autant vous dire que le retour de 2h en train a été épique ! Édith a léché les vitres, balancé les gommettes au bout de 3 min, a fait 3 cacas et écrasé des chips partout dans le wagon.

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Gweltaz a passé 1h dans le wagon bar à tenter d’endormir Marthe…en vain pendant que moi je gérais l’excitation d’Édith ! Tout ça après une journée de marche dans Paris. C’était pas idéal mais : on l’a fait !

Puis est venu le temps de la rentrée.

Après 2 semaines, le rythme n’est pas encore repris.
On peut avoir l’impression que c’est plus calme quand ils sont à l’école mais je reste assez mitigée sur le sujet !

Alors oui effectivement mes journées sont moins bruyantes mais par contre les choses à penser et à faire sont assez nombreuses en temps scolaire !

Et puis il fait encore beau et chaud donc les enfants n’ont pas forcément envie d’aller se coucher le soir !

Et il suffit que je leur demande d’aller chercher un ballon au fond du jardin pour que ça se transforme en parcours du combattant de 30 minutes :

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 » T’inquiète maman ! J’arrive ! C’est juste que je ne peux pas marcher en chaussettes dans l’herbe ! J’attrape le ballon, je le ramène et puis je range les chaises ! »

C’est vrai que c’est plus simple de faire ça plutôt que d’enlever les chaussettes ! ( Et peut être que finalement, je préfère qu’il marche en chaussettes dans l’herbe plutôt qu’il trouve une idée lumineuse dans ce style …)

Zéphir a fait sa rentrée en CM2. Il se la joue à fond pré ado.

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Cette année il est le plus grand ( en classe hein parce qu’en taille on n’y est pas du tout ! ) et ça se sent ! Il s’octroie des droits que je n’imaginais pas !

Il a faim à 18h . Je suis OK pour qu’il mange un fruit, mais quelques minutes plus tard il se pavane devant moi avec une grosse tartine de chocolat.

« Euh ?? Ça ne ressemble pas à une pomme ce que tu manges ! « 

 » Nan mais j’ai faim !! »

« OK tu poses ta tartine et tu prends un fruit ! « 

 » Hein???? T’es sérieuse ??? « 

Et bien que ça puisse lui déplaire, oui je suis sérieuse !

En ce moment il doit avoir besoin de manger et à vrai dire, je ne sais pas si je préfère quand il vide une bouteille de lait en 30 min ou qu’il se fait une tartine à 18h. Mon cœur balance…

Dans tous les cas, le collège est proche et, pleine de bonnes résolutions, j’ai décidé de ne pas le lâcher d’une semelle ! ( Il a tendance à oublier de faire ses devoirs et sa chambre devient vite un champs de mine; mieux vaut corriger tout ça avant l’indépendance qui l’attend l’année prochaine ! )

Opale, Balthazar et Adémar ont fait leur rentrée en CM1. Cette année ils sont ensemble.

( Oui ok ça me réjouit !) Mais en vrai (même si je l’avais demandé à la directrice ), c’est simplement dû au fait qu’il n’y a qu’une classe de CM1. Ils ont fait GS, CP, CE1 et CE2 séparés et j’ai vécu toutes les difficultés liées au fait d’avoir 4 classes différentes dans l’année alors là c’est presque trop facile !

Je vais même pouvoir aller aux réunions de rentrée (qui les concerne donc tous les 4 ) pour la première fois depuis…. plusieurs années !

Il faut tout de même qu’ils s’habituent à être ensemble et certains réajustements ont été nécessaires ( merci Opale qui pleure devant toute la classe parce que son frère raconte le meilleur souvenir de ses vacances et que, de toute évidence, ce souvenir est le même au détail près… )

Mais je pense que ça va bien se passer.

Les activités extra scolaires démarrent petit à petit. Évidemment rien ne commence la même semaine ( parce que sinon ça ne serait pas drôle ) et les horaires sont enfin connus. Oui et ce n’est pas forcément pratique !

Adémar qui a chorale à 17h30 pendant une heure et Balthazar qui a badminton à 18h le même jour et pas au même endroit, c’est le pied !

Et Zéphir qui a décidé qu’il voulait devenir danseur étoile a deux cours de classique calés dans la semaine dont un qui se termine en plein milieu de la sieste des filles !

Formidable !

Mais comme ça fait longtemps qu’il songe à faire de la danse, c’est une évidence pour moi de trouver des moyens pour qu’il danse…enfin !

Heureusement, j’arrive quand même à m’arranger avec d’autres mamans, mamy, papy et compagnie en cas de pépin !

Vous avez dit crise des 18 mois – 2 ans ?

Oui ! On y est. La fameuse !

Autrement appelée terrible two et particulièrement redoutée ! C’est la crise des filles !

Enfin il n’y a pas que la crise, il y a aussi le n’importe quoi et les pleurs. Et le tout combiné pond un cocktail explosif qui met nos nerfs à rude épreuve !

Je ne pense pas que nous soyons dans l’âge le plus difficile car pour Opale, Balthazar et Adémar je garde un souvenir très difficile entre 3 et 4 ans. Malgré cela, je sais que nous sommes entrés dans une phase épuisante moralement et physiquement.

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Elles ne veulent pas manger ce que je leur propose ? Ce n’est pas grave, elles jettent leurs assiettes en prenant bien soin de tout étaler sur la table et sur le parquet avant.

Elles ne veulent pas mettre de couche ? Ce n’est pas grave, elles sautent de la table à langer et font pipi par terre en mettant les mains dedans et en criant  » Maman pipi !! »

Elles ne veulent pas mettre de chaussures ? Ce n’est pas grave on les retrouve en chaussettes dans le jardin !

Elles ne veulent pas quitter les bras de leur papa ? OK il y a toujours une solution pour avancer dans nos tâches quotidiennes !

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Elles ont fini leur bain ? OK elles sautent par dessus la baignoire . ( J’ai rattrapé Édith au vol avant le drame cette semaine !)

Elles ne veulent plus avancer ? Ce n’est pas grave, j’attends 15 minutes qu’elles se décident et finis par les attraper en subissant des jolis hurlements !

20180802_090109Elles veulent attraper mes lunettes rangées en hauteur ? Aucun problème, elles escaladent le bureau , arrivent à les atteindre, ouvrent la boîte et me les balancent:

 » Tiensssssssssssssssss maman !!!!!!!!!! »

Oui c’est ça la crise des 18 mois ! On y est et c’est X2 ! J’avais oublié cette période. Maintenant je comprends mieux pourquoi je n’en ai gardé aucun souvenir.

J’en suis arrivée à un stade où je me réjouis de l’heure du départ aux activités pour couper mon après-midi .  » Allez hop hop hop c’est l’heure tout le monde en voiture !  » Parce qu’il faut bien le dire, les allers retours occupent et pendant que je conduis je peux simplement souffler !

Mais étant déjà passée par là, je sais que la crise du NON pour n’importe quelle raison finit par passer.

J’aime quand même cet âge car le langage se développe mais la surveillance est telle que j’ai le sentiment de guetter en permanence deux lionceaux sortis de leur cage prêts à saccager toute la maison. Et quoi qu’il se passe, la patience est la clé pour survivre !

A côté de ça, ce sont deux petites filles vraiment mignonnes. Elles sont très câlines et déjà très partageuses. Elle nous font beaucoup rire et j’avoue adorer passer du temps à les observer.

Nous avons commencé l’adaptation à la crèche et leurs réactions respectives nous montrent que ça ne va pas être si compliqué pour elles de se séparer de moi et de passer du temps en collectivité. Elles aiment vraiment la compagnie d’autres enfants et on sent une soif de découvertes en chacune d’elles qui nous conforte dans ce que l’on essaie de leur apporter au quotidien malgré le rythme familial particulièrement intense.

Elles vont découvrir des activités qu’elles ne font pas à la maison et ces petits temps deux fois par semaine vont m’apporter un peu de répit autre que le temps de sieste qui est quelque peu aléatoire.

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♥♥

8- Peggy, maman de triplées de 5 ans.

Aujourd’hui, je vous présente Peggy ! Elle a 42 ans et est maman de 4 enfants :
Lysandre, 10 ans
Cyrielle, Sélène et Lucile, 5 ans nées à 34 sa + 3 jours.
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J’ai rencontré Peggy pendant son séjour au CHU. Nous ne nous sommes jamais revues mais je garde un souvenir d’une maman très positive pendant sa grossesse.

J’ai beaucoup aimé son témoignage car il est riche en zen et positive attitude, cocktail indispensable quand on attend et qu’on devient parents de 3 enfants en même temps !

♦♦

1) Comment as-tu découvert ta grossesse multiple?

Eh bien… Je suis un boulet de compétition ! J’ai bidouillé ma pilule en mai 2012 pour être tranquille (j’avais organisé une grosse fiesta pour les 60 ans de mon père, sa retraite et la crémaillère des mes parents). Résultat, test positif 3 semaines plus tard… C’était un œuf clair, qui s’est terminé par un curetage en juillet.
J’attendais mon retour de couches pour reprendre la pilule (ce n’est pas le premier jour des règles qu’on commence la pilule ???). Fin août, je me pose des questions, mais on vient d’emménager après avoir traversé la France, j’ai donc d’autres préoccupations. Mi-septembre, ne voyant rien venir, je fouille sur internet et je tombe évidemment sur des articles qui parle de curetage raté, de synéchies… Bref, je me dis qu’avec mon chance habituelle, tout n’a pas dû se passer correctement. J’en fais part à mes copines (sur internet). Ça les fait bien rire, surtout quand l’une d’elle me dit « tu sais moi mon retour de couche, il s’appelle Marius »…  Ahhhh ! Je garde ça en tête 2 jours et j’en parle à cher et tendre, qui se marre bien lui aussi. Hormis ces règles qui n’arrivent pas, je n’ai pas vraiment de symptômes, si ce n’est un essoufflement important et inhabituel (à l’époque je courrais 10km en 1h sans problème). Rendez-vous est pris le vendredi à la polyclinique pour une écho le mercredi suivant… Bizarrement, alors que je ne me savais pas encore enceinte, j’ai vomi pour la seule et unique fois de ma grossesse le lundi précédent cette écho…
Boris et Lysandre (mercredi oblige) m’ont accompagnée. Je suis allée seule dans la petite salle pour l’écho. Et là le gynéco me sort « ah mais c’est pas possible, statistiquement, c’est pas possible, vous êtes la 4ème grossesse gémellaire de la semaine ». Du coup, j’appelle le futur papa qui regarde le moniteur et se pince la lèvre genre oups j’ai fait une grosse bêtise. Il faut dire qu’il disait depuis longtemps (avant de me connaître) qu’il aimerait avoir des jumelles. Ce à quoi je répondais que un par un c’était sympa aussi…
J’étais enceinte d’un bon mois. Comme Lysandre était avec nous, nous lui avons expliqué, même si c’était tôt, que j’avais 2 bébés dans le ventre. Ce à quoi il nous a dit que non, il y en avait 3 ! Et il le répétait à qui voulait l’entendre.
Un mois plus tard, seconde écho. Là, l’échographiste passe la sonde sur mon ventre et la retire aussitôt. J’avais eu le temps de voir  sur l’écran un cercle apparaître, disparaître, puis un autre apparaître, disparaître et enfin un troisième… L’échographiste nous a révélé de suite qu’il y avait non pas 2 mais 3 bébés. Elle a été bien soulagée de notre réaction puisque nous avons ri. L’annonce de multiples est souvent mal vécue a priori.
Le soir même, ma grand-mère m’a téléphoné pour savoir si Lysandre avait raison. Ce à quoi j’ai répondu « oui mamie ».

2) Comment s’est déroulé ton suivi de grossesse?

Forcément, j’ai été très suivie. Enfin presque… Ils m’ont un peu oublié à la polyclinique. Oublié de fixer des dates de rendez-vous avec le médecin. Finalement, je n’aurais eu qu’un rendez-vous et c’était pour parler de réduction embryonnaire. Sans qu’on ne nous donne aucun détail sur la procédure, on ne nous a parlé que des risques, en nous faisant peur, en nous disant que d’élever 3 bébés c’était une chose mais 3 bébés handicapés en était une autre. En nous renseignant sur la réduction en rentrant chez nous, il était clair que nous ne pourrions pas le faire. La nature les avait mis là, la nature allait décider de la suite.
De toute façon, exit la polyclinique qui se trouvait à moins de 10 min de chez nous. Il nous fallait une catégorie 3, donc le CHU. Le premier rendez-vous avec l’échographiste a été rock’n roll. A peine sur le pas de la porte, elle m’a regardée et dit « ah c’est vous la grossesse triple. Il paraît que vous avez refusé la réduction. Il y a vraiment des parents inconscients ». Euh… bonjour à vous aussi.
Lors de l’écho, elle m’annonce que, contrairement au diagnostic de la polyclinique, je n’ai pas 3 poches, 3 placentas mais 3 poches, 2 placentas. Sachant ce que cela signifiait (une de mes amies a perdu une de ses jumelles à 1 mois de vie à cause du syndrome transfuseur-transfusé), j’ai fait mon premier malaise vagal ! Ce qui m’a valu une remarque sèche « vous en faites souvent ? Parce que c’est que le début là »… Euh non c’est le premier. Avec la chaleur de l’appareil, j’en ai fait un quasi à chaque échographie (j’apportais un petit jus de fruits, malgré un petit diabète).
A l’écho de janvier, on m’a dit d’emmener ma valise à celle de février. Mon col rétrécissait à chaque écho. Et bingo, j’ai été hospitalisée le 7 février 2013. On m’a installée dans une grande chambre, vue sur Loire.
Le plus compliqué était de devoir subir les monitoring. Cyrielle était très facile à trouver et jusqu’à la fin, elle nous faisait des courbes parfaites. Lucile pareil, mais plus difficile à capter les derniers jours. Mais alors Sélène… Une galère sans nom. La plus petite, haut perchée. Les sages-femmes devaient parfois sortir l’échographe portatif pour la trouver. Et même quand on entendait son cœur, ça ne tenait jamais très longtemps. Toutes ses courbes étaient en pointillées. Les monito devenaient interminables (plus d’une heure, deux heures même pour l’un d’eux). La position me faisait contracter par les reins. Je résistais tant bien que mal, jusqu’à ce que la douleur et les larmes me fassent changer de position (je savais que ce changement allait faire durer le monito plus longtemps)…  Les contractions ont par 3 fois causé une ralentissement cardiaque important pour Sélène (de 160 battements à 46, ce chiffre est gravé dans ma mémoire ainsi que le son qui s’estompe…), créant un branle-bas de combat dans le service pour me monter en urgences au bloc pour une césa. Heureusement, une fois en haut, le monito de contrôle a montré chaque fois que son cœur battait à nouveau au bon rythme.
Je n’ai pas mal vécu ce suivi très médicalisé. Ma grand-mère maternelle avait accouché de 3 garçons après avoir eu ma mère dans les années 50. Sans suivi, ni écho, sans savoir qu’elle en avait 3 à faire naître… Ils sont nés trop tôt. Ils n’ont pas ou quasi pas vécu.

3) Raconte-nous la naissance de tes enfants.

C’était le week-end de Pâques, le lundi. Mes parents sont venus avec mon fils. Lui, qui n’avait rien dit jusque là, m’a dit d’une petite voix « j’aimerais qu’elles sortent ». Il faut dire que ce n’était pas drôle pour lui. J’étais hospitalisée, Boris commençait un nouveaux boulot. Du coup mes parents s’en occupait beaucoup mais ils habitaient à 45 min de chez nous, de l’école. Il en a fait de la route à l’époque. Il était prévu qu’il dorme chez mes parents ce lundi et Boris avec moi dans la chambre. Mais vu sa petite mine Boris m’a dit qu’il avait besoin de dormir dans son lit, chez nous. Ce qu’ils ont fait.
On s’est téléphoné le soir. Après avoir raccroché vers 22h, je me suis levée pour aller aux toilettes. Et là, dans la salle de bain, j’ai perdu les eaux (et pas qu’un peu). J’ai rappelé mon homme pour lui dire de venir. Ensuite j’ai sonné la sage femme.
On m’a monté dans la joie et la bonne humeur à l’étage pour la césarienne. Il n’a jamais été question de voies basses. Ça ne m’a jamais posé problème. L’essentiel était la santé des filles. Sélène n’aurait de tout façon jamais supporté les contractions d’un travail de plusieurs heures, elle qui sortait la dernière.
L’accouchement s’est très bien passé. Tout le monde était détendu, moi y compris. Les filles ont pleuré tout de suite. La gynéco m’a  dit que j’avais 2  blondes  et  une  brune (en fait 2 rouquines). On me les a présentées pour un p’tit bisou à chacune et hop direction l’équipe de soins accompagnées du papa.
Cyrielle est née à 1h13 elle pesait 1,920 kg
Lucile est née à 1h14 elle pesait 1,950 kg
Sélène est née à 1h15 elle pesait 1,440 kg
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4) Peux-tu nous décrire ton séjour à la maternité?

Je suis restée 8,5 semaines à l’hôpital ! Je l’ai bien vécu parce que finalement ma présence était logique et j’allais bien, les filles aussi. Mais elles risquaient de sortir beaucoup trop tôt (ils ne donnaient pas cher de ma peau quand je suis arrivée). J’ai tenu bien plus longtemps que prévu.
Tout le monde a pris soin de moi. Les sages femmes (à part une) étaient vraiment super. Les aides soignantes adorables. Et j’ai bien mangé ! Même avec un régime pour diabétique. Ce n’était pas du 3 étoiles, mais c’était tout à fait convenable.
Le plus dur a été après la naissance. Les filles n’étaient pas dans le même service. Sélène était séparée de ses sœurs, qui étaient en soins intensifs. C’était un déchirement d’être avec Cyrielle et Lucile et de la laisser seule en réa. Et jongler entre les 2 services c’était juste horrible.
Le service des soins intensifs a bataillé pour qu’elle rejoigne ses sœurs (il n’y avait plus assez de bébés en réa, du coup, ils ne voulaient pas qu’elle parte, bref sans commentaires…).
Ensuite, Cyrielle et Lucile ont eu l’autorisation de sortir le dimanche. Sélène devait attendre un peu. Le jeudi avant la sortie de ses sœurs, elle n’a pas fermé l’œil de la journée. Elle ne semblait pas en forme, avec un petit rhume. Les médecins lui ont fait une prise de sang et une radio pulmonaire (ils avaient peur qu’elle ne fasse une bronchiolite). En fait, elle était très anémiée. Elle a dû être transfusée le lendemain… Elle est finalement sortie le vendredi suivant, faisant un peu moins de 2 kg.
La laisser seule à l’hôpital a été moralement très compliqué. Les avoir enfin toutes les trois à la maison a été un tel soulagement.

5) As-tu allaité ou as-tu donné le biberon?

J’ai allaité un peu, tire-allaité beaucoup. Pendant 2,5 mois. Le problème était le manque de temps pour tirer mon lait. Il m’arrivait souvent de ne le faire que le matin et le soir. Suffisant pour les quantités mais physiquement désagréable.

6) Peux-tu nous dire quelques mots sur les premiers mois avec les bébés?

Nous nous attendions à ce que ce soit très difficile mais ça ne l’a pas été autant que ce que nous pensions. Il est vrai que nous étions très occupés. Trois bébés, c’est beaucoup de biberons à laver, de couches à changer, de câlins à donner. Et le grand frère avait aussi besoin de nous, même s’il est absolument exceptionnel. Très patient et aux petits soins pour ses petites sœurs. Un soir, il m’a même proposé de ne pas lui lire d’histoire si les filles avaient trop besoin de moi. Évidemment, il a eu son histoire tous les soirs. C’était notre moment.
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On n’a pas voulu les caler ensemble pour les biberons. On a préféré respecter leurs rythmes. Les nuits étaient courtes mais nous avions tous les 2 un bouton on/off. On donnait un biberon et on se rendormait avant le prochain. Quand Boris a repris le travail, je lui ai interdit de faire les biberons la nuit. Il avait été embauché 3 jours avant mon hospitalisation, je voulais qu’il soit bien en forme. Il faisaient les biberons jusqu’à 23h et ceux qui commençaient à 6h. C’était déjà énorme pour mon sommeil (surtout ceux du matin). Les filles étaient plutôt calmes, pas de grosses hurleuses. La nuit, je me réveillais dès que l’une bougeait, elles n’ont jamais eu le temps de pleurer pour réclamer leur dû.
Finalement en avoir 3 était très naturel pour nous, c’est le regard des autres quand on partait en balade qui nous faisait comprendre que ça ne l’était peut être pas tant que ça. Nous pourrions sûrement tous/toutes écrire un livre sur les réflexions qu’on a reçues d’inconnus… La pire pour ma part est venue d’une dame d’un certain âge qui m’a dit en regardant les filles : « elles lui ont tout pris à l’autre », en parlant de Cyrielle qui n’a pas la chevelure rousse ni les yeux bleus de ses sœurs…

7) As-tu repris le travail à la fin de ton congé maternité?

Oui… En octobre, à temps partiel (j’ai toujours mes mercredis d’ailleurs), elles avaient donc 6 mois. Le congé parental est indemnisé de la même manière pour un ou trois enfants. Alors certes, on touchait 3 « paje » mais vu les investissements nécessaires (poussettes, cosys, lits, voiture, nouvelle maison…) et le budget couche/lait, nous aurions un peu souffert financièrement ou alors nous nous serions privé de beaucoup de choses, choisi une maison plus petite, limité les sorties (et pénalisé le grand frère par la même occasion)… Et puis, fréquenter des adultes, c’était pas mal aussi.

8) Tes multiples sont-ils ensemble ou séparés à l’école? Ce choix est-il le vôtre, celui des enfants ou a t-il été fait par le personnel enseignant?

Si tes enfants ne sont pas encore scolarisés, as-tu déjà des souhaits?

Elles étaient ensemble en PS. Je trouvais ça plus cool pour les débuts. Une entrée à l’école les unes sans les autres me paraissait inconcevable et un peu cruel. Elles faisaient sans problème les activités séparément, chacune dans un groupe différent mais avaient tendance à retourner ensemble à la fin. Cyrielle est plus sociable. Lucile et Sélène s’auto-suffisaient (seule, même pas en duo). Encore maintenant, Cyrielle a toujours plus de copines. En MS, nous les avons séparées. Nous le voulions sans savoir si on le ferait en MS ou GS (en tout cas, avant le CP). Leur maîtresse les pensait prêtes. La rentrée s’est passé sans aucun problème (finalement, j’étais la plus stressée, la seule à stresser pour dire vrai). Elles ont apprécié d’avoir chacune leur maîtresse, leurs copains. Nous avons la chance d’avoir 3 niveaux par classe en maternelle et en primaire. Elles sont proches, jouent beaucoup ensemble (des heures de calmes grâce aux légo, playmo, petshop et autres polly pocket…) mais elles ne souffrent pas d’être séparées. Elles ne sont pas invitées aux mêmes anniversaires. Heureuses de vivre leurs expériences et de se retrouver pour se les raconter.
Elles ont fait leur rentrée en GS, à nouveau séparées. Et tout se passe très bien.

9) Comment se passe la gestion de ton quotidien depuis que tu as des multiples?

L’impression de toujours courir. D’un manque de temps horrible. Jongler entre le boulot, les enfants, l’école, les activités sportives… Et la gestion du linge qui est vraiment chronophage !!! Mais, les filles ont 5 ans et ça chance beaucoup de choses. Elles deviennent de plus en plus autonomes. Les quatre sont faciles à vivre. Pas de caprices, de rebellions, ils coopèrent très facilement. Ils aiment aider, faire plaisir, faire des bisous et des câlins (nous ne sommes pas en manque de ce côté là). Il y a bien quelques chamailleries mais dans l’ensemble, ils s’entendent tous très bien. Ils jouent parfois tous ensemble, parfois en duo, le plus souvent dans le calme. J’avoue passer des heures à les regarder jouer et se raconter des histoires. C’est souvent très drôle.

10) Qu’est ce que t’a apporté le fait de devenir maman de multiples?

Je me sens plus maman de 4 enfants (donc famille nombreuse) que maman de multiples. C’est difficile à expliquer.
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Nous n’avons pas trop fait cas de l’arrivée massive de bébés dans notre foyer, de cette gémellité. Nous avons bien pris l’annonce, leur arrivée, le changement de rythme. Finalement, tout s’est fait de façon très naturelle. J’ai l’impression parfois de passer pour une extra terrestre aux yeux de mes collègues, copines… Mais je pense que, dans le fond, c’est plus facile à vivre qu’à imaginer.

11) Avec le recul que tu as, quelle est la chose la plus difficile selon toi?

Contrairement à ce que les gens pensent et me disent, le plus dur n’était pas les débuts. Nous étions préparés au pire alors finalement nous avons trouvé ça tout çà fait gérable. C’était plus difficile entre les 2 et 3 ans.
Nous étions épuisés !!! La fatigue nous bouffait. Le manque de sommeil, une accumulation de petites nuits à la limite du supportable. Et ce n’était pas même pas dû au nombre d’enfants. Sur les 4, seule Cyrielle a eu des problèmes de sommeil. Petite, elle dormait peu (même bébé, c’était impressionnant, 10 min de sommeil dans la voiture et Mademoiselle avait fait sa sieste de l’après-midi) et se réveillait toutes les nuits, plusieurs fois par nuit. Elle faisait beaucoup de cauchemars, nous nous levions plus de 10 fois certaines nuits. Elle dort bien depuis ses 4 ans environ… Les autres ne sont pas de grosses dormeuses non plus et sont matinales (depuis cet été, elles nous gratifient d’un levé à 7h30-8h, l’année dernière c’était plutôt 6h30-7h) mais elles ne se réveillent jamais en pleine nuit en pleurant. Elles nous ont fait/font quelques réveils en plein milieu de la nuit mais elles ne pleurent pas et ça, pour nos nerfs, ça change tout.
Et puis, les maladies x 3 voire x 4… En mai et juin 2017, ils ont fait fort ! Une vendredi soir, l’atsem nous a dit que les 3 poupettes avaient la varicelle. 15 jours après, le grand frère l’a déclarée. Ils avaient encore des boutons quand Cyrielle et Sélène ont eu une violente gastro qui leur a valu une nuit sous perf à l’hôpital le lundi de pentecôte. Lucile l’a eue le mercredi… Tout ce qui entrait, sortait, l’horreur. A peine remise, Lucile a eu une angine avec scarlatine… Fatigue, vous avez dit fatigue…
Pour le reste, nos enfants sont plutôt faciles à vivre, ils nous suivent partout. Les filles n’ont jamais pleuré dans leur poussette, même nourrissons. Les courses se faisaient dans le calme, l’attente chez les médecins aussi (d’ailleurs, elles adorent y aller et se faire ausculter). J’avais même inscrit le grand à la piscine quand il avait 5 ans et elles 6 mois. J’assistais au cours avec une en portage et 2 en cosy (après avoir gravi 2 gros escaliers et traversé la piscine pour m’asseoir dans les gradins). Elles ont passé des après-midis aux compétitions de judo (j’avoue que j’étais fière d’elles, elles étaient très patientes). Bref, tout à rouler, à part le sommeil… Les autres difficultés n’étaient pas importantes au fond mais juste amplifiées par le nombre d’enfants et la fatigue.
cloître de cadouin 08.2018

♦♦

Peggy, je te remercie beaucoup pour ton joli témoignage dans lequel je me retrouve beaucoup et qui, je l’espère, inspirera d’autres mamans !

7 – Jennifer, maman de jumeaux de 6 ans !

Jennifer a 38 ans et est la maman de 4 enfants : Anatole; 10 ans, Lorette; 8 ans et demi
Lothaire et Pépin; 6 ans. Une grande tribu avec de très jolis prénoms.

Elle a accepté de partager son expérience sur mon blog, voici son récit :

1- Comment as-tu découvert ta grossesse multiple ?

A 9 semaines de grossesse j’ai perdu un peu de sang. Un peu paniquée, je me suis rendue aux urgences de la maternité pour vérifier que tout était en ordre.
Après quelques questions et un examen, l’interne me rassure et me dit que tout va bien.
Elle effectue une échographie de contrôle. Curieuse, je regarde l’écran, là je vois deux « tâches ».
noires et je comprends que cette image est bien différente de celles de mes précédentes grossesses.
L’interne blêmit, me demande d’attendre un peu, m’emmène dans une autre salle d’examen avec un appareil d’échographie plus performant et au bout de longues minutes, il confirme ce que j’avais pressenti : j’attends des jumeaux.
C’est une grossesse bichoriale, biamniotique.

Toute mignonne (elle en devait pas avoir plus de 25 ans), elle me dit que je suis sa première annonce de grossesse gémellaire.
Je lui demande de m’imprimer une photo de l’échographie sinon mon mari va croire que je lui fais une blague.
Sur le trajet du retour, l’angoisse monte. Je me remémore nos conversations de jeune couple où monsieur me dit que sa plus grande terreur de parent serait d’avoir un jour des jumeaux.
A partir de ce moment, les larmes coulent et un tas de questions fusent dans ma tête.
De retour à la maison, mon super mari m’a rassurée et m’a dit que l’on allait assurer.
Les larmes se sont taries au bout d’une semaine environ pour faire place à une grande joie d’avoir le privilège de vivre cette expérience.

2) Comment s’est déroulé ton suivi de grossesse ?

Le suivi de ma grossesse a été très médicalisé (trop à mon goût).
Visites tous les mois à l’hôpital, échographies très régulières.
Plutôt de nature sereine, une discussion avec une sagefemme lors d’une réunion de l’association Jumeaux et Plus m’a complètement chamboulée. Elle me disait d’être très prudente parce que beaucoup de grossesses gémellaires débouchent sur des naissances prématurées à 24-26 semaines et que c’était très dangereux pour les bébés. J’ai été plutôt stressée jusqu’à ce fameux cap de 26 semaines. A tort, puisque j’ai finalement continué à conduire et à travailler jusqu’à 32 semaines (après je ne rentrais plus derrière le volant) et mes bouts de choux sont nés à 38 S.

3) Raconte-nous la naissance de tes enfants.

Ayant subi deux césariennes pour mes premières grossesses à la suite de complications lors du travail, L’accouchement par césarienne s’est imposé à moi.
Mieux préparée psychologiquement, cet accouchement s’est déroulé idéalement.
Prévu un jeudi matin, j’avais demandé à rentrer à l’hôpital la veille.
Le mercredi, j’ai donc rangé ma maison, fait le ménage et me suis rendue à l’hôpital avec ma maman en fin de journée.
Arrivée sur place, la sage-femme m’examine et me dit que mon col est déjà ouvert à 4 et que nous n’allons pas attendre le lendemain matin.
J’appelle mon mari pour qu’il vienne rapidement.
L’accouchement s’est déroulé dans une ambiance très détendue avec une équipe adorable, je me rappelle avoir plaisanté avec les anesthésistes pendant que les médecins faisaient naître mes bouts de choux.

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4) Peux-tu nous décrire ton séjour à la maternité ?

Je suis restée 7 jours à la maternité avec des souvenirs mitigés.
Désagréables dans un premier temps parce que le personnel a refusé de prendre mes petits bonhommes la première nuit pour que je puisse me reposer un peu, j’ai eu peu d’aide pour installer les enfants au sein alors qu’avec la césarienne ce n’est pas simple de se mouvoir dans son lit, la pression du personnel médical sur l’arrêt de l’allaitement parce que les bébés ne reprenaient pas assez vite du poids.
Mais agréables aussi parce que dans cette maternité, les jumeaux partagent le même berceau et certaines auxiliaires de puéricultures étaient adorables.

5) As-tu allaité ou as-tu donné le biberon ?

Ayant allaités mes deux ainés (avec quelques difficultés parfois), l’allaitement s’est imposé à moi naturellement. De plus, je ne me voyais vraiment pas gérer la préparation et le nettoyage des biberons.
Beaucoup de gens ont essayé de me dissuader insistant sur la fatigue que j’allais ressentir, sur le manque de lait pour deux bébés, la difficulté d’installer deux bébés au sein.
Résultat, je ne regrette absolument pas mon choix : oui j’étais fatiguée mais le bonheur de sentir ces deux petits êtres contre moi était immense, j’avais tellement de lait que j’aurais pu nourrir un troisième bébé, et à la fin j’étais devenue une pro de l’allaitement simultané dans n’importe quelle position.
La lassitude et le besoin de me réapproprier mon corps m’ont fait stopper l’allaitement aux 7 mois de mes garçons.

6) Peux-tu nous dire quelques mots sur les premiers mois avec les bébés ?

Les premiers mois ont été éprouvants.
Heureusement mon mari ainsi que ma mère étaient d’un grand secours.
Mon mari gérait les deux ainés le matin et les emmenait l’un chez chez la nounou et l’autre à l’école.
Le weekend, il s’occupait aussi beaucoup d’eux.
Le soir, ma maman récupérait les ainés chez la nounou et me les ramenait à la maison.
C’est assez culpabilisant vis-à-vis des ainés mais les jumeaux accaparaient tout mon temps.
J’avais fait le choix de les laisser vivre à leur rythme : je n’ai pas voulu les caler l’un sur l’autre.
Ce qui fait que souvent la nuit quand j’avais fini avec l’un c’est l’autre qui se réveillait. A cette époque, je devais dormir 3 heures par nuit mais je me rattrapais en faisant des siestes avec les bébés le jour.

7) As-tu repris le travail à la fin de ton congé maternité ?

De nature plutôt active, j’adore travailler. Mais étonnamment, ce long congé maternité m’a donné envie de rester à la maison m’occuper de mes enfants. Finalement, l’aspect financier et le fait que la nounou des aînés acceptait de garder les jumeaux ont fait que je suis retournée travailler 4 jours par semaine. Difficilement les premières semaines et puis finalement ravie de retrouver des moments pour moi quand j’étais en travail.

8) Tes multiples sont-ils ensemble ou séparés à l’école ? Ce choix est-il le vôtre, celui des enfants ou a-t-il été fait par le personnel enseignant ?

A l’entrée en maternelle, il m’a semblé impensable de les séparer. J’ai alors demandé qu’ils soient dans la même classe mais dans des groupes différents. J’ai fait le point régulièrement avec le personnel enseignant. Aujourd’hui en grande section, ils sont toujours dans la même classe.
Ils ne jouent pas ensemble à la récréation, ils ne font pas les mêmes activités mais ils ont besoin de sentir la présence de l’autre.
Pour l’entrée en CP, la question de la séparation refait la surface. Sur le plan pratique, les laisser ensemble est l’idéal (mêmes devoirs, mêmes dates de réunion, mêmes sorties scolaires…).
Cependant, comme on arrive dans des classes où on évalue, j’ai peur des comparaisons.
Après réflexion, je leur ai demandé s’ils souhaitaient rester ensemble et ils m’ont dit que oui. J’ai donc fait part de mon choix de les laisser ensemble à la maîtresse (qui pense qu’il faut les séparer parce que je cite « il faudra bien qu’ils se séparent un jour). J’espère que je n’aurais pas de mauvaises surprises à la rentrée.

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9) Comment se passe la gestion de ton quotidien depuis que tu as des multiples ?

Les enfants grandissent et sont de plus en plus autonomes ce qui rend la gestion du quotidien plus simple. Le matin, petit déjeuner en famille puis les enfants se préparent et papa les emmène à l’école.
Je les récupère à 16h à la sortie de l’école et nous enchainons goûter, devoirs, activités extra-scolaires et jeux. Puis dîner, histoires et dodo.
Le plus lourd à gérer est le linge pour 6 personnes. J’ai l’impression que ma machine à laver tourne en continue.

10) Qu’est-ce que t’a apporté le fait de devenir maman de multiples ?

Le fait de devenir maman de multiples m’a apporté une certaine fierté de réussir à gérer toute ma petite tribu. Cela m’a apporté plus de confiance en moi et de sérénité.

11) Avec le recul que tu as, quelle est la chose la plus difficile selon toi ?

Cette question n’est pas simple parce que la réponse est différente selon les stades d’évolution des petits.
A la naissance, il y a eu la fatigue physique, le fait de devoir souvent laisser un bébé pleurer parce qu’on est occupé avec l’autre et de ne pas avoir pu les porter en écharpe comme j’avais fait pour les ainés.
A l’apprentissage de la marche, le stress qu’il leur arrive quelque chose parce qu’en général, il y en avait un qui courrait à droite et l’autre gauche.
Ensuite est venue la fatigue psychologique parce qu’à deux ils ont beaucoup plus de ressources pour trouver des « bêtises » à faire.

♦♦

Je remercie beaucoup Jennifer pour son témoignage !

6 – Mylène, maman de jumelles de 2 ans !

Mylène est la maman de Nina et Lola, deux petites filles qui fêtent leurs 2 ans aujourd’hui !

Son chemin vers la maternité a été semé d’étapes très angoissantes puisqu’elle fait partie de ces femmes qui ont vécu une grossesse monochoriale monoamniotique, particulièrement rare dans le monde de la gémellité !

Je me retrouve beaucoup dans ce qu’elle décrit et dans la manière dont elle a été parachutée brutalement dans un monde complètement inconnu.

Elle a accepté de partager son expérience sur mon blog et j’en suis ravie puisqu’elle m’a transmis un texte très joliment écrit et vraiment bien détaillé.

Voici son récit :

1 – Comment as-tu découvert ta grossesse multiple?

Notre parcours de découverte de la grossesse a été long et à rebondissements. Après 9 années de vie de couple, une maison, un chien, nous avons eu l’envie de créer notre famille. C’est naturellement que j’ai arrêté de prendre la pilule sans pour autant compter mes cycles. Nous nous étions dit que le bébé arrivera quand nous serions prêts.

Cinq mois s’écoulent. Je fais un malaise au travail. Le médecin me pose la question nécessaire : « Quand étaient vos dernières règles ». Nous comptons ensemble : 35 jours. Suite à ses recommandations, je fais un test urinaire : négatif. Une semaine plus tard, je refais un second test urinaire : à nouveau négatif. Une semaine supplémentaire s’écoule sans que j’aie mes règles. Je refais un troisième test urinaire. Je n’ai même pas besoin de patienter les 3 minutes demandées, je vois tout de suite un petit trait supplémentaire s’afficher. Cette fois le test est positif, je suis enceinte !

Je me dirige à nouveau chez mon médecin, qui me prescrit un test sanguin ainsi qu’une échographie de datation car il est impossible de connaître la date du début de la grossesse.

Je fais le test sanguin dès le lendemain, d’après mes hormones, je suis enceinte de… 8 semaines ! Ce qui était possible compte tenu de la date de mes dernières règles. On s’est simplement dit, « pas vraiment efficaces les tests urinaires » !

Le rendez-vous pour l’échographie de datation à lieu deux semaines après mon test sanguin. Je suis donc enceinte de 10 semaines…

Nous entrons dans la salle, je m’installe pour l’échographie. Le médecin pose la sonde et… sur un ton le plus naturel qui soit,elle nous dit : « oh bah il y en a deux ». Et c’est tout…

Là je rigole, le futur papa est bouche bée… et je demande mots pour mots : « Pardon ? Vous êtes sérieuse ? Vous êtes sûre ? ». Je crois que j’ai dû poser ces questions au moins 10 fois. Elle a fini par dire, « vous voyez bien là, il y a deux cœurs » puis elle nous les a fait écouter.

Finalement, je suis enceinte de 7 semaines et c’est une grossesse multiple et spontannée.

C’est très joyeux que nous sortons du cabinet, même si nos plans sont quelque peu chamboulés. Mais nous nous étions toujours dit « ça serait chouette d’avoir des jumeaux », qui aurait pu imaginer que notre vœu serait exhaussé ?!

Suite à cette bonne nouvelle, les jours passent jusqu’à l’échographie de la 12ème semaine.

Entre temps, nous avons annoncé la nouvelle à nos parents et j’ai fait l’annonce de ma grossesse à mes responsables et à mes collègues car j’ai été arrêtée 1 semaine et demi, j’étais vraiment fatiguée.

Le jour J de l’échographie est arrivé. Je partais en congés, je dis alors à tous mes collègues « on se revoit dans une semaine ! ».

Nous voilà dans le cabinet d’un nouveau médecin (oui, le suivi d’une grossesse multiple n’est pas effectué par tous les médecins).

Il démarre l’échographie, tout va bien, il y en a bien deux, ils bougent bien, ont des tailles tout à fait normales… Bref, pour nous tout se passe bien. Jusqu’à ce qu’on le sente interloqué, et qu’il nous dise « je vais pousser l’échographie parce que je veux être sûr, c’est trop rare ». Suite à cette phrase et aux autres « c’est trop rare » qu’il dit pendant qu’il ausculte, le stress monte en flèche.

Fin de l’examen, les explications tombent : les bébés sont reliés par le même placenta et sont dans la même poche amniotique. « Oui, et alors ? ». C’est vrai, je me souviens qu’en cours de SVT au collège et au lycée, on nous disait, « les faux jumeaux sont chacun dans une poche et les vrais sont dans une seule ». Sauf que, tout ça est légèrement simplifié. Même les vrais jumeaux ont une membrane qui les sépare l’un de l’autre normalement. Cela les protège. Deux bébés dans une seule poche c’est : d’abord une grossesse très rare (1 grossesse gémellaire sur 10 000 dans le monde nous dit le médecin) et c’est aussi bien plus compliqué… 1 chance sur 2 pour qu’elle aille au bout. 1 chance sur 2 que les 2 survivent, 1 chance sur 2 pour qu’on en perde 1, voire les 2 à tout moment de la grossesse…

C’est la douche froide, j’ai plus de risques de perdre mes bébés maintenant, que de faire une fausse couche pendant les 3 premiers mois. Voilà dans quel état d’esprit nous quittons le médecin.

Je vis, nous vivons, une grossesse monochoriale -monoamniotique. 0,01% des grossesses gémellaires dans le monde… Alors, oui, on voulait bien avoir des jumeaux, mais pas vraiment dans ces conditions.

Suite à cette découverte, le seul établissement de la région qui suit ce type de grossesse est le CHU de Nantes. Par chance, nous habitons à 20 minutes, et je souhaitais y être suivi avant même de connaître le type de ma grossesse.

Les rendez-vous s’enchaînent, médecin généraliste, obstétricien, échographe. Je ne suis évidemment pas retournée à mon travail à mon retour de congés.

2 – Comment s’est déroulé ton suivi de grossesse ?

Le suivi de la grossesse est intensif. J’ai le suivi mensuel classique avec l’obstétricien et surtout une échographie toutes les deux semaines avec le médecin qui nous a diagnostiqué la grossesse mono-mono.

En fait, le gros risque pour les bébés c’est l’enchevêtrement de leurs cordons ombilicaux. Cela arrive dans toutes les grossesses mono-mono. Bah oui, on est déjà en contact direct avec son frère ou sa sœur, on peut déjà jouer et se faire des câlins, on se balade partout dans le ventre de maman, l’enchevêtrement est inévitable. Soit cela reste plutôt lâche et tout va bien, soit les cordons se serrent, et c’est le nœud…

Le suivi est donc impératif pour connaître l’état de santé des bébés, et uniquement pour cela. Ce n’est que de la surveillance, si les cordons sont emmêlés, il n’y a rien à faire, pas d’intervention possible. Reste à espérer qu’ils ne se serreront pas pendant le reste de la grossesse. C’est une grossesse difficile, durant laquelle on vit avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Personne ne gère, on ne peut rien anticiper, imaginer, surtout ne pas se projeter (jusqu’au dernier jour car l’accident peut se produire n’importe quand).

C’est au premier rendez-vous avec l’obstétricienne du CHU que tout cela est mis à plat. On sait que personne n’est maître de rien, qu’on ne peut qu’attendre, que personne ne pourra sauver les bébés avant qu’ils ne soient viables (26 semaines en théorie). Je dis en théorie parce que laisser naître des bébés à 26 semaines de grossesse (même pas 6 mois) est une grosse décision à prendre. Leur développement est loin d’être terminé, le risque de séquelles pour des bébés aussi prématurés est énorme. Alors, nous avions décidé, après avoir vu des pédiatres, et avec leurs recommandations, que nous ne ferons pas naître nos bébés avant la 28ème semaine. C’est réellement très difficile à acter. En clair, on a choisi délibérément, de laisser nos bébés mourir si leurs cordons se serraient avant la 28ème semaine alors qu’ils étaient viables depuis la 26èmeparce que nous redoutions qu’ils aient des séquelles suite à la grande prématurité. Je vous avoue que j’espérais de tout mon cœur que si ça avait à se produire, ça se produirait avant la 26ème semaine parce que personne ne pourrait rien faire, ou alors après la 28ème pour pouvoir tenter de les sauver. Je ne suis pas sûre que j’aurais réussi à les laisser mourir sans rien faire pendant ces deux semaines bancales.

Donc, il faut attendre la 28ème semaine de grossesse, date de mon hospitalisation prévue jusqu’à la naissance des bébés au plus tard à 34 semaines (terme maximum pour ce type de grossesse).

Nous avions une échographie toutes les deux semaines. Je dis nous parce que le papa a été présent à chacune et a vécu cette grossesse à 100% à mes côtés. Le côté positif de toutes ces échographies, c’est que nous sommes devenus des experts ! Capable de différencier les différents organes de nos bébés grâce à la pédagogie de notre médecin ! Les premières minutes des échographies étaient souvent tendues jusqu’à ce qu’il nous montre nos deux bébés plein de vie ! On a rapidement su que nous attendions deux petites filles (3 mois et demi), et oui, 2 échographies par mois ça nous donne quand même des avantages !

On a aussi vécu des moments magiques. Nous les avons vues jouer en attrapant les pieds de leur sœur, ou en train de sucer son pouce ou encore, positionnées toutes les deux en cuillère pour se faire un gros câlin. Des souvenirs que je garderai à jamais. Elles n’étaient pas encore nées que nous avions plus de photos de nos bébés que n’importe quels autres parents !

Et puis, un jour, le cœur d’une de nos deux princesses bât moitié moins vite que ce qu’il devrait. Cela nous ramène à la réalité de la grossesse. Nous en sommes au 4ème mois. Un rendez-vous est repris la semaine suivante pour vérifier que toutes les deux sont toujours vivantes.

Cette semaine est interminable. Je les sens bouger, mais compte tenu du type de grossesse, je ne peux pas dire si je sens les deux ou une seule. Je crois que c’est la semaine la plus longue de ma vie.

Le fameux rendez-vous arrive.Comme d’habitude je suis stressée, je ne peux même pas regarder l’écran ; jusqu’à ce que le médecin nous dise : « elles sont là, tout va bien ». Soulagement général, le médecin lui-même était angoissé, la bonne humeur reprend le dessus et la suite du rendez-vous se passe sans encombre. Les deux bébés se portent très bien, leur petit cœur bat normalement.

Ce rendez-vous avec ce formidable médecin était notre dernier avec lui. Il a préféré que nous effectuions les prochaines échographies au CHU en cas de récidive de la diminution du rythme cardiaque.

La grossesse continue, nous arrivons au rendez-vous du 6ème mois avec l’obstétricienne. Mon col s’est raccourci. Il ne mesure plus qu’un centimètre (au lieu de trois centimètres en temps normal). Me voilà en menace d’accouchement prématurée (MAP). Nous sommes un jeudi, je devais entrer à l’hôpital le lundi suivant mais le médecin l’a avancée au lendemain. La grossesse en est exactement à 27 semaines + 4 jours. Allez les filles, plus que 3 jours à tenir pour y arriver à ces fameuses 28 semaines !

Vendredi matin 11h. Arrivée au CHU de Nantes pour, non plus un rendez-vous, mais pour une hospitalisation. Passage aux admissions : « vous serez au deuxième étage à gauche Madame ».

Ouverture des portes de l’ascenseur : 2ème étage… fléché vers la gauche, le service des « Grossesse à hauts risques ». Cette fois ça y est, on y est…

La sage-femme qui nous accueille est rassurante. Je me souviendrai à jamais de son prénom et de son visage, souriant et maternel envers nous.

Ma sage-femme (en fait, j’ai noué un tel lien avec toutes, que je les appelais toutes « Mes sages-femmes ») nous accompagne vers ma chambre, que j’ai appelé mon studio par la suite ! On me donne mon petit bracelet d’identification, et c’est le début d’encore plus de médicalisation : prise de sang, piqure de corticoïdes (pour aider les poumons et les cerveaux des filles à se développer lors de leur naissance qui sera prématurée), et premier monitoring. Le premier d’une longue,… longue série !!

Comme les filles étaient en mesure de naître, elles étaient très surveillées. J’avais deux monitorings par jour, puis 3 à partir de la 28ème semaine (voire 4 certains jours). Ces monitorings avaient pour objectif de détecter toute anomalie cardiaque qui pouvait présager d’un enchevêtrement de cordons trop fort. Mais il était aussi possible qu’il n’y ait pas d’anomalie visible au monitoring, et que l’enchevêtrement passe sous silence. Donc à chaque monitoring nous attendions d’entendre les deux cœurs battrent. Les monitorings sont des moments que j’ai appréciés, mes filles commençaient à devenir réelles petit à petit. Mais toujours sans se projeter.

En complément de ces monitorings quotidiens, je continuais d’avoir une échographie complète toutes les deux semaines, et une moins poussée les autres semaines pour visualiser la circulation sanguine au sein des cordons ombilicaux.

Nous sommes à 29 semaines, j’ai des contractions indolores depuis déjà quelques jours. Je sens mon ventre se tendre de temps en temps, mais ce n’est pas plus dérangeant que cela. Seulement, le 14 juillet (oui, on ne peut pas oublier cette date !), elles se rapprochent. Mon monitoring du matin a mis ma sage-femme en alerte. Je devais me reposer. A midi, toujours autant de contractions (une toutes les 10 minutes je crois). Et l’après-midi, je les sentais toutes les 7 minutes, 5 minutes… Mais je n’ai pas appelé la sage-femme, je n’avais pas compris le risque que présentaient ces contractions étant donné que je n’avais pas mal. Le soir, je me décide enfin à lui en parler… De toute façon, mon monitoring avait vendu la mèche ! Il montre bien mes contractions rapprochées. Après examen, le travail avait commencé, j’en étais à 2 cm et la sage-femme sentait même une tête !

Je me suis dit « parfait, je vais accoucher, mes filles vont être saines et sauves ! » Sauf que l’équipe médicale ne voyait pas les choses comme moi, tant qu’il n’y avait pas de signe d’enchevêtrement, il fallait qu’elles restent dans mon ventre, c’était là qu’elles y étaient le mieux.

Pour stopper mes contractions, j’ai été mise sous perfusion pendant 48 heures. Cela a fonctionné et nous avons continué l’hospitalisation.

30 semaines, 32 ! Un nouveau pallié, les filles ne seront pas des grandes prématurées !

Tout allait bien pour elles, elles étaient estimées à 2 kilo chacune ! La date de mon accouchement était programmée à la 34ème semaine.

Ces deux dernières semaines ont été éprouvantes. Il fallait qu’elles naissent. On se rapprochait du terme, elles étaient viables depuis un bout de temps, si on les perdait maintenant… si près du but, je m’en serai voulue à vie de ne pas avoir fait le forcing pour les faire naître à 32 car c’était déjà bien ! Il fallait qu’elles aillent dans leurs couveuses, elles y seraient bien plus en sécurité qu’à l’intérieur de mon ventre. Les nuits étaient dures, je me réveillais sans cesse et je les réveillais elles aussi pour vérifier qu’elles étaient toujours là. A ce stade, elles ne pouvaient plus changer de place dans mon ventre, je savais donc identifier à qui étaient tels ou tels mouvement (sauf à leurs pieds qui étaient au même endroit pour 3 d’entre eux). Mais une fois que je les réveillais je voulais qu’elles arrêtent de bouger pour ne pas qu’elles serrent les nœuds de leurs cordons. C’était très angoissant.

Et puis le jour de la libération arrive, le 22 Août 2016 ! Dernier monitoring, dernière échographie pour vérifier les positionnements, il est 10h, l’heure de la césarienne. Oui, c’est un type de grossesse qui n’autorise pas les naissances par voie basse, les cordons emmêlés, cela pourrait être dramatique pour les bébés.

3 – Raconte-nous la naissance de tes enfants.

On m’emmène au bloc pour la césarienne, seule. La présence du papa n’est pas autorisée au CHU de Nantes.

Il y a du monde autour de moi. D’abord l’anesthésiste, l’interne anesthésiste, l’infirmier anesthésiste. On me fait la rachianesthésie, j’étais paniquée. J’en tremblais. Si bien que l’anesthésiste est venue à côté de moi pour tenter de me rassurer. Au moment de la piqure, j’ai ressentie une grosse décharge électrique, j’en étais tellement surprise que j’en aie crié. A partir de ce moment-là, je ne sentais plus mes jambes. On m’allonge alors sur la table, nue et en croix. Je vois mon obstétricienne, deux sages-femmes (l’une d’elle s’est occupée de moi pendant toute mon hospitalisation,  c’est vraiment rassurant de voir des visages familiers et qui plus est, de personnes qu’on apprécie beaucoup), une interne en obstétrique et une externe.

Et puis tout va très vite, je vois et j’entends tous les gestes auxquels on m’avait préparée pendant ces deux dernières semaines. L’obstétricienne dit « incision » et je sais qu’on est au bout du chemin.

L’anesthésiste est toujours auprès de moi et me décrit tout ce qu’il se passe. Elle me dit « ça y est, je vois la tête ! C’est bien une fille ! » Et on entend les premiers cris de Nina. Elle est née à 10h36. On me la montre. Je lui fais des petites caresses sur son visage mais ne lui fais pas de bisou. Je ne sais pas pourquoi je ne veux pas. Avec le recul, surement parce que je voulais être sûre que sa sœur allait tout aussi bien qu’elle. Elle part rapidement rejoindre les pédiatres et son papa.

Nina n’a même pas le temps de partir que l’anesthésiste me prévient déjà de l’arrivée de la deuxième. On entend son cri. Et je me souviens entendre dire l’anesthésiste « c’est marrant elle n’a pas le même cri que sa sœur »!Il est 10h37, Lola est née. Tout comme Nina, on me la présente.Je lui fais un bisou et elle part vite rejoindre sa sœur.

Ça y est, c’est terminé… Le calvaire de la grossesse monochoriale – monoamniotique est terminé ! Les filles vont bien, elles sont vivantes et en bonus, elles sont nées « à terme ».

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Je me souviens entendre « c’est bien emmêlé »,… « Il n’y a pas que là que c’est emmêlé » (les cordons des filles étaient emmêlés sur toute leur longueur, elles ont eu beaucoup de chance) ; « je ne me sens pas très bien » (ça c’était l’externe qui participait à sa première césarienne !) et puis mes paupières sont lourdes, je n’arrive pas à lutter, je m’endors. Toute la pression de la grossesse est partie en même temps que mes filles sont nées, c’est le coup de massue.

Je dors… Je fais des malaises à cause des médicaments contre la douleur… Et je dors. Les 2 premiers jours après mon accouchement ont été laborieux.

Nina et Lola sont mises en couveuse, et sont amenées au service des soins intensifs de la néonatalogie. Elles sont sous CPAP (un masque à oxygène qui recouvre le nez et la bouche) car elles ont fait une déficience respiratoire peu après leur naissance.

De mon côté, une fois la mobilité de mes jambes retrouvées, je fais un malaise, ce qui m’empêche d’aller voir les filles. On me ramène alors dans ma chambre pour que je me repose.

Suite à une césarienne, il est préconisé de vite se remettre en mouvement pour éviter toutes complications et pour limiter la douleur. A 20h, j’arrive à me mettre debout mais impossible de marcher.

On m’emmène voir les filles à 22h. Je suis dans mon lit et très fatiguée. Je ne les vois qu’en photos car elles sont dans leur couveuse et je n’aperçois que les câbles auxquels elles sont reliées.

Le lendemain, on me ramène dans leur chambre en début d’après-midi, toujours dans mon lit. Là c’est notre premier vrai contact. Je fais mon premier peau-à-peau avec Lola et le papa peut faire les soins de Nina avant lui aussi d’avoir son premier peau-à-peau avec elle.

Cela ne dure pas longtemps, j’ai mon traitement à prendre et je refais un malaise. Je demande à arrêter le médicament qui me rend malade.

Le soir on me raccompagne dans la chambre des filles, mais cette fois en fauteuil roulant, je peux les voir dans leur couveuse, et caresser enfin ma petite Nina !

Le surlendemain, je vais mieux. Je mange, j’arrive même à prendre une douche.

Nous passons notre journée avec les filles. On alterne les peaux-à-peaux. C’est pendant cette journée que je réalise que je suis maman et que deux petits bouts de chou ont besoin de nous.

J’ai profité de la fin de mon hospitalisation pour être à leurs côtés le plus souvent possible.

4- Peux-tu nous décrire ton séjour à la maternité ?

Mon séjour à la maternité ne se résume donc pas à mon accouchement.

Au total, j’ai été hospitalisée 1 mois et demi, et les filles 1 mois et demi également.

J’ai très bien vécu mon hospitalisation. J’y étais préparée, nous y étions préparés. Comme je le disais, dès le premier rendez-vous avec mon obstétricienne nous avions abordé le sujet, tout comme la prématurité des filles. Je pense que mon hospitalisation a été beaucoup moins difficile à vivre pour nous que pour un couple dont la grossesse se déroule sans encombre et où tout bascule du jour au lendemain.

De plus, l’équipe soignante est très attentive et à nos petits soins.

D’abord mon obstétricienne. Un médecin très abordable. Elle a su être à notre écoute, répondre à nos questions. Elle a été juste : rassurante et réaliste en même temps. Elle a su nous maintenir la tête sur les épaules et a été d’une gentillesse absolue. Nous n’aurions voulu être suivis par aucun autre obstétricien qu’elle.

Et puis l’équipe du service du GHR est exceptionnelle. Les sages-femmes, les aides-soignantes et ASH sont là pour nous. Au fil des jours elles deviennent notre seconde famille.

Entrer à l’hôpital a été un soulagement pour moi. D’abord on arrivait sur la fin de la grossesse, il y avait plus de suivi, donc plus de chance que mes filles naissent vivantes ; et puis j’ai pu me protéger.

Ce que j’ai trouvé le plus dur dans cette grossesse, outre les risques pour les filles, c’est de devoir se justifier sans cesse et de répondre aux personnes de notre entourage qui ne comprennent pas vraiment les risques. Je sais que leurs réflexions étaient toujours dans le but d’être bienveillants, mais j’ai trouvé cela exténuant de devoir répéter pourquoi on ne préparait pas l’arrivée des filles. Notre entourage se veut rassurant en prononçant le fameux « il n’y a pas de raisons que ça se passe mal » ou alors « les médecins accentuent toujours les choses pour se protéger », mais en réalité, ces mots m’énervaient et me faisaient du mal, car si… il y avait des raisons pour que ça se passe mal…

Alors une fois à l’hôpital, j’ai refusé toutes les visites de mon entourage (sauf nos parents et frères). Le fait d’être entourée de personnes qui savent, qui ne posent pas de questions où qui ne font pas de commentaires ni de diagnostic est tellement reposant. Je me sentais bien.

Mes journées étaient bien rythmées :

Réveil à 7h30 pour le premier monitoring. Suivait le petit déjeuner. Je prenais ensuite ma douche avant que l’aide-soignante vienne prendre mes constantes. Une équipe venait ensuite faire le ménage de ma chambre avant que les médecins de garde viennent me voir.

Le futur papa venait ensuite me tenir compagnie, nous déjeunions ensemble et j’avais mon deuxième monitoring aux alentours de 16h.

18h00, le futur papa me disait à demain et c’était bientôt l’heure du diner.

20h00, troisième et dernier monitoring avant le passage de l’équipe de nuit.

Je n’avais pas le temps de m’ennuyer !

Concernant l’hospitalisation des filles, les impressions sont les mêmes. Le personnel des services des soins intensifs et de la néonatalogie est adorable. Ils sont tous plus doux les uns que les autres, on sent que nos bébés sont entre de bonnes mains. Ils sont aussi très pédagogues. Ils nous ont appris à faire les soins de nos filles, à les nourrir avec beaucoup de gentillesses.

Avec le recul, si les filles n’avaient pas été hospitalisées, nous n’aurions pas autant profité d’elles. Le fait d’être à l’hôpital, il n’y a rien d’autre à faire que de s’occuper d’elles. Tous les jours, nous faisions des longs peaux-à-peaux avec elles. Nous n’en aurions sûrement pas fait autant si nous étions rentrés à la maison rapidement.

Les journées étaient rythmées par les alimentations, d’abord par sonde gastrique puis par biberon. Avant chaque nourrissage, il fallait changer les couches et une fois par jour faire la toilette. En général, pendant l’alimentation par sonde, nous étions en peau-à-peau car il ne fallait pas porter les filles le temps qu’elles digéraient pour éviter les remontées.

Leur hospitalisation nous a donné de beaux moments où nous faisions petit à petit le passage de la vie de couple à la vie de famille. Le tout superbement encadré.

5 – As-tu allaité ou as-tu donné le biberon?

Après leur naissance, les filles n’étaient pas en mesure de téter. Elles étaient donc nourries par sonde.

Dès leur naissance, j’ai tiré mon lait. Bon la première nuit ce n’était que de la stimulation manuelle où je n’ai pu récupérer que quelques gouttes de colostrum. Mais par la suite je tirais assez pour nourrir mes deux filles. Je faisais 9 séances de tire-lait par jour, il a fallu que je sois rigoureuse sur les horaires pour produire plus de lait. Les résultats ont été vites visibles. Je tirais 1 litre 2 en moyenne, ce qui suffisait largement à nourrir mes filles.

Lorsqu’elles sont sorties de l’hôpital, j’ai laissé 6 litres de lait au lactarium. Ce lait a été pasteurisé et donné à des petits bébés qui en avaient besoin.

Lorsque les filles ont été en mesure de téter, j’ai essayé à plusieurs reprise de leur donner le sein à l’hôpital, mais elles avaient une bouche trop petite et ne prenait pas correctement le sein, ce qui me faisait très mal, jusqu’à en arriver au sang. J’ai donc troqué le sein pour le biberon (mais toujours avec mon lait), au plus grand plaisir du papa qui a pu donner le biberon à ses bébés.

Ce n’est qu’une fois rentrés à la maison que j’ai retenté de donné le sein, et ça a fonctionné. Je les nourrissais toutes les deux en mêmes temps, chacun en position du « ballon de Rugby ». C’était des moments magiques, nous nous retrouvions toutes les trois, elles se caressaient, me caressaient aussi. Des instants que je n’oublierai jamais.

A 2 mois, nous avons démarré un allaitement mixte. 3 biberons ou tétées de mon lait, et 2 de lait en poudre. Cela m’a permis de tenir sur la longueur. J’ai arrêté de tirer mon lait au bout de 4 mois, la dernière tétée a eu lieu à 4 mois et demi et elles ont eu mon lait jusqu’à leurs 5 mois (car nous avions un stock de 12 litres au congélateur).

6 – Peux-tu nous dire quelques mots sur les premiers mois avec les bébés ?

Les premiers mois avec les bébés ont été plus faciles que ce que nous pensions. Le premier mois et demi a été effectué à l’hôpital où nous avons appris tous les gestes. Nous sommes rentrés à la maison en étant déjà organisés et rodés.

Le papa a pu ajouter des congés payés à son congé paternité. Nous sommes restés 1 mois et demi tous les 4 à la maison.

Pour la gestion des nuits, lorsque l’une d’elles se réveillait, nous réveillions la seconde et nous les mettions au sein toutes les deux. Ce qui nous a permis de gagner des heures de sommeil.

Pour le reste, tout s’est fait tout seul. Nous nous sommes adaptés à leur rythme.

7 – As-tu repris le travail à la fin de ton congé maternité ?

Non, à la fin de mon congé maternité, j’ai pris un congé parental de 2 ans. J’avais besoin de profiter des filles et de les voir grandir.

8 – Tes multiples sont-ils ensemble ou séparés à l’école ? Ce choix est-il le vôtre, celui des enfants ou a t-il été fait par le personnel enseignant ?

Si tes enfants ne sont pas encore scolarisés, as-tu déjà des souhaits ?

Les filles ne sont pas encore scolarisées, mais nous souhaitons qu’elles soient dans la même classe au moins au début de leur scolarité. Nous pensons que c’est important pour elles d’avoir leur repère dans ce nouvel environnement. Lorsqu’elles en ressentiront le besoin, alors nous feront en sorte qu’elles soient séparées.

9 – Comment se passe la gestion de ton quotidien depuis que tu as des multiples ?

Le quotidien est effectivement chamboulé mais il l’est pour chaque jeune parent. Le fait d’être en congé parental permet de vivre sereinement, sans stress sans autre impératif que le bien-être des filles. Il est vrai qu’aujourd’hui nous vivons autour de leur rythme (repas à heures fixes, siestes, bains, nuit). Nous avons quand même conservé nos activités sportives, ce qui nous dégage du temps pour chacun, nous ne sommes pas que parents.

10 – Qu’est ce que t’a apporté le fait de devenir maman de multiples ?

Cela m’a appris à vivre au jour le jour, à relativiser, et cela m’a recentré sur moi et ma manière de vivre ma vie. Vivre avec cette épée de Damoclès pendant la grossesse m’a appris qu’il faut vivre au présent, et tout faire pour qu’on y soit heureux. Respecter ses propres besoins et envies.

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11 – Avec le recul que tu as, quelle est la chose la plus difficile selon toi ?

La chose la plus difficile pour moi est de savoir se reposer. Avoir des multiples est extrêmement prenant. Les premiers mois, je ne vivais que pour elles et j’étais complètement épuisée, je voulais que tout soit parfait. Aujourd’hui, si je suis fatiguée mais qu’il y a du ménage à faire, je fais une sieste, le ménage attendra. Les filles ont besoin d’une maman en pleine forme ! Et le papa aussi !

♦♦

Je remercie beaucoup Mylène pour son témoignage.

Si vous avez envie de partager votre expérience de la maternité multiple, n’hésitez pas à m’envoyer un mail sur : trottinettesetturbulettes@gmail.com

 

 

Nouvelles estivales !

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Voilà déjà plus de trois semaines que les vacances des enfants ont démarré ! Le temps file hyper vite !

Je suis vraiment contente que le rythme de l’année soit terminé. J’aime bien quand les enfants sont en vacances car on peut vraiment prendre notre temps.

Les dernière semaines d’école ont été épuisantes et Zéphir a fini en beauté avec une entorse du tarse ! Très pratique pour les vacances !

Trois semaines de béquilles et un stage sportif annulé pour lui. C’était vraiment pénible…

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Les 12 derniers mois ont été fatigants et stressants pour nous, et c’est en partie pour ça que nous avons décidé de ne pas partir en vacances cette année !

Réfléchir à bouger à 8 et s’imaginer dans un lieu de vie moins confortable et pratique avec deux petites filles en très bas âge nous a vraiment conforté dans notre choix d’avoir juste envie de profiter de notre maison !

Alors bien sûr ce n’est pas complètement reposant car il faut continuer à gérer l’intendance ( linge, repas à préparer…) mais finalement ça aurait été aussi le cas ailleurs.

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Du coup, on reste au calme le matin et on part en balade l’après-midi.

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Les peintures de notre chambre sont en cours, nous avons installé notre lit dans le salon, il est donc légèrement squatté en journée…

Il y a encore pas mal de travaux à faire dans la maison et nous aimerions profiter du temps libre de Gweltaz pour avancer sur certaines choses qui nous tiennent à cœur.

Alors bien sûr on a aussi prévu de profiter lors de périples à la journée.

La mer n’est qu’à une heure de chez nous, c’est super simple d’y aller pour quelques heures.

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Et on va aussi partir une journée à Paris ! Les enfants en parlent souvent, et à l’âge qu’ils ont ils vont bien profiter.

Une visite de la capitale est une sorte de rêve pour eux !

Je crois que ça va être une vraie expédition ( TGV, métro, marche dans Paris toute la journée… ), je reviendrai écrire un article sur cette escapade !

On a hyper hâte !

 

 

5- Cindy, maman de jumeaux de 27 mois !

Bonjour tout le monde !

Je vous présente Cindy ! Elle a 29 ans et est maman d’Hugo et Luis nés le 21 avril 2016.

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Elle a accepté de se livrer sur son expérience de maman de jumeaux.

Je vous laisse découvrir son témoignage.

◊◊

Comment as-tu découvert ta grossesse multiple ?

Lors d’une échographie de datation à 1 mois de grossesse, seule, avec une échographe vraiment pas diplomate…

Comment s’est déroulé ton suivi de grossesse ?

Échographies et rendez-vous chez le gynécologue tous les 15 jours pour grossesse monochoriale biamniotique ( un placenta, deux poches ).

Très stressée durant ma grossesse et à chaque échographie.

Une hospitalisation à 31 SA pour col court et menace d’accouchement prématuré. Cure de célestène pour maturation des poumons mais avec du recul, la grossesse s’est bien passée !

Très bien entourée médicalement !!!

Raconte-nous la naissance de tes enfants.

Déclenchement prévu à 37 sa (terme maximum pour une grossesse monochoriale biamniotique).

Je tenais vraiment à accoucher par voie basse, non sans mal j’y suis arrivée !!! ( après 14h de travail et des ventouses pour les deux garçons !)

Ma super gynécologue est restée jusqu’au bout et je ne la remercierai jamais assez !

Peux-tu nous décrire ton séjour à la maternité ?

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Super séjour à la polyclinique de St Herblain !

J’étais à l’étage Kangourou, accouchement « à risque » où j’ai été très chouchoutée et écoutée…

Les repas étaient bons et les équipes super !!

Nous avons eu beaucoup de visites ce qui nous a vraiment fatigués, mais ça nous laisse des souvenirs mémorables !

As-tu allaité ou as-tu donné le biberon ?

J’ai donné le biberon, j’admire les mamans de jumeaux qui allaitent, même si ce n’était pas du tout un objectif pour moi, qu’ils soient deux ou non !

Peux-tu nous dire quelques mots sur les premiers mois avec les bébés ?

Beaucoup de fatigue ( dépression post-partum avec hospitalisation ) et beaucoup de logistique !

Avec du recul mon plus grand regret est de ne pas avoir pu prendre le temps de materner, dorloter, comme quand on n’a qu’un seul bébé.

Cependant, nous avons la chance d’avoir des bébés/enfants qui ont toujours bien dormi : première nuit à 2 mois pour tous les deux. Ils mangent également très bien depuis le début !

Des bébés vraiment cool ! ( et c’est pas nous qui le disons !!)

As-tu repris le travail à la fin de ton congé maternité ?

Oui , après 6 mois de congé maternité ( pour les grossesses multiples) j’ai repris mon métier d’enseignante !

Mais avec le papa en déplacement et le premier hiver accompagné de toutes les virus ( fois deux !!), j’ai pris un congé parental au bout de 2 mois pendant 6 mois !

Et si c’était à refaire, je prendrais un an directement pour bien profiter de leur première année !

Tes multiples sont-ils ensemble ou séparés à l’école ? Ce choix est-il le vôtre, celui des enfants ou a t-il été fait par le personnel enseignant ? Si tes enfants ne sont pas encore scolarisés, as-tu déjà des souhaits?

Ils seront scolarisés dans 1 an ! ( je pleure quand ???)

Nous souhaitons qu’ils soient dans la même classe au moins la première année !! Ensuite, je ferai confiance à mes collègues enseignantes pour dire ce qui est le mieux pour nos garçons !

 

Comment se passe la gestion de ton quotidien depuis que tu as des multiples ?

Très ritualisé !!

Cela ne change pas forcément notre vie, on voit toujours beaucoup nos amis et on aime sortir avec eux le plus souvent ! Ils nous suivent partout !!

Ce qui est le plus difficile, c’est la fatigue accumulée pour notre part! Le manque de sommeil et la fatigue au quotidien !

Nous sommes depuis 1 an dans l’éducation « pure et dure » avec la politesse, le respect, et comme on ne veut rien lâcher, ( et qu’ils ont un bon caractère à tester !!) c’est fatigant !! Mais c’est du temps de gagné pour la suite !

Qu’est ce que t’a apporté le fait de devenir maman de multiples ?

Du courage, de la fierté d’être arrivée jusque là déjà !

J’appréhendais vraiment de gérer deux bébés !! Mais ils ont un papa en or qui est très présent, et aujourd’hui, nous sommes fiers d’eux ( et de nous ! ) et très heureux !

On se dit qu’avec un seul enfant en 3 ème position ce sera les doigts dans le nez ( même si cela ne veut rien dire !!)

On a appris à squizzer le regard des autres aussi, à s’endurcir face aux remarques désobligeantes que tous les parents de jumeaux connaissent !

Mais je reste compréhensible malgré tout ! Ça intrigue deux bébés pareils !

Avec le recul que tu as, quelle est la chose la plus difficile selon toi ?

La patience , qui est mise à rude épreuve !!! Mais l’amour prend le dessus sur tout, vraiment !!

La gastro X2 aussi. C’est l’horreur !

Avec du recul, pour la première fois depuis leur naissance, j’ai compris ce week-end les parents qui souhaitent renouveler l’expérience avec des jumeaux ! C’est magique leur relation, c’est beau, c’est unique.

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Je remercie Cindy pour son témoignage !

Et si vous avez envie de venir partager votre expérience sur mon blog, envoyez-moi un mail sur trottinettesetturbulettes@gmail.com !